Les pluies digitales dégrafent les mains mentales, des lucarnes éblouies d'ongles minuscules, des filets d'eau cadencent fantasques pantin.
Des bulles fragiles tremblent en l'air, puis éclôt la fluidité subtile aux vitrages agiles.
Je jouais avec le bonheur, et je réfléchissais par combien c'était rare et fragile ce que je tenais dans mes mains.
Rester seul sur la terre !
J'hésite ! J'attends quoi ? Que ma vie ne compte plus pour rien.
Que ceux qui ont aimé ma jeunesse pleurent sur moi ; il ne sont pas nombreux.
Si je veux vivre encore, ne faudrait-il pas effacer ?
Il me faudrait, non seulement oublier l'amour, mais désapprendre qu'il existe.
Non seulement oublier et renier ce qui a été bon pour moi, mais tuer ce qui peut l'être encore ; car que ferais-je si je m'en souvenais ?
Je ne ferais pas un pas sur terre, je ne rirais pas, je ne pleurerais pas.
Mes moindres actions retentiraient en moi, et comme des échos sonores, y feraient gémir mes malheurs ; tout ce qui emuerait mon âme y éveillerait un regret.
Peau noire de l'homme originel
Ou corps calciné jusqu'aux os ?
Le crâne plein intact
Les bras démeusuréments longs,
Branches creuses presque détachées de ce corps
La main provocante à six doigts, décharnée et vivante encore
Les jambes écartées et tremblantes
Verticalité miraculeuse, émouvante, agaçante,
Le sexe inattendu, timide mais là
La cage thoracique, calligraphie précieuse
Et ce soleil épais dans le ventre,
Tourbillon de matière blanche
Energie impudique qui irradie, nous dévore
Centre irréductible de son être.
Je suis absolument seul dans ce dénuement, quintessence de l'homme posé dans l'espace.
J'entends les fous échos d'un convoi de naguère, sur l'onde impassible d'un souvenir hanté.
Sceau de soie qui étreint une légende amère, dans les fragments éteints d'un enclos laminé.
Des élans indolents ont laissé leur empreinte ...
La vie me pulvérise, je calme mon âme d'une infâme méprise.
Publié par Jomico à 22:20:56 dans Maestriagora | Commentaires (0) | Permaliens
Les songes des jours clairs s'épanchent sous la porte
Leurs yeux se remémorent d'impossibles amours
Puis chutent murmurent des sanglots de mille ans
Qui déchirent le ciel en avalant le monde
Ce qu'il m'aura fallu de temps pour tout comprendre
Je vois souvent mon ignorance en d'autres yeux
Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre
Ce qu'à la fin j'ai su comment le faire entendre
Comment ce que je sais le dire de mon mieux
Charlatan de soi-même on juge obligatoire
Ce qu'un simple hasard vous a fait prononcer
Demain ce n'est qu'un sou jeté sur le comptoir
Ce qu'on peut à vingt ans se raconter d'histoires
Et l'avenir est tributaire du passé
" Loin dans l'âme, les solitudes s'étendent
Sous le soleil mort de l'amour de soi
A l'aube on voit monter dans la torpeur
Du marais, les bancs de brouillard immenses
Qu'emploient les poètes, par impuissance
Pour donner le vague à l'âme et la peur
Il faut respirer quand ils s'élèvent
Et jouir de ce frisson inconnu
Que l'on découvre à peine dans les rêves
Dans les paradis parfois entrevus
Les médiocres seuls, les domestiqués
Ne pourront comprendre son amertume
Ils n'entendent pas, perdu dans la brume
Le cri farouche des oiseaux traqués
Alors ils s'en allaient des altitudes
Poussés par l'orgueil et la lâcheté
On ne les surprend dans nos solitudes
Que si rarement ; ils ont tout quitté
Leur légende est morte dans les bas-fonds
On les voit errer dans les yeux des femmes
Et dans ces enfants qui passent dans l'âme
En fin septembre, tels des vagabonds
Il en est pourtant qui rôdent dans l'ombre
Et ne doivent pas s'arrêter très loin
Je sais qu'ils se baignent par les nuits sombres
Pour que leurs ébats n'aient pas de témoins
Mais si déchirant parfois est leur cri
Qu'il fige les souffles dans les poitrines
Avant de se perdre aux cimes de l'esprit
Comme un appel lointain de sauvagine "
Patrice de la Tour du Pin
(Extrait " Prélude ")
Né à Paris, en 1911, révélé par un poème : " Les Enfants de Septembre " publié en 1931, il donna deux ans plus tard son premier recueil : " La Quête de Joie ". Après la guerre et la captivité, Patrice de la Tour du Pin publia : " Une Somme de Poésie " (1946) qu'un nouveau volume " Le Second Jeu " a prolongée, en 1959. Il décéda en 1976.
