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Inconnaissable | 14 janvier 2006

Je suis pris dans cette contradiction : d'une part, je crois connaître l'autre mieux que quiconque et le lui affirme triomphalement : "moi, je te connais". Il n'y a que "moi qui te connaisse bien", et d'autre part je suis souvent saisi de cette évidence : l'autre est impénétrable, introuvable, intraitable, je ne puis l'ouvrir, remonter à son origine, défaire son énigme. D'où vient-il ? Qui est-il ? Je m'épuise, je ne le saurai jamais... Roland BARTHES

Publié par against à 23:10:52 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (6) |

Triptyques - Francis Bacon | 14 janvier 2006

3 études pour 3 têtes d'homme - Francis Bacon

Mes peintures sont des accidents n'avait de cesse de répéter Bacon. Il était réellement fasciné par la photo, il s'entoure de photos, fait des portraits d'après des photos du "modèle" mais en se servant aussi des photos tout autres (anciens tableaux de Peintres sur photos, etc...) mais dans le même temps il n'accorde aucune valeur esthétique à la photo. Il préfère celles qui n'ont aucne ambition à cet égard, comme les photos de Muybridge. Il aime les radiographies ou les planches médicales, les photomatons...

Pour lui, ce sont des moyens de "voir". Et ces représentations procèdent dans la manière de "voir" selon des "codes, des ressemblances, des conventions, des analogies, etc... "C'est elles qu'on voit, et finalement on ne voit qu'elles...". La photo "fait" le personnage ou le paysage au sens où l'on dit que le journal fait l'évènement et ne se contente pas de le narrer. Pour Bacon, le plus grand intérêt de la photo est de nous imposer la "vérité" d'images trafiquées invraisemblables. Bacon n'a pas l'intention de réagir contre ce mouvement. Dans sa peinture, il s'y abandonne, abondamment, avec délice. Mais pour Bacon la photo écrase aussi la sensation sur un seul niveau et reste impuissante à mettre dans la sensation la différence de niveau constitutive (image tentaculaire chez bacon, analyse de John Russel). Dans les images-cinéma d'Eisenstein ou les images-photo de Muybridge ce ne serait qu'à force de transformer le cliché, de malmener l'image que celle-ci parviendrait comme dans la peinture à dépasser le titre de "chose vue" pour devenir une déformation comme l'art en produit.

Publié par against à 16:14:44 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (10) |

Axialité | 13 janvier 2006

Désir axial, perpendiculaire désirante

Publié par against à 11:47:44 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (10) |

La parole plurielle | 12 janvier 2006

La fuite est l'engendrement de l'espace sans refuge. La fuite, seulement fuit, mouvement indéfini qui se dérobe, se dérobe et ne laisse rien où l'on puisse se dérober...

Mise à nue, "Dévêtissement", où dans la foule, "l'être" est de fuite parce que son appartenance à la fuite le fait foule. Etre foule, multiplicité impersonnelle, non-présence sans sujet, ainsi je me déshabille pour n'être que cet "être" dissout dans "sa" fuite. Dans la foule fuyante, mon "moi" vide s'y défait et reste solitaire, sans appui, sans contour. Ainsi Egon Schiele fuyait un monde hostile, immense solitude de fuite, précipice. La parole plurielle dans sa peinture en vérité ne "parle" pas, mais fuit celui qui "parle" et l'entraîne à fuir plus rapidement qu'il ne fuit.

Fuite stationnaire, fuite visionnaire, peinture peuple, peinture fuyante, immensité désorientée, mouvement foule, Egon Schiele est retournement. En sa peinture je me fuis, je fuis ce monde et retourne cet enfer, rend possible une liberté. La liberté, cet intervalle entre deux portes...

Publié par against à 21:01:21 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (6) |

Cannibalisme | 12 janvier 2006

Le coeur cannibale dévoré de passions

Publié par against à 08:31:39 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (14) |

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