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Menteurs | 20 décembre 2005

Les menteurs compulsifs ont désormais une excuse médicale pour justifier leur penchant pour le mensonge. En effet, selon une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Californie du Sud, la structure de la matière cérébrale des menteurs et des manipulateurs serait différente de celle des personnes dites normales. Les résultats de cette étude, publiée dans le numéro d'octobre du British Journal of Psychiatry, ont été obtenus à la suite d'examens d'imagerie par résonance magnétique administrés à un échantillon de 108 volontaires.

À l'issue de ces tests, l'équipe des chercheurs Yaling Yang et Adrian Raine a découvert que la répartition des matières grise et blanche était différente dans le cerveau des menteurs compulsifs que dans celui des sujets dits normaux. Selon les chercheurs, les menteurs et les manipulateurs auraient 22 % de plus de substance blanche dans le cortex préfrontal que les autres sujets. Cette matière blanche conduit l'influx nerveux dans le cerveau alors que la matière grise correspond aux cellules nerveuses. Comme mentir demande beaucoup d'efforts cérébraux, selon les chercheurs, la présence d'un surplus de câblages (matière blanche) dans le cerveau de certains individus leur fournirait un avantage naturel dans la maîtrise de la fabulation et la gestion d'informations trompeuses.

La science au secours du politique !!!

Si tous nos gouvernements successifs sont des menteurs, c'est qu'ils sont malades. Ce ne sont plus des voyous, seulement des malades.

Et chaque malade a sa thérapie. Sarko-léon se soigne au karsher et au flash-ball, Villepin à coups de rimes et Chirac à la corona...

C'est un avantage naturel que le mensonge. Une fois de plus, la lutte des classes c'est une affaire de privilèges. Et le privilège de nos dirigeants, c'est un cerveau doué pour le mensonge.

Publié par against à 21:39:15 dans Ad Lib - Politique | Commentaires (6) |

Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge | 19 décembre 2005

Comme le vent du soir

Sur les faux que les moissonneurs ont à l'épaule,

L'ange va doucement,

Sur le tranchant innocent des douleurs

Il se tient des heures durant

Au côté du cavalier ténébreux,

Il va du même pas

Que les sentiments sans nom

Il se dresse comme une tour au bord de la mer,

Disposé à durer infiniment,

Ce que tu sens c'est Lui, c'est Elle,

Malléable au plus profond de l'inflexibilité,

Afin que la roche de détresse,

La Druse étroite des larmes

Où il n'y a plus d'eau depuis longtemps

Se résolve en améthystes...

 

Rainer Maria Rilke – Poèmes à la nuit

Publié par against à 20:55:54 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (18) |

Noire mort | 18 décembre 2005

Noire mort tu es mon pain

Je te mange dans le cœur

L'épouvante est ma douceur

La folie est dans ma main

Douceur de l'eau

Rage du vent

Eclat de rire de l'étoile

Matinée de beau soleil

Il n'est rien que je ne rêve

Plus loin que les larmes de mort

Plus haut que le fond du ciel

Dans l'espace de tes seins...

 

Georges Bataille - La haine de la poésie

Publié par against à 20:49:40 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (10) |

Baroque - Le Caravage | 17 décembre 2005

Le baroque  est inséparable d'un nouveau régime de la lumière et de la couleur. On peut d'abord considérer la lumière et les ténèbres comme 1 et 0, comme les 2 étages du monde séparés par une mince ligne des eaux : les Heureux et les damnés (Leibniz et l'arithmétique binaire - Christiane Fremont leibniz, discours sur la théologie naturelle des chinois, l'Herne) Il ne s'agit pourtant pas d'une opposition. Si l'on s'installe à l'étage d'en haut, dans une pièce sans porte ni fenêtre, on constate qu'elle est déjà très sombre, presque tapissée de noir, "fuscum subingrum". C'est un apport baroque : au fond blanc de craie ou de plâtre qui préparait le tableau, le Tintoret et le Caravage substituent un fond sombre brun-rouge, sur lequel ils placent les ombres les plus épaisses et peignent directement en dégradant vers les ombres. Le tableau change de statut, les ombres surgissent de l'arrière plan, les couleurs jaillissent du fond commun qui témoigne de leur nature obscure, les figures se définissent par leur recouvrement plus que par leur contour. C'est le nouveau régime de lumière qui glisse par une fente au milieu des ténèbres.

Publié par against à 15:34:28 dans Ad Lib - Philosophie | Commentaires (6) |

Femme assise dans un Fauteuil rouge - Pablo Picasso | 16 décembre 2005

Le langage a une réalité propre, une existence qui ne peut être effacée, des lois qu'on ne peut méconnaître. Il est peut être en mon pouvoir de me taire, mais si je parle, il n'est pas en mon pouvoir d'échapper aux obligations du langage, de me soustraire à sa destination qu'il accomplit nécessairement. Cette fonction est d'introduire dans le monde des besoins le monde de l'universel, la règle de l'universel. Le discours n'est pas destiné à exprimer l'individuel, la sensation, mais il a pour rôle de m'attirer, que je le veuille ou non, vers le général, vers la conscience logique et la reconnaissance des lois dont il est le dépositaire. « En parlant je transforme mon désir en une recherche de la vérité, je m'engage à prendre sur moi la volonté de ma parole. Parler est une acceptation au moins tacite, de l'ordre dans lequel nous entrons en parlant ». Ce n'est donc pas le contenu d'images ou d'actions que nous lui attribuons qui constitue la réalité et la valeur du langage, ce n'est pas davantage, comme le voulait la dialectique expressionniste, par la totalité subjective qu'il trouve sa vérité et son existence. Le discours est extérieur à cette totalité qu'il remplace ; il lui est irréductible, parce que, même si l'on en élimine toutes les significations dialectiques possibles, il subsiste comme une forme qui ne peut être remplie de n'importe quoi, comme une règle qu'on ne peut violer qu'en lui obéissant, comme la loi de notre esprit, c'est-à-dire comme l'esprit lui-même dans la mesure où il est loi, lieu de l'universel et de la volonté réfléchie. Maurice Blanchot – Faux Pas

Publié par against à 08:23:10 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (8) |

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