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A Cexhib | 01 février 2006

Lorsque la dépense amoureuse est continûment affirmée, sans frein, sans reprise, il se produit cette chose brillante et rare qui s'appelle l'exubérance. L'exubérance est beauté, citerne qui contient et source qui déborde...

L'exubérance c'est la jouissance multiple, parfois coupée de tristesses, de dépressions, mais elle est mon désiquilibre amoureux, elle est mon "économie noire" qui me marque de son aberration et de son luxe intolérable. Economie de la pure dépense, de la perte. Ischus : énergie, tension. Violence transgressive de l'amour-passion, assomption de la sentimentalité comme force étrange, corps-désir de la dispersion et de la dépense sans fin.

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Anorexie | 26 janvier 2006

Anorexie-corps. Corps du mot affaibli de silence...

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Abattoirs | 25 janvier 2006

Déchirant la ressemblance, Francis Bacon renvoie Michel Leiris à sa propre logique du sang. La peinture de Bacon aux formes exsangues, aux pieds des crucifixions, figures mythologiques dégradées par l'épanchement des intérieurs, le cri, la bouche, le renversement, la sexualité-seringue, les chairs-lavabos, "photo" toujours truquée, déformée, décalage du mythe, enfance louche. Le mythe surtout. "Si on en trouvait un de valable" ne cessait de répéter Bacon, "ça pourrait être utile", incessant retour aux abattoirs. "J'ai toujours été touché par les images relatives aux abattoirs et à la viande" confiait Bacon. Peinture-abattoir qui abat l'arbre souffrance, le peuplement rouge de nos existences défrichées par le malheur.

Publié par against à 20:42:41 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (14) |

Sonatine | 24 janvier 2006

Sonatine, c'est l'histoire d'un homme aveugle qui, arrivé à l'âge de la retraite, se met à voir ; cela étant bien entendu à prendre au sens figuré. Scorsese dix ans plus tôt avec son immense Raging Bull avait déjà traité ce thème. Mais ici, le simple fait que l'homme en question soit un yakuza et que le conteur se nomme Takeshi Kitano suffit à changer d'univers. Visages inexpressifs, violence ultra sèche et dialogues occasionnels ponctuent ce long métrage. Le style de Takeshi Kitano s'exécute ici dans sa forme la plus pure. En ce qui concerne la thématique, Sonatine reste le point de convergence de tous les éléments « types » de son œuvre. Retombée en enfance, récurrence du bord de mer, règlements de compte sanglants entre gangsters impassibles.

Lorsque Kitano se glisse « au derrière » de la caméra il filme son époque, la société japonaise comme personne : les images sont comme figées, mortes, les personnages se contentent d'être là, pâles figures du neutre. Chez Kitano,  la violence est une provocation. Il se contente de poser sa caméra devant quelques hommes immobiles, le bras tendu, en train de vider leur chargeur sans broncher sur le groupe d'en face. Force est de constater que le procédé donne au film une dimension « autre ».

Une séquence. Séquence dite de « la roulette russe ». Ce sourire fou, lorsque le canon est apposé à la tempe et que le doigt taquine la gâchette, renferme en lui-même tout le drame du personnage. Dès cet instant, le héros prend conscience de la démesure, celle de son métier en premier lieu, et par élargissement, celle des valeurs héritées d'un mode de vie devenu mécanique, immoral, inhumain. Au terme de ce passage clé, appuyé par la vision d'un terrifiant cauchemar prémonitoire, on comprend que cette histoire n'aura pas d'autre issue que la tragédie. L'humour, la légèreté et les jeux puérils au bord de la mer. Kitano introduit la comédie de manière magistrale, en glissant dès le départ une scène de jeu horrible qui trouve un retentissement percutant lors de la seconde vision du film. Le héros et ses collègues assistent à la lente exécution d'un pauvre gérant de magasin qui leur a désobéi. L'homme est suspendu au bout d'une grue positionnée au bord de l'eau, ce qui permet aux spectateurs muets de profiter d'une vue imprenable sur sa noyade progressive. les visages restent de glace, on n'y lit pas l'ombre d'une quelconque forme d'amusement. Ce passage précis, placé aux côtés des multiples scènes de « freesbie » et autres tournoi de sumos, c'est le jour et la nuit qui conjuguent leurs violences. A la fois drôles et émouvantes les scènes de plage où les « caïds » retrouvent ensemble les joies de l'innocence enfantine s'inscrivent toutes sous le signe de l'anthologie. A découvrir ou re-découvrir.

Mais aussi News (entre ombre et lumière au blogroll) précise :
"Sonatine, mélodie mortelle" a très largement été inspiré par la "Guerre des Gangs à Okiniwa" réalisé en 1971 par Fukasaku. Outre la trame sensiblement identique [un chef de gang téméraire déchu et trahi par son Boss est banni de la métropole et s'exile sur Okinawa en compagnie de ses lieutenants], outre la brutalité des scènes de "gunfight" ou de castagne [Okinawa est le berceau du karate et du nunchaku], ou même la frappante ressemblance entre le chef de gang... Ce qui par dessus tout ne laisse aucun doute quant à l'inspiration de Kitano par Fukasuku, c'est la chanson en dialecte d'Okinawa, acommpagnée au shamisen [un instrument de musique traditionnel à cordes] qui est présente tout au long des deux films. Plutôt qu'un plagiat, il s'agit vraisemblement d'un hommage que Kitano rend à Fukusaku : la première expérience de Takeshi en tant que réalisateur est dû au désistement in extremis de Kinji Fukusaku sur le film "Violent Cop". La dérision d'une scène dîte sérieuse ou tragique est une constante dans l'oeuvre de Kitano.

Publié par against à 19:34:10 dans Ad lib - Cinéma | Commentaires (11) |

Assez | 23 janvier 2006

Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.

Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.

Assez connu. Les arrêts de la vie. Rumeurs et visions.

Départ dans l'affection et le bruit neufs.

Arthur Rimbaud - Départ

Publié par against à 21:27:57 dans A suivre | Commentaires (8) |

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