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Khénifra

Khénifra Zayane

Mouha Ou Hammou Zayani

Mouha Ou Hammou Zayani


Symbole de la résistance berbère



 

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Contexte et repères historiques | 16 mai 2008

 

                                                          Contexte et repères historiques

1415 Les Portugais prennent Ceuta (côte marocaine)

1433 Le cap Bojador, face aux Canaries, est doublé par Gil Eannes

1440 Henri le Navigateur établit un fort portugais sur le Rio de Oro

1441 Capture de dix indigènes près du cap Bojador par Antam Goncalves, navigateur portugais date considérée comme le début de la traite des esclaves

1444 Denis Dias double le cap Vert

1494 Traité de Tordesillas dédiant, sur la route des Indes, l'Afrique au Portugal

1514 Occupation espagnole d'Alger (1514-1516)

1517 Invasion ottomane de l'Egypte

1519 Premier tour du monde commencé par Ferdinand Magellan et achevé par Sébastien del Cano (1519-1522)

1520 Les comptoirs pour la traite des esclaves prennent nettement le pas sur les autres activités marchandes

1550 Publication de La description de l'Afrique, par Léon l'Africain

1551 Conquête de Tripoli par les Ottomans

1552 Fondation des comptoirs du Bastion-de-France (Bône, La Calle, Bastion-de-France, le Caprose) par la Compagnie du Corail de Marseille sur la côte est algérienne

1574 Conquête ottomane de Tunis sur les Espagnols

1619 Premiers esclaves africains vendus à Jamestown en Virginie

1635 Richelieu répartit le commerce de la côte d'Afrique entre plusieurs compagnies à privilège

1660 Fondation de la Royal Society de Londres

1669 Formation de premières troupes d'infanterie de marine à l'initiative de Colbert

1703 Fondation de la congrégation du Saint-Esprit (les spiritains), évangélisateurs en Afrique noire 1735 Parution des Mémoires du chevalier d'Arvieux, envoyé du roi à la Porte

1741 Fondation de la Compagnie royale d'Afrique qui détient le monopole du commerce avec les Barbaresques (1741-1791)

1746 Publication de l'Histoire générale des voyages, ou Nouvelle Collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre qui ont été publiées jusqu'à présent dans les différentes langues, par l'abbé Prévost en 80 volumes (1746-1789)

1780 Publication de l'Abrégé de l'histoire générale des voyages en 23 volumes, par La Harpe

1787 Publication du Voyage en Syrie et en Egypte, par Volney

1794 Abolition de l'esclavage par la Convention

1798 Napoléon débarque en Egypte

1802 Paix d'Amiens : l'Egypte est rendue à l'Empire ottoman

1806 Les Anglais s'emparent des établissements hollandais et français

1807 La traite des Noirs est prohibée par le Parlement britannique

1809 Parution de la première édition de la Description de l'Egypte en 12 volumes (édition Jomard)

1814 Parution des Voyages d'Ali Bey el Abbassi en Afrique.

1820 Découverte de la quinine par Pelletier et Caventou

1821 Fondation de la Société de Géographie de France

1824 Fondation à Paris de la Société des Missions évangéliques

1827 Incident du coup d'éventail du dey d'Alger, au consul de France

1829 Parution des Lettres écrites d'Egypte et de Nubie, par Champollion

1830 Débarquement français en Algérie et capitulation d'Alger

1831 Fondation de la Légion étrangère

1833 Poursuite de la conquête de l'Algérie : occupation de Bône, de Bougie et de Mostaganem

Abolition de l'esclavage dans les colonies anglaises

1834 Traité Desmichels : Abd el-Kader reconnu souverain indépendant de la province d'Oran

Création d'un gouvernement général des possessions françaises dans le nord de l'Afrique

1836 Poursuite de la conquête de l'Algérie: prise de Tlemcen, de Medea, échec de Clauzel devant Constantine

1838 Abolition de l'esclavage dans l'empire britannique

1839 Reprise de la lutte contre Abd el-Kader : massacre de la Mitidja

1840 Traité de Londres réglant sans la France le différend turco-égyptien : Mehemet Ali abandonne

la Syrie et ses conquêtes mais l'Egypte et le Soudan lui sont acquis

Bugeaud gouverneur de l'Algérie (1840-1847)

Protectorat français sur l'Oued-Noun (Maroc)

1841 Parution de l'Histoire de l'Afrique sous la dynastie des Aghlabites, texte arabe d'Ibn-Khaldoun traduit par Noël Desvergers ; De la colonisation de l'Algérie, de Prosper Enfantin

1844 Bugeaud bat les Marocains alliés à Abd el-Kader à l'Isly

1845 Publication des Français en Algérie, souvenirs d'un voyage fait en 1841, par Louis Veuillot

1846 Essai de collectivisme agraire à Saint-Denis du Sig (Algérie) : concession d'inspiration à la fois saint-simonienne et fouriériste (1846-1853)

1848 Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

1849 Soumission de l'Aurès

1852 Randon gouverneur général de l'Algérie (1852-1858)

Soumission des oasis du sud algérien

1854 Faidherbe nommé gouverneur du Sénégal (1854-1865)

Parution du Nil, Egypte et Nubie, par Maxime du Camp

1856 Fondation à Lyon de la Société des Missions africaines

1857 Soumission de la Kabylie par le général Randon

1858 Création d'un ministère de l'Algérie et des Colonies (1858-1860)

1860 Voyage de Napoléon III en Algérie

Création des Bataillons d'Afrique

Début de publication de la revue "Le tour du monde" (1860-1914)

1862 Chemin de fer Alger-Blida

H. Duvergier explore le Tassili, le Fezzan et le Hoggar (1862-1865)

1863 Fin de la traite européenne des esclaves (fin de la guerre de Sécession)

1864 Mac-Mahon gouverneur général de l'Algérie

1865 Fondation de la Société générale algérienne à l'initiative de Napoléon III et du saint-simonien Talabot

1866 Alger devient archevêché catholique

1867 Charles Lavigerie archevêque d'Alger (1867-1892)

1868 Fondation de l'ordre des Pères blancs

1869 Ouverture du canal de Suez

1870 Décrets Crémieux : administration civile de l'Algérie et naturalisation automatique des Israélites

Chemin de fer Philippeville-Constantine

1874 Fondation à Bordeaux de la Société de géographie commerciale

Le régime de l'indigénat est expérimenté en Algérie (1874-1928) puis progressivement étendu à l'ensemble des colonies

Projet de mer saharienne du Français Roudaire (1874-1876)

Publication de De la colonisation chez les peuples modernes, de Paul Leroy-Beaulieu

1876 Fondation de la Société de géographie de Marseille. Ouverture de la Conférence de géographie de Bruxelles (Allemagne, Autriche-Hongrie, France, Italie, Russie), visant à l'échange d'informations

géographiques entre puissances coloniales ; déclarations officielles sur la mission civilisatrice de la colonisation (lutte contre la traite des esclaves ...)

1878 Condominium franco-anglais sur l'Egypte

1880 Extension de la vigne en Algérie

1881 Traité du Bardo : la France établit son protectorat sur la Tunisie (1881-1956)

Massacre de la mission Flatters chargée du repérage du tracé du chemin de fer transsaharien

Des Voyages et découvertes de Paul Soleillet dans le Sahara et dans le Soudan en vue d'un projet d'un chemin de fer transsaharien

1882 Occupation anglaise de l'Egypte

1883 Charles de Foucault parcourt le Maroc (1883-1884)

1886 Création du corps des administrateurs coloniaux

1889 Création en France de l'Ecole coloniale

1891 Jules Cambon gouverneur général de l'Algérie (1891-1897)

1894 Création en France du ministère des Colonies

1898 Mise en place des Délégations financières algériennes (1898-1942)

1899 Fondation de l'Office colonial, destiné aux candidats à l'Outremer

1902 Formation des Territoires du Sud (Sahara algérien)

Mission Coppolani en Mauritanie, annexion des sultanat des Trarza et des Brakna, et fondation de Nouakchott

1903 Fondation de Colomb-Béchar (Algérie)

1904 Protocole d'accord franco-espagnol sur le Maroc

La Mauritanie territoire civil de l'AOF

1905 Visite de Guillaume II au Maroc dite Coup de Tanger ; il prononce un discours dénonçant les visées de la France

Charles de Foucault ermite à Tamanrasset

1906 Création de l'Institut colonial de Marseille

Conférence d'Algésiras : le Maroc est placé sous contrôle international (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie) mais la prépondérance de la France est reconnue

1907 Occupation d'Oujda et de Casablanca (Maroc) par les troupes françaises, malgré les protestations allemandes et anglaises

Gouraud achève la pacification de la Mauritanie (1907-1909)

1908 Fondation culturelle et artistique de la Villa Abd el Tif (Algérie)

Gouraud conquiert l'Adrar mauritanien

1911 Envoi de la canonnière Panther devant Agadir "pour assurer la sécurité des colons allemands" et défendre leurs intérêts économiques, après l'échec de l'accord de 1909

Règlement du différend franco-allemand : l'Allemagne reconnaît les droits français sur le Maroc en échange du bassin de la Sanga, affluent du Congo

1912 Traité de Fès : Lyautey nommé résident général (1912-1925) du nouveau protectorat du Maroc (1912-1956)

Mission Nieger en vue d'un chemin de fer transsaharien

1920 Création de l'institut colonial français et de son organe : "La chronique coloniale"

Reprise des campagnes française au Maroc (1920-1934), guerre du Rif (1920-1926)

Création de la colonie de Mauritanie

Publié par hadraj à 18:50:53 dans Contexte et repères historiques | Commentaires (0) |

Mouha Ou Hammou Zayani | 02 mai 2008

Mouha Ou Hammou Zayani
موحى احمو الزياني

*Introduction Générale

 

*Le début du projet impérialiste.

Après la découverte de l'Amérique au XIV Siècle l'appétit des pays européens ne cesse de s'accroître. Le Maroc jadis puissant et indépendant, fit l'objet de nombreuses convoitises par la sa position stratégique et la richesse de son sol, la gourmandise des pays européens frôla l'affrontement particulièrement celle du Portugal, de l'Espagne, de la France,de l'Angleterre et du Reich de guillaume II etc:(1828-1830 : Une crise grave éclate à propos de la persistance de la course entre le Maroc d'une part, l'Angleterre et l'Autriche d'autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l'insécurité engendrée par les corsaires thèse alimentée par une large information par des organismes pro colonialistes.

*Sous la 3ième république, Jules Ferry n'a pas caché ses intentions racistes envers d'autres peuples lors de son intervention au sénat le 28 juillet 1885 où il déclare ouvertement :<< Les supérieurs ont le droit sur les inférieurs>>.

<< juillet 28 du officiel bulletin Extrait débouché.[...] d?un création la c?est colonie, d?une fondation européennes, industries les toutes traversent que crise Dans avantageux.[...] plus des capitaux de placement riches pays pour sont colonies Les produits.[...] excédent bien ou capitaux, ont, qui peuples aux s?adapte celle colonisation, forme autre une a il>

*Le parti colonial ou colonialiste fondé en 1890 par D'Arenberg , qui joua un rôle non négligeable surtout dans le développement de l'information et de propagande, les but affichés sont :recueillir les fonds nécessaires pour divers missions, explorations, études, recherches etc...ce parti colonial rassemblait divers formation de la société française (banquiers, officiers, écrivains, syndicalistes, députés.

Après le règlement de leurs contentieux, le gâteau marocain revient à l'Espagne et la France. Le Maroc cédera de son autorité en signant une série de conventions, au profit des colonialistes, qui aboutiront au rétrécissement de l'indépendance du Maroc. Il faut noter que la colonisation du Maroc est très particulière comparativement aux autres pays colonisés, d'ailleurs, le Maroc était sous le protectorat, et la France n'a pas pu y séjourner longtemps.

La colonisation du Maroc fut lente et progressive, elle débuta effectivement en:

*1823 : Signature d'une convention commerciale avec le Portugal, suivie d'accords comparables avec l'Angleterre en 1824, avec la France et le Piémont en 1825. Pour écarter toute ingérence du Makhzen en Algérie, des négociation seront entamés garantissant la neutralité marocaine, cette mission fut conduite en 1932 par le comte de Mornay, dont fait partie le peintre Eugène Delacroix.

1884 fut l'année ou la France engagea ses hostilités envers le Maroc suite à l'incident de Lalla Maghnia qui déclenchera l'occupation de d'Oujda, d'Essaouira et le bombardement de Tanger à l'initiative du Prince de Joinville.

Mais la défaite marocaine à la bataille d'Isly marquera le déclin du Maroc malgré les accords du 10 septembre mettant fin aux hostilités.

18 mars 1845 : Traité de Lalla Maghnia qui fixe la frontière algéro-marocaine.La France se voit reconnaître un droit de suite au Maroc ce qui permettra à la France d'une part de s'établir en Algerie comme base arrière , d'autre part d'attaquer le Maroc confortablement puisque tous les ingrédients de la faiblesse du Makhzen y sont présents.

*La conférence de Madrid (1880):

*La conférence de Madrid ouverte en mai sur les privilèges capitulaires des Européens au Maroc se termine par la confirmation de privilèges définis par la [[convention Béclard]] : maintien du droit de protection et exemptions d'impôts pour les ressortissants et 'protégés des puissances étrangères' et généralisation de la clause de la nation la plus favorisée. Cette convention sera donc une plate-forme aux manœuvres politiques et économiques en vers le Maroc jusqu'alors indépendant. On notera que la capitale diplomatique du sultan sera la ville de Tanger.

*Une campagne médiatique de grande envergure contre le Maroc sera orchestrée depuis Tanger par une élite juive marocaine et européennes connaissant bien les rouages de la société marocaine, ces élites auront le privilège de bénéficier de la protection des pays coloniaux et d'opérer positivement pour le compte des pays coloniaux.

Par le biais des journaux édités à Tanger et Tetouan, l'esprit colonialiste mobilise une propagande farouche désignant le Maroc de pays primitif habité par les pirates, obligeant le sultan d' entreprendre des réformes qui engageront le Maroc dans le progrès à l'instar de l'europe, au nom de la civilisation (1883-1900), outre l'implication de tout un système complexe de propagande mené par : l'alliance française, missions médicales, missions chrétiennes (ordre :la Mission Franciscaine, évangéliste), franc maçonnerie, capitalistes influents, qui à la fin du XIXe siècle, les Européens décident de coloniser l'Afrique pour écouler leur surproduction). Ils se heurteront à la résistance des chefs locaux tel Mouha ou Hammou Zayani à Khénifra, Abdelkrim El Kahttabi au Rif et les frères Basslam des Ait Atta .

En 1902, la France avait commencé à prendre pied au Maroc. En 1911, des circonstances favorables permirent tout d'abord une intervention militaire. En mai 1911, le sultan Moulay Hafid, qui avait détrôné son frère, le sultan Moulay Abdel Aziz, fut assiégé à Fes par les tribus Amazighes rebelles. Il fit alors appel à la France, dont une colonne, commandée par le général Moinier, qui dégagea sa capitale Fes qui subi les attaques des tribu avoisinant Fes et Meknes.,c'est pour cette raison que le général Lyautey opte pour Rabat comme nouvelle Capitale du Maroc.

En février 1912, toutes les banques du consortium (ce consortium monopolisera l'économie du pays), sous l'égide de la banque de Paris et des Pays-Bas, fondaient la Compagnie générale du Maroc pour la mise en valeur du pays. Le 30 mars, Regnault, le ministre de France à Tanger, qui avait été le représentant en 1905 du syndicat des porteurs français de la dette, imposa à Moulay Hafid, malgré son refus, le traité de Fes qui fut signé, établissant le protectorat de la république française sur le Maroc (30 mars 1912). Cette date fait entrer le Maroc dans une mutation politico-sociale radicale.

Sous le régne du sultan Moulay Youssef (1912-1927), la résistance marocaine contre les français et les espagnoles était remarquable et inquiétante pour les colonisateurs, mais elle n'a pas atteint son objectif,car les guerriers n'ont pas eu de vision stratégique unifiée dans le cadre nationale .Le caractère sporadique des interventions menées par divers opposants ,qui n'ont pas arrivés à unifier leurs efforts et ce par manque de maturité politique,le facteur régional l'empota sur le national ce qui facilitera la tâche aux colonisateur d'obtenir la soumission des tribus l'une après l'autre ,après un massacre de la population par l'emploi d'armements de destruction massive (cas des rifains de Abdelkrim El Khattabi).

Personnage de Mouha ou Hammou Zayani   (AZAÏI)

Mouha ou Hammou Zayani (AZAII)

Le personnage de Mouha ou Hammou ne peut être traiter en dehors du contexte historique du XIX Siècle et le rôle des puissances coloniales (espagnole , portugaise,anglaise,française ,du Reich, Italie....),qu'elles ont jouées à faire du Maroc un lieu de règlement de leurs comptes à titre d'exemple la crise marocaine Le 31 mars 1905 Guillaume II soutint le Maroc contre la France à Tanger, en 1906 La Prusse bombarde la ville d'Agadir. 16 janvier au 7 avril :La conférence internationale d'Algésiras sur le Maroc est un succès pour la France et démontre l'isolement diplomatique de l'Allemagne. Selon les déclaration du général Ditte, qui impose , alors à Paris une décision audacieuse : « Je donnerai tout ce que l'on me demandera et je garderai ici tout le Maroc conquis (...) comme un réservoir où je puiserai pour alimenter sans cesse nos forces en Europe (...) » Issu d'une famille envoyée par le sultan My Sliman ben Mohammed ben Abdellah ben Ismail en 1791,parmi les 4215 soldats pour soumettre les tribus d'Ichkirne (Elkbab) et d'Ait Soukhmane (Aghbalou) influencés par l'idiologie maraboutique de Sidi Ali Amhaouche,secte hostile à l'autorité du Makhzen (de tendence wahabiste :Sounite salafite),ses tribus ont un mauvais passé avec le sultan My Sliman connu pour sa fermeté contre les zaouias , il subit une défaite en 1818 au moyen atlas.

Son nom Mouha ou Said dit Mohammed ou Hammou ben Akka ben Ahmed surnommé 'Amahzoune ben Moussa' , il fut nommé Caid sur les Zayanes par le sultan Hassan I en 1877.

selon le bibliographe Ahmed Al Mansouri (natif de Khénifra en 1897, originaire des Idrissides de Meknes , de formation Quaraouite et disciple du sophiste Abou Chouaïb Eddoukali qui avait même rencontré Mouha Ou Hammou Ezzayani) ; dans son manuscrit (كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر) : qui le décrit comme grand leader charismatique, miltaire et politique, nommé l'invisible, il avait été obstacle pour la mainmise coloniale sur le haut et le moyen Atlas, malgré divers promesses prodigieuses proposées, par le chef militaire de la région de Meknes Henry's, qui avait envoyé le caid Driss Ourahou Lamtiri d'El Hajeb en tant qu'émissaire pour gagner l'estime de Mouha ou Hammou ,déjà Lyautey avait échoué de le convaincre à se soumettre par l'intermédiaire des personnalités influentes au sein du Makhzen en particulier le premier ministre Driss El Boukili et le Pacha de Boujaad Hadj Driss Cherkaoui. Mouha Ou Hammou refusa tout compromis et choisit de continuer la lutte armée, contraint de quitter la Ksbah (aujourd'hui défigurée) de Khénifra et d'Adekhssal pour se réfugier dans les montagnes où il mena des opérations de guérilla sporadiques d'usures sans impact militaire sur les légionnaires de Charles Mangin, jusqu'à sa mort suspecte , à 30 km de khénifra à Tamallakt le 27 mars 1921, (surnommé Amahzoune en raison de sa longue chevelure ). Mouha ou Hammou succéda ses prédécesseurs pour continuer sa domination sur la tribu des Zayanes au XIXe siècle, en tant que représentant du sultan My Hassan I, dans le but de pacifier les tribus berbères rebelles qui ne semble pas totalement islamisées : selon (E. Michaux Bellaire)  qui décrit les berbères  comme des primitifs  et dont  la croyance était un mélange de coutumes orffières ,animistes et panthéistes,toujours selon le meme auteur l'Islam constituait une croûte superficielle facile à déraciner et prêt à s'intégrer dans le nouvel ordre européen : il s'agit donc là d'une vision colonialiste visant à distinguer les communautés berbères de celle des arabes , projet de christianisation des berbères annoncé fort longtemps par l'église. C'est dans cette perspective que le leader Mouha Ou Hammou immobilisa les zayanes à confronter les Iroumines , en vue de faire obstacle aux menaces de christianisation des berbères par le biais d'espions (service des affaires indigènes) , d'orientalistes toute discipline confondue et d'expéditeurs exemple à citer le père Charles Foucauld (1858-1916) connu pour ses travaux d'une utilité extrême( reconnaissance du Maroc): toutes ces informations recueillies serviront de base pour la conquête du Maroc, même des peintres comme Ankarcrona Henrik August, Ce peintre fut auparavant colonel dans l'armée suédoise puis entra au service de la France,et fit la campagne du Maroc en 1859. L'année suivante, il servit l'armée espagnole. Toutes ces travaux marqueront la phase préparant la colonisation du Maroc au XIXe siècle. Profitant de la faiblesse de l'autorité du Makhzen des sultans My Abdelaziz (1878-1943), et Moulay Hafid (1873-1937), et celle du climat politico-social qui y régnait (Siba), la France commença à exécuter le scénario colonialiste de René de Ségonzac et du général Bugaud en bafouant toutes les clauses du traité de 1845 signés avec le Makhzen (selon les notes confidentielles du 18/12/1898).

