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S'enfuir | 07 février 2006

 

Samedi matin

Ce matin-là, ma voiture avance grâce à un air joyeux et bien rythmé. Pour la première fois, je conduis seule. On va s'enfuir avec Mon Amoureuse, loin. Laissez-moi m'enfuir, je veux visiter le monde. Je veux observer les bonheurs, les malheurs, je voudrais tout voir. Mais j'avance doucement, dans le froid, les mains gelées, le chauffage à fond. Je suis calme et heureuse... Je pars.

Je roule sur des routes inconnues. Je suis les panneaux, distingue les villes, leur particularités. Tout est beau lorsqu'on est heureux. Pourtant, il pleut ici. Il pleut et je mets les essuies-glaces. Rien ne me dérange ce matin, je sens que mon coeur est heureux mais je ne réalise rien. Puis, les nuages gris disparaissent laissant un ciel dégagé. On va pouvoir se promener au bord d'un lac, regarder des cygnes, on va donner à manger aux canards ? Ca ne va plus, je crois que je déraille. En voiture, peut-on dérailler ?

En ville, à l'arrivée, des voitures qui déboulent, des gens qui marchent au milieu, le marché, les légumes qui roulent devant la voiture...Où suis-je ? J'ai chaud, ma tête devient douloureuse, je roule doucement, perdue...J'espère que je ne ferais pas de bêtises, que je n'accrocherais personne. Si ça arrivait ? Je tremble, il faut que je m'arrête. Il faut que quelqu'un m'aide. Ici, les gens courent, les gens font leurs courses, se garent sur la route. J'appelle mon amoureuse.

Rejoins-moi, vite, mais vite que j'ai peur. Est-ce que je le lui dirais ? Je me gare devant le fleuve. Regarde ma chérie, toi tu m'offres une part de ta liberté, moi je t'en offre aussi désormais. Est-ce que tu es contente ? On se serre fort. On se serre très fort.

Excellent week-end.

Publié par Coralie. à 09:33:30 dans Voyages | Commentaires (4) |

Soir | 01 février 2006

J'avance dans le froid, la cigarette à la bouche, j'ai peur...Je fais les cents pas devant la voiture. Hier soir, je comptais. Je tapais 40 fois sur mes genoux. Je me suis fait une petite griffure ; comme ça, j'aurais mon permis.

Comme si ces gestes inutiles changeraient ma vie...Sans y croire, je monte dans la voiture qui me mènera à ce dernier examen, celui pour lequel je porte grand intérêt. Je tremble, ma voix est sourde, je voudrais retourner en arrière.

Je vois l'inspecteur à côté de moi. C'est le même que la dernière fois, un côté un peu froid, mais un côté très compréhensif ; un bon inspecteur ? Mon corps est de plus en plus apeuré, si je pouvais, je partirais en courant mais je ne joue pas la lâche. Je démarre.

...

Seulement, les larmes de mon amoureuse m'ont fait du mal. Et maintenant, j'ai des traces de ma violence sur les bras. Comme il y a un an.

Publié par Coralie. à 10:12:32 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (5) |

Feuilles. | 30 janvier 2006

Des feuilles traînent sur les bureaux, des feuilles de cours...Des dossiers à rendre. Des rapports de stage. Des notes soulignés en rouge, des copies déchirées par la colère.

Demain, j'aurais un costume, chemise blanche, chaussures cirées... Je joue Gaston au théâtre, un amnésique de la guerre.

Mais ce soir, il me faut m'entraîner. Alors, à demain !

Publié par Coralie. à 20:31:52 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (6) |

Soupirs | 29 janvier 2006

Le neige fond peu à peu. Il en est bien tombé 15 centimètres hier. Ma famille se croyait à la neige, préparait les bonnets, les luges, il ne manquait plus que la tartiflette. Le soir :

" Regarde Coralie, on dirait un chalet avec tous les vêtements, les chaussettes, les bonnets qui traînent sur les chaises..."

Je ne les suis pas dans leurs périples, la luge, les amis, les fous-rires. Je dois travailler, je viens de retrouver un intérêt pour ma formation, un intérêt à mon travail et à mes passions. Je ne peux pas me laisser prendre par des jeux.

Je me laisse cependant prendre par la peur des chiens, ces chiens qui me menacent à travers des murs et des barrières. Je me laisse prendre par la peur du noir où je vois encore ces tâches blanches. C'est une façon de rester dans mon esprit enfantin.

A l'adolescence, on dort avec des peluches, et on embrasse les garçons (ou les filles) A l'adolescence, on mange des bonbons à la fraise et on fume. On a peur de tout mais on ose tout. On veut papa et maman avec nous mais on les rejette...On est con, au fond...

Publié par Coralie. à 11:07:24 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (5) |

Montagne | 28 janvier 2006

Aujourd'hui, je me crois à la montagne. Tout est blanc ; je me suis levée tôt pour entamer une heure de conduite avec mon moniteur, mais c'est annulé. La neige a recouvert les voitures, les toits, les arbres. La neige tombe fine mais en abondance.

Et c'est étonnant. Dès qu'il neige, je repense à un livre que je lisais, enfant. Un très vieux livre que le Père Noël du primaire m'avait donné. C'était l'histoire d'une petite fille, Anna, qui habitait une ville souvent enneigée. Son grand-père l'amena à pieds, malgré les flocons qui tombaient sur la route. Ils se sont enrhumés, me semble-t-il, et l'école était fermée pour : Tempête de neige.

J'aurais aimé être dans la neige avec mon amoureuse. On aurait pu gambader dans les champs toute la journée, se lancer des boules, que nos doigts soient rougis par le froid.

Elle n'est pas là.

Publié par Coralie. à 10:14:38 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (4) |

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