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Des lits d'Arménie (extrait de Moi-même)
J'avais ouvert la porte sans me soucier de qui c'était celui qui frappait à une heure pareille. Enfin ! les stores était baissées et j'avais l'impression que de toute façon je ne pourrais jamais deviner si on est le jour ou la nuit. Abattue, j'avais les cheveux en broussaille, les yeux en petites sardines pourries, la bouche en framboise gelée de chez Picard. A peine le temps de mettre un pantalon. Les coups devenaient de plus en plus forts et j'avais peur de subir encore une fois la colère de mon voisin...(ah! mon voisin c'est une autre histoire)
Elle était là, devant moi, en larmes.
Elle regardait comme si je devenais invisible.
J'avais compris qu'elle essayait de retenir ses flots.
Je lui connais cet effort pour immobiliser les petites choses dont elle ne peut avoir le contrôle. Elle était là et je ne comprenais rien.
J'arrivais à peine à me souvenir de la date et du jour. Normal, après la nuit que j'ai passé hier avec tous ces mélanges et toutes cette fumée. O ces copines elle vont me tuer un jour. Il faut que je les marie toutes pour être enfin ...libre de mes fantasmes...car hier O hier j'étais à deux doigts d'embrasser Alice sans même m'en rendre compte ..hum Alice elle avait des lèvres exquises et ce gloss. dont elle abusait hum ce gloss qui me donne des envies de fraise à dévorer...oui à dévorer à m'en saouler...Alice avec tes délices et tes malices tu me fais tout ingurgiter à en perdre la tête...à devenir malade de tes salades ...à oublier qui je suis ! (...)
Toutes ses images de débauche s'étaient enchaînées très vite dans ma tête comme le rêve ...
une goutte que j'avais recueillie sur mon épaule m'avait poussé vers la surface vertigineuse de la scène...
devant la porte je la tenais dans mes bras et je ne comprenais pas...
je ne posais pas de question...les plus évidentes...comment m'avait-elle retrouvé ?...comment était elle venue jusqu'à moi sans se perdre ?...pourquoi pleurait-elle alors que j'avais pensé qu'elle allait bien suite à notre dernière communication ?...
j'avais pensé que j'hallucinais et que c'était probablement dû à ce médicament que mon médecin m'a recommandé pour mon mal des yeux...Non , non elle était bien là , très maigre dans sa longue robe en velours noir ...
j'étais pieds nus et je commençais à avoir des crampes, ma peau devenait une multitude d'infimes collines blondes...j'ai mis alors mes mains dans ses cheveux pour l'entraîner vers l'intérieur...j'avais senti quelque chose de gluant que j'avais pris pour du gel ou des gouttes de pluie alourdissant ses cheveux gras ...je sentis alors en même temps le pli près de mes yeux...la ride qui creuse un profond sillon dans mon front...L'étrange...j'ouvris les yeux pour vérifier ..mes doigts étaient rouges de ce rouge qui me donne le vertige...
Publié par annousti à 03:28:16 dans peau êtes | Commentaires (19) | Permaliens
Le cœur en coquille
Prends mon cœur mais
rappelle- toi
Je n'en ai qu'un
Prends soin de sa couleur
Ne lui fais pas la guerre
Il sait il saigne
Sans même avoir été
vraiment touché
Il se vide ...sur les pierres
Publié par annousti à 15:53:45 dans peau êtes | Commentaires (13) | Permaliens
De la misère en mystère
Seule près de ma fenêtre
J'attendais le sourire sans nom
La magie de l'inspiration
La joie de faire naître
Des mots en sursis
Des mais en douceur
Un bourgeon endurci
Ses tâches de rousseur
Qui font que c'est Lui
Son cœur qui luit
Au fond de ma noirceur
Je sais que c'est Lui
Lui mon reflet et mon double
Lui souple mais trouble
La face cachée de ma nuit
Ma décadence et mon harmonie
Un air ancien de mélancolie
Un air chanté pour hâter
La venue de l'âme hantée
Mais où es-tu toi qui m'as ouvert
La porte de ton château de cartes
Où es-tu peintre rêvé des étoiles
Je ne vois pas ta tâche sur la toile
Je ne vois pas
La rencontre du velours avec le coton
Les ratures de l'immature à coup de bâton
Les pas lourds du balourd marmiton
Je ne te vois pas
Toi qui as décidé de n'être
Qu'un être amnésique sans nom
Au lieu de prendre ma main pour naître
Sur mes lèvres en son fanfaron
ronronnant les pas de tes trépas
Publié par annousti à 03:34:03 dans peau êtes | Commentaires (18) | Permaliens
improvisation en sol mineur
la regard dans le vague
le coeur en sanglot
la corps en sourdine
dans un terrain vague
seul dans le complot
l'autre se dandine
et personne ne devine
si seulement on pouvait s'entendre!
Publié par annousti à 03:14:25 dans peau êtes | Commentaires (38) | Permaliens
"Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare"
La diane française "Il n'y a pas d'amour heureux" chanté par Brassens
Publié par annousti à 11:44:45 dans peau êtes | Commentaires (6) | Permaliens
ils ont dit et vous direz