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Des élans indolents ont laissé leur empreinte ... | 17 mai 2009

 

 

Les pluies digitales dégrafent les mains mentales, des lucarnes éblouies d'ongles minuscules, des filets d'eau cadencent fantasques pantin.

Des bulles fragiles tremblent en l'air, puis éclôt la fluidité subtile aux vitrages agiles.

Je jouais avec le bonheur, et je réfléchissais par combien c'était rare et fragile ce que je tenais dans mes mains.

Rester seul sur la terre !

J'hésite ! J'attends quoi ? Que ma vie ne compte plus pour rien.

Que ceux qui ont aimé ma jeunesse pleurent sur moi ; il ne sont pas nombreux.

Si je veux vivre encore, ne faudrait-il pas effacer ?

Il me faudrait, non seulement oublier l'amour, mais désapprendre qu'il existe.

Non seulement oublier et renier ce qui a été bon pour moi, mais tuer ce qui peut l'être encore ; car que ferais-je si je m'en souvenais ?

Je ne ferais pas un pas sur terre, je ne rirais pas, je ne pleurerais pas.

Mes moindres actions retentiraient en moi, et comme des échos sonores, y feraient gémir mes malheurs ; tout ce qui emuerait mon âme y éveillerait un regret.

Peau noire de l'homme originel

Ou corps calciné jusqu'aux os ?

Le crâne plein intact

Les bras démeusuréments longs,

Branches creuses presque détachées de ce corps

La main provocante à six doigts, décharnée et vivante encore

Les jambes écartées et tremblantes

Verticalité miraculeuse, émouvante, agaçante,

Le sexe inattendu, timide mais là

La cage thoracique, calligraphie précieuse

Et ce soleil épais dans le ventre,

Tourbillon de matière blanche

Energie impudique qui irradie, nous dévore

Centre irréductible de son être.

Je suis absolument seul dans ce dénuement, quintessence de l'homme posé dans l'espace.

J'entends les fous échos d'un convoi de naguère, sur l'onde impassible d'un souvenir hanté.

Sceau de soie qui étreint une légende amère, dans les fragments éteints d'un enclos laminé.

Des élans indolents ont laissé leur empreinte ...

La vie me pulvérise, je calme mon âme d'une infâme méprise.

 

Publié par Jomico à 22:20:56 dans Maestriagora | Commentaires (0) |

Les songes des jours clairs | 11 avril 2009

 

Les songes des jours clairs s'épanchent sous la porte

Leurs yeux se remémorent d'impossibles amours

Puis chutent murmurent des sanglots de mille ans

Qui déchirent le ciel en avalant le monde

 

 

Ce qu'il m'aura fallu de temps pour tout comprendre

Je vois souvent mon ignorance en d'autres yeux

Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre

Ce qu'à la fin j'ai su comment le faire entendre

Comment ce que je sais le dire de mon mieux

 

Charlatan de soi-même on juge obligatoire

Ce qu'un simple hasard vous a fait prononcer

Demain ce n'est qu'un sou jeté sur le comptoir

Ce qu'on peut à vingt ans se raconter d'histoires

Et l'avenir est tributaire du passé

 

 

 

 

" Loin dans l'âme, les solitudes s'étendent

Sous le soleil mort de l'amour de soi

A l'aube on voit monter dans la torpeur

Du marais, les bancs de brouillard immenses

Qu'emploient les poètes, par impuissance

Pour donner le vague à l'âme et la peur

 

 

 

 

Il faut respirer quand ils s'élèvent

Et jouir de ce frisson inconnu

Que l'on découvre à peine dans les rêves

Dans les paradis parfois entrevus

Les médiocres seuls, les domestiqués

Ne pourront comprendre son amertume

Ils n'entendent pas, perdu dans la brume

Le cri farouche des oiseaux traqués

 

 

 

 

 

Alors ils s'en allaient des altitudes

Poussés par l'orgueil et la lâcheté

On ne les surprend dans nos solitudes

Que si rarement ; ils ont tout quitté

Leur légende est morte dans les bas-fonds

On les voit errer dans les yeux des femmes

Et dans ces enfants qui passent dans l'âme

En fin septembre, tels des vagabonds

 

 

 

 

 

 

