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Mardi matin j’ai appris la mort d’un homme que je connaissais un peu sans l’avoir jamais rencontré. Je ne pensais pas que sa mort m’affecterait autant, comme si un de mes proches amis ou un de mes parents avait disparu.
Mais comme pour de nombreuses personnes, la mort d’un proche attriste souvent par le vide qu’elle laisse au fond de nous…
Par ses écrits et un reportage vidéo en Afrique du Sud, Xavier Maniguet m’a beaucoup apporté. Le premier de ses livres que j’ai lu s’intitulait « Les dents de la mort ». Véritable encyclopédie sur les requins, il m’a permis de me découvrir une véritable passion pour ses animaux marins, le grand requin blanc en particulier. Aujourd’hui introuvable car épuisé, j’espère de tout cœur qu’il sera réédité un jour pour le plus grand plaisir de ses futurs lecteurs…
Puis cela a été « Survivre, comment vaincre en milieu hostile » et surtout « Les énergies du stress ». Deux bouquins que j’adore et qui regorge de connaissances et d’expériences d’un homme de terrain intelligent et droit.
D’aucun diront qu’il a participé à des missions militaires particulièrement houleuses, la plus connue étant sans aucun doute celle de l’affaire du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace coulé à Auckland en Nouvelle-Zélande et au cours de laquelle un homme (un photographe de Greenpeace) fut accidentellement tué. Il s’en est expliqué, après plus de 20 ans à avoir tue la vérité, dans « French Bomber », le livre-vérité sur cette affaire. Pour moi comme pour ceux qui l’ont vraiment connu, il a été et restera un patriote dans le plus noble sens du terme, avec ses secrets et ses passions, fidèle en amitié comme envers ses équipiers.
Quand j’ai créé Energy Trip, mon agence de voyage, mon objectif était de proposer aux gens ce que Maniguet a toujours voulu et qu’il a dit dans une phrase que j’ai repris sur le site web de l’agence : « Courir le monde de toutes les façons possibles, ce n'est pas seulement la découverte des autres, mais c'est d'abord l'exploration de soi-même, l'excitation de se voir agir et réagir. C'est le signe que l'homme moderne a pris conscience du gâchis qu’il y aurait à rendre passive une vie déjà bien courte.»
Un précepte qui me semble la clé d’une existence réussie, en tout cas pour ce que j’en crois.
J’avais il y a quelque temps eu l’envie de l’appeler pour lui signifier que je l’avais cité ainsi (une politesse minimum me semblait-il) et pour peut être le rencontrer et me faire une idée plus précise d’une personne qui m’avait tant apporté indirectement. Le temps m’a manqué et l’occasion est passée : il faut toujours vivre ses rêves avant qu’ils ne disparaissent…
Maniguet, je ne pouvais croire qu’il mourrait un jour, en tout cas si « jeune » (62 ans) : vrai trompe-la-mort, il avait plusieurs fois échappé de peu à une fin prématurée, en parachute, en avion ou au cours d’un de ses multiples périples qui lui avaient fait vivre plusieurs vies au cours d’une seule.
Lui qui disait qu’on ne devait pas préparer sa retraite à coup de cotisations sociales, mais bien en développant sa pluridisciplinarité… il avait raison mais ne pourra en profiter.
Il m’a également fait découvrir Henri Laborit, extraordinaire chercheur, chimiste, sociologue français mort il y a quelques années dans une indifférence quasi totale des médias et de ses pairs. Laborit, le père de l’inhibition de l’action si chère à Maniguet pour expliciter le stress et y apporter des solutions.
Relisez Laborit, ses ouvrages sont absolument géniaux, bien loin de la condescendance actuelle que l’on voit parfois dans la sociologie.
Chaque jour je me lève avec l’envie d’aller plus loin, de découvrir des choses, de sentir l’énergie du monde me porter. Pas toujours simple quand les problèmes se présentent. Mais une chose me motive plus que tout autre : l’envie de faire quelque chose de ma vie, ne pas la gâcher, ne pas la disperser non plus, action ne rime pas forcément avec mouvement désordonné. Car je n’ai pas envie (et plus j’avance, plus cela me paraît évident) de me retrouver à 70 ans, de me retourner et de voir que je n’ai rien accomplit de ce que je voulais vraiment. Quoi de plus triste que de s’apercevoir de cela quand il est trop tard (est-il vraiment trop tard cependant ?). Ce doit être pire que la mort…
Mes pensées vont à sa famille, ses proches et à ses amis qui l’ont si bien connu et apprécié.
Pour moi, un père spirituel est parti, des ailes dans le dos comme il avait toujours voulu vivre. Je suis triste, étonné que cela me touche autant, au regret de ne pas l’avoir rencontrer une fois au moins.
Ses idées et ses préceptes nous restent, j’espère qu’ils profiteront à d’autres. Un homme extraordinaire s’en est allé, d’autres viendront…
Merci à toi Xavier Maniguet. Tu as vécu comme tu le souhaitais et c’est une belle leçon de vie que tu nous as donné.
Publié par Sharkoliv à 23:23:56 dans 2- News | Commentaires (2) | Permaliens
20-04-2009 16:00
De Massilia Sujet:
Hommage à Xavier Maniguet