Les songes des jours clairs ouvrent des livres nus Sous le regard craché du maître d'un nouveau monde Aucun mot ne transpire à leurs lèvres immuables Mais parfois ils écoutent les larmes des enfants Lorsqu'ils s'attardent trop jusqu'aux fenêtres sales D'où l'on sent se lever et mourir le silence
Publié par Jomico à 09:51:35 dans Maestriagora | Commentaires (0) | Permaliens
Bleu comme un regard
Quelque chose tourne ... Un souvenir sucré, sucré comme des lèvres
Comme la tristesse aussi
Souvenir qui s'échappe
Comme un corbeau noir, noir à faire vomir
Les mots en moi disent de mourir
De se teindre à jamais de son silence
Et dans le ciel bleu, bleu à me faire pleurer
Tous mes rêves ont menti
Et tout oublier
Publié par Jomico à 08:44:12 dans Maestriagora | Commentaires (0) | Permaliens
L'année est passée, une autre la suit
Les jours pareils aux nuits sont des défis
Nous nous lèverons au devant du soleil qui luit
Une simple griffe, une petite encoche
Pour éviter que le souvenir s'effiloche
La misère dans le monde qui nous entoure
La guerre qui frappe encore toujours
L'inégalité à chaque coin d'une rue
L'intolérance qui augmente ses recrues
Sur des murs de longue date qui s'effritent
Autant d'affreuses vérités refoulées
Comment sommes-nous arrivés là
Après cette étrange vie que nous avons menée
Nous avons accepté tout
Comme une chose nécessaire
Nous étions toujours tellement disponibles
Prêts à saisir tous les prétextes
Toutes les aventures
Nous n'avons pas laissé passer une seule chance de changement
Alors cette fatigue soudaine
C'est peut-être une chose normale
Qui devait venir lentement
Un jour ou l'autre
Parce qu'il faut bien s'arrêter de marcher
Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure
Qu'au néant destructeur le temps vient de donner
Et vous trouverez toujours depuis l'heure première
Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois
J'appuie ma tête contre la chaise
Et j'attends
L'existence envahie par l'habitude
Me conduit souvent à la solitude
Les jours passent comme des étoiles filantes
D'une course effrénée va le monde
Les terres se séparent
Les océans dérivent
Des fractures se dissipent des vapeurs de sang mêlées au sel
Qui restent sur nos lèvres avec le goût des triomphes illusoires
Et cela suffit bien
Comme la barque lisse
Qui porte la dérive
Se noue et se dénoue du même mouvement
Le temps qui va passer laisse déjà ses traces
Aller d'un bout du mur à l'autre
Mais seulement sur un côté
Celui qui est face à moi
Je suis l'être qui a assisté à sa propre naissance
Et je veux croire que l'amour transcendant l'amour saint l'amour d'au delà
De l'amour suprême
Amour métaphysique
C'est compliqué l'amour
Aimer et être aimé
J'ai longtemps pensé que toi tu pourrais peut-être me rendre un compte exact de la vision que l'on a de l'autre côté
Tombe
Pas sous le règne des fauves carnivores de la jungle
Tes dents ne sont pas pointues
Creuse pas ta tombe
Corps qui tombe
Bascule dans le vide
Diminuer l'intensité du mouvement
Et cela suffit bien ...
