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regardez l'interview de Ken Loach
Avec Alain Le Gouguec et Eva Bettan.
Ils sont « Les déracinés du village global »
Le « village global », c'est cet avatar de la mondialisation économique qui veut nous faire croire que notre planète est devenue une sorte de gros bourg « cosy », un lieu confortable et rassurant dans lequel tout le monde se connaît et de ce fait, où tout s'échangerait en confiance.
Qu'ils soient polonais à Londres, philippins à Ryad, chinois à Tokyo, maliens à Paris, ces travailleurs ont quitté leur sol natal pour un espace plus riche avec une intention ou deux : gagner ici de quoi faire vivre leurs proches restés là-bas; quand ce n'est pas vivre et s'installer à tout jamais dans un « pays d'accueil » qui ne les accepte pas toujours très bien.
Nous les rencontrerons à Dublin, en Irlande, avec Hervé Amoric ; nous irons aussi à Tokyo, avec Frédéric Charles avant d'entendre le cinéaste Ken LOACH, dans une interview croisée avec Olivier Besancenot.
Son dernier film a pour décor l'Angleterre d'après Thatcher et d'après Blair.
Les exploités locaux y deviennent les exploiteurs des salariés venus
____________________________________________________________________________________________________________ Ken Loach : "le système oppresse les gens"
et le capitalisme "est en train de détruire la terre"
PARIS, 2 jan 2008 (AFP) - "J'irais bien au pouvoir avec Ken Loach !" : le leader de la LCR Olivier Besancenot a fait cet aveu en plaisantant au cinéaste britannique, lors d'un dialogue diffusé mercredi sur France Inter, où ils ont partagé les mêmes convictions.
Interrogé sur son éventuelle participation à un gouvernement, le leader révolutionnaire a lancé : "j'irais bien au pouvoir avec Ken Loach ! Ce serait autre chose". Le réalisateur, dont le film "It's a free world" sort cette semaine en France, avait appelé à voter pour le jeune trotskyste à la présidentielle.
Besancenot lui demande si des faits réels ont inspiré ce film sur Angie, jeune femme licenciée qui fonde à Londres une agence d'intérim pour des travailleurs sans papiers qu'elle va exploiter.
Le cinéaste a essayé "de montrer la logique économique derrière cette exploitation" : le manque de sécurité des travailleurs, avec des "conséquences désastreuses pour les familles et les travailleurs", "l'écroulement des pays après Staline", avec des gens obligés "pour faire vivre leurs familles, de quitter leur pays".
Le leader d'extrême gauche juge que "dans la loi de la jungle, on est obligés de manger l'autre pour s'en sortir". Pour le cinéaste, "le système oppresse les gens", le capitalisme "est en train de détruire la terre".
"On ne peut laisser Bush, Blair, et même votre Président imposer un système qui est profondément injuste", lance-t-il. Alors qu'il estime qu'"il n'y a plus de gauche en Angleterre qui soit contre les privatisations, qui s'oppose aux guerres impérialistes, aux agressions américaines...", "Olivier" fait partie pour lui des "gens qui ont toujours des principes".
Interrogé sur la jeunesse dans ce film, Besancenot raconte une anecdote. A Villiers-le Bel (Val d'Oise), banlieue marquée par de graves incidents en novembre, un "très jeune" lui a dit : "Le passé est pas bien, le présent est tragique, et en me regardant bien dans les yeux, il m'a dit- heureusement, il y a pas d'avenir". "Quand on entend ça, on comprend qu'à la fois, quelqu'un de révolté ca peut aboutir au meilleur comme au pire.
Le sens de mon engagement, c'est de faire en sorte que la révolte aboutisse à quelque chose de positif". "C'est un récit extraordinaire", commente Ken Loach.
Publié par marcelhic à 16:59:28 dans politique | Commentaires (0) | Permaliens