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Publié par marcelhic à 23:19:46 dans politique | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par marcelhic à 22:10:31 dans politique | Commentaires (0) | Permaliens
par Laurence De Cock-Pierrepont, pour le CVUH
Le dernier effet d'annonce de Nicolas Sarkozy, l'injonction de lecture de la lettre de Guy Môquet dans tous les lycées de France, à chaque rentrée scolaire, n'a rien d'étonnant et peut être interprété à travers une double grille de lecture :
le pli désormais pris d'instrumentaliser l'histoire, dans une stratégie d'abord électoraliste, et aujourd'hui présidentielle.
l'appel à une vision de l'école sanctuarisée et dont on renforcerait la mission civique, à charge pour elle de revitaliser le sentiment national.
Le premier point a été largement développé dans le texte critique du CVUH : « L'histoire par Nicolas Sarkozy, le rêve passéiste d'un futur national-libéral » [1]. Sous la plume d'Henri Guaino, un montage/brouillage rhétorique a permis à Nicolas Sarkozy de bâtir un agglomérat de références historiques. Ces dernières sont systématiquement décontextualisées et mises en équivalence au service d'une écriture de l'histoire qui revalorise la lignée des grands hommes, là où le nouveau président viendrait tout naturellement s'inscrire avec la ferme intention d'« écrire [avec tous les Français] une nouvelle page de notre histoire » (discours du 6 mai 2007). Guy Môquet pénètre cette généalogie mythologique sur une suggestion d'Henri Guaino : « On en a beaucoup discuté, il a tout de suite été très enthousiaste », a précisé sur France culture l'expert en communication, le 14 mai dernier
[2]. Que cette nouvelle entrée ait pu faire grincer des dents ne dérange pas outre-mesure le candidat d'alors : « Ceux qui ont osé dire que je n'avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n'étais pas de gauche, je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme. Guy Môquet appartient à l'histoire de France et l'histoire de France appartient à tous les Français. » (Discours du 18 mars 2007). Car, dans ce long héritage, ce jeune résistant communiste fusillé à 17 ans, le 22 octobre 1941, vient incarner les valeurs d'une jeunesse énergiquement tournée vers le sacrifice patriotique. Qu'il fut militant communiste devient donc strictement anecdotique dans cette mise en scène de l'histoire, puisqu'il ne s'agit que de puiser les attributs qui pourront confirmer la continuité de la mission providentielle du nouveau président : tout donner à cette « grande, belle et vieille nation » (6 mai). Ces détournements désormais récurrents des personnages et/ou moments historiques ne sont pas de simples procédés temporaires et électoralistes, ils témoignent d'une entreprise d'instauration d'une mémoire officielle qui opère par amalgame en gommant tout effet de contexte ou de divergences politiques.
Second point, l'école devient logiquement la caisse de résonance de ce nouveau projet. La philosophie scolaire de l'enseignement de l'histoire est née dans la matrice de la IIIème République. Dans la France de la fin du XIXème siècle, encore largement morcelée en « terroirs », l'école fut investie comme l'un des lieux stratégiques d'intégration nationale. Avec le modèle de l'État-nation français s'élaborèrent des références communes et homogénéisatrices. En outre, il fallait consolider la République en gestation et l'inscrire dans une logique de continuité historique et d'avancée linéaire vers le progrès, au miroir d'un universel républicain à promouvoir. L'histoire scolaire s'est posée comme un outil de fabrication et de légitimation de ce sentiment national.
Elle s'est structurée autour de la double lo
Publié par marcelhic à 21:46:26 dans politique | Commentaires (0) | Permaliens