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Inès A.

Au café bleu de la poésie

y aura du monde au balcons! | 09 juin 2006

 

 

notez dans vos agendas!

la fête de la musique

avec la chorale la clef des chants ensemble c'est ...du délire...c'est tout simplement ...magnifique...

 Amphithéâtre Richelieu à 13h (le 21)

place Léon Blum (devant mairie 11ème) à 19h

Publié par annousti à 13:08:52 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (4) |

Roses de vent | 01 juin 2006

 

De là où je suis, il a plu des cordes. Une tempête dans un flacon.
De là où je suis, il n’y a eu que quelques rares éclaircies.
Mais c’était suffisant pour avoir un arc-en-ciel parfait.
De là où je suis, le froid est revenu avec force pour avorter de quelques flocons.

 

De là où je suis, derrière ma fenêtre, je vois des existences s’agiter dans l’immeuble en face. Combien d’étages ? Je suis mauvaise en calcul.

 

De là où je suis-je vois une femme qui pleure, en face d’elle un homme est en colère. Il casse tout. Son visage est tout rouge. Serait-il un amant, un mari jaloux ou…son père ?

 

De là où je suis, je vois une femme inquiète, la main sur le ventre. Un petit ventre. Elle s’interroge sur le destin de ce fruit. Fruit de l’anamour. Fruit rongé déjà, trop tôt par le ver. Doit-elle piétiner ses principes et ses convictions et se débarrasser de ce coquillage qui sera plus tard ne coquille lourde à porter et dont elle ne peut assumer la responsabilité ?

 

De là où je suis, je vois une femme parlant toute seule. Non elle chante. Mais comment peut-elle chanter avec un masque d’argile verte sur le visage ? Sa peau devrait tirer. Les cheveux enveloppés dans une serviette de bain chaude de la même couleur que son peignoir : blanche. elle n’avait pas bien gommé les traces de sa teinture : henné avec des reflets acajou. Là, elle se fait même les ongles en souriant. Elle devrait être une femme amoureuse ou du moins devrait elle avoir un rendez-vous galant ce soir. Elle aurait dû faire la connaissance de son voisin qui est toujours malheureux en amour car trop sensible, trop timide et trop beau par-dessus le marché. Il en finira avec les filles qu’il cherche à « allumer » sur le net en montrant constamment son petit oiseau devant son écran d’ordinateur…fruit rouge jamais cueilli, fruit qu’il n’aurait jamais eu le courage de montrer dans la vraie vie.

 

De là où je suis, je vois une vieille dame devant sa TV en train de boire son thé. Elle fait tomber la théière. Morceaux de porcelaine par terre, la Pompadour est séparée de son cavalier. La main de la vieille dame tremble beaucoup. Quelqu’un lui a offert du chocolat. Le paquet n’est pas défait. Joyeux noël. Peut-être je n’ai pas bien vu ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas déballé ? Tient-elle au cadeau parce qu’elle en reçoit rarement ? Peut-être son médecin lui a interdit le chocolat ? J’ose espérer qu’il y a au moins une personne qui a pensé à elle pour noël. La théière est encore par terre. Le thé s’est déversé et continue sa course vers le bord de la table. A deux doigts, une prise d’électricité. La vieille dame reste immobile. Je me demande ce qu’elle attend. Elle se retourne, son regard est absent. Elle bouge un peu. Ce n’est pas son bras que j’ai vu mais une béquille. La béquille finit par tomber et entraîne dans sa chute grand-mère
.
De là où je suis, je vois une jeune femme qui fait les cents pas dans sa chambre un grand livre en main. On dirait qu’elle répète. Quelle pièce ? L’école des femmes. A quoi ressemblerait la version moderne d’Agnès ?le remake - s’il y en a- devrait parler de la prostitution dont est victime une enfant qui grâce à l’aide de Spiderman finit par se défaire de l’emprise de son maquereau. Mais je délire, certainement.

