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Courir, courir loin...Marcher au-dessus des nuages, comme j'en rêvais petite. Avant, je pensais pouvoir m'y poser délicatement, les nuages blancs me semblaient doux et développaient mon imagination ;
"Regarde Maman, regarde, c'est un ours, ah non, il bouge maintenant, on dirait la tête d'un petit garçon !"
Ce bout d'enfance m'est resté ; comme la peur le soir, dans la nuit. Je repense à ces bruits qui traînaient dans ma chambre, aux loups qui tentaient de rentrer par la grande fenêtre, et cette dernière, le soir, avait de gros yeux qui me fixaient.
Alors j'aimerais courir, courir comme pour m'enfuir de leurs têtes, de leurs pressions, de leurs cahiers, leurs notes, la compétition. Je reste sur ma chaise, transparente, fouillant ce tas de papiers...Je perds toujours tout.
Et par la fenêtre, j'imagine mon corps qui pourrait voler. Je fume seule, enviant les oiseaux, qui passent au-dessus de moi, comme pour me narguer. Eux, ils volent ; ils font ce que j'aurais toujours voulu faire ; sans essence, sans aide, juste mon corps.
Un jour, en faisant l'amour, j'ai cru que ça m'arrivait ; c'est étrange ? Vivement demain, deux jours avec celle que j'aime. Deux nuits à sentir son corps chaud contre le mien ; vite.
Deux jours sans Internet. Tant mieux, je n'étudie rien depuis.
Publié par Coralie. à 20:37:59 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (10) | Permaliens
Au bord d'un rivière, ma peau, rougie par le soleil, laisse entrevoir l'immense bonheur qui...
Je craque. J'aimerais être oui, au bord d'une rivière m'endormant, la peau contre celle d'Emeline. Et si celle-ci, collée à moi venait à me demander un quelconque baiser, je lui offrirai ce qu'on peut tant donner lorsqu'on est amoureux. Seulement, le contexte n'y est pas. Ni le soleil qui auparavant me caresseait la peau, ni la lune qui nous inspirait, l'été.
Ici, les gens crient leurs douleurs et leurs larmes se déchaînent, semblables à des torrents. Quand ce n'est pas leurs cris que j'entends, je vois le sang sur la peau d'une amie.
Cette fois, mon visage a changé de couleur. J'ai demandé, pour être sûre de la réponse :
_Tu te scarifies ?
Oui, Coralie me dit-on. A dix-huit ans, on peut encore faire ça, on peut se donner une souffrance physique, on peut se déchirer la peau. Tant de souvenirs...
Demain, nous parlerons de tout ça. Je compte encore les jours sans ça, les jours où je ne m'autorise plus de me faire souffrir.
Je compte, moi qui déteste tant les maths...
Publié par Coralie. à 14:19:05 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (10) | Permaliens
Examen blanc passé...ce soir, je vais dormir. Je n'ai rien appris hier ; c'est fou comme un simple texto peut faire de l'effet...
...
Je repense aux mains d'Emeline, sa douceur absente me fait mal. Ici, je vis. Avac Elle, je ris. Avec elle, je peux boire, rire, pleurer, parler de tout. Ici, je dois me retenir, je dois rire ou pleurer en silence. Oui, même rire.
On est tous lassé, ennuyé de nos cahiers remplis de mots qui ne veulent rien dire...tous ces termes professionnels, toutes ses phrases qui s'échappent par les fenêtres. Et puis, quelle voie emprunter l'année prochaine ?
Le futur est mon pire ennemi...certaines fois, je me vois vivre une telle vie fantastique que mon enthousiasme en étonne beaucoup. Mais d'autres fois, j'imagine une vie si terne, si ennuyeuse que je préfèrerai partir très vite.
Vivement que je retrouve celle que j'aime tant. Depuis quelques jours, je tiens plus.
Publié par Coralie. à 18:45:31 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (14) | Permaliens
La pluie inonde la cour de lycée. Je cherche au fond de mon paquet, quelques miettes de tabac qui retiendraient mes larmes. Et puis, j'attends sagement un mot tendre de ma bien-aimée.
Les rires ne sont plus crispés ; maintenant, les gens rient. Je trouve qu'ils oublient bien vite le chagrin ! Et puis, quelqu'un porte la vie dans la classe. J'imagine tout sagement, le petit être qui grandit. Les uns naissent, les autres meurent.
Une amie n'était pas bien ; je l'ai senti même agressive envers moi. On m'observe de loin, me semble-t-il, et puis on fait des réflexions que j'apprécie, sur l'écriture...A chaque étude, j'écris au lieu de réviser, à chaque étude, je pense à ma vie.
Même si mes pensées me paraissent parfois stupides, perverses, trop réfléchies...
Publié par Coralie. à 18:42:38 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (8) | Permaliens
Avant, je pleurais de n'avoir personne.
Un jour, je rencontrai une jeune fille sur Internet. Contrairement à toutes les autres, elle m'avait écrit un long mot. Attirée par sa facilité d'écriture et une certaine sensibilité, je fis de même. J'essayais de répondre à ces messages très rapidement ; je crois bien que nous parlions de tout et de rien dans ces longs mots. Nous écrivions sur notre passé amoureux, sur la politique, de vie, les peurs... Peu à peu, je ne pensais plus qu'à Ses mots doux qui m'arrivaient le soir. En classe, je me mis à lui écrire, longtemps, longtemps...
La rencontre se fit deux mois plus tard, pour la Toussaint. Lorsque le train parvint dans sa ville, mon coeur battait la chamade. Je n'avais qu'une envie, c'était de fuir, de courir vers une autre destination...Mais une jeune fille brune attendait, cachée entre le mur de la gare et la porte. J'ai su que c'était Elle, que je ne reculerai pas, que le premier jour serait celui qui déterminera notre avenir amoureux. Tout de noir vêtue, je voulais lui montrer que l'on peut toujours croire en l'Amour, je voulais la rendre heureuse.
On se dirigea vers un jardin, intimididées l'une l'autre. Je lui demandai si l'on se reverrait, avec angoisse.
_Oui, pour les vacances de Noël, me répondit-elle.
Je compris à ce moment-là que mes sentiments n'étaient pas seulement amicaux. Que je voulais la revoir, les samedis prochains..., les dimanches, que j'avais envie de la toucher, Elle...
Timides, nous avions du mal à nous rapprocher, à parler. On se revit les samedis d'après, malgré la distance, le manque de train. J'avais peur, je prenais sa main dans la mienne.
Maintenant se pose la question du "sérieux", de l'avenir. Moi, j'imagine, je l'aime.
Publié par Coralie. à 11:42:53 dans Voyages | Commentaires (12) | Permaliens
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Liberté d'expression