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The Show Must Go On

I Was So Young When I Was Born

Mon moi

"Je est un autre".
Arthur Rimbaud




P.S.: Mes textes, mes photos sont sous contrat Creative Commons.


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Lettre d'amour | 20 novembre 2005



Une jolie lettre d'amour de Denis Diderot à Sophie Volland sa maîtresse...


10 juin 1759

J'écris sans voir. Je suis venu. Je voulais vous
baiser la main et m'en retourner. Je m'en retournerai sans cette
récompense. Mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré
combien je vous aime. Il est neuf heures. Je vous écris que je vous
aime, je veux du moins vous l'écrire ; mais je ne sais si la plume se
prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et
que je m'enfuie ? Adieu, ma Sophie, bonsoir. Votre coeur ne vous dit
donc pas que je suis ici. Voilà la première fois que j'écris dans les
ténèbres. Cette situation devrait m'inspirer des choses bien tendres.
Je n'en éprouve qu'une, c'est que je ne saurais sortir d'ici. L'espoir
de vous voir un moment me retient, et je continue de vous parler, sans
savoir si je forme des caractères. Partout où il n'y aura rien, lisez
que je vous aime
.

Publié par Newpetitpois à 15:16:50 dans Moi et moi | Commentaires (5) |

Elle est d'ailleurs, de Pierre Bachelet. | 20 novembre 2005


Elle a de ces lumières au fond des yeux

Qui rendent aveugles ou amoureux

Elle a des gestes de parfum

Qui rendent bête ou rendent chien

Et si lointaine dans son cœur

Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs



Elle a de ces manières de ne rien dire

Qui parlent au bout des souvenirs

Cette manière de traverser

Quand elle s'en va chez le boucher

Quand elle arrive à ma hauteur

Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs



Et moi je suis tombé en esclavage

De ce sourire, de ce visage

Et je lui dis emmène moi

Et moi je suis prêt à tous les sillages

Vers d'autres lieux, d'autres rivages

Mais elle passe et ne répond pas

Les mots pour elle sont sans valeur

Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs



Elle a de ces longues mains de dentellière

A damner l'âme d'un Werner

Cette silhouette vénitienne

Quand elle se penche à ses persiennes

Ce geste je le sais par cœur

Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs



Et moi je suis tombé en esclavage

De ce sourire, de ce visage

Et je lui dis emmène moi

Et moi je suis prêt à tous les sillages

Vers d'autres lieux, d'autres rivages

Mais elle passe et ne répond pas

L'amour pour elle est sans valeur

Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs



Et moi je suis tombé en esclavage

De ce sourire, de ce visage

Et je lui dis emmène moi

Et moi je suis prêt à tous les sillages

Vers d'autres lieux, d'autres rivages

Mais elle passe et ne répond pas

Publié par Newpetitpois à 14:34:39 dans Moi et moi | Commentaires (4) |