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«un journalisme distancié, ironique et pointu»
Slate, l'une des success-stories du web américain, arrive en France. Lancé en 1996 avec l'aide de Microsoft par un ancien journaliste du New-York Times, ce site de commentaires et d'analyse au ton ironique et mordant a été racheté depuis par le Washington Post. Jean-Marie Colombani, l'ancien directeur du Monde, aidé de personnalités comme Jacques Attali ou le chroniqueur économique Eric Le Boucher, lancent mardi la version francophone de Slate, slate.fr. Johan Hufnagel, ancien rédacteur en chef de 20minutes.fr et de Marianne.fr, explique le positionnement de ce nouveau venu dans le monde de l'internet francophone.
Que trouvera-t-on sur slate.fr ?
En résumé, ce sera ne sera pas un site qui prêche la bonne parole, mais un site particulier, ouvert aux lecteurs et pas seulement aux journalistes. Après, il y a une équipe qui comprend beaucoup d'anciens du Monde, mais aussi des acteurs du web, comme Giuseppe di Martino, directeur juridique de Dailymotion, qui nous fait une chronique, ou encore Nicolas Vanbreemersch, alias Versac (animateur durant des années du blog versac.net).Nous voulons dupliquer le modèle de Slate.com, d'un journalisme à la fois distancié, ironique et pointu . On traitera évidemment de politique et d'économie, avec des signatures comme Jacques Attali ou Eric Le Boucher, mais aussi de culture et d'internet, avec des sujets originaux, par exemple le succès français du site copainsdavant, qui est proche de l'audience de Facebook chez nous.
Rue89, Mediapart, Bakchich... les «pure players», les sites d'information non adossés à un média papier ou audiovisuel, se sont multipliés depuis deux ans. Comment vous positionnerez-vous dans cet univers ?
Slate ressemble effectivement un peu à Rue89 ou Mediapart, mais pas tout à fait : Rue89 est plus positionné sur l'information «brute», tandis que Mediapart, site payant, n'a pas le même modèle économique que le nôtre. Nous allons en tous cas chercher à donner un ton plus décalé à l'actualité avec notamment beaucoup de chroniques. Mais nous partageons avec ces deux sites la volonté de faire participer les internautes.
Le modèle économique de Slate.fr est basé sur la gratuité. N'est-ce pas un peu dangereux, à l'heure où la publicité tend à baisser partout ?
C'est vrai, la publicité chute, mais les «pure players» seront moins affectés, à mon avis. Si l'on enlève les fondateurs du site, il n'y a pour l'instant que trois salariés. On compte recruter pour arriver à une dizaine de postes à la fin de l'année, mais nous n'aurons pas la lourdeur structurelle d'autres sites plus importants. De plus, nous avons une autre source de revenu, puisque nous allons vendre des contenus à Orange. Quant à nos objectifs, il sont de 700.000 visiteurs uniques à la fin de l'année.
La maquette du site que vous avez montré en version «beta» reste assez austère. Allez-vous proposer des contenus vidéo ou des photos ?
Notre priorité, pour le moment, c'est de trouver notre audience, notre rythme. Nous n'avons pas vu la nécessité de sortir une version graphiquement très «léchée». Pour l'instant, nous nous lançons, mais rapidement, nous devrions conclure un accord avec l'agence Magnum pour proposer des photos, comme sur Slate.com. Quant à la vidéo, l'offre est en cours de finalisation. On devrait rapidement proposer des productions originales.
Slate.fr est-il la «tête de pont» d'une série de déclinaisons du site américain en Europe ?
Oui, en quelque sorte. Le Washington Post comme Slate.com veulent tester ce modèle et sont curieux de savoir s'il peut marcher ailleurs qu'aux Etats-Unis. Mais nous voulons d'abord réussir Slate.fr avant de nous lancer dans d'autres déclinaisons européennes.
Un semblant de polémique a éclaté avant le lancement, lorsqu'un blog américain a avancé que slate.fr était destiné à contrer Rue89 ou Mediapart en termes politiques, qu'il était proche de Nicolas Sarkozy...
C'est une polémique ridicule, qui n'a d'ailleurs pas pris. Slate est un journal indépendant. D'ailleurs, la «une» de notre version Beta est un papier sur la grogne des universitaires, qui ne va pas dans le sens de Valérie Pécresse. Quant à notre partenariat avec Orange, il ne nous empêchera pas de le critiquer si besoin. D'ailleurs, nous sommes loin d'être les seuls à vendre des contenus à cet opérateur.
Publié par sysmio à 10:44:15 dans Information | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par sysmio à 20:15:09 dans Information | Commentaires (0) | Permaliens

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Publié par sysmio à 13:12:31 dans Information | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par sysmio à 16:53:31 dans Information | Commentaires (0) | Permaliens
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