Publié par Jomico à 19:48:11 dans Maestriagora | Commentaires (0) | Permaliens
A force de crier mon âme et mon réel
De penser l'invisible enfin au virtuel
De conduire l'image au terme de sa course
L'absence désormais s'efface, sans ressource
Au bord d'un avenir incertain
Liberté et rêves se rejoignent
Au milieu d'une logique inconnue
Insouciance gouvernée par l'inconscience
Noyée dans un parfum moral et blasphématoire
Aventureux dans l'infini des possibles
Loyauté de l'âme et du coeur
Avance dans l'héroïsme des jours
Invulnérable et inaccessible
Ne connaissant du temps que peu de chose
Les cieux vidés de promesses
S'affaiblissent au calice bu
Les pétales arrachés
S'écrasent sous les cils
Terre gelée, rugueuse et si dure
De glace transparente s'est fait une parure
Qu'elle laisse perler au premier rayon
Pour terminer en flaque aux creux des sillons
Création Art' E mi dore
http://arteservices.monsite.orange.fr
Publié par Jomico à 18:17:32 dans Maestriagora | Commentaires (0) | Permaliens
Je me voulais événement. J'étais gauche. La Je m'enfonçais dans des idées noires.
Je m'imaginais partition.
tête de mort qui, contre mon gré, remplaçait la pomme que je portais
fréquemment à la bouche, n'était aperçue que de moi. Je me mettais à
l'écart pour mordre correctement la chose. Comme on ne déambule pas,
comme on ne peut prétendre à l'amour avec un tel fruit aux dents, je me
décidais, quand j'avais faim, à lui donner le nom de pomme. Je ne fus
pas inquiété. Ce n'est que plus tard que l'objet de mon embarras
m'apparut sous les traits ruisselants et tout aussi ambigus de poème.
Je me disais :
Même pas moyen d'être saoul.
Pourquoi boire donne-t-il si soif ?
Comment sortir de ce cercle ?
Comment serait-ce si je me réveillais ?
Mais quoi ?
J'ai les yeux bien ouverts, je ne vois que la saleté, la tabagie, et ces faces d'abruties qui me ressemblent comme des frères.
De quoi je rêve ?
Est-ce un souvenir, est-ce un espoir, cette lumière, cette évidence, est-ce passé ?
Est-ce à venir ?
Je la tenais à l'instant, je l'ai laissée filer.
De quoi je parle ?
De quoi je crève ...
Et
ainsi de suite, comme lorsque l'on a déjà pas mal bu. J'essayais de me
remettre à écouter. C'était très difficile. J'étais en rage, en dedans,
sans trop savoir pourquoi. Je sentais que ce n'était pas la question,
qu'il y avait quelque chose de bien plus urgent à faire, mais c'était
comme lorsqu'on rêve et que tout à coup on pense ce n'est pas cela la
réalité, mais on ne trouve pas tout de suite le geste à faire, qui est
d'ouvrir les yeux. Après, c'est tout clair et simple.
Mais
les usages rhétoriques, techniques, philosophiques, algébriques,
logistiques, journaliques, romaniques, artistiques et esthétchoum du
langage ont fait oublier à l'humanité le véritable mode d'emploi de la
parole.
La vie est de brûler des questions.
Je
me retrouve autant dans une lettre écrite pour expliquer le
retrécissement intime de mon être et le châtrage insensé de ma vie, que
dans un essai extérieur à moi-même, et qui m'apparaît comme une
grossesse indifférente de mon esprit.
Je
souffre que l'esprit ne soit pas dans la vie et que la vie ne soit pas
l'esprit, je souffre de l'esprit-organe, de l'esprit-traduction, ou de
l'esprit-intimidation-des-choses pour les faire entrer dans l'esprit.
Plus je m'enfonce, plus l'évidence s'étale, devant mes yeux dessilés.
A n'en pas douter, il y a de la vie là-dedans.
Cela coule de soi et coule enfin de moi.
La vie !
Le voilà le secret de la création.
La réponse est là, palpitante, encore chaude et émue.
Comme une vision qui m'apparaît, une force créatrice de l'auto-destruction.
A ce moment-là, je ne savais pas que je commençais à peine à naître.