Il en est pourtant qui rôdent dans l'ombre

Et ne doivent pas s'arrêter très loin

Je sais qu'ils se baignent par les nuits sombres

Pour que leurs ébats n'aient pas de témoins

Mais si déchirant parfois est leur cri

Qu'il fige les souffles dans les poitrines

Avant de se perdre aux cimes de l'esprit

Comme un appel lointain de sauvagine "

 

 

 

 

 

Patrice de la Tour du Pin

(Extrait " Prélude ")

Né à Paris, en 1911, révélé par un poème : " Les Enfants de Septembre " publié en 1931, il donna deux ans plus tard son premier recueil : " La Quête de Joie ". Après la guerre et la captivité, Patrice de la Tour du Pin publia : " Une Somme de Poésie " (1946) qu'un nouveau volume " Le Second Jeu " a prolongée, en 1959. Il décéda en 1976.

 

 

 

 

 

Les songes des jours clairs ouvrent des livres nus

Sous le regard craché du maître d'un nouveau monde

Aucun mot ne transpire à leurs lèvres immuables

Mais parfois ils écoutent les larmes des enfants

Lorsqu'ils s'attardent trop jusqu'aux fenêtres sales

D'où l'on sent se lever et mourir le silence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Jomico à 09:51:35 dans Maestriagora | Commentaires (0) |

Echappée bleue | 21 février 2009

 

Bleu comme un regard

 

Quelque chose tourne ... Un souvenir sucré, sucré comme des lèvres

Comme la tristesse aussi

 

Souvenir qui s'échappe

Comme un corbeau noir, noir à faire vomir

Les mots en moi disent de mourir

De se teindre à jamais de son silence

 

Et dans le ciel bleu, bleu à me faire pleurer

Tous mes rêves ont menti

Et tout oublier

 

 

 

 

Publié par Jomico à 08:44:12 dans Maestriagora | Commentaires (0) |

Et cela suffit bien ... | 23 janvier 2009

 

 

 

 

L'année est passée, une autre la suit

Les jours pareils aux nuits sont des défis

Nous nous lèverons au devant du soleil qui luit

 

Une simple griffe, une petite encoche

Pour éviter que le souvenir s'effiloche

 

La misère dans le monde qui nous entoure

La guerre qui frappe encore toujours

L'inégalité à chaque coin d'une rue

L'intolérance qui augmente ses recrues

 

Sur des murs de longue date qui s'effritent

Autant d'affreuses vérités refoulées

Comment sommes-nous arrivés là

Après cette étrange vie que nous avons menée

 

Nous avons accepté tout

Comme une chose nécessaire

Nous étions toujours tellement disponibles

Prêts à saisir tous les prétextes

Toutes les aventures

 

Nous n'avons pas laissé passer une seule chance de changement

Alors cette fatigue soudaine

C'est peut-être une chose normale

Qui devait venir lentement

Un jour ou l'autre

Parce qu'il faut bien s'arrêter de marcher

 

Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure

Qu'au néant destructeur le temps vient de donner

Et vous trouverez toujours depuis l'heure première

Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois

 

J'appuie ma tête contre la chaise

Et j'attends

 

L'existence envahie par l'habitude

Me conduit souvent à la solitude

Les jours passent comme des étoiles filantes

 

D'une course effrénée va le monde

Les terres se séparent

Les océans dérivent

Des fractures se dissipent des vapeurs de sang mêlées au sel

Qui restent sur nos lèvres avec le goût des triomphes illusoires

 

Et cela suffit bien

 

Comme la barque lisse

Qui porte la dérive

Se noue et se dénoue du même mouvement

Le temps qui va passer laisse déjà ses traces

 

Aller d'un bout du mur à l'autre

Mais seulement sur un côté

Celui qui est face à moi

 

Je suis l'être qui a assisté à sa propre naissance

Et je veux croire que l'amour transcendant l'amour saint l'amour d'au delà

De l'amour suprême

Amour métaphysique

 

C'est compliqué l'amour

Aimer et être aimé

 

J'ai longtemps pensé que toi tu pourrais peut-être me rendre un compte exact de la vision que l'on a de l'autre côté

Tombe

Pas sous le règne des fauves carnivores de la jungle

Tes dents ne sont pas pointues

Creuse pas ta tombe

 

Corps qui tombe

Bascule dans le vide

Diminuer l'intensité du mouvement

 

Et cela suffit bien ...

