Il est difficile de se présenter. C'est tout à la fois. C'est rien.
Je suis Florence et celle qui partage mon cœur depuis 9 ans se prénomme Lilia. J'ai 29 ans, elle 31. Nous nous aimons ; c'est la plus belle chose qui peut arriver à deux femmes. Après avoir vécu de grands moments ensemble, après avoir vécu nos premiers bisous, nos premières caresses et notre premier amour, nous avons décidé d'avoir un enfant.
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Romane est née le 31 août 2005
Si je devais faire la liste de tous les cadeaux qu'a eu notre perle, ça prendrait des pages entières ; des vêtements de naissance, des vêtements pour cet hiver, pour l'été, pour le printemps, des costumes plus ou moins ridicules, des grosses peluches (pour plus tard !) de douces peluches, des jouets bruyants... Cela n'en finit plus. Nous avons rangé tous ça (à part le doudou de Xavier avec son odeur) dans un placard et on lui donnera au fur et à mesure de son âge. Je sais que les enfants grandissent très vite et que nous aurons sûrement vite besoin de tous ça, mais je profite de ces premiers moments de la vie. Elle découvre son habitat, les odeurs de cette maison, les couleurs même si, vraisemblablement, elle pense à autre chose. Romane dort, pleure et tète.
Xavier qui vit à quatre kilomètres de chez nous vient de temps en temps voir sa fille. Il s'occupe aussi du matériel, des lampes, du lit, des placards ainsi que la température. Nous avons du mal à régler l'appartement comme il faudrait. Hier, il lui a donné un bain. Nous savons que lorsque Romane sera plus grande, Xavier la prendra le week-end, peut-être même la semaine, pour qu'elle s'habitue à ses deux milieux de vie. Lilia pense que c'est une excellente idée, qu'elle sera heureuse dans tous les cas mais je suis finalement très angoissée. Et heureusement encore que je ne pense pas à toutes les insultes et injures que devra affronter notre perle lors de sa scolarité. D'ailleurs, nous ne savons pas si nous aborderons le sujet de l'homosexualité dès sa jeunesse ou à l'adolescence. Lilia m'ordonne d'arrêter de me poser des questions, je vais poser l'ordinateur et me détendre devant la télévision.
Lilia donne le biberon à la petite, c'est un moment formidable.
Publié par Florence.N à 11:34:20 dans Désirs de mère | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai l'impression de changer de vie. Nous sommes enfin à la maison et nous sommes dimanche. Ce n'est même pas une maison, c'est un appartement, nous sommes encore près de la ville mais il y a peu de monde qui circule sur la route principale. Romane est donc arrivée chez elle, dormant sagement dans la voiture. Elle prend de la place. Elle dormira dans notre chambre les premiers mois de sa vie, il sera plus facile de la nourrir la nuit. Je vais certainement opter pour la nourrir par le sein et le biberon de façon à ce que Xavier et Lilia puisse profiter de ce merveilleux moment. Il y a de la complicité ; je vois son bonheur dans les yeux. Lilia lui a acheté un lit à barreau qui me rappