J'ai dix-huit ans.
Je voudrais réaliser un grand rêve.
Celui d'être bien dans ma tête.
Je n'y parviens pas.
Je ne mange pas.
Je ne mangerais plus.
C'est difficile.
C'est très difficile.
C'est extrêmement difficile.
Manger c'est grandir.
Grandir c'est vieillir.
Vieillir c'est mourir.
Je ne veux pas mourir.
Je ne sais même pas ce que je veux. En fait, je suis complètement perdue.
j'aimerais voler comme un oiseau, ouvrir mes ailes comme lui, mais je n'y parviens pas. Je suis toute renfermée dans ce cocon, dans cette maladie, soit-disant mentale, qui me fait tant souffrir.
pourquoi tant d'ennui, tant d'injustice, pourquoi cette mère qui mange pour moi ? Je vois sa peau, sa peau orange, ses plis sur le corps, je vois son corps comme mon reflet. J'ai rendez-vous chez le psychologue dans une heure.
Je l'aime bien ; c'est un homme. C'est le seul médecin que j'aime. Il est beau en plus, il porte un beau collier d'argent et il a une belle montre à son poignet. Il a des épaules larges, un visage doux, d'ange, et des yeux marrons clairs très originaux.
tous les deux, on parle des gens, jamais de la maladie, il me parle de ma mère, me fait des tests, et cela depuis six mois. Il dit que j'évolue, que je m'en sortirais contre l'avis de tous mes autres médecins qui prétendent que "comme toutes les anorexiques, elle est têtue comme une mûle et se suicidera"
je n'aurais pas dû entendre ça, mais je l'ai entendu dans le centre hospitalier, alors que le mèdecin se disputait avec ma mère. J'ai pleuré.
Publié par Laure. à 16:10:44 dans Je ne veux pas grandir | Commentaires (2) | Permaliens
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