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Un livre à lire absolument, l'événement littéraire de cet automne : Grande Jonction de Maurice Dantec. Un chef-d'oeuvre d'anticipation basée sur la métaphysique de Duns Scot, un théologien du treizième siècle. De la science fiction philosophique (accessible à tous) qui soulève le problème de l'avenir de l'espèce humaine dans la lutte, non pas entre le bien et le mal telle qu'on la comprend habituellement, mais la lutte entre le collectivisme qui supprime l'individu et l'individuation, chère à Duns Scot justement. Je vais écrire une longue critique de ce livre, à paraître dans le numéro 50 de Sfmag. Je prépare une interview de l'écrivain qui sera également publiée dans le numéro 50 de sfmag (à paraître le 16 décembre). |
Publié par pelosato à 10:56:16 dans pelosato | Commentaires (0) | Permaliens
Je croyais avoir lu le pire en ce qui concerne l'art de l'entame mais non, voici le pire que j'aie jamais lu :
"Sur Clavène, planète minière de type 4, les prospecteurs avaient installé leurs campements aux abords immédiats de l'aire d'atterrissage, sans que les autorités essayent même d'y mettre de l'ordre. Léna s'arrêta au bas des échelons, se demandant si elle n'allait pas immédiatement rembarquer."
L'archétype même de l'entame qui donne envie de ne PAS lire la nouvelle...
On est déjà fatigué à l'idée de s'attaquer à une niaiserie ennuyeuse.
De la SF sans AUCUNE imagination : une planète "minière" SVP, un astronef et un camp de prospecteurs... Aucune originalité.
Où ai-je "déniché" ce magnifique exemple de nullité dans l'entame ? (C'est même pire que l'hélicoptère qui aborda l'île après un virage serré !)
Eh bien dans un concours de nouvelles organisé à l'occasion de la 33e convention nationale française de SF (qui a eu lieu à Bellaing en août 2006)!
Non ?
Si !
Cette entame a intéressé 60 auteurs qui ont poursuivi cette "histoire" sans vergogne après une entame ne manifestant aucun respect pour le lecteur. Et comme l'écrit la délicieuse Lucie Chenu dans l'éditorial du recueil des huit nouvelles sélectionnées, recueil qui constitue le N°4 du fanzine Géante Rouge : "Je vous souhaite autant de plaisir à lire ces textes que leurs auteurs et moi avons eu à parcourir les cieux étrangers de Clavène."
C'est gentil Lulu mais franchement combien franchiront ce gouffre de médiocrité pour poursuivre la lecture (sans parler du tirage confidentiel de Géante Rouge) ?
Et donc je trouve un peu cavalier d'oser demander à des auteurs d'écrire à partir d'un texte aussi cliché et aussi creux. Bravo à eux d'avoir osé affronter la médiocrité pour tenter (peut-être ?) de la contrebalancer par un récit un peu moins niais. Mais qui seront les lecteurs qui oseront aller plus loin que "le bas des échelons" de Léna ?
Publié par pelosato à 16:15:36 dans pelosato | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par pelosato à 12:45:02 dans pelosato | Commentaires (2) | Permaliens
Mon recueil de nouvelles " Le Chant de la meuille" est publié chez Le Manuscrit.
Il est disponible ici :
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=6820
Ma page auteur chez Le Manuscrit :
http://www.manuscrit.com/catalogue/auteur.asp?idauteur=5265
Un recueil de nouvelles sur la Mort, celle qui nous éteint à la fin de notre vie, mais aussi celle qui nous étreint sans nous finir quand nous partons en voyage, quand nous frôlons le désastre. Il s'agit de différentes morts: morts individuelles, morts sociales, morts psychologiques, mais aussi mort-vivante, car faut-il vraiment avoir peur de la Mort ou plutôt peur de la Vie ?
EXTRAIT :
" Le temps est gris, bas, triste. De l'autre côté de la Moskova, les monts Lénine et l'université Lomonosov se cachent derrière une brume qui les dévoile parfois brièvement, comme une robe soulevée par le vent montre subrepticement des jambes désirables. On devine alors un grand bâtiment imitant l'architecture de New-York avec son espèce d'Empire-State-Building trônant au milieu d'un vaste ensemble massif agrémenté de petites tours. "
Le Chant de la meuille
Livre des morts
Nb de pages : 260
N°ISBN : 2-7481-7730-4
260 pages 21,90 euros
En PDF : 7,9 euros
Publié par pelosato à 13:39:01 dans pelosato | Commentaires (0) | Permaliens
Venons-en maintenant au corps de l'histoire.
C'est une nouvelle et donc il faut savoir à la fois être bref sans pour autant devenir schématique. Cela c'est assez simple. Il faut donc avoir une bonne histoire à raconter sans fioritures. Quand l'histoire n'a pas beaucoup d'intérêt (car alors l'auteur manque d'imagination), eh bien il tombe dans l'erreur classique de meubler son texte d'éléments inutiles, qui peuvent avoir un intérêt dans un roman ou une novella car ces fioritures permettent de mettre de l'ambiance... Ici dans la nouvelle, elles lassent le lecteur.
Prenons un exemple dans l'anthologie « moissons futures » de Daniel Conrad.
La nouvelle de Francis Valéry Un temps pour tout est bourrée de fioritures inutiles et lassantes. Elle est même exclusivement composée de cela, de descriptions, de « David se lève, se couche, regarde, se promène » etc... un "art nouveau" de la nouvelle ???
Je résumerai cette nouvelle par une phrase que j'y ai trouvée et que je vous livre : « Il s'était attendu à quelque chose. Il ne savait pas quoi. Juste quelque chose. Mais il ne se passait rien... » (Page 126)
Eh bien ! l'auteur a résumé lui-même l'insignifiance de son texte...
La prochaine fois je vous parlerai du personnage dans l'art de la nouvelle... J'utiliserai comme exemple mon maître : Henry James.
Pour vous mettre l'eau à la bouche voici l'entame de sa nouvelle "L'autel des morts" (in Stock Bibliothèque cosmopolite) :
"Il avait une mortelle aversion, le malheureux Stransom, pour les anniversaires pauvrement célébrés, et il les supportait encore moins lorsque leur faste était simulé."
Traduction : Diane de Margerie
Publié par pelosato à 12:11:58 dans pelosato | Commentaires (2) | Permaliens