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Le noir à l'oeuvre.
L'oeuvre noir d'une peinture à la recherche de la vibration de la lumière.
Autorité du noir.
"J'aime l'autorité du noir, c'est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l'intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s'y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre." Pierre Soulages.
Dès l'origine, le noir est prédominant dans la peinture de Soulages. C'est le « peintre du noir ». Le noir comme épure du réel, geste, signe, scansion, forme d'écriture de la lumière. Dans le noir absolu, la lumière émane de la matière et la déborde pour nous envahir. Peinture non monochrome, mais plutôt « mono-pigmentaire » déployant sa danse chromatique au gré des variations de la lumière et des déplacements du regard. Cette irruption dans le noir, conquête et épreuve, pour "que le seul accès au noir même, passe par sa transmutation en lumière". Atmosphère d'astres, alternance du clair et de l'obscur. Oscillation de la différence et de la répétition du noir, d'un noir comme mouvement d'une sensation en perpétuel cheminement.
Publié par against à 18:03:39 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (0) | Permaliens
LE LIVRE DE LA PAUVRETÉ
ET DE LA MORT
Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes
solitaire comme une veine de métal pur ;
je suis perdu dans un abîme illimité,
dans une nuit profonde et sans horizon.
Tout vient à moi, m'enserre et se fait pierre.
Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,
et cette grande nuit me fait peur ;
mais si c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante, qu'elle m'écrase,
que toute ta main soit sur moi,
et que je me perde en toi dans un cri.
Rainer Maria Rilke (livre de la pauvreté et de la mort)
CE SOIR MON COEUR
Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent...
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,
monte et se décide
à ne plus revenir ;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s'unir ?
Rainer Maria Rilke (Vergers)
Publié par against à 18:46:35 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (2) | Permaliens
Zamiatine (Evgueni Ivanovitch Eugène)
Il refuse de se soumettre au régime Stalinien et se voit contraint en 1929 de quitter l'ex URSS.
«Pour moi, en tant qu'écrivain, être privé de la possibilité d'écrire équivaut à une condamnation à mort. Les choses ont atteint un point où il m'est devenu impossible d'exercer ma profession, car l'activité de création est impensable si l'on est obligé de travailler dans une atmosphère de persécution systématique qui s'aggrave chaque année».
Il écrit d'abord dans la tradition du réalisme russe (Choses de province, 1913 ; Au diable vauvert, 1914 ; Les Insulaires, 1918), mais il est surtout célèbre pour Nous autres, roman d'anticipation écrit en 1920, interdit en ex U.R.S.S.
«Nous autres» est un roman cauchemar teinté de douce ironie. Au XXXe siècle, une civilisation du verre fondée sur l'absolue transparence. Les hommes tous semblables n'ont rien à cacher et l'idéal imposé est un bonheur mécanique. Le Bienfaiteur, maître de l'Etat unique, est aidé par des Inquisiteurs qui vont jusqu'à espionner les pensées. La mort guette ceux qui pensent ou aiment sans autorisation...
Cependant j'ai préféré un autre de ses romans : «L'inondation»
Un chef-d'œuvre. Une histoire terriblement prenante, Zamiatine page après page essaie de transmettre une véritable angoisse. L'angoisse d'une femme emportée par la haine...
Publié par against à 21:24:33 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (0) | Permaliens
" Les fleurs sont immortelles, le ciel d'un seul tenant
Et ce qui adviendra : simple promesse..."
Ossip Mandelstam
La poésie de Mandelstam est emplie de confiance, d'une certitude calme, imperturbable, en elle, il y a comme le sentiment d'être dans le juste.
Dans la tradition russe, la poésie avait quelque chose de l'oracle grec, une espèce de vision prophétique qui rameutait les foules, les exaltait, exerçait en quelque sorte un pouvoir "religieux". Mandelstam assigne à la poésie la mission de témoignage unique, face à un Occident dévoyé par ses soucis d'efficacité économique. Il interroge la langue russe et comme le fit Nietzsche, cherche en elle le fond dionysiaque, irrationnel qui la constitue, pour lui donner un être de parole, pour faire rayonner les forces de la terre, leur surgissement, tout en leur donnant la cohésion d'un système et d'une organisation qui les rendent communicables et belles. La chair du poème, cette parole de vie, innerve la chair du poète et pourrait être aussi la seule nourriture convenable pour le corps social, ce verbe-là étant parole de vérité et de vie. L'œuvre de Mandelstam a un accent prophétique et messianique.
