Un vieux thème récurrent, issu de l'été à Arles (2001 ?).
Je traversais quotidiennement A/R la plaine de Tarascon, en vibrant des paysages de Van Gogh, l'illustre ayant élu domicile et "spot" à peinture plusieurs mois en ces lieux.
Se peut-il qu'il n'ait retenu que la grâce des héliotropes ? De retour chaque fin d'après-midi, je les considérais au contraire gravement, n'apercevant que leur misère et leur souffrance, écrasés par l'implacable soleil. Et de filer tranquille la métaphore : les bonnets des blanchisseuses sales et chiffonnés, les visages hagards, une vie à ployer et en chier sans aucun recours possible. Une anomalie cependant, et s'en agissait-il vraiment d'une ? au centre des champs, un tournesol plus haut que les autres, se détachant nettement, droit comme un "i", ayant fiere allure... Plus tard, le père de Guillaume, un provençaou, m'a soutenu qu'il s'agissait du tournesol mâle qui ensemence tous les autres... Ne se payait-il pas avec délice la gueule du petit parigot niaiseux des choses de la terre ?