 

 

 

 

 

 

Publié par Jomico à 19:48:11 dans Maestriagora | Commentaires (0) |

Infiniment | 10 décembre 2008

 

A force de crier mon âme et mon réel

De penser l'invisible enfin au virtuel

De conduire l'image au terme de sa course

L'absence désormais s'efface, sans ressource

 

Au bord d'un avenir incertain

Liberté et rêves se rejoignent

Au milieu d'une logique inconnue

Insouciance gouvernée par l'inconscience

Noyée dans un parfum moral et blasphématoire

 

Aventureux dans l'infini des possibles

Loyauté de l'âme et du coeur

Avance dans l'héroïsme des jours

Invulnérable et inaccessible

Ne connaissant du temps que peu de chose

 

Les cieux vidés de promesses

S'affaiblissent au calice bu

Les pétales arrachés

S'écrasent sous les cils

 

Terre gelée, rugueuse et si dure

De glace transparente s'est fait une parure

Qu'elle laisse perler au premier rayon

Pour terminer en flaque aux creux des sillons

 

 

 

 

Création Art' E mi dore

http://arteservices.monsite.orange.fr

 

 

 

 

 

Publié par Jomico à 18:17:32 dans Maestriagora | Commentaires (0) |

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Je me voulais événement.
Je m'imaginais partition.










J'étais gauche.












 





La
tête de mort qui, contre mon gré, remplaçait la pomme que je portais
fréquemment à la bouche, n'était aperçue que de moi. Je me mettais à
l'écart pour mordre correctement la chose. Comme on ne déambule pas,
comme on ne peut prétendre à l'amour avec un tel fruit aux dents, je me
décidais, quand j'avais faim, à lui donner le nom de pomme. Je ne fus
pas inquiété. Ce n'est que plus tard que l'objet de mon embarras
m'apparut sous les traits ruisselants et tout aussi ambigus de poème.












 





Je m'enfonçais dans des idées noires.












 


Je me disais :








 



Même pas moyen d'être saoul.











 




Pourquoi boire donne-t-il si soif ?











 




Comment sortir de ce cercle ?
Comment serait-ce si je me réveillais ?









 


Mais quoi ?











 




J'ai les yeux bien ouverts, je ne vois que la saleté, la tabagie, et ces faces d'abruties qui me ressemblent comme des frères.

De quoi je rêve ?
Est-ce un souvenir, est-ce un espoir, cette lumière, cette évidence, est-ce passé ?
Est-ce à venir ?











 




Je la tenais à l'instant, je l'ai laissée filer.


De quoi je parle ?









De quoi je crève ...











 




Et
ainsi de suite, comme lorsque l'on a déjà pas mal bu. J'essayais de me
remettre à écouter. C'était très difficile. J'étais en rage, en dedans,
sans trop savoir pourquoi. Je sentais que ce n'était pas la question,
qu'il y avait quelque chose de bien plus urgent à faire, mais c'était
comme lorsqu'on rêve et que tout à coup on pense ce n'est pas cela la
réalité, mais on ne trouve pas tout de suite le geste à faire, qui est
d'ouvrir les yeux. Après, c'est tout clair et simple.











 




Mais
les usages rhétoriques, techniques, philosophiques, algébriques,
logistiques, journaliques, romaniques, artistiques et esthétchoum du
langage ont fait oublier à l'humanité le véritable mode d'emploi de la
parole.











 




La vie est de brûler des questions.









 


Je
me retrouve autant dans une lettre écrite pour expliquer le
retrécissement intime de mon être et le châtrage insensé de ma vie, que
dans un essai extérieur à moi-même, et qui m'apparaît comme une
grossesse indifférente de mon esprit.











 




Je
souffre que l'esprit ne soit pas dans la vie et que la vie ne soit pas
l'esprit, je souffre de l'esprit-organe, de l'esprit-traduction, ou de
l'esprit-intimidation-des-choses pour les faire entrer dans l'esprit.











 




Plus je m'enfonce, plus l'évidence s'étale, devant mes yeux dessilés.











 




A n'en pas douter, il y a de la vie là-dedans.











 




Cela coule de soi et coule enfin de moi.











 




La vie !











 




Le voilà le secret de la création.











 




La réponse est là, palpitante, encore chaude et émue.











 




Comme une vision qui m'apparaît, une force créatrice de l'auto-destruction.











 




A ce moment-là, je ne savais pas que je commençais à peine à naître.











 




J'étais encore un enfant à l'époque, c'est à peine si je m'en souviens.











