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Supplice chinois dit des « cent morceaux » Photographies rapportées par Louis Carpeaux du supplice de Fou-Tchou-Li 10 avril 1905
Ces photos ont fait dire à Georges Bataille : « Le jeune chinois livré au travail du bourreau... me communiquait sa douleur ou plutôt l'excès de sa douleur... pour ruiner en moi ce qui s'oppose à la ruine »
La pensée de Bataille explorait les champs du non-savoir et comme Nietszche plus tôt, refusait ces savoirs trop poussiéreux et moralisateurs qui, au lieu d'éveiller à la vie ne cherchaient qu'à l'assommer partout où elle jaillissait, fusait. Il a été longtemps décrié comme le penseur de
la pornographie. Son œuvre associait l'érotisme et la mort, il explorait les savoirs maudits, interdits, il essayait de penser « autrement ».
Autrement que l'universelle pensée qui sépare les savoirs en savoirs du bien et savoirs du mal.
A lire l'excellente biographie de son œuvre : « Georges Bataille la mort à l'œuvre » de Michel Surya.
Bien des horreurs d'aujourd'hui et d'hier à l'éclairage d'une pensée radicalement vivante et vivace, par delà le bien et le mal...
Extrait des Larmes d'Eros de Georges Bataille.
Le monde lié à l'image ouverte du supplicié photographié, dans le temps du supplice, à plusieurs reprises, à Pékin, est, à ma connaissance, le plus angoissant de ceux qui nous sont accessibles par des images que fixa la lumère. Le supplice figuré est celui des Cent Morceaux, réservé aux crimes les plus lourds. Un de ces clichés fut reproduit, en 1923 dans le Traité de psychologie de Georges Dumas. Mais l'auteur bien à tort, l'attribue à une date antérieure et en parle pour donner l'exemple de l'horripilation: les cheveux dressés sur la tête! Je me suis faire dire que pour prolonger le supplice, le condamné recevait une dose d'opium. Dumas insiste sur l'apparence extatique des traits de la victime. Il est bien entendu, je l'ajoute, qu'une indéniable apparence, sans doute, en partie du moins, liée à l'opium, ajoute à ce qu'a d'angoissant l'image photographique. Je possède depuis 1925 un de ces clichés ( photographie ci-contre ). Il m'a été donné par le Docteur Borel, l'un des premiers psychanalystes français. Ce cliché eut un rôle décisif dans ma vie. Je n'ai pas cessé d'être obsédé par cette image de la douleur, à la fois extatique (?) et intolérable. J'imagine le parti que, sans assister au supplice réel, dont il rêva, mais qui lui fut inaccessible, le marquis de Sade aurait tiré de son image: cette image, d'une manière ou de l'autre, il l'eût incessamment devant les yeux. Mais Sade aurait voulu le voir dans la solitude, au moins dans la solitude relative, sans laquelle l'issue extatique et volptueuse est inconcevable.
Publié par against à 22:00:31 dans Ad lib - Littérature | Commentaires (6) | Permaliens
13-06-2008 15:40
De Corinne Neyman Sujet:
Supplice chinois
02-11-2006 09:00
De Viktor Sujet:
Scènes de Bataille Url: [Liens]
06-08-2006 12:59
De Blandine Sujet:
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05-05-2006 09:56
De J�©r�´me Bourgon Sujet:
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05-05-2006 09:53
De Jérôme Bourgon Sujet:
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