Petite, je vivais dans une vaste maison à étage, qui comportait un poèle à mazout. Mon père, soucieux en me voyant grandir et gambader petit à petit, construisait une belle barrière en bois.
Je ne marchais pas encore, et un jour de décembre, pour mes 13 mois, je décidai de me lever. Il ne restait qu'à la barrière, une couche de peinture, et elle serait enfin prête. Mais ma mère cuisinait et ne me vit pas plaquer mes deux mains sur la vitre du poèle.
Très vite, la douleur parvint à mes paumes, et d'après ma jeune mère, ce fut atroce. Elle ne savait que faire, et courut vers la pharmacie, paniquée, parmi mes pleurs et ma souffrance.
Cet incident me laissa deux cicatrices sur les paumes, et quelques jours après, pour Noël, je marchais. En grandissant, ces cicatrices devinrent des trous, deux petits trous très surprenant. Autour de cette "horreur", d'autres peaux plissées, mais encore sensibles au toucher, parcouraient mes paumes.
A l'école, ces "trous" suscitaient de nombreuses interrogations. Comment ? Pourquoi ? Depuis quand ?
" C'est laid ! "
disaient certains enfants qui hésitaient avant d'empoigner ma main, de la toucher ou de ne pas la prendre.
Après des rendez-vous chez un spécialiste de brûlures, je décidai de ne pas changer de peau. Il était question de greffe, mais non.
Ces cicatrices font partie de mon existence, et elles resteront ainsi.
Du moment que mes mains peuvent encore écrire...
Publié par Coralie. à 18:59:03 dans Je voudrais renaître Plume | Commentaires (12) | Permaliens
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