
C' est l' histoire d' un éléphant. Un éléphant avec une tronche de pamplemousse. Pas facile à imaginer un éléphant avec une tête de pamplemousse mais va falloir vous démerder avec ça. C' est comme ça. Lalala lala...L' éléphant se baladait depuis fort longtemps et il gambadait lourdement sur la route qui le menait vers son destin.
Jusqu' au jour où les dieux lui firent rencontrer un renard. Un renard tout ce qu' il y a de plus commun. Avec une petite tête de renard, des petits yeux de renard, des petites oreilles de renard, un petit museau de renard et des petites cornes de renard. Oui bon. Je vous l' accorde il est très rare, voire impossible, de croiser un renard avec des cornes de renard, mais ce renard était ainsi fait et dieu sait qu' il avait souffert de ses petites cornes de renard que personne ne manquait de lui faire remarquer. Comme si il ne savait pas qu' il était doté de ces attributs fort peu conventionnels pour un renard.
Ainsi donc, l' éléphant et le renard cornu croisèrent leurs routes respectives et d' un commun accord décidèrent de les continuer ensemble. Nul doute que leurs particularités non moins respectivent eurent un effet des plus décisif dans leurs décisions non moins respectives et néanmoins commune. Afin de ne pas errer sans but comme ils l' avaient fait depuis le début, les deux compères décidèrent de s' unir pour chasser les méchants et aider les gentils, ce qui n' était pas trés original mais comme ils avaient vraiment soufferts de leurs singularités ils trouvaient là un moyen de combattre leur frustation et le sentiment d' injustice à l' égard du monde qui les entourait.
Ils marchaient donc cahin cahan sur la grand route, bravants les moultes dangers que le sort leur réservait. Entre autres: tempetes de sables, averses torrentielles, précipices abruptes, tremblements de terres, politiciens verreux et fonctionnaires corrompus. Ils marchaient en chantant, ils marchaient en dansants, ils marchaient en riants, ils marchaient en pleurants et mêmes ils marchaient en courants mais jamais ils ne s' arretaient de marcher. Du coup ils ne rencontraient jamais personne, et ne trouvaient ni gentils à aider ni méchants à punir.
Putain deux ans à sillonner la Terre dans tous les sens. Deux ans à se trainer l' un avec sa face de pamplemousse, l' autre avec ses cornes de renard. Deux ans à devoir supporter la vue de cet infirme vingt quatre heures sur vingt quatre. Oui lui et sa gueule d' agrume et oui l' autre avec ses cornes minables. Putain deux ans à pourchasser dans le vent des méchants invisibles et des gentils absents. Deux ans à jouer les Don Quichottes de la Mancha sans un Sancho Pansa. Deux ans...
Mais quelle idée à la con avaient-ils bien pu avoir ces deux connards!
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