 

De là où je suis, je vois dans une chambre au papier peint vert pomme, une femme en nuisette. Elle caresse son compagnon qui est sous des draps avec des motifs, des églantines. Plutôt elle embrasse sa copine. Ça va être chaud ce soir. On aura une nuit ardente. Des menottes sur la table de chevet, des écharpes aussi.
De là où je suis-je vois une femme tentant de faire des bulles de savon qui finissent tous par exploser sur son balcon. Tous ? Non une bulle s’échappe et se dirige directement vers moi. La femme me sourit d’un sourire furtif, ferme sa fenêtre et baisse les stores. Avait-elle honte d’être surprise dans son jeu ?avait-elle honte d’afficher l’enfant qu’elle est ? C’est bête.

 

De là où je suis-je vois au dernier étage une enfant avec une robe en velours rouge et des chaussettes blanches, très blanches avec des étoiles jaune dessus. Elle avait un air de profonde méditation. Surprenant d’avoir cet air à son âge. Elle devrait avoir sept ans pas plus. Dans la chambre voisine un jeune couple, la trentaine au maximum. L’homme ressemble « vachement » à l’homme du premier étage. En tout cas le couple se dispute. Sur la table traîne un grand couteau et un gros trousseau de clefs. La petite fille est entrain du aire du coloriage maintenant. Elle n’utilise que deux couleurs le rouge et le noir. Elle déchire son dessin. Elle crie. Personne ne l’entend. On dirait que l’on a des oreilles pour être sourd ! Elle cherche un autre jeu dans l’armoire. JE la vois sortir un baladeur. Elle met un Cd une adolescente croquant une fraise. Alizée. Ah les filles d’aujourd’hui grandissent très vite ! je vois dans ses mains un objet rouge que j’ai d mal à voir. Mes yeux se plissent. C’est Maya mais en version modifiée. Un brassage entre abeille et coccinelle.
De là où je suis Je vois la fille souffler vainement sur les ailes. Elle regarde la fenêtre. Hésitante. Il fait froid. Elle cherche un gilet noir et des gants … rouges dans une autre armoire. Au passage elle fait tomber une pile de t-shirt. Elle s’en fout. Maman rangera ça plus tard. Elle met son gilet un peu trop petit. Ça doit la serrer un peu je pense. Mais les gants étaient d’une laine pas fine du tout ! Elle doit avoir des démangeaisons. Seraient-ils les gants faits par grand-mère qui lui aurait offert ça pour son premier Noël ? L’étroitesse des gants la gênait plus que celle du gilet. Elle avait besoin de ses doigts pour tenir sa coccinelle. Elle prend des ciseaux elle coupe. Elle sourit : ses nouvelles mitaines sont nettement plus jolies et plus originales que les vieux gants. Elle ouvre la fenêtre. Il y a une sorte de petit échafaud. Ses parents seraient en train de refaire le balcon. Il y a un petit vent, les ailes tournent, enfin ! le sourire disparaît vite : la barrière lui bloquait une grande partie du vent dont elle sent la force : la bâche se gonflait comme un voilier. Elle cherche ne chaise. Elle s’appuie sur le balcon. Elle ne me voit pas. Elle ne m’entend pas…
 De l où je suis, etc etc
[Etc etc ra ra ra raaaaaaaaa AAAAA AAAAA]…

 

De là où je suis- je verrouille mes yeux, je bouche mes oreilles, et pour ma bouche pas de problème, je suis aphone. Pour le reste… ça rouille partout.

 

Soufflez ou Souffrez.

 

Comme disait Lorenzo, s’il y a quelqu’un là haut il doit bien rire de temps en temps de toutes ses existences en roses de vent.
 
P.S. Si chacun de nous s’accapare d’une rose et fasse en sorte pour qu’elle continue à avoir des bourgeons, des boutons et des épines…nos existences seraient peut-être moins malheureuses.
P.S.S. ceci n’est qu’un croquis, vous pouvez continuer à la manière de…Vous. Votre récit devrait commencer par « De là où je suis… »
P.S.S.S dans l’urgence de vouloir poster ce texte aujourd’hui (avant que le cybercafé ne soit bondé) …attendez-vous à croiser des coquilles.  La mer est houleuse.