 




Aussi, je préférais laisser passer les siècles comme s'ils avaient été des minutes ; il n'y avait qu'à attendre.











 




Peut-être que la providence préparait déjà ses voies nouvelles ?











 




Il faut que je me souvienne ...











 




Lorsque
enfant j'étais enfant, je marchais les bras ballants, je voulais que le
ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la
mer. Je ne savais pas que j'étais enfant, tout pour moi avait une âme,
et toutes les âmes étaient une. Je n'avais d'opinion sur rien, je
n'avais pas d'habitudes, je m'asseyais en tailleur, démarrais en
courant, j'avais une mèche rebelle et ne faisais pas mine quand on me
photographiait.











 




Lorsque j'étais enfant se fut le temps des questions suivantes :











 




Pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ?











 




Pourquoi suis-je ici, et pourquoi pas là ?











 




Quand a commencé le temps, et où finit l'espace ?











 




La vie sous le soleil n'est-elle pas qu'un rêve ?











 




Je ne vous vois pas, mais je sais que vous êtes là.











 




Ce que je vois, entends, sens, n'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ?











 




Le mal existe-t-il vraiment, et des gens qui sont vraiment les mauvais ?











 




Comment
se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir je n'étais pas, et
qu'un jour moi, qui suis moi, je ne serai pas ce moi que je suis ?












 




Lorsque j'étais enfant, je me gavais d'épinards, de petits pois, de riz au lait et de chou-fleur bouilli, aujourd'hui aussi.











 




Lorsque
j'étais enfant, je me suis réveillé un jour dans un lit inconnu, et à
présent ça m'arrive toujours, beaucoup de gens me paraissaient beaux,
et à présent ça n'arrive plus que par chance, il y avait une image
claire du paradis, et à présent je le devine tout au plus, ne pouvant
imaginer un néant, et aujourd'hui je tremble à cette idée.











 




Lorsque
j'étais enfant, je jouais avec enthousiasme, et à présent, je suis à
mon affaire comme jadis seulement quand cette affaire est mon travail.











 




Lorsque j'étais enfant, les pommes et le pain suffisaient à me nourrir, et il en est toujours ainsi.











 




Lorsque j'étais enfant, les baies tombaient dans ma main comme seules tombent des baies, et c'est toujours ainsi.











 




Les
noix fraîches m'irritaient la langue, et c'est toujours ainsi, sur
chaque montagne j'avais le désir d'une montagne encore plus haute, et
dans chaque ville le désir d'une ville plus grande encore, et il en est
toujours ainsi.











 




Dans
l'arbre je tendais les bras vers les cerises, exalté comme aujourd'hui
encore, intimidé par les inconnus, et je le suis toujours.











 




J'attendais la première neige et j'attends toujours.











 




Lorsque j'étais enfant, je lançais un bâton contre un arbre, comme une lance, et elle y vibre toujours.











 




Elle n'est pas partie, je le sais, je la retrouverai, quelque chose arrivera, qui comptera.











 




Elle m'apprendra tout.











 




J'ai vu passer matin et soir, et j'ai attendu ...











 




Il a fallu longtemps pour que le fleuve trouve son lit, que l'eau stagnante se mette à couler.











 




Vallée du fleuve primitif !











 




Un jour, je me souviens encore, le glacier a vêlé et les glaces ont fait route vers le nord.











 




Un arbre passa, encore vert, avec un nid vide.











 




Pendant des myriades d'années, seuls les poissons bondirent !










 




Puis vint le moment où l'essaim d'abeilles se noya ...










 




Après les deux cerfs se sont battus sur cette rive ...










 




Puis la nuée de mouches, et les ramures, descendirent le fleuve comme des branches.










 




Seule l'herbe s'est toujours redressée, poussant sur les cadavres des chats sauvages, des sangliers, des buffles.Je
me souviens comme un matin est sorti de la savane, l'herbe collant au
front, l'être à notre image, longtemps attendu, le bipède, dont le
premier mot a été un cri ou un simple gémissement ?










 




Nous avons pu rire de cet homme, pour la première fois, et de son cri, de l'appel de son successeur, nous avons appris à parler.










 




Une longue histoire !










 




Le soleil, les éclairs, le tonnerre dans le ciel, et en bas, sur terre, les feux, les bonds, les rondes, les signes, l'écriture.










 




Puis l'un deux jaillit du cercle et courut droit devant lui. 











