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"Words create lies. Only pain can be trusted." | 17 novembre 2005

Je suis envouté. Cette fille m' a ensorcellé. Depuis la mort prématurée de femme je vivais dans une sorte de torpeur mélancolique. Je vivais par habitude, pour mon fils aussi. Je n' étais pas à plaindre. Un bon boulot que j' avais choisi, un pote avec qui je pouvais boire un coup de temps en temps histoire de discuter de tout et de rien. Un gosse bien dans sa peau qui ne me considérait pas comme "un vieux con". Et quelques aventures amoureuse histoire de me distraire... Mais il me manquait quelque chose. Le décés de mon épouse avait brisé quelque chose au plus profond de moi. Et c' est bien normal, n' importe qui ayant connu la perte d' un être cher ressent ce vide qui vous accompagne sans cesse. Un sentiment de solitude absolue que ne peuvent combler ni enfants ni amis et ni maitresses. Je continuais donc ma vie sans volonté particulière. Comme si je faisais une randonnée et qu' à mi-parcours j' avais envie d' arreter. Il serait vain de revenir en arrière et ridicule de s' arrêter au milieu du chemin. Alors je poursuivais ma route, sans convictions, au ralentis. Tout en sachant que si je ne faisais rien je prenais le risque de devenir aigri.
C' est mon fils qui a tendu la perche pour me redresser. Un soir au diner il m' a demandé de but en blanc: " Alors papa, quand est ce que tu vas te remarier ?". La question, venant de sa part m' a surprise et j' ai immédiatement changé de sujet de conversation. Mais le déclic s' était produit. Mon futur s' éclairssissait. Car si j' avais depuis longtemps accepté l' irrévocable disparition de ma compagne une sorte de fidélité m' interdisait l' idée de reconstruire un nouveau couple. Et c' est mon fils qui par cette simple interrogation me donnait la permission d' entrevoir une nouvelle vie. Puis ce fût au tour de mon ami d' amener la suite. Par le biais de notre boulot il organisa des entretients pour un soi disant job de relations public. Ces auditions me permirent de LA rencontrer. Je la connaissais déjà. Sa lettre de motivation m' avait pronfondément attendri. Bien sùr c' est sa photo que j' avais remarqué en premier, mais ce n' était pas le plus important. De nombreuses candidates étaient beaucoup plus jolies qu' elle, de vraies canons. Elle, était mignonne et son visage dégageait une étrange impression de douceur mélée de tristesse. Sa lettre de motivation m' avait confirmé cette sensation et m' avait laissé l' image d' une jeune fille qui avait connu ce qu' on appelle la douleur et qui avait su la surmonter. C' est ce qui m' a fait me sentir proche d' elle et avant  de la rencontrer je savais que ce serait celle qui me plairait.
Effectivement le jour de l' audition je n' attendis que son passage et quand elle se retrouva assise en face de moi j' étais déjà presque amoureux. J' avais son numéro, elle me connaissait, il ne tenait plus qu' à moi de donner une suite à l' histoire. Persuadé que même si elle m' avait rencontré pour des raisons professionnelles je n' aurai aucun mal à la séduire.
Je l' appellais le soir même pour lui proposer d' aller manger au restaurant afin de parler du "job". Evidemment elle accepta et je me couchai joyeux comme un adolescent qui à obtenu son premier rendez-vous amoureux. En m' endormant je pensait encore à son air doux et triste, cette sensation confuse de douleur que son regard semblait exprimer et je me demandais pourquoi mon ami, à la fin de l' audition, m'avait dit " qu' il ne la sentait pas". Par jalousie sans doute...

Reprise personnelle du début du scénario de "Audition", réalisé par Takeshi Miike. A voir absolument, une "love story" peu banale.

Publié par Moinox à 03:15:38 dans les histoires extraordinaires de tonton moino | Commentaires (0) |

Youpi. | 10 novembre 2005

Aujourd'hui je me suis levé de bonne heure. J' étais de bonne humeur, tout allait bien. Mes yeux étaient à la même place que la veille, mes oreilles aussi, ainsi que ma bouche, mes narines, mes doigts, mes orteils, mon nombril, mon sexe, mon anus et même mes cheveux.J' avais de quoi être heureux.
Ravi de tant de bonheur je me jetai avec délectation dans le grand tourbillon de la vie. Les oiseaux saluaient mon passage de leurs chants crystallins. La lumière du jour naissant me donnait le sentiment de vivre un moment privilégié tel un explorateur qui après une nuit à la belle étoile, découvre pour la première fois le panorama de la région qu' il vient de découvrir.
Je marchai donc, nonchalament, le coeur léger et l' esprit vif quand soudain!
DRING DRING le réveil sonne et la réalité m' assomme. Je ne suis plus. Toutes les nuits le même rêve et chaque fois le même réveil. Je redécouvre que mon corps  n' est qu' un tronc, mon visage est brulé, je suis mort, en enfer et pour toujours.