J'étais encore un enfant à l'époque, c'est à peine si je m'en souviens.
Aussi, je préférais laisser passer les siècles comme s'ils avaient été des minutes ; il n'y avait qu'à attendre.
Peut-être que la providence préparait déjà ses voies nouvelles ?
Il faut que je me souvienne ...
Lorsque
enfant j'étais enfant, je marchais les bras ballants, je voulais que le
ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la
mer. Je ne savais pas que j'étais enfant, tout pour moi avait une âme,
et toutes les âmes étaient une. Je n'avais d'opinion sur rien, je
n'avais pas d'habitudes, je m'asseyais en tailleur, démarrais en
courant, j'avais une mèche rebelle et ne faisais pas mine quand on me
photographiait.
Lorsque j'étais enfant se fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici, et pourquoi pas là ?
Quand a commencé le temps, et où finit l'espace ?
La vie sous le soleil n'est-elle pas qu'un rêve ?
Je ne vous vois pas, mais je sais que vous êtes là.
Ce que je vois, entends, sens, n'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ?
Le mal existe-t-il vraiment, et des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment
se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir je n'étais pas, et
qu'un jour moi, qui suis moi, je ne serai pas ce moi que je suis ?
Lorsque j'étais enfant, je me gavais d'épinards, de petits pois, de riz au lait et de chou-fleur bouilli, aujourd'hui aussi.
Lorsque
j'étais enfant, je me suis réveillé un jour dans un lit inconnu, et à
présent ça m'arrive toujours, beaucoup de gens me paraissaient beaux,
et à présent ça n'arrive plus que par chance, il y avait une image
claire du paradis, et à présent je le devine tout au plus, ne pouvant
imaginer un néant, et aujourd'hui je tremble à cette idée.
Lorsque
j'étais enfant, je jouais avec enthousiasme, et à présent, je suis à
mon affaire comme jadis seulement quand cette affaire est mon travail.
Lorsque j'étais enfant, les pommes et le pain suffisaient à me nourrir, et il en est toujours ainsi.
Lorsque j'étais enfant, les baies tombaient dans ma main comme seules tombent des baies, et c'est toujours ainsi.
Les
noix fraîches m'irritaient la langue, et c'est toujours ainsi, sur
chaque montagne j'avais le désir d'une montagne encore plus haute, et
dans chaque ville le désir d'une ville plus grande encore, et il en est
toujours ainsi.
Dans
l'arbre je tendais les bras vers les cerises, exalté comme aujourd'hui
encore, intimidé par les inconnus, et je le suis toujours.
J'attendais la première neige et j'attends toujours.
Lorsque j'étais enfant, je lançais un bâton contre un arbre, comme une lance, et elle y vibre toujours.
Elle n'est pas partie, je le sais, je la retrouverai, quelque chose arrivera, qui comptera.
Elle m'apprendra tout.
J'ai vu passer matin et soir, et j'ai attendu ...
Il a fallu longtemps pour que le fleuve trouve son lit, que l'eau stagnante se mette à couler.
Vallée du fleuve primitif !
Un jour, je me souviens encore, le glacier a vêlé et les glaces ont fait route vers le nord.
Un arbre passa, encore vert, avec un nid vide.
Pendant des myriades d'années, seuls les poissons bondirent !
Puis vint le moment où l'essaim d'abeilles se noya ...
Après les deux cerfs se sont battus sur cette rive ...
Puis la nuée de mouches, et les ramures, descendirent le fleuve comme des branches.
Seule l'herbe s'est toujours redressée, poussant sur les cadavres des chats sauvages, des sangliers, des buffles.Je
me souviens comme un matin est sorti de la savane, l'herbe collant au
front, l'être à notre image, longtemps attendu, le bipède, dont le
premier mot a été un cri ou un simple gémissement ?
Nous avons pu rire de cet homme, pour la première fois, et de son cri, de l'appel de son successeur, nous avons appris à parler.
Une longue histoire !
Le soleil, les éclairs, le tonnerre dans le ciel, et en bas, sur terre, les feux, les bonds, les rondes, les signes, l'écriture.
