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[Pour que (re)fleurisse une orchidée sur mon épaule et dans mon coeur.]
Publié par annousti à 11:56:23 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
InternationalePour être franche
Je ne suis pas étanche
Je me considère comme fran-çaise
Même quand j'étais là bas
Enfant fanfan jouant sur la falaise
Mais depuis que je suis là
Sans plus rien d'une reine
sans même le droit de sauver mes rêves
en votant l'amour qui germe sur la grève
Je vous avoue avoir l'impression
De rester pour vous l'étrange tunisienne
Étrange étrangère polygame
Depuis 2001 je fais mes gammes
Et j'apprends de jour en jour
De la France de mes écueils
Que je suis en fait Internationale
De mes seuils à mes feuilles
Comme vous que vous soyez
De Bonneuil ou de Montreuil
De saint- Denis ou de Créteil
Vous portez une montre à l'œil
Coureurs de rêve et d'idéal
As de pique As de cœur
Comme vous je cherche des sandales
Je suis Alice sans malice ni rancœur
Je rythme ma milice et ma monture
Avec une centrifugeuse de cultures
Mes valises débordent de balises
Venant de partout
J'ai ainsi la patience d'une hindoue
Qui sait être au- dessus des remous
J'ai la fierté légendaire dun arabe
Ne soyez pas étonnés de voir ici ou là
Des anciennes ballades et des airs de rabab
Je ne les brade pas et Rien ne peut me faire parade
J'ai l'abnégation d'une chinoise
Qui me permet de ne pas rester pantoise
J'ai l'imagination d'une américaine
Et si tu me rencontres en poésie sous-terraine
Fais donc gaffe à tes gènes et tes veines
J'ai l'érotisme d'une antillaise
Que ce soit sur une musique Zouk ou raï
Je bouge mes fesses et avec mes entrailles
J'entonne des youyous de fa dièse
J'ai une langue adultère une amante française
Et comme elle
Il faut savoir être balèze
J'ai le silence d'une russe
Si Mes pensées sont d'or
Ma voix ne s'endort pas
Car c'est mourir de remords
Comme un chien mordu par les puces
J'ai aussi la gestuelle d'une italienne
Même si je passe souvent pour une Alien (e)
J'ai le rythme d'une espagnole
Et quand je slame mes états d'âme
Je réclame le flamenco des paroles
Des poétesses Ces grandes dame
J'ai en plus la finesse d'une anglaise
Et autour d'un thé sans les braises
Et sans l'ombre des parasols
Je sais reconnaître un passé de foutaises
J'ai l'ouverture d'esprit d'une canadienne
Mon accent comme mes tics sont une parure
Qui me donne une carrure qui est la mienne
J'ai un ancrage dans des origines diverses
Et quand je détache mes cheveux de gitane
Je sais que j'ai Un charme qui renverse
Et si tout s'agite au tour de moi
Je garde pied qui milite sur un sol en titane
J'ai le sens de la conversation d'une portugaise
Je sais protéger ceux que j'aime
Et refuse d'être un port de glaise
J'ai le sens du combat d'une Africaine
D'elle j'ai hérité ces mots que je tresse
Cette trace du labeur et de la peine
Le feu dans les mains de détresse
Je porte en moi la souffrance d'une palestinienne
Les larmes de l'orpheline
Le deuil des veuves les mots du groove
Des femmes de laves qui louvent
Qu'elles soient libanaises ou israéliennes
C'est toujours la même douleur qui couve
Qui nous fait lâcher des hyènes
Sans nous briser les ailes par un excès de zèle
Je n'ai pas besoin de chars ni de bombardiers
J'écoute l'acharnement de la pierre des quartiers
Le cœur en obus les mots en roquettes
J'ai dans mes poches des poèmes en grenades
Des haïkus de feu et des coups de mitraillettes
Et pour l'amour de vous qui me serrez des sérénades
Pour vous plaire je ne me servirai pas des paillettes
Car pour l'internationale desservie qu'on affame
Avec des promesses à la rame du bonheur qu'on émiette
Il y a la mare tourmentée la quête inquiète d'une femme
Une femme de feu d'air d'eau et de terre
Une femme en rose de sable et en étoile de mer
Une femme qui a l'âme des amarres funambules
Arrimée à des embarcadères en la(r)mes somnambules
© Inès A.
Publié par annousti à 01:03:38 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
J'aime retrouver tous ces mots, ces mots de ces autres moi-même, ces mots qui allient à la fois magie et pouvoir...