Publié par Moinox à 01:40:47 dans les histoires extraordinaires de tonton moino | Commentaires (1) |

Les aventures de la délicieuse Nina. | 12 octobre 2005


New-York, année 2012,

Je suis fatigué, je n'en peux plus, aveuglé par la sueur qui dégouline de mon front, suffoqué par la moiteur torride de l'athmosphère blindé de fautes d'orthographe je décide de laisser tomber. Oui. Enfin se laisser aller à une coupable paresse, refuser le combat et changer de sujet...
Nina était nue et affalée sur le divan face à la grande baie vitrée de sa chambre de l'hotel California. Devant elle s'exposait la beauté irréelle de la baie d' Ha long. Encore perchée par son trip opiacé, elle laissait vagabonder son esprit parmi les jonques qui crevaient la brume mourrante de cette fin de matinée.
Pendant ce temps au village des schtroumpfs c'était déja l'heure du diner. Schtroumpf cuisinier goutait la soupe de salsepareille, particulièrement bonne ce soir là, tandis que chacun finissait ses taches quotidiennes. Schtroumpf bricoleur bricolait, Schtroumpf musclé musclait, Schtroumpf pervers pervertissait, Schtroumpf dormeur dormait et ainsi de suite jusqu'a la Schtroumpfette qui se faisait draguer "mine de rien" par le Grand Schtroumpf...
Il est grand temps de se poser des questions. Quel peut être le rapport entre ces différents événements : moi, fatigué et dans je ne sais quelle atmosphère suffoquante, Nina, qui se prélassait à poil et à moitié foncedée au-dessus de la baie d'Ha long et les Schtroumpfs schtroumpfant leurs schtroumpfs avant d'aller schtroumpfer???
Franchement je ne l'ai jamais su. Et j' ai eu beau chercher dans les plus grandes encyclopédies des plus anciennes bibliothèques, demander aux sages les plus renommés des quatres coins de la planète, makash. Keutchi. Nada! RIEN!!! Et pourtant je suis sur qu'il y avait quelque chose dessous... Mais parfois l'homme doit savoir s'arreter de poser des questions. Il doit accepter les mystères que lui propose l'insondable univers. Et ainsi résigné à son ignorance il peut continuer sa route imprévisible, triste et monotone, pavée de renonciations et de perpetuelles interrogations...
Ainsi finit cette histoire de tonton moino.
Bonne nuit.

Publié par Moinox à 01:53:32 dans les histoires extraordinaires de tonton moino | Commentaires (0) |

Histoire du loup qui croyait. | 10 octobre 2005


D'un coup les dauphins sortirent de l'eau et, munis de leurs lunettes à visée infrarouge, tirèrent sur la foule hébétée. Plus personne n'y comprenait rien. Comment ces foutus dauphins avaient-ils pu se procurer des armes? Un éléphant que je connaissais bien pour avoir fréquemment hébérgé son frère me souffla un indice. Malheureusement je ne compris pas un traitre mot de son barrissement. Du coup je l'envoyais paître avec quelques moutons fraîchements tondus. Je voyai d' ici le loup se pourlécher les babines. Pensez-vous donc, un éléphant! Cela faisait belle lurette qu'il en avait marre de bouffer du mouton le pauvre loup. Il prit alors son élan et se jeta sur l'animal avec défenses, ce qui eut pour effet de l'éventrer. Du coup les moutons, devenus carnivores depuis leur dérnière modification génétique, le dévorèrent goulûment n'en laissant que des os broyés. Pendant ce temps les dauphins avaient fini le travail et trinquaient gaiement à leur victoire, en se disant que le loup s'était énormément trompé sur l'éléphant.

Publié par Moinox à 02:26:08 dans les histoires extraordinaires de tonton moino | Commentaires (0) |

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