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AIT AHMED AU CONSEIL DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE | 01 février 2006

C'est en termes très durs, comme à son habitude quand il s'agit du pouvoir, que Hocine Aït Ahmed a évoqué “la question algérienne” dans son discours au Conseil de l'Internationale socialiste tenu les 30 et 31 janvier derniers à Athènes. La maladie du chef de l'Etat et toute l'agitation qui a eu autour ont constitué l'essentiel du passage de son discours consacré à “la situation désastreuse de l'Algérie”.
Il estime que “tout l'appareil de propagande officielle qui s'est attelé ces dernières années à masquer les protestations sociales, les grèves, les émeutes, les manifestations violemment réprimées, qui sont le lot du quotidien algérien, s'est retrouvé déstabilisé par un imprévu : la maladie du président”. Sur ce dernier point, le numéro un du Front des forces socialistes, FFS, a longuement disserté après avoir invoqué “la panique qui s'est emparée du régime de Bouteflika” dès le transfert et l'hospitalisation du président en France. Pour Aït Ahmed, il est plus qu'évident que la maladie du président “et ses développements rocambolesques ont levé une partie du voile de la mystification largement véhiculée dans le monde d'une Algérie normalisée et enfin sur la voie de la réconciliation”. Hocine Aït Ahmed considère que le plus probant signe de panique du régime est l'organisation, “par des milices mafieuses à l'intérieur du pays, pour le compte de l'administration, des festivités pour le retour de Bouteflika le 31 décembre dernier”. Pour lui “le compagnonnage des “émirs” de l'AIS, le gel du fonctionnement des institutions et le contrôle absolu de l'information sont des signes” qui trahissent l'intention du régime qui “ne craint pas de perdre un président” mais qui s'affole “devant le risque du changement du régime”. Avec le retour de Abdelaziz Bouteflika en Algérie, “nous ne sommes pas sortis de la zone de turbulences malgré les efforts déployés par la propagande pour faire croire à une situation normalisée”, souligne le numéro un du FFS qui estime que ceux qui ont porté au pouvoir Bouteflika ne veulent pas le voir partir avant de concrétiser “le traité d'amitié avec la France, les textes amnistiant les criminels de guerre, et le partage du pactole issu des hydrocarbures, bradés aux multinationales comme nulle part ailleurs dans le monde”. Pour l'ex-candidat aux présidentielles de 1999, quel que soit le scénario retenu “par les décideurs” pour la succession du président en exercice “qui se prépare en douce”, le pouvoir doit compter avec la population qui n'est plus dupe et en “totale rupture avec le pouvoir”, comme, selon lui, en témoigne le référendum du 29 septembre dernier. Abordant la question de l'unification du Maghreb, Aït Ahmed considère qu'elle ne sera effective que lorsqu'on consentira enfin à ouvrir la voie de la bonne gouvernance, de l'Etat de droit, de la transparence et de l'obligation de rendre compte à des institutions légitimes”. Dans la foulée de son discours, il dénonce “l'approche schizophrène” de l'Europe à l'égard du Maghreb et particulièrement de notre pays”. “Tout en proclamant l'universalité des valeurs éthiques et des principes démocratiques, les Européens se sont toujours gardés de dénoncer les trucages électoraux, les répressions sanglantes et les violations massives des droits de l'homme au Maghreb.” Pour lui, l'Europe a “une responsabilité centrale : celle de ne plus traiter les pays du Sud comme des colonies, hier pas mûres pour l'indépendance, aujourd'hui pas mûres pour la démocratie, l'Etat de droit et les droits de l'homme”.

Publié par ubiquiste120 à 10:32:31 dans Section du FFS EL ASNAM Federation de BOUIRA | Commentaires (3) |

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