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Je ne veux pas grandir

Histoire inventée

Moi que je déteste

J'ai dix-huit ans.

Je voudrais réaliser un grand rêve.

Celui d'être bien dans ma tête.

 

Je n'y parviens pas.

Je ne mange pas.

Je ne mangerais plus.

 

C'est difficile.

C'est très difficile.

C'est extrêmement difficile.

 

Manger c'est grandir.

Grandir c'est vieillir.

Vieillir c'est mourir.

 

Je ne veux pas mourir.

 

Je ne sais même pas ce que je veux. En fait, je suis complètement perdue.

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L'homme pervers et bourré | 23 octobre 2005

La difficulté est présente. J'étais invitée, pour une fois, à l'anniversaire d'une amie. Je me suis assise sur une chaise et je n'ai pas bougé. Les autres buvaient et je retenais mes larmes.

Un garçon est venu me voir, il avait la tête ronde, avec des petits yeux par l'alcool, l'air vagabond me demanda :

_Tu n'aimes pas danser, je t'invite, moi !

Il disait cela d'un air moqueur, je n'ai pas répondu, rouge de honte. Il a continué :

_C'est parce que t'as peur que tes jambes ne puissent pas te tenir le corps ou quoi ?

Mes yeux se sont remplis de larmes, comme jamais. J'étais anéanti, complètement désamparée de son attitude. Je voulais trouver une solution, une réponse directe mais je n'y parvenais pas. Une amie que j'aime beaucoup était proche et a entendu, elle s'est approché de lui et lui a lancé :

_C'est parce que son cerveau ne fonctionne pas qu'avec son sexe comme toi, et que danser avec toi serait plus que dangereux !

et elle le bouscula ! Je voulais rire mais je me retenais car celui-ci, vexé, nous regardait d'un oeil moqueur. J'attendais qu'il parte mais il insistait :

_Quoi ? Ma bite elle te ferait plus plaisir qu'une autre ! et si je te demande de danser avec moi, c'est pour vous rentrer toute dedans ! après vous me remercierais.

Anne (mon amie) qui avait un fort caractère lui dit :

_Mon pauvre gars, les chevilles, elles ne te font pas mal ?!

Il s'approchait d'elle, j'avais peur qu'il y ait une bagare, seulement par ma faute. Si j'étais allée directement dansé avec lui, il n'aurait peut-être pas fait cette histoire stupide.

Anne s'énerva :

_Tu dégage parce que je me fous de ta bite et de ta gueule de con ! On n'a pas besoin d'un con de plus dans cette planète, va boire et fous nous la paix !

Il partit. Et je rentrai chez moi.

(j'aime bien faire comme dans les histoires)

Publié par Laure. à 19:08:51 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (0) |

Lassée | 12 octobre 2005

6 jours que je n'ai pas écris. Six jours que je me prélasse au fond de mon lit. Que la couette est trop chaude. Ou trop peu épaisse. Ce sont les plaintes de mon corps.

L'anorexie est ma révolte contre ce qui est laid. Contre ce que l'on transforme en laid. C'est quelque chose ancré en moi. Je ne veux point que l'on me juge sur cette apparence, sur ces cuisses aussi fines que les pattes d'un canaris.

J'ai revu mon psy tout à l'heure. Je voulais le toucher de mes doigts lisses et qu'il mette fin à la souffrance acquise. Or, il n'y parvient pas aussi rapidement que je le voudrais.

On a parlé, je me souviens, de mon appréhension pour les punaises, ensuite de ma relation avec mon père (quasi-absente) et des feuilles mortes qui tombent peu à peu.

L'automne et l'hiver sont deux saisons où la difficulté se fait énorme, et j'ai donc le coeur qui bat, déjà, fort contre ma poitrine.

Publié par Laure. à 17:16:12 dans Je veux réaliser mon rêve | Commentaires (0) |

Je suis seule et endormie | 06 octobre 2005

Je me suis levée tard ce matin, le pyjama de soie, la peau âcre et les cernes sous les yeux. Je me réveille auprès de mes livres et l'agréable sensation d'aimer.

Mon psychologue est l'homme le plus sensuel du monde. Et la peau douce, les yeux doux, marron, le visage d'ange, un corps magnifique et enivrant. J'aimerais me perdre dans ses bras. Je rêve trop ; je lis trop.

Il oublie que je suis anorexique, on parle d'autres choses, des oiseaux qui volent et des papillons, même des souris dans le grenier et de mes grains de beauté. Je crois qu'il est le seul à parler de tout sauf de ce qui m'intéresse. Alors ça m'attire ; je me sens mieux après.

Pour preuve, j'ai acheté des cactus pour mettre sur le rebord de ma fenêtre. Ma mère m'a dit que c'est un pas vers la guérison, je voulais y croire, hier, maintenant j'ai oublié. Le cactus pique comme la nourriture me ferait mal au coeur et me le renverserait.

Je suis seule. Et endormie.

Publié par Laure. à 15:31:12 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (4) |

Mon psy, mon homme... | 05 octobre 2005

Je serais bientôt chez mon psychologue. J'aime cet homme très fort et de plus en plus. J'aurais aimé l'avoir pour père ou pour mari ; c'est différent, je sais. Ma famille est si neutre dans le monde, si rien. Je ne les aime pas. Je ne m'aime pas moi-même. Je lis des livres toute la journée et je me sens bien après, je me sens moi, c'est extraordinaire. Je ne vois pas ce corps hideux, penché à la balance souvent, cette balance, ma chère et mon ennemie. Lorsqu'elle n'est pas là, c'est le poignet, mon bras, le tour des cuisses que j'inspecte avec mes doigts, le mètre de mes parents, tout qui peut voir. J'ai bientôt un rendez-vous chez mon docteur traitant, cette fois je prendrais deux ou trois bouteilles d'eau, que je boirais pour faire croire à une augmentation de mon poids. J'aimerais que ce cauchemar disparaisse de ma vie, que je disparaisse moi-même sans m'en rendre compte mais ça ne s'arrêtera jamais.

Publié par Laure. à 15:21:10 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (0) |

Pleurs et souffrances | 03 octobre 2005

L'existence est effectivement morose. Je suis allée à l'enterrement d'une grande tante, que je n'aimais pas spécialement, cela m'a fait pourtant horriblement souffrir, rien que d'imaginer un seul instant, les vers qui la dévorent. J'ai longtemps pleuré, tout le week-end, toute la journée malgré ma mère qui m'aidait à surmonter tout ça. Elle me disait que je ne devais pas revenir dans un cimetière, que j'étais trop sensible comme fille et elle a continué :

« Le docteur va finir par avoir raison... »

Elle a dit ça, tout bas. Je me suis souvenue de ses mots, ses longs mots horribles, qui déchirent le cœur en deux secondes. Mes larmes, mes gémissements et ma souffrance ont continué. Je sentais que ma mère avait le cœur qui battait, et je voyais toujours son double menton, et j'entends ma conscience dire « ne mange pas, tu vas devenir comme ta mère » alors je me suis retenue de dévorer pour oublier un instant, les souffrances, j'ai préféré prendre un stylo, et dessiner, ou bien écrire, mais pas manger. C'est fatal de manger. Les êtes humains n'ont pas besoin de manger pour vivre ; je vis sans manger. Je vis sans manger, alors laisser moi exister.

Publié par Laure. à 20:06:23 dans Morose est la vie. | Commentaires (0) |

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