Mouha ou Hammou remplaça son frère à l'âge de 20 ans à la tête des tribus Zayanes à la place de son frère en 1883, il s'est imposé en tant que chef guerrier incontestable en 1905, sa popularité ne cesse de s'affirmer en dehors de Khénifra, est sera nommé caid par le Sultan Alaouite Moulay El Hassan I en 1886. Sa renommée a eu écho dans toute la région Meknes , de la Chaouia,et de Tadla.

Figure légendaire et énigmatique de l'histoire de Khénifra et du Maroc, Mouha ou Hammou se sent humilié par le traité d'Algesiras (1906) reconnaissant aux français le droit d'intervenir au Maroc, dans le cadre du programme dit: la pacification du pays (œuvre du Maréchal Lautey), régi par l'anarchie. Après l'occupation d'Oujda et de Casablanca en (1907). Mouha Ou Hammou Zayani engage les zayanes d'intervenir au côté des Chaouias dans la bataille de Mediouna en (1908). Le contingent des Zayanes intervient avec l'aide de Mohand N'hamoucha Caid des Beni M'tir à Fes contre le mouvement français en (1911) sous le commandement de Moinier. Après le signature du protectorat, Mouha Ou Hammou continue sa lutte sans répit, après la mort suspecte du sultan My Hassan I,il organise des interventions en dehors de la tutelle du Makhzen ( malgré les leins familiaux qui existaient entre Mouha et le sultan Hassan I par mariage) qui à ses yeux il s'agit d'un jeu politique orchestré par le puissant chambellan Ahmed Ben Moussa dit: Bahmad,qui cachera la mort de Moulay Slimane (1894) et organisa la Bayaâ sans le consentement des Oulémas de Fes,pour éviter toute confrontation avec ses opposants,il quitta Fes pour Marrakech et dirigea le pays avec tyrannie jusqu'à sa mort en 1900,le sultan Moulay Abdeaziz se trouva face à un pays en ruine se qui rendra sa tâche de gouverner très délicate dans un milieu politique confiné,il perd alors sa popularité,l'image du sultan se ternît surtout après la ratification du traité d'Algésiras. Plusieurs foyers insurrectionnels éclatèrent dans le pays, suite à des réformes fiscales suggérées par ses conseillés notamment celles de fameux anglais Mac Lean qui institua l'impôt sur les biens agricoles ""le Tartib"". La situation socio-politique se dégrade en faveur de la France.

Mouha ou Hammou opta pour la rébellion en dehors de la tutelle du Makhzen et participa activement au coté des rebelles aux confins de Khénifra jusqu' a Mediona près de Casablanca, mais toutes ses interventions n'ont pas été fructueuses,il s'est avéré que certaines Zaouias ont portés leur soutient discret au colonisateur,ce qui explique la défaite de Mouha ou Hammou, suite aux soumissions de certaines tribus habitant les plaines marocaines. son projet anti-colonialiste s'est volatilisé ; harcelé par les troupes coloniales et les Zayanes soumis,Mouha ou Hammou se retira à l'arrère base au environ de Tamallakt (35 Kms de Khénifra) ou il périt lors d'une attaque à laquelle il était venu assiter en spectateur malgré son âge, et à laquelle participaient ses fils... dans le camp adverse.

Il eut bien sûr de plusieurs épouses et concubines, donc une nombreuse descendance. Les fils qui eurent le rayonnement le plus important furent Hassan et Amarok .

- Hassan devint Pacha (gouverneur) de la province de Khenifra, était un homme fin, intelligent, diplomate, épicurien, au physique noble et imposant.

- Amarok, cavalier et guerrier infatigable, petit, maigre, sec, aux yeux de feu dans une physionomie toujours en mouvement, était le chef de guerre, le capitaine, le stratège

- Bouazza, qui de 22 à 29 ans, mena d'incessants combats et razzias contre les insoumis, avant de mourir lors d'une charge de sa cavalerie sur la Haute Moulouya. Il avait obtenu la légion d'honneur pour faits de guerre et le droit de présenter des galons de lieutenant de l'armée française (Dr Serre)   Consultez le site de Mr francisboulbes.com.

*les interventions de Mouha ou Hammou

*1.En Chaouia 1908

*2.contre le colonel Mangin (surnommé le boucher) à Oued Zem (1913)

*3.contre le comandant Aubert à Tadla (1913)

*4.contre Duverdier 13 novembre 1914

Ces batailles se déroulèrent avant la prise de Khénifra en (1914) par Berger, qui sera marquée par la bataille d'Elhri le 13 novembre 1914 où la colonne française (1273 miltaires) sous le commandement de l'officier Laverdure ,qui lança son opération suicidaire,c'était un fiasco stratégique, l'assaut fut pris imprudemment par Laverdure. Cette bataille précéda l'intervention féroce des colons français à l'aube du 13/11/1914, ce fut une surprise inattendue pour Mouha Ou Hammou, la revanche contre l'assaillant ne tardera pas à prendre effet et riposter immédiatement avec l'aide des berbères confédérés (toutes tribus confondues). Des milliers de cavaliers faiblement armés s'opposèrent farouchement malgré l'avantage technologique des légionnaires : déploiement de canons, de fusils mitrailleurs. La mort des envahisseurs était au rendez-vous, selon la littérature française plus de 600 morts. Du côté des Amazighes on ignore le nombre des martyrs, selon des témoins il y avait une dizaine de morts dans chaque tribu. La participation massive des confédérations Amazighes unies autour d'un seul leader en la personne de Mouha ou Hammou se réalise pour la première fois. On notera que les services secrets du Reich Prussien de Guillaume II sont présents aux côtés des marocains , avec la bénédiction du sultan; rivalité coloniale oblige (La crise franco-allemande pour la domination du Maroc), ils opéraient à partir de Tanger, qui représentait à cette époque un nid pour les espions toute discipline confondue.

