Depuis le 02-09-2005 :
188113 visiteurs
Depuis le début du mois :
3712 visiteurs
Billets :
142 billets
<< Autour de Antonin ARTAUD | Autour de Roger Caillois | Autour de Michel Leiris >>
Palamède est célèbre pour son différend avec Ulysse.
On attribue au fils de Nauplios et de Clyméné l'invention des nombres, l'usage de la monnaie, le calcul de la durée des mois d'après le cours des astres.
Palamède aurait aussi imaginé le jeu de dames, celui des dés et celui des osselets...
Pour se mesurer à autrui ; pour fuir l'ennui ; par goût du déguisement ; afin de se donner le bonheur du vertige...
Jouer est une conduite apparemment paradoxale puisqu'elle substitue aux contraintes de la vie ordinaire d'autres contraintes, bien que choisies celles-ci.
Il s'agit d'une action libre, fictive, générant un espace-temps spécifique, réglée, incertaine dans son déroulement et résolument improductive.
Dans « Les jeux et les hommes » chez gallimard, ouvrage qui fait toujours référence, Roger Caillois ramenait l'inépuisable variété des jeux à un petit nombre d'attitudes existentielles, à de « puissants instincts » qui en seraient comme les sources dissimulées.
Se fondant sur les analyses de Johan Huizinga (Homo Ludens) pour qui le jeu génère la culture, le cofondateur du Collège de Sociologie proposait une typologie des intérêts psychologiques poussant l'homme à adopter telle ou telle activité ludique de préférence à telle autre :
-l'ambition de triompher grâce au seul mérite dans une compétition réglée (agôn) ;
-la démission de la volonté au profit d'une attente anxieuse et passive d'un arrêt du sort (alea);
-le goût de revêtir une personnalité étrangère (mimicry);
-la poursuite du vertige (ilinx).
D'où la lutte et les échecs, l'esprit de combinaison, les dés, le goût du travestissement et du théâtre, la volupté du manège...
D'où également la réprobation du métaphysicien rationaliste qui ne voit là qu'énergie dissipée, temps perdu, transgression du "sérieux de l'existence"; qui ne tolère le jeu qu'à la manière d'un complément de l'activité socialement utile et laborieuse, comme loisir et distraction, comme appoint de l'éducation ; et qui méprise habituellement ces grandes constantes de la conduite humaine. A la différence d'un Héraclite et d'un Nietzsche considérant le Ludus comme essence de l'existence...
Publié par against à 12:58:41 dans Ad lib - Sociologie | Commentaires (3) | Permaliens
07-02-2006 12:34
De natalie vdz Sujet:
le monde, jeu àl'échelle des dieux?
05-01-2006 13:59
De against
Sujet:
News Url: [Liens]
05-01-2006 08:41
De N.e.w
Sujet:
Pourquoi joue t-on ? Url: [Liens]
Confrontations