 

 

 

 

Publié par annousti à 21:27:24 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (3) |

....le nord mendie toujours un peu de soleil... | 30 mai 2006

 

Un choeur de galets sous des falaises instables.
 Un cœur de gars laid sur les fa dièse intenables.

 

L’eau est glaciale et pourtant je pousse la chose jusqu’au bout. Ce n’est pas la méditerranée mais les côtes d’albâtre. Aux nuances bleues se substituent des nuances de vert. Des éclaircies et le vert se mue en une constellation d’émeraudes.
 Il suffit de peu de chose pour mettre un peu d’or dans nos yeux et un peu d’ordre dans nos pensées.
Mes pieds touchent la terre humide. Mes mains étreignent les galets. Mon regard embrasse l’horizon. Ma flemme s’éteint quand l’atteint, l’écume. Ma poitrine devient voilier : j’ai le vent en poupe.
Capturer l’instant. Sur une photo j’étais surprise de découvrir que j’avais l’air d’une Sirène sortant de la mer, ou d’un marin avec ses filets contenant deux poissons. Je pousse loin la métaphore. Les poissons sont mes godasses où j’ai enfoui mes chaussettes bleues. Ma tenue rouge et noir s’impose comme un étendard sur un navire. Ma silhouette s’impose. Je regarde mon ombre se miroiter. Juste à côté de moi la carcasse d’un crabe qui a échoué sur   le récif. La prochaine vague ne laissera que les pinces.
L’image du crabe me fait revenir à l’esprit d’autres images. Pas loin le cimetière marin. Hommages multipliés aux Canadiens morts sur la même plage. Combien peut-on faire de crimes en quelques minutes ! Il suffit de peu de chose pour un malheur.
Vivre l’instant même si la voix de Barbara me poursuit avec son « mal de vivre » et je pense à ceux qui ne sont pas revenus…non, je ne retiens que la fin de la chanson « la joie de vivre…Vivre…la la la li la li la la ahaaa… »…NON ! Garder le bruit de la mer en douce chanson. Bientôt reviendront les murmures des arbres et les chuchotements des merles. Non…je voudrais que me parviennent les chants des mouettes…Non aux plaintes muettes.
Et puis …
un peu de sable dans les godasses et du sel dans mon pantalon…ne me retiendront pas. Je m’échappe.
Je m’en vais découvrir la falaise, je franchis la barrière. Je marche sans me retourner. Je marche malgré les égratignures. Je vois la trace de ceux qui ont déjà campé sur le chemin de César. Je marche sur les côtes fragiles de Puys. L’herbe est traîtresse. On ne peut jamais savoir la limite, la profondeur.
Il ne reste plus rien des vestiges.
Peu de choses des traces de passage de Richard -cœur -de –Lion. Les pierres tombent et personne n’y songe.

 

Je marche. Je n’arrête pas. Je dois côtoyer les voitures maintenant. De l’Epte je passe à la Seine.  Un château sur la Seine, je n’ai jamais pensé que l’on puisse avoir des idées aussi sensées. Là aussi la guerre a laissé des ruines belles et rebelles. Elles résistent à la corrosion. merveilleusement bien. Mais je peine à imaginer comment c’était avant et ce qu’il en resterait demain.
Non, je ne veux pas rester côté terre. Je dévie dangereusement vers le côté mer. Et tant pis si elle est une mer adoptive.
« Dis, quand reviendras-tu ? ». Monique me harcèle. Non, ne me pose plus cette question. J’apprends. Je pars et j’apprends à revenir de là où les maux –passants finissent par passer. Là où ces noms de chênes et de chiens ont pu se requinquer grâce à la Bénédictine.

 

Allez plutôt poser cette question à Against et à tous ceux qui sont partis sans laisser d’adresse.

 

 

 

 

Publié par annousti à 11:25:01 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (6) |

dits vagues | 29 mai 2006


Le nord mendie un peu de soleil, je répète...
Les galets ont été séparés, je répète...
Les frites attendent les moules, je répète...
Le crabe revient avec sa valise, je répète...

Publié par annousti à 12:18:04 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (1) |

....et l'enfant? | 24 mai 2006




...une histoire de tolérance...

Publié par annousti à 19:23:54 dans la vie | Commentaires (3) |

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