Malgré cette résistance, Khénifra sera définitivement sous les bottes du colonialiste déguisé en pacificateur. L'intrigue française prend effet : par la division des Zayanis, d'une part les pro-colonialistes au sein même de la famille de Mouha ou Hammou, son fils Hassan est nommé Pacha sur les Zayanes après sa soumission au général Poymireau (02/06/1920), d'autre part les anti-colonialistes, qui seront contraints de quitter les territoires conquis, pour continuer le combat à Tazagzaout (Tazizawt) dernier bastion de la rébellion berbère (1932)

Conclusion

*Les interventions du leader des Zayanes n'ont jamais constitué une vrai menace aux troupes coloniales, malgré sa participation au côté de ses alliés tel Mouha ou Said à Elkssibae,Mohand N'Hamoucha d'El Hajeb celui-ci céda aux pressions exercées par les troupes Françaises stationnées près de Fes (Moinier protecteur de Fes des attaques des Beni M'Tir) , notamment à Timahdit et à El Hajeb . Les Zayanis ont été pris en tenaille par l'avancée des troupes stationnées à Tadla et à Boujaad et les troupes venues de Taza sous le commandement du général Baumgartner,cette opération s'inscrit dans la cadre stratégique de jonction des deux Maroc:le nord et le sud . Après la soumission de la plupart des tribus limitrophes du pays Zayane ;Mouha ou Hammou s'isola dans les montagnes sans approvisionnement en nourriture et en arme jusqu'au moment opportun (1920),où la prise de Khénifra sera définitive après un massacre des populations par l'aviation coloniale malgré le soutient des allemands et des espagnoles qui cessera en 1917.

Quoi qu'il en soit la France n'a pu soumettre la totalité du territoire jusqu'en 1934 à Bougafer dernier bastion de la rébellion Amazigh.

La résistance des Ait Atta menée par les frères Basslam a résisté pendant deux mois contre l'armée française, sous le commandement du général Huré qui décida de mettre fin à la question de Sargho,les Ait Atta subirent un massacre par encerclement, pilonnage, bombardement par l'aviation basée à Ouarzazate,le 25 mars 1933 Assou ou Basslam capitule, malgré la supériorité militaire des légionnaires, la France avait subi de lourdes pertes, l'invincible Henry de Bournazel y trouva la mort chez les AIT ATTA.

4 Bibliographie

• F. Berger: "Moha ou Hammou le zaiani, un royaume berbère contemporain au Maroc", édition de L'Atlas, Marrakech, 1929

• Abelhaq Elmrini: "L'armée marocaine à travers l'histoire"

• Charles de Foucauld : "Reconnaissance au Maroc", accessible sur Gallica

•Ch. Ageron, «La politique berbère de Protectorat marocain de 1913 à 1914 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, T. XVIII, janvier - mars, 1971. p. 62.

•H. Basset, «Recherche sur la religion berbère », Revue d'histoire des missions, vol. LXL, p.330.

•E. Michaux-Bellaire, Revue du monde musulman, 1909, T. IX, p. 3.

Dr Serre : medecin à khénifra

* Notes et références.

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Bataille d'Elhri 1914 | 02 mai 2008

 

 

La bataille d'Elhri  13 novembre 1914
1 Introduction

L'europe embrasée par la guerre, les autorités coloniales se trouvent devant le problème de conquerir le Maroc soumis au protectorat depuis 1912, pour compenser la supériorité du Reich, la France voyait dans le Maroc un pays contributeur mais n'est pas totalement soumis à la France, la grande partie du pays mène une lutte acharnée contre l'occupant, le gouvernement de Paris décide d'envoyer toutes les troupes stationnées au Maroc sur les ports Atlantiques ce qui impliquerait l'abandon des postes avancés répartis dans le territoire Marocain et garder les axes stratégique: Kénitra-Meknes-Fes -Oujda, Boudnib, Casablanca-Tadla, cette décision du gouvernement de Paris ,pourrait mettre en péril les troupes restantes au Maroc et fragiliser la présence française au Maroc. L'inquiétude de Lyautey l'oblige à s'exprimer ainsi:« Si nous commençons à évacuer, nous sommes fichus, si nous lâchons la moindre partie du front (...) ce sera la boule de neige », avec 20 bataillons il continuera sa conquette du Maroc dans une situation quasi périlleuse. Lyautey s'engage à mener une guerre sainte contre les redoutables tibus berbères (Zayanes, Ichikirne, Ait Atta, les Marmouchas, les Ait Allahms, Aït Sadden etc, sensibilisés par la propagande de Constantinople (alliance Turco-Germanique) qui prêcha la guerre contres les Iroumines (chrétiens). Cependant l'aide aux rebelles par les service secrets Allemands et Espagnols ne tarda pas à prendre effet par l'approvisionnement en armes.

