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Acéphale | 12 septembre 2005

Un chercheur anglais de l'institut neurologique de Londres a étudié le comportement de chimpanzés qui sont nos plus proches cousins.
Il a observé que dans un groupe de singes qui passaient beaucoup de temps à s'épouiller les contacts sociaux étaient plus grands. Il a observé ensuite les cerveaux de ces singes et a constaté qu'ils étaient plus développés. Il a transposé cette étude sur l'homme et en a déduit que le bavardage, comme le commérage seraient des facteurs de développement des liens sociaux et donc de nos cerveaux.
Si l'on tient l'analyse pour intéressante, nos cerveaux d'aujourd'hui seraient plus développés parce que nos langues en seraient comme plus déliées ?
Le monde d'aujourd'hui est un immense hall de gare bavard et bruyant de sottise. Des cerveaux toujours plus vastes pour toujours plus de bêtise ?
Il est des fois où l'on regrette son ignorance de la veille. Demain nous aurons de plus gros cerveaux, mais de quoi pourront-ils être remplis ?
Assurément d'un peu plus de vide.
Les cerveaux de demain ? Comme les O.G.M., plus développés mais plus nuisibles...

Publié par against à 16:27:25 dans Ad Lib - Politique | Commentaires (0) |

Autour de Rainer Maria Rilke | 11 septembre 2005

Rainer-Maria Rilke (1875-1926): sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle.

A lire absolument "cahier de Malte Laurid Bridges " ainsi que les "élégies de Duino".

Poète de langue allemande il a écrit en français! un recueil "Vergers" à découvrir...

La Dormeuse

Figure de femme sur son sommeil

Fermée, on dirait qu'elle goûte

Quelque bruit à nul autre pareil

Qui la remplit toute

De son corps sonore qui dort

Elle tire la jouissance

D'être un murmure encor

Sous le regard du silence.

Printemps

O mélodie de la sève

Qui dans tous les instruments

De tous ces arbres s'élève,

Accompagne le chant

De notre voix trop brève

C'est pendant quelques mesures

Seulement que nous suivons

Les multiples figures

De ton long abandon,

O abondante nature,

Quand il faudra nous taire,

D'autres continueront...

Mais à présent comment faire

Pour te rendre mon

Grand coeur complémentaire ?

Fontaine

Je ne veux qu'une seule leçon, c'est la tienne,

Fontaine, qui en toi-même retombes,

Celles des eaux risquées auxquelles incombe

Ce céleste retour vers la vie terrienne.

Autant que ton multiple murmure

Rien ne saurait me servir d'exemple,

Toi, ô colonne légère du temple

Qui se détruit par sa propre nature.

Dans ta chute combien se module

Chaque jet d'eau qui termine sa danse,

Je me sens l'élève, l'émule,

De ton innombrable nuance...

Rainer Maria Rilke - Vergers

Publié par against à 19:25:08 dans Ad lib - Poésie | Commentaires (0) |

Autour de Balthus | 11 septembre 2005

Balthazar Klossowski, dit Balthus. Son frère aîné est l'écrivain et dessinateur Pierre Klossowski (1905-2001).

Œuvres de Balthus dans ce blogg

Publié par against à 18:59:41 dans Ad lib - Peinture | Commentaires (0) |

Autour de Hermann HESSE | 11 septembre 2005

"J'ai le malheur, voyez-vous, de me contredire sans arrêt. C'est ce que fait toujours la réalité, mais l'esprit ne le fait pas, ni la vertu (...). Par exemple, après une dure marche en été, il peut m'advenir d'avoir une folle envie d'un verre d'eau et de tenir alors l'eau pour la chose du monde la plus merveilleuse. Un quart d'heure plus tard, ayant bu, rien ne m'intéresse moins sur terre que l'eau et la boisson. J'agis de même pour la nourriture, le sommeil, la pensée. Mon rapport avec ce qu'on appelle l'esprit est tout juste le même qu'avec la nourriture et la boisson. Parfois il n'est rien qui m'attire autant, me semble aussi indispensable que l'esprit, que la faculté d'abstraction, que la logique, que l'idée. Puis, lorsque j'en suis rassasié, que j'ai besoin et envie du contraire, l'esprit me dégoûte autant qu'un aliment avarié..." Hermann HESSE (Siddharta) 

Publié par against à 12:12:15 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (0) |

Autour de Fernando Pessoa | 10 septembre 2005

On peut ressentir la vie comme une nausée au creux de l'estomac. Démesuré un silence pèse obscurément. J'ai conquis, un petit pas après l'autre, le territoire intérieur qui était mien de naissance; J'ai réclamé , un petit espace après l'autre, le marécage où j'étais demeuré seul. J'ai accouché de mon être infini, mais j'ai dû m'arracher de moi-même au forceps... Fernando Pessoa

Publié par against à 21:02:20 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (0) |

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