Puis l'un deux jaillit du cercle et courut droit devant lui.
Tant qu'il courait tout droit, obliquant parfois peut-être de jubilation, il semblait libre, et nous avons pu en rire avec lui.
Mais alors, soudain, il courut en zigzag, et les pierres volèrent.
Avec sa fuite commençait une autre histoire, l'histoire des guerres.
Elle dure à ce jour.
Mais la première aussi, celle de l'herbe, du soleil, celle des bonds et des cris, dure encore !
Lever du soleil 7h22, coucher 16h28, lever de la lune 19h04, coucher ...
Il y a vingt ans aujourd'hui, un avion soviétique s'écrasait à Spandau, dans le lac.
Il y a cinquante ans, c'était ... L'Olympiade.
Il y a cent cinquante ans naissait Arthur Rimbaud.
Il y a deux cents ans apparu le Protocole des Sages.
Il y a deux cent cinquante ans, François Blanchard survolait Berlin en ballon.
J'ai ralenti le pas et regardé par-dessus mon épaule, dans le vide ...
Je me souviens ...
Dans les collines un vieillard lisait l'Odyssée à un enfant, et son petit auditeur a cessé de cligner des yeux.
Une passante qui sous la pluie, a fermé son parapluie d'un coup sec et s'est laissée tremper.
Un écolier qui décrivait à son maître comment une fougère sort de terre, et le maître étonné ...
Un aveugle qui a cherché des mains sa montre en percevant ma présence ...
Merveille de vivre en esprit et d'attester pour l'éternité le spirituel, rien que le spirituel des gens.
En
rentrant d'une longue journée, nourrir le chat comme Philip Marlowe,
avoir les doigts noircis par le journal, de ne plus être exalté par
l'esprit, mais par un reps, par la courbe d'une nuque, par une oreille.
Mentir !
Comme on respire !
Deviner enfin, au lieu de toujours tout savoir, et pouvoir aussi s'exalter pour le mal :
En croisant les passants, attirer à soi tous les démons de la terre, et les chasser dans le monde !
Être un sauvage !
Ou enfin sentir ce que c'est d'enlever ses chaussures sous la table et d'étirer les orteils, pieds nus.
Rester seul !
Laisser survenir !
Garder son sérieux !
Nous ne pouvons être sauvages qu'en gardant son sérieux.
Ne rien faire que regarder, rassembler, attester, conserver !
Walter Benjamin acheta en 1921 une aquarelle de Paul Klee ...
Raconte, le conteur, l'enfantin, dérivé au bord du monde, et fait qu'en lui se reconnaisse ce moi.
Des brumes dans le soleil ...
L'Orient lointain.
Le Grand Nord.
L'Ouest sauvage.
Le Grand Lac de l'Ours.
Les Îles Tristan Da Cunha.
Le Delta du Mississipi.
Stromboli.
Les vieilles maisons de Charlottenburg.
La lumière du matin.
La joie de lever la tête vers la lumière, au grand air, la joie du soleil, inondant les couleurs des yeux des gens ...
Le bain dans la cascade.
Les tâches des premières gouttes de pluies.
Le soleil.
Le pain et le vin.
Le saut à cloche-pied.
La Fête de Pâques.
Les veines des feuilles.
La nappe blanche au grand air.
Le rêve de la maison dans la maison.
Le prochain qui dort dans la pièce voisine.
La paix du dimanche.
L'horizon.
La lumière de la chambre dans le jardin.
Le vol de la nuit.
Le vélo sans les mains.
Le regard d'un enfant, il s'appelait ...
Emil Jannings ...
Kennedy ...
Albert Camus ...
Von Stauffenberg.
C'était à Tokyo, Kyoto, Paris, Londres, Trieste, Berlin ...
Toujours la même odeur.
Mais plus poussiéreux.
Le
monde paraît se noyer dans le crépuscule, mais je raconte, comme au
début, dans ma monodie qui me soutient, par le récit épargné des
troubles du passé et protégé pour l'avenir ...
Je me voulais événement.
Je m'imaginais partition.