Sous la conduite du Maréchal Lyautey devenu résident général, après l'établissement du protectorat français sur le Maroc, l'armée française lutte contre les tribus berbères, dans le cadre de la pacification du Maroc. Le colonel Charles Mangin est un des principaux acteurs de cette guerre coloniale. Il mène l'offensive contre les tribus rebelle du Moyen Atlas, il cherche à s'emparer des plateaux du Tadla et de Beni Mellal, qu'il considère comme une ressource importante en nourriture pour les colons et contraindre les tribus Zayanes à se réfugier dans les montagnes, pour les empêcher d'intervenir dans la lutte, stratégie qui consiste à isoler le contingent des Zayanes du théâtre des opérations militaires. Avec l'avancée des troupes venant de Taza et Boudnib (Tafilalet)l'étau se resserre sur les Zayanes et la prise de Khénifra devient de plus en plus éminente.

L'offensive est appuyée par l'artillerie du 1er régiment d'artillerie de montagne, débarquée à Casablanca le 13 septembre 1913, semble irrésistible. L'armée française déploie toute la panoplie des nouvelles armes à sa disposition: mitrailleuse, artillerie, aviation ...

Les bastions de la rébellion tombent les unes après les autres : Médiouna, le 27 septembre ; Oued Zem le 14 novembre, Tadla, Beni Mellal. Elkssiba tombe aussi le 8 avril 1914, devant les forces du colonel Gueydon de Dives, malgré les attaques de Mouha ou Said et Mouha ou Hammou Zayani. La défaite des rebelles, avec 400 morts, le 10 juin devant Khénifra, puis la prise de la ville le 13, semble avoir marqué la défaite de la rébellion. Les tribus Zayanes, bien qu'engagées n'ont pu empêcher, Mangin d'atteindre ses objectifs, et la prise de Tadla, et de Boujaad, les laissent isolées au sein de leurs montagnes. "Notre offensive a vivement impressionné les tribus de la montagne" déclare le colonel Mangin et il félicite les hommes du 1er régiment d'artillerie de montagne, par ce télégramme : " N° 139 - Bravo! Toute ma satisfaction :

•Primo - pour la vigueur du coup et le brillant succès;

•Secundo - pour ne pas vous être laissé entraîner et avoir compris qu'il fallait rejeter MOHA ou HAMMOU dans le pays Zayane sans y pénétrer;

•Tertio - pour avoir repris à dechra BRAKSA une position vous permettant aussi bien de vérifier et provoquer soumission que vous porter sur tout autre objectif qu'il y aurait à briser.

Mes félicitations aux vaillants troupiers qui ont fourni un tel effort" (Extrait du "Journal des marches et opérations de la 2e batterie du 1er Régiment d'Artillerie de Montagne pour la période du 6 septembre 1912 au 16 octobre 1913" écrit par CH. Mangin à Kasba Tadla,le 13 juin 1913).

Cependant la campagne est marquée par de nombreuses exactions des troupes coloniales : prises d'otage, marches forcées, distribution de pains de sucre piégés. Mangin s'y distingue et gagne le surnom de boucher. Un médecin-capitaine français écrira de la résistance dans le Moyen-Atlas qu' " elle atteint les limites de l'invraisemblance ".

2 La bataille d'Elhri

Elhri est un petit village marocain, situé au sud et à 20 Km de Khénifra où campaient les troupes de Mouha ou Hammou Zayani, après la prise de Khénifra en juin 1914 par F. Berger, contingent de cavaliers estimées à environ mille. Ce village entra dans l'histoire du fait de l'affrontement qui s'y déroula le 13 novembre 1914 à l'aube. Cette bataille est souvent surnommée, le Dien Bien Phu marocain, au regard de la pugnacité des tribus berbères Zayane et Ichkinrn et des pertes infligées aux assaillants. Mais cette bataille n'a pas eu les éloges qu'elle méritait de la part des histographes marocains, seul un monument aux morts est érigé pour rappeler la défaite d'Elhri. Cette bataille entre dans la cadre de la campagne du Maroc(1907-1914)

3 Déroulement

La bataille d'Elhri commence par une attaque imprudente du colonel Laverdure, contre le campement de Mouha ou Hammou Zayani. À la tête d'une colonne de 43 officiers et 1230 hommes, venus de Khénifra, ils attaquent le campement rebelle à l'aube. Surpris et désorganisés, ces derniers n'opposent qu'une faible résistance. Alors que les troupes coloniales se livrent au pillage, Mouha ou Hammou zayani échappe de peu à la capture en se faisant passer pour un serviteur noir, grâce à sa femme berbère zayania Itto.

La contre-attaque immédiate des tribus : Ichkirn (El Kbab), Ait Ihand de (Krouchen), Ait Soukhmane et Ait Hdidou, surprend à son tour les français. Les berbères attaquent avec fougue. Le bilan pour les français sera lourd, d'après le communiqué de Lyautey, ils y laissent 33 officiers morts, dont le colonel Laverdure, ainsi que 650 soldats tués et 176 blessés. Lyautey et Gay Martinet (professeur d'histoire à l'école de la marine française), déclareront qu'il s'agit des pertes les plus catastrophiques, subies par les français en Afrique du nord.

Cependant, malgré cette victoire, les Zayanis n'ont pu repousser l'assaillant, déjà aux confins de leur territoire. Suite à cette défaite, les français révisent leur politique de colonisation contre les Zayanes, et profitent, en plus de l'inégalité de l'armement, de l'anarchie Siba qui règne entre les tribus du fait des luttes intestines, pour finir de soumettre celles-ci.

