J'ai dix-huit ans.
Je voudrais réaliser un grand rêve.
Celui d'être bien dans ma tête.
Je n'y parviens pas.
Je ne mange pas.
Je ne mangerais plus.
C'est difficile.
C'est très difficile.
C'est extrêmement difficile.
Manger c'est grandir.
Grandir c'est vieillir.
Vieillir c'est mourir.
Je ne veux pas mourir.
Je ne sais même pas ce que je veux. En fait, je suis complètement perdue.
J'ai le monde qui s'écroule à mes pieds. Des voitures ont brûlé près de chez moi, j'entends les échos des cris de mes parents, la détresse des gens, la peur des gens, la bêtise des jeunes. Comme moi, ils ne savent pas s'exprimer.
Ils ne connaissent pas la politique, ils se sentent abandonnés, comme moi, ils se sentent mal-aimés, comme moi, ils se sentent sans danger, comme moi. On est quelque part, tous un peu ridicules.
Mon psychologue dit que j'ai fait des progrès. C'est grâce à mon amour pour lui, grace à ces mains posées sur le dossier du siège, ou ses yeux qui me regardent, comme un étranger amoureux.
Publié par Laure. à 10:48:52 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (0) | Permaliens
Les gens, le docteur, les proches veulent faire quelque chose. Ils parlent de "remède", "psychothérapie" et de "révolte" Je me demande ce qu'est leur idée.
Je sens comme une destruction de mon corps, et je jouis du plaisir de perdre. Je n'y peux rien. Ma sortie est loin, le bout du tunnel est très loin. C'est pire l'imagination. Elle joue des tours à mon corps. J'ai rien mangé aujourd'ui, pas une miette. Je vais dormir dès maintenant, pour tout oublier.
Et j'ai tellement bougé. Bougé.
Publié par Laure. à 19:47:27 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (1) | Permaliens
La vie est nettement plus grise et plus morose en autonme. Le temps est chaud mais mon coeur est froid, comme un glaçon. Pourtant, j'aime, j'aime ce psychologue ; je l'aime à en mourir, mais devrais-je pas dire ? à en vivre ?
Tout est paradoxal, difficile, injuste et beau. La vie est une Constitution. La vie est un rien, un poids sur mon coeur, comme les aliments dans mon assiette, qui ne visiteront jamais mon intérieur, mon être, ce goût écoeurant.
Publié par Laure. à 19:07:48 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (0) | Permaliens
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