J'ai dix-huit ans.
Je voudrais réaliser un grand rêve.
Celui d'être bien dans ma tête.
Je n'y parviens pas.
Je ne mange pas.
Je ne mangerais plus.
C'est difficile.
C'est très difficile.
C'est extrêmement difficile.
Manger c'est grandir.
Grandir c'est vieillir.
Vieillir c'est mourir.
Je ne veux pas mourir.
Je ne sais même pas ce que je veux. En fait, je suis complètement perdue.
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je me pose devant la fenêtre et je regarde la pluie tombait. J'aimerais être près de la cheminée, mais mon père est devant, le corps tremblant comme s'il avait peur de moi. Je sens les os de mon postérieur, je sens mon visage s'amincir, cela me fait tant de bien et tant de mal...
la pluie tombe autant que mon moral...la neige se pose, légère, comme mon cors que ma mère chatouille, le soir, comme une petite fille. Dix huit ans, me dit-elle, déjà, et je sens qu'elle se demande : pourquoi dix-huit ans et une maladie d'adolescente ?
mon corps a froid, ma mère pose doucement sa main chaude et grosse sur la nuque. Je lui demande de l'enlever, je la pousse. Viens les bougies, que je ne souffle pas, on me demande "souffle-les d'un coup, ça nous ferait plaisir" Mon plaisir à moi, c'est le visage de mon psychologue, et alors que je m'apprête à souffler les dix-huit bougies qui chauffent le gâteau, je pense à lui.
L'odeur de la cire englobe la cuisine ; je tousse. Les applaudissements discrets me donnent chaud au coeur. Je suis majeure, responsable, et amoureuse. Pour cela, il ne faut pas être malade. Quant on est malade, on n'a pas de responsabilité, on attend les mèdecins. Mon psychologue ne me souhaitera pas un bon anniversaire mercredi.
Je ne mange pas le gâteau ; il y a trop de glucides, trop d'édulcorants...Je me remets à la fenêtre, pensant à cette pluie qui tombe, comme mon moral...
Publié par Laure. à 13:17:22 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (0) | Permaliens
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