Tous ces mots qui sont tels les oeufs du nid, ces mots hébergés par un journal qui change depuis quelques temps mon quotidien. JOurnal virtuel certes, mais pages que je feuillette comme un journal en papier (et ce n'est pas toujours facile de trouver une âme bienvaillante pour m'imprimer le lien avant la sortie du travail)...
Je rêve du jour où avant de prendre le métro à République (à tous les coups elle tourne le dos) je vois des jeunes gens distribuer non seulement la 'fameuse' presse gratuite d'information (quelle information en fait?) mais surtout (à la place peut-être) Le gratuit de la poésie (une sorte de format papier du journal permanent de la poésie tel qu'il est conçu par Florence Tocmé)...
JE ne veux plus attendre ni le Salon du Livre (avec son brouhaha insoutenable parfois surtout le samedi et le dimanche) ni le marché de la poésie (où parfois on a du mal à s'arrêter devant un stand tellment les gens se bousculent à faire dédicacer des recueils qu'ils ne liront peut-être pas) ....
JE ne veux plus attendre toutes ces manifestations ponctuelles (et qui me ruinent souvent à vrai dire) pour faire l'amour avec les mots, avec ces 'voix d'encre ' qui devraient être des voies d'ancres dans nos yeux de passants...
Lire la poésie ne devrait pas être l'affaire d'une 'élite' intellectuelle...
Lire la poésie devrait être l'affaire de tous...
Un livre (de poésie ou autre) n'est pas fait pour moisir dans une bibliothèque (je pense à tous ces gens qui sont emmerdés de recevoir des livres comme simple héritage et qui cherchent tous les moyens pour s'en débarrasser ... ah! donnez- les moi ces livres...donnez-lez! faites-les VIVRE, p.tain!)..Un livre est fait pour être ouvert, pour être marqué de post-it qui sont autant de haltes de lectures, des escales en marque -page, des signes que quelque part dans telle ou telle page on a croisé quelque chose qui nous a ému, qui nous a séduit ..."scotché'...
Un livre est fait pour être ouvert, pour servir de relais, de balises dans un monde où le trivial nous prend de plus en plus au cou...
Arrêtons -nous de prendre des coups...
Arrêtons -nous de faire les imbéciles en suivant la 'mouvance' générale...
TRavailler travailler travailler....jusqu'à s'user mais quelle place pour la culture?
Rappel: pour tous vous commentaires, prière de me mailer.
__________________ [en écoute: CAtherine SAuvage, "LA poésie Fout le camp Villon"...Depuis le temps que je répète qu'il y a ballade et balade, il était temps...!]
Publié par annousti à 09:21:45 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par annousti à 10:02:54 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
[Chroniques peau-et-tics]
Il y a des rencontres que l'on n'oublie jamais...
Hier soir, je me suis rendue compte que ma plus belle histoire d'amour est incontestablement la poésie...LA poésie...
L'après-midi, j'avais les idées en œufs brouillées qui s'agglutinaient sur mes mains. Je voulais m'évader. Il faisait beau, le soleil brillait avec insolence dans le ciel parisien. Non, ce n'est pas un temps à s'engouffrer dans un café, ce n'est pas un temps pour une terrasse car les terrasses à Paris ne sont pas de vraies terrasses. Les voitures sont là, elles bouffent l'oxygène de ce dehors qui m'ouvre les bras. Ah ! Le printemps, le printemps me donnent des ailes ! Du moins l'envie des ailes. Soudain mon regard croise la brochure bleue que m'a gracieusement prêtée mon chef de chœur. Le printemps c'est aussi celui des poètes. Ai-je oublié le printemps des poètes ? Je n'avais jamais vraiment assisté à cette manifestation non pas par paresse mais parce que je ne voulais pas y aller seule. J'invitais des amis et personne ne répondait car selon eux la poésie c'est quelque chose de « dépassé », c'est quelque chose d' « hermétique » et puis les poètes ... « ah qui nous débarrassera dites- vous des poètes »...Les poètes ce sont, des fous, des dandy, des gens qui ont du génie ...les poètes d'aujourd'hui (nos contemporains)? « Ils en existent ? », on ne les connait pas car ce sont des gens trop intello, trop bobo, trop narcissiques...
c'est ce genre de commentaires que j'entendais et qui faisaient que pour plusieurs « ils ne sont pas très poésie », « la poésie n'est pas (leur) tasse de thé, ni de café » , « (ils) n'aime pas la poésie »...Justement « je n'aime pas la poésie » sonne comme une explication qui n'explique rien, un verdict qui sonne comme une forme de racisme..Oui, c'est comme dire « je n'aime pas les arabes « ... On oublie qu'on développe souvent une forme d'allergie à ce qu'on n'aime pas. On fuit ce qu'on n'aime pas comme la peste. Mais la poésie ne demande rien qu'à être entendue, vue...Elle s'échappe du grand marché de l'art. La poésie est partout, elle est dans notre quotidien, dans les rues de Paris, dans les asiles des fous et des sages, sur le canal saint martin, sur le pont des arts , sur tous les ponts qui nous font passer d'une rive à l'autre, les lieux des regards croisés ...