 




Tant qu'il courait tout droit, obliquant parfois peut-être de jubilation, il semblait libre, et nous avons pu en rire avec lui.










 




Mais alors, soudain, il courut en zigzag, et les pierres volèrent.










 




Avec sa fuite commençait une autre histoire, l'histoire des guerres.










 




Elle dure à ce jour.










 




Mais la première aussi, celle de l'herbe, du soleil, celle des bonds et des cris, dure encore ! 










 




Lever du soleil 7h22, coucher 16h28, lever de la lune 19h04, coucher ...










 




Il y a vingt ans aujourd'hui, un avion soviétique s'écrasait à Spandau, dans le lac.










 




Il y a cinquante ans, c'était ... L'Olympiade.










 




Il y a cent cinquante ans naissait Arthur Rimbaud. 










 




Il y a deux cents ans apparu le Protocole des Sages.










 




Il y a deux cent cinquante ans, François Blanchard survolait Berlin en ballon.










 




J'ai ralenti le pas et regardé par-dessus mon épaule, dans le vide ...










 




Je me souviens ...










 




Dans les collines un vieillard lisait l'Odyssée à un enfant, et son petit auditeur a cessé de cligner des yeux.










 




Une passante qui sous la pluie, a fermé son parapluie d'un coup sec et s'est laissée tremper.










 




Un écolier qui décrivait à son maître comment une fougère sort de terre, et le maître étonné ...










 




Un aveugle qui a cherché des mains sa montre en percevant ma présence ...










 




Merveille de vivre en esprit et d'attester pour l'éternité le spirituel, rien que le spirituel des gens.









 




En
rentrant d'une longue journée, nourrir le chat comme Philip Marlowe,
avoir les doigts noircis par le journal, de ne plus être exalté par
l'esprit, mais par un reps, par la courbe d'une nuque, par une oreille.









 




Mentir !









 




Comme on respire !









 




Deviner enfin, au lieu de toujours tout savoir, et pouvoir aussi s'exalter pour le mal :









 




En croisant les passants, attirer à soi tous les démons de la terre, et les chasser dans le monde !









 




Être un sauvage !









 




Ou enfin sentir ce que c'est d'enlever ses chaussures sous la table et d'étirer les orteils, pieds nus.









 




Rester seul !









 




Laisser survenir !









 




Garder son sérieux !









 




Nous ne pouvons être sauvages qu'en gardant son sérieux.









 




Ne rien faire que regarder, rassembler, attester, conserver !









 




Walter Benjamin acheta en 1921 une aquarelle de Paul Klee ...









 




Raconte, le conteur, l'enfantin, dérivé au bord du monde, et fait qu'en lui se reconnaisse ce moi.









 




Des brumes dans le soleil ...









 




L'Orient lointain.









 




Le Grand Nord.









 




L'Ouest sauvage.









 




Le Grand Lac de l'Ours.









 




Les Îles Tristan Da Cunha.









 




Le Delta du Mississipi.









 




Stromboli.









 




Les vieilles maisons de Charlottenburg.









 




La lumière du matin.









 




La joie de lever la tête vers la lumière, au grand air, la joie du soleil, inondant les couleurs des yeux des gens ...









 




Le bain dans la cascade.









 




Les tâches des premières gouttes de pluies.









 




Le soleil.









 




Le pain et le vin.









 




Le saut à cloche-pied.









 




La Fête de Pâques.









 




Les veines des feuilles.









 




La nappe blanche au grand air.









 




Le rêve de la maison dans la maison.









 




Le prochain qui dort dans la pièce voisine.









 




La paix du dimanche.









 




L'horizon.









 




La lumière de la chambre dans le jardin.









 




Le vol de la nuit.









 




Le vélo sans les mains.









 




Le regard d'un enfant, il s'appelait ...









 




Emil Jannings ...









 




Kennedy ...









 




Albert Camus ...









 




Von Stauffenberg.









 




C'était à Tokyo, Kyoto, Paris, Londres, Trieste, Berlin ...









 




Toujours la même odeur.









 




Mais plus poussiéreux.









 




Le
monde paraît se noyer dans le crépuscule, mais je raconte, comme au
début, dans ma monodie qui me soutient, par le récit épargné des
troubles du passé et protégé pour l'avenir ...









 




Je me voulais événement.









 




Je m'imaginais partition.




 






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