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Pourquoi vivant le plus vivant de tous, n'es-tu que ténèbres de fleur parmi les vivants ?
Grège chaleur, lendemain tonnant, qui toucherez terre avant moi, ne déposez pas ce qui bientôt sera masse d'amour pour vous...
Réné Char La parole en Archipel
Publié par against à 19:18:22 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (4) | Permaliens
Celui qui rêve se détourne de celui qui dort. Le rêveur n'est pas le dormeur; tantôt rêvant qu'il ne dort pas; parfois rêvant qu'il rêve et ainsi, par cette fuite dans un rêve plus intérieur, se persuadant que le premier rêve n'en est pas un, ou bien sachant qu'il rêve et s'éveillant alors dans un rêve tout semblable qui n'est rien d'autre qu'une fuite incessante hors du rêve, laquelle est chute, éternelle dans un semblable rêve. Cette perversion dont Roger Caillois parle dans son livre "l'incertiude qui vient des rêves" a rapport à une question qui pointe naïvement, perfidement, dans chacune de nos nuits : dans le rêve, qui rêve ? Maurice Blanchot - L'amitié
Publié par against à 21:06:57 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (6) | Permaliens
Les campagnes présidentielles à l'UMP c'est l'école primaire. Professeur Sarko enseigne la démocratie, mais en fait il s'agit d'un cours d'arithmétique primaire. Sarko a épuré ses classes politiques des proches chiraquiens et les nouveaux adhérents acquis à sa cause plébisciteront son sacre démocratique. L'UMP un parti démocratique pour un vrai projet démocratique. Slogans karschers, trésoreries canailles, et mandats racailles. Il suffit de se souvenir de la loi votée sur le role positif de la colonisation. 10 députés ont suffit!! Une loi s'accompagne toujours d'un arsenal répressif pour qui ne la reconnait pas et ne la respecte pas. Il suffit de 10 voix pour que des lois soient adoptées. Etrange démocratie. Même la gauche a adopté cette loi, par insouciance nous a t'on laissé entendre au parti socialiste gêné par l'emballement médiatique de cette "affaire". Mais le vrai problème n'est pas cette loi débile, c'est qu'il suffit de 10 élus pour que des lois qu'on ne cesse de nous opposer soient adopteées. Que fait la démocratie et la classe politique ? Elle prépare ses primaires, pour réussir l'examen de 2007. Tout le reste, de la routine...
Publié par against à 08:28:10 dans Ad Lib - Politique | Commentaires (10) | Permaliens
Vivre au dedans du silence
Et mourir dans le bruit
Vivre même dans l'absence
Comme un chat dans la nuit
Vivre encore et toujours
Quand tout devient difficile
Vivre chaque heure, chaque jour
Le nécessaire comme l'inutile
Publié par against à 19:48:51 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (6) | Permaliens
Ce n'était pas non plus une question de vérité, parce qu'il savait bien que la vérité était un cœur éteint de volcan toujours en passe de ressurgir brusquement. C'était, précisait-il, c'était en fait tout autre chose. Ce quelque chose d'effrayant, cette part de terreur qui nous dévorait jour après jour, c'était, selon lui, comme la quête d'une véritable identité. L'identité originelle de chaque être se concentrait dans ce réduit terrifié, glacé. C'est de là que tout devait véritablement commencer, s'initier. Tous les autres départs, des faux départs...
La vérité allait toujours dans les endroits les plus infréquentables de la terre chercher sa revendication, son statut de Grande Vérité, irrévocable et inexpugnable. Mais elle était incapable de se fixer en un lieu stable, elle demeurait toujours en départ, en continuel voyage. Sa demeure était l'errance, l'exil perpétuel. Et tous les êtres de cette maudite terre, de ce ciel d'enfer portaient en eux, dans leurs chemins maladroits et sauvages, toute la vengeance de ce ciel et de cette terre jaloux de leurs secrets. Il disait aussi qu'il ne fallait pas l'écouter. A trop vouloir chercher la vérité on finissait toujours par dire des sottises. Et les plus grands sots de la terre étaient parfois les plus intelligents. La pensée comme les corps avait son propre infini limité, une limite au delà de laquelle tout se désarticulait et cessait de fonctionner.
Parce que la pensée fonctionnait, oui, elle fonctionnait comme une machine qui avait ses propres lois, sa mécanique bien affûtée, et toutes ses fonctions étaient destinées, déterminées à un seul usage. Mais on avait perdu le sens de cet usage, ou bien il n'y avait peut être aucun sens à cette mécanique. La pensée était peut être une invention d'aucune utilité et tout notre malheur viendrait de cet entêtement à lui donner du sens, vérité, quand il n'y avait là rien à comprendre.
Là haut, dans ces montagnes il fuyait le vivant, chaque pas l'exilait plus totalement, inexorablement.
Partir.
Partir loin.
Partir très loin
Partir très, très loin.
Mais partir.
Il était entièrement fuite, dépense, fuite et dépense de lui-même.
Je me souviens disait-il... Non, il ne voulait plus se souvenir. On achetait aussi notre esclavage en exploitant les mines intarissables de la nostalgie.
Autrefois, le monde voulait faire de moi un bon citoyen. Un citoyen toutou, un citoyen chien, chien de la république. Les ossuaires de nos existences misérables d'esclaves s'échangeaient contre un salaire. Il fallait travailler pour des imbéciles cinq jours sur sept à raison de huit heures par jour. Des sommes d'heures abrutissantes à exercer un métier d'imbécile, à produire des tonnes d'imbécillités pour d'autres millions d'imbéciles.
A la fin, c'étaient des immenses tas absurdes de stupidités, absurdes de vides et de néants. Une vie anéantie comme des millions et des milliards d'autres vies anéanties, étouffées sous le poids d'absolues stupidités. Ce monde était stupide et il se voulait productif, toujours plus productif. Il produisait du malheur et de l'enfer à chaque heure nouvelle.
Monde effrayant de stupidité et de mensonge.
Publié par against à 18:44:57 dans A suivre | Commentaires (10) | Permaliens
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