En fixant la brochure je me suis dit : la poésie c'est avant tout une affaire personnelle... c'est MON affaire..
Si j'aime la poésie et les poètes, si j'écris des poèmes à perdre la tête c'est que cette passion est une partie de moi...Pourquoi en avoir presque honte ? Pourquoi ne pas parler de ces poètes dont j'aime la poésie et qui ne sont pas morts (On a tendance à ne rendre les hommages qu'aux morts, hélas)...Ces poètes, nos contemporains, que je savoure (j'insiste sur « savourer »)...Ces noms inconnus, méconnus comme Tahar Bekri, Charles Dobzynsky, Jean Ristat, Colette Nys-Mazure...et tant d'autres...
Pourquoi avoir presque honte de dire « Oui, J'écris » Pourquoi cette envie de nier (est-ce un crime d'écrire des poèmes d'expression française ?), dire : oui c'est mon nom sous la photo mais ce n'est pas moi qui ai écrit ça... (et la petite voix qui dit :mais si, mais si c'est toi, je te reconnaîs)...Non... Ce n'est pas moi c'est une autre qui me ressemble ...mon double comme dirait Musset. JE est un Hôte. Peut-être...
Mais Ce double n'est en fait que...mon cœur...Ce cœur qui fait que je suis moi...Moi avec ma folie, avec mes délires... Et puis je ne cherche pas à plaire...Je ne fais que m'effacer, effacer les traces des lyres, ne pas parler de ces vers libres de toute règle à part celle que me dicte mon cœur, mon oreille...ne pas parler de cette main qui écrit cette musique qui vient du « corazon » et qui murmure des mots doux, des mots rebelles qui sont autant des fils qui me tiennent en vie !
Mais pourquoi, face à la curiosité des autres, le vivais-je comme une tare, un défaut de fabrication, un gène défectueux, un grain de beauté de trop ? Pourquoi me sentais- je dénudée en public quand j'ai vu ma petite tête, mes yeux souriant sur cette affiche ? Pourquoi avais-je tout fait pour ne pas croiser mon regard sur cette affiche ? Pourquoi avais-je bafouillé quand une de mes copines choristes m'a dit en plein répétition générale « est-ce toi qui fais des poèmes » ? Ah la moche grimace que j'ai faite et puis la série de « euh euh pardon tu parlais de « qui as tué grand- maman » »...c'était le verbe faire que je percevais...faire des poèmes comme faire des dessins, des marionnettes, des croquis...Je fais du poème comme on fait du tricot, de la borderie, du piano...
Et j'ai fixé la brochure. J'ai baladé mes yeux. J'ai souligné, encadré en rouge. J'ai appelé pour réserver même si l'entrée est libre...JE me suis dit qu'avec des noms comme Eve Griliquez (que je ne connaissais pas mais dont le nom me donnait cette impression de personne dont la rencontre vous change la vie, positivement) et Francis Lalanne (dont je me souviens de la sensibilité toujours ironisée sur les plateaux tv et qui portant témoigne de cette âme-poète) L'amphithéâtre Guizot sera plein à craquer et que je veux une place dans les premiers rangs...Je veux sentir les frémissement de la voix, le frisson qui parcourt la main qui tient le micro, guetter la larme dans l'œil du diseur...
Je voyais l'affiche « LE 19 mars, La clef des chants : Le chant des poètes », la photo des copines et puis ma photo avec mon nom « Poèmes de »...J'ai tourné le dos... Je me suis dit :
« Allez... tu feras tes preuves le 19 mars et tout ira bien...Tu vas me lâcher avec ça ?! Arrête d'avoir peur, oui tu as toujours un problème de jambe droite qui ne cesse de trembler une fois sur scène...Je sais que tu en as marre de ce tremblement car il te donne le vertige...Je sais, tu te sentiras comme d'habitude comme une feuille d'automne qui tient à un fil infime...je sais il y a du vent qui souffle fort, la pluie martyrise les vitres...Je sais...Tu es une feuille d'automne...et alors ? Une feuille d'automne a aussi une couleur, une belle couleur, la caresse du soleil...
