
MESSAGE DE HOCINE AIT-AHMED AU CONSEIL NATIONAL DU FFS DU 08 SEPTEMBRE 2005
Chers camarades,
Azk Essalam Âlaikum ! wa Âlaikuna ! Azul Seg Ul !
Je voudrais en premier lieu adresser de tout cœur mes salutations amicales à l'ensemble des militants, sympathisants, cadres et responsables du parti. La détermination, la lucidité et le sang froid avec lesquels vous avez su faire face aux dernières mesures de répressions et de provocations, honorent le FFS et suscitent espoir et confiance auprès des compatriotes en quête d'une sortie de crise pacifique et démocratique.
To the point ! Ma Qella wa Della !, Anegzem Awal ! Ce message a pour but de me prononcer notamment sur les deux Ukases de Bouteflika dont vous avez amplement discuté jeudi passé, lors de votre session ordinaire, a savoir : Les élections locales prévues pour novembre prochain d'une part, et d'autre « la charte nationale » qui sera soumise au référendum fixé le 29 septembre. J'ai abrégé cette intervention devant vous, pour des raisons d'opportunité et de timing. Nous avions, en effet, décidé, avant l'été, de lancer une vraie campagne sur les vrais problèmes économiques et sociaux qui rendent la vie impossible à la majorité écrasante de la nation. Il s'agissait là, aussi, d'un axe stratégique de notre combat politique, qui devait cesser d'être à la traîne des seules initiatives du système. Et, cela sans sous-estimer la faiblesse de nos moyens et le verrouillage répressif d'un « Etat d'urgence » maintenu par la seule stratégie du prince. Aussi, je préfère que le lancement de notre campagne sociale, et notamment la conférence que doit donner notre ami et camarade dévoué Mohand Chérifi puisse bénéficier de la priorité « médiatique ».
Aussi dois-je m'exprimer plus amplement, dans quelques jours. Je viens de me rendre compte en tout cas, que nous sommes le 8 septembre 2OO5, date qui coïncide exactement avec le tout premier référendum constitutionnel imposé à l'Algérie, le 8 septembre 1963. Tout se passe, en outre, comme si le 1er novembre 1954, le congrès de la Soummam, le 2O août sans oublier, et la création du FFS le 29 septembre 1963, conjuguaient leurs effets de mémoire et d'anticipation ; donc j'ai du pain sur la planche : aussi dois-je m'adresser aux Algériennes et Algériens de même qu'aux militants du FFS pour situer les responsabilités de la véritable Fitna qui, tout au long d'un demi-siècle - quasiment -, ne cesse de dévorer les ressources humaines, les valeurs éthiques et les atouts politiques, de notre communauté nationale.
Nul besoin de m'étendre sur les deux échéances qui sont à l'ordre du jour de votre rencontre , puisque nous sommes , grosso modo ,sur les mêmes longueurs d'onde, de bas en haut de nos structures.
Concernant la charte nationale, « je la rejette globalement et dans le détail » El-fahem Yefhem. Par ailleurs, le boycott actif du référendum me semblait l'option la plus logique, suite aux consultations permanentes que j'ai eues avec le Premier Secrétaire National, Ali Laskri et en écho avec l'opinion de la base et des structures du parti.
Quant aux élections locales imposées par la révocation scandaleuse des seuls élus librement, malgré les violences et les exactions des maffias locales dirigées par les forces de sécurité spéciales. Ne pas y participer, c'est faire le jeu du pouvoir dont la stratégie est de couper le FFS de l'osmose permanente qu'il avait établi avec les populations de la région.
Je reviendrais sérieusement sur cette perspective, par rapport aux modalités du choix des candidats du parti et à la lumière du climat guerrier que prépare BoutefliKa en Kabylie. Tant est que la résurgence aujourd'hui des GSPC (qu'on pourrait surnommer Groupes Spécialisés des Putschistes Clandestins) dans la région, n'est pas dû au hasard.
Chers Amis,
Nous voilà face à de grandes responsabilités, face à une caste de dignitaires qui s'est nourrie d'une culture de l'Impunité et de l'Irresponsabilité. En revanche, le parti jouit d'un grand respect au sein de la société grâce à la fidélité à ses principes aux convictions inébranlables de ses militants et à son ouverture sur les catégories sociales les plus démunies.
Mais, grâce aussi aux perfectionnements démocratiques de son fonctionnement. Plus que jamais nous devons, part conséquent, serrer les rangs, dans le respect de nos règles. Aussi, le moment est-il adéquat, pour effectuer l'alternance à la tête du Secrétariat National.
Conformément aux articles 8.4 et 8.5. du chapitre VIII des statuts du FFS, intitulé : De la direction Nationale, je désigne le camarade Ali Laskri premier Secrétaire National du parti. Cette reconduction me paraît nécessaire et utile pour l'application, le suivi et l'évaluation périodique des décisions politiques et organiques. Dès lors, poursuivre la dynamique de l'ouverture des structures du parti et de sa politique me paraît être la garantie d'une bonne préparation de nos quatrième Assises nationales. Je prendrai le temps qu'il faudra avec Ali Laskri pour mettre en place le nouveau secrétariat, dans le respect mutuel des compétences de chacun.
Avec toutes mes amitiés,
Hocine Ait-Ahmed
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