La fonction du poète est d'éveiller le peuple à la conscience de sa vie profonde, de lui rendre ce sol originaire que la folie de l'histoire moderne lui dérobe, cette musique secrète encore enfouie au coeur de la langue. C'est le seul moyen de sauver ce peuple. Et jusqu'au dernier moment, jusque dans la plus grande détresse morale et physique, c'est encore cette confiance dans le pouvoir purificateur et baptismal du poème que Mandelstam sombre.
L'ouïe fine tend la voile
Le regard dilaté se vide
Et le coeur inaudible des oiseaux nocturnes
Plane à travers le silence
Mandelstam mourut, dans un goulag près de Vladivostok, en 1938. Son corps fut jeté dans la fosse commune.
Publié par against à 21:34:13 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (0) | Permaliens
Durant les très riches années 1910-
Acméisme
En
En 1911, N. Goumiliov et sa femme A. Akhmatova fondent L'atelier des poètes avec Ossip Mandelstam. En
Futurisme
En 1912, le manifeste "Une gifle au goût du public" proclame : "L'Académie et Pouchkine sont aussi incompréhensibles que les hiéroglyphes. Jetons Pouchkine, Dostoïevski, Tolstoï et les autres par-dessus bord du steamer de la modernité !" La contestation est totale, au nom de la valeur intrinsèque du mot. Grammaire, syntaxe, ponctuation sont abolies. Les allitérations harmonieuses sont remplacées par des sons rudes et rauques. Gratuité de l'art et exaltation de l'expérimentation sont exaltées par le futurisme sous ses deux variantes : ego-futurisme (Igor Severianine) et cubo-futurisme (Kroutchenykh, Khlebnikov, Bourliouk, Maïakovski).
Apparaît aussi un très grand poète qui déborde les cadres des écoles citées : Anna Akhmatova.
1915-1920
Les frères Serapion. Mouvement lié à la fois à Chklovski et à l'école formaliste et à Zamiatine, dont la thèse essentielle était la primauté et l'autonomie de la création littéraire
1917
La Révolution d'Octobre produisit d'abord un curieux clivage : opposition du vieux démocrate Gorki, mais adhésion bruyante des futuristes et symbolistes (qui y virent un messianisme rédempteur). Dès 1918, les choses se précisent. Certains quittent le pays, nourrissant une (deuxième) émigration aux noms prestigieux : Rémizov, Hippius, Bounine et Kouprine (qui rentrera en 1937). Dont de tout jeunes gens qui deviendront célèbres en Occident : Nabokov, Khodassévitch, Berbérova. Et Gorki (qui rentrera définitivement en 1929)
1921-1925
Débuts de la NEP. Mort de Goumiliov et de Blok. Fin du symbolisme. Ceux qui n'ont pas émigré se réfugient dans la religion (Soloviov), la théosophie (Biély) ou le silence (Sologoub, Kouzmine). C'est l'époque des cafés littéraires, de la montée en puissance du futurisme, de l'éclosion du formalisme avec les Frères Sérapion (entre autres : Chklovski, Zamiatine, Zochtchenko, Kavérine). Essénine (l'"imaginisme"). Les "Compagnons de route" : Pilniak, Babel, Leonov, Paoustovski, Alexeï Tolstoï. Et Pasternak, longtemps. L'avant-garde (soit une quinzaine de personnes autour de Maïakovski, Khlebnikov, Bourliouk) demande à exercer une véritable dictature sur la création littéraire. Front gauche de l'art (LEF). Proletkult (très nombreux, et possédant studios, revues, clubs). "Prose en tempête" : Gladkov, Fadéiev, etc.
Publié par against à 23:31:39 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (0) | Permaliens
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