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Moi et mes...

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Texte d'un autre pour une fois. | 11 décembre 2006

 

 Dans ma chambre le lit se trouvait ici, l'armoire là, et entre les deux il y avait la table.
Jusqu'au jour où j'en eus assez. Je déplaçai le lit là, et l'armoire ici.
Pendant un certain temps je sentis couler en moi un courant novateur vivifiant. Mais au bout de quelques jours...l'ennui revint.
J'en tirai la conclusion que la source de mon ennui était la table, ou plutôt sa position immuablement centrale.
Je poussai dons la table là, et le lit au milieu. De façon anticonformiste.
Cette seconde nouveauté me redonna de la vitalité, et tant qu'elle dura, j'acceptai la gêne anticonformiste qu'elle occasionnait. En effet, je ne pouvais plus dormir maintenant le visage tourné vers le mur, ce qui avait toujours constitué ma position préférée.
Au bout d'un certain temps, néanmoins, la nouveauté cessa d'être nouvelle, et seule subsista la gêne. Dans ces conditions, je poussai le lit ici, et l'armoire au milieu.
Cette fois, le changement fut radical. En effet, l'armoire au milieu de la chambre, c'est plus que de l'anticonformisme. C'était de l'avant-garde.

Au bout d'un certain temps, néanmoins... Ah, ce maudit « certain temps »! Bref, même l'armoire au milieu de la chambre cessa de me paraître quelque chose de nouveau et d'inhabituel.
Il convenait d'opérer une cassure, de prendre une décision fondamentale. Si, dans le cadre ci-dessus défini, aucun véritable changement n'était possible, il importait de sortir complètement de ce cadre. Dès lors que l'anticonformisme se révélait insuffisant, dès lors que l'avant-garde ne donnait aucun résultat, il fallait accomplir une révolution.
Je pris la décision de dormir dans l'armoire. Tous ceux qui ont essayé de dormir debout dans une armoire savent qu'avec une telle absence de confort on est absolument assuré de ne pas trouver le sommeil, sans parle de l'exténuation qui s'empare des jambes, et des douleurs dans la colonne vertébrale.
Oui, ce fut la bonne décision. Succès, victoire complète. Car, cette fois-ci, même le « certain temps » n'eut aucune prise. Au bout d'un certain temps, non seulement je ne m'habituai pas à mon changement, mais au contraire, je ressentis ce changement avec de plus en plus d'acuité, car la douleur allait croissant à mesure que le temps passait.
Tout aurait donc été pour le mieux, n'eût été ma résistance physique, qui s'avéra limitée. Une certaine nuit, je n'y tins plus. Je sortis de l'armoire et m'allongeai sur le lit.

Je dormis trois jours et trois nuits. Après quoi je poussai l'armoire contre le mur, et la table au milieu, car l'armoire au milieu me gênait.
Maintenant, le lit se trouve ici, comme avant, l'armoire là, et entre les deux il y a la table. Quand l'ennui me guette, je me remémore l'époque ou j'étais révolutionnaire.

 

Slawomir Mrozek, "La vie est difficile"

 

 

 

Publié par skalimero à 18:41:51 dans Articles d'humeur | Commentaires (0) |

Travaux en cours... | 22 novembre 2006

Je n'ai pas rien à dire, et je ne nierai pas que je délaisse ce blog.
La raison première est que je m'acharne à ce que ma vie soit terne et monotone. Qu'elle soit constante et sans surprise, je pourrais vous donner toutes les raisons métaphysiques que vous voudrez, je pourrais peut être même y placer le mot quantique si vous insistez, mais la chose principale à retenir, c'est que je souffle un peu avant toutes les merdes qui vont arriver d'ici peu. Inscriptions discrètes parce que pas tout à fait autorisées dans des écoles, retour au stress des concours, et, si tout va bien, nouvelle vie dans le Nord, avec tous les et caetera que ça implique....
Bref, laissez moi savourer un peu le plaisir qu'il ne se passe rien.

La seconde raison, et non des moindres ( laissez moi un peu le plaisir de la vantardise, je ne vais certainement pas m'en priver ), c'est que toute crise d'inspiration, si infime soit elle, pût-il ne s'agir que d'un simple mot d'une syllabe à moitié machonnée par un pochtron dans un métro quelconque ( qu'il s'agisse du transport ou du journal ), va aller directement et bien gentillement s'inserer dans l'un de mes quatre ( diantre! ) projets du moment.

A savoir la rédaction de ma Maladie du Grand Méchant Loup qui, faut l'esperer, sera ma première grande oeuvre achevée ( pas tout de suite, j'en ai 8 pages. -_- )
Le paufinage du scénario que je dois à une belle ( bien que restée bloquée dans les seventies, année durant laquelle ses parents ne l'avaient même pas en projet ) illustratrice ( pressée ) dont je tairai le nom, mais dont j'adulerai toujours le travail ( me prenez pas au pied de la lettre, mais pour l'instant, j'iame bien ).
Et 2 concours de nouvelles qui ne demandent qu'a ce que je les remporte haut la main. D'autant que l'un propose une somme non-négligeable au premier prix, et Dieu sait ce dont je suis capable à compter du moment où l'on m'agite un billet sous le nez.

En bref, pas de mise à jours, et j'm'en balaaance!

See you, portez vous bien!
Ska'

Publié par skalimero à 20:01:13 dans Articles d'humeur | Commentaires (1) |

Nouveau Design made in... | 02 novembre 2006


Mogwai.
Hum, oui, j'crois que j'peux dire sans crainte de me tromper qu'elle a fait du bon boulot.
Bin, bref, merci à toi!

Passez donc sur son site, aussi.

Publié par skalimero à 10:52:39 dans Articles d'humeur | Commentaires (1) |

Un peu de musique bien. | 01 novembre 2006


Rien à dire, si ce n'est que mon meilleur concert fût le leur, p'tet même mieux que Klaktonclown, c'est tout dire.
Ecoutez donc, ça vaudra mieux, et les ratez pas si elles passent par chez vous.
Pour les parisiens, c'est le 23 novembre.
Et puis allez donc sur le site.

 

 

Publié par skalimero à 17:38:00 dans Articles d'humeur | Commentaires (0) |

Le grand méchant loup II | 01 novembre 2006

Hop, j'manquais un peu d'inspiration, ces derniers temps. En tous cas, je l'ai cru jusqu'à ce que je me remette sur Word... c'est là que j'ai compris que c'était juste de la flemme.
J'vous remets un p'tit bout de ma Maladie du Grand Méchant Loup, je sais, j'avais dit que je le continuerai pas, tout ça, mais j'vais essayer d'en faire un p'tit truc, même si je ferais probablement mieux de bosser mon foutu scénar, sinon, j'vais encore me faire enguler par A.,bref, voilà:



Son prédécesseur, Antoine 1er d'Azuria[1], n'avait pas été un mauvais roi. Nombre de souverains méritent sans doute de finir la tête tranchée, mais il n'en faisait pas partie. C'est probablement la raison pour laquelle il fût poignardé dans son sommeil.

Alors que son âme se détachait de son corps, il prononça une incantation universelle de tous ceux qui ont pour première image au réveil celle de leur propre corps dans une position grotesque, un poignard planté dans le dos, à savoir : « Oh, merde ! ».

Ses paroles, prononcées dans le plan éthéré, ne furent bien sûr pas perçues par son assassin, pas plus que par les autres membres de sa maisonnée (qui dormaient de toutes façons du sommeil de ceux qu'un crétin hurlant « oh merde » au milieu de la nuit ne risque pas de déranger), tout au plus perturba t'il une musaraigne planquée dans un mur et qui fuit en courant. Le destin fit ainsi preuve d'un étonnant sens de l'humour en s'arrangeant pour qu'elle traverse une marche au
moment où l'assassin mit le pied dessus, provoquant en plus d'une petite glissade, un brisement de nuque impromptu et de particulièrement mauvais présage pour le reste de son existence.

L'esprit d'Antoine et celui de son assassin, une charmante jeune femme, bien qu'un peu translucide depuis son récent décès, contemplèrent la grande porte qui était apparue devant eux. Elle s'ouvrit, et ils purent contempler l'au-delà. Alors, ils se prirent la main et avancèrent, en songeant qu'au final, ça aurait pu être bien pire.




[1] Antoine 1er s'était fait laborieusement expliquer par son intendant que s'il voulait avoir la moindre chance de laisser une trace dans l'histoire, il lui fallait fonder une dynastie, ce qu'il fit donc. Malgré son décès prématuré, avant qu'il ne trouve une épouse, et par extension avant qu'il n'ait des successeurs dignes de ce nom, l'acte atteint son objectif. La dynastie des Antoine d'Azuria est reconnue comme étant la plus courte qui ait jamais existé (environ 3 ans). On peut supposer qu'il ne pensait pas rester reconnu sous la forme de l'expression : « Tu parles, ça va autant durer que la dynastie d'Antoine! », mais c'est mieux que rien.


Publié par skalimero à 12:30:56 dans Articles d'humeur | Commentaires (0) |

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