J'ai dix-huit ans.
Je voudrais réaliser un grand rêve.
Celui d'être bien dans ma tête.
Je n'y parviens pas.
Je ne mange pas.
Je ne mangerais plus.
C'est difficile.
C'est très difficile.
C'est extrêmement difficile.
Manger c'est grandir.
Grandir c'est vieillir.
Vieillir c'est mourir.
Je ne veux pas mourir.
Je ne sais même pas ce que je veux. En fait, je suis complètement perdue.
Je me suis levée tard ce matin, le pyjama de soie, la peau âcre et les cernes sous les yeux. Je me réveille auprès de mes livres et l'agréable sensation d'aimer.
Mon psychologue est l'homme le plus sensuel du monde. Et la peau douce, les yeux doux, marron, le visage d'ange, un corps magnifique et enivrant. J'aimerais me perdre dans ses bras. Je rêve trop ; je lis trop.
Il oublie que je suis anorexique, on parle d'autres choses, des oiseaux qui volent et des papillons, même des souris dans le grenier et de mes grains de beauté. Je crois qu'il est le seul à parler de tout sauf de ce qui m'intéresse. Alors ça m'attire ; je me sens mieux après.
Pour preuve, j'ai acheté des cactus pour mettre sur le rebord de ma fenêtre. Ma mère m'a dit que c'est un pas vers la guérison, je voulais y croire, hier, maintenant j'ai oublié. Le cactus pique comme la nourriture me ferait mal au coeur et me le renverserait.
Je suis seule. Et endormie.
Publié par Laure. à 15:31:12 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (4) | Permaliens
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