4 La résistance Amazigh à travers la poésie

Bien que les manuels d'histoire ne donne pas une place importante à la résistance face à la colonisation au début du XXe siècle, la tradition orale, et particulièrement la poésie, offre un témoignage sur cette lutte farouche des tribus berbères contre l'invasion des français. Les vers poétiques sélectionnés du poète Amliaz, narrent de la résistance berbère dans le Moyen et le Haut Atlas face à l'avancée des troupes françaises, à travers, les lieux cités. L'authenticité des faits exprimés et véhiculés par cette poésie de résistance est confirmée par les rapports et écrits des militaires français. Le poète cite à la fois le nom des villes, villages et bourgades soumises et le nom des officiers coloniaux qui ont participé aux différentes batailles.

Après la prise des villes côtières atlantiques, le colonisateur avance comme en témoigne ce vers qui nous renseigne sur la prise des grandes villes du Maroc central :

A nall i FAS, ad as allegh i MEKNAS, a y AGURAY A SFRU, a TABADUT han irumin zlan agh

Pleurons Fès, Meknès, Agouray
Sefrou, Tabadout, les chrétiens nous ont ruinés.

La plaine du Saiss est ainsi « soumise » et la machine de guerre française s'attaque à la montagne. Comme en témoignent ces vers :

Berci yserreh awal, iggufey is isdaâ KHNIFRA is al itteddu g ayt ttaât

La prise de Khénifra par Berger se confirme ,

Tant les résistants ne sont pas de vrais guerriers.

La même désolation est traduite dans ce vers qui réfère à la soumission d'Elhri(le 20 juin 1920), petite bourgade située à une dizaine de kilomètres de Khénifra.

Uran t tzemmurin ass a gan t amm unna Yemmuten, a LEHRI tsiwel digun tawuct

Tu es, à présent, sans force et comme mort
Ô Lehri, la chouette fait entendre son cri lugubre.

La progression des troupes coloniales se fait par étapes. Après Elhri et Khénifra, le colonisateur escalade la montagne. Parti de Khénifra, il prend Alemsid Haut Atlas, puis Aghbala et ses environs. Et après la bataille de Tazizawt, il réussit à accéder au col devant lui offrir un passage vers le sud Est. Il s'agit du col de Bab n Wayyad, frontière naturelle séparant la confédération des Ait Sokhmane d'Aghbal et la confédération des Ait Yafelman: Ait Hdiddou.

Immut Buâzza, may ttabaâm a yimnayen S ixf ULEMSID ibbi wuzzal tassa nnes                                          

Bouâzza est mort, cavaliers, inutile de
Charger vers Almsid, le fer a percé ses entrailles.

Ar ittru WEGHBALA allig isru IKWSAL ar ittru BUWATTAS, a TIZI n TURIRT

Aghbal pleur et fait pleurer Ikousal
Et Bouwatta, ô Tizi n Tewrirt                                 

A TUNFIYT ttughen Saligan wessaght afella nnem ad d iâdel I sselk ad d iddu ghurrem

O Tounfiyt, les sénagalais s'activent,
Pour te relier au Chrétien par téléphone

Inna m BAB n WAYYAD a tizi n taqqat Han arumy ibedda d a nebdu g imyamazn

Bab n Wayyad te dit, ô col                 
Le colon est là et les combats s'annoncent.

Les attaques françaises se déroulent aussi sur la frontière maroco-algérienne. C'est ce que ce vers nous révèle sur la prise du village de Boubnib au Sud Est.

Ha BUDNIB ijjmeâd ddunit lla ttemmenzaghn inselmen d irumin afella nnun Boudnib,

centre d'intérêt du monde Théâtre
d'affrontement entre chrétiens et musulmans.

Ainsi, la poésie reste une source d'informations inestimables sur la résistance à la colonisation durant les premières décennies du XXe siècle.

La mémoire collective garde toujours vivace cette poésie. Une poésie qui assume plusieurs fonctions : témoigner pour les générations futures et exprimer la déroute d'une population qui a subi leu feu de l'artillerie et de l'aviation françaises. Texte:(Moha Moukhlis).

Bibliographie

•Abes, M, Les izayanes d'Oulmès, Archives Berbères, 1915.

•Amarir, O, La poésie marocaine amazighe, 1975

•Aspignon, R, Étude sur les coutumes des tribus zayanes, éd. Moynier,1946, Casa.

•Basset, A, La littérature Berbère, La Pléiade, 1955.

•Ben Daoud, O i, Notes sur le pays zayan, archives berbères, 1917.

•Berger, F, Moha Ouhammou le zayani, éd. Atlas, 1929.

•Bernie, G, Moha Ohammou, guerrier berbère, éd. Gautey, Casa, 1945.

•Chafik, M, Trente trois siècle de l'histoire des imazighen, Boukili éd. 2000(3e éd.).

•Chafik, M, La poésie amazighe et la résistance armée dans le Moyen Atlas et l'Est du Haut Atlas, revue de l'Académie du Royaume,no4,1987.

•Camps, G, Berbères aux marges de l'histoire, éd. Espérides, 1980

•Guennoun, S, La montagne berbère, OU LES AIT Oumalou,éd.Oumnia,Rabat, 1933

•Guennoun, S, La voix des monts, Mœurs de guerres berbères, éd. Oumnia, Rabat, 1934.

•Guillaume, A, (Général), Les berbères marocains et la pacification de l'Atlas Central( 1912-1933), Julliard, 1946

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