Ah tu aimes plus les poèmes des autres que les tiens, les tiens qui te paraissent étrangement étrangers...Eh bien dis-donc tu es trop compliquée ma fille... et puis il n'y a pas de mal à être plus imprégnée par les textes des autres, les tiens tu improviseras dessus car finalement c'est ça ton problème : tu ne peux t'empêcher d'ajouter à la dernière minute un mot, un vers, un refrain, un silence...et puis les lapsus, tu es la reine des lapsus ! y a pas de mal à se tromper et remplacer « excluent » par « expulsent » dans ce poème de toi que tu as dis plusieurs fois pour échopper sur le même passage....Il n' y a pas de mal à t'attarder sur le mot « furtif » pour sourire un peu comme tu sourirais à un amoureux dont le regard n'est point furtif...Il n'y a pas de mal à s'arrêter au beau milieu d'un vers...Il n' y a pas de mal à ne pouvoir s'arrêter à la fin d'un vers...
Il n'y pas de mal à lire...même si tu aimes souvent être libre, donner une voix pleine, faire sonner pleinement ce grain de la voix au lieu qu'il se perd un peu entre le feuille de papier et l'horizon...Oui sans feuille, tu établis un rapport plus fusionnel avec les autres, tu les touches, tu dialogues avec leurs regards, leurs silences...Tu ne t'évanouis pas »
Et voilà Eve, belle charmante, sympathique généreuse...Généreuse...la poésie c'est cette émotion généreuse...seule l'émotion compte avec ou sans une feuille de papier en main...mes cogitations n'avaient pas lieu d'être...les autres, on les touche même avec des yeux présents ailleurs...parce que ce qui touche c'est le silence avant les mots, le silence après les mots ...les mots qui font leur chorégraphie devant les yeux d'enfants émerveillées.
J'étais surprise de voir s'évanouir ma solitude...Les gens se déplacent, sortent le soir pour écouter la poésie. C'est magnifique ! C'est magnifique je n'avais que ce mot sur le bord des lèvres ! La poésie est toujours en vie grâce à ces passeurs de mémoire, de frissons et de frémissements d'ailes...
J'ai entendu un court dialogue entre Une jeune femme et ma voisine :
- par quoi il faut commencer pour lire la poésie
- tu peux acheter une anthologie par exemple
Pourquoi n'avais-je pas le courage, l'insolence de dire, de surprendre en disant :
Eh bien jeune fille, il faut commencer par prendre le métro, la dernière voiture, tu lèves les yeux et tu liras un poème de quelques vers. Quelques vers, comme des prières, comme des chapelets que l'on égrène, qui feront que ta journée devienne plus belle...Ce sont des mots qui nous accompagnent quand on attend un métro qui ne vient pas ...ou quand on est serré comme dans une boite de sardine et qu'on a les mains accrochées à une barre d'acier et qu'on veut oublier cette barre qu'aurait touchée des milliers de gens...
Donc dernières voitures...
Mes préférées sont celles des lignes orange et marron (lignes 5 et 10)...Je préfère la poésie à la pub pour LogImmo (quelque chose dans ce genre) ou Acadomia...
Ces morceaux de poésie ont longtemps égayé mes trajets ...
[Je quitte l'amphithéâtre Guizot. Je ralentis le pas en poussant la porte vitrée. Je devine le visage de Victor Hugo appuyé sur la main gauche. Je lève les yeux à sa hauteur et je souris (Bonsoir Monsieur Hugo !)]
Après la soirée d'hier je suis rentrée épanouie...épanouie de la générosité de ces artistes. Je suis encore habitée par la voix lacérée de belle douleur de la chanteuse Clara Moreau improvisant une chanson (poème d'une poétesse dont le nom m'a échappé) « Gracias la vida » O merci la vie...Merci la poésie de me/nous rendre plus belle la vie !
Vive le printemps, Vive la poésie !
________________
[En écoute] Adόnde están los poetas ?, Un poème dit par Eve Griliquez que j'ai entendue juste au moment d'écrire « Vive la poésie ! »
[En aparté] Je viens de remarquer la répétition de « Je me suis dit »... « ah ! tu n'en as pas assez de toutes ces histoires que tu te racontes et toutes ces mers que tu prends ? ! »
Publié par annousti à 13:58:44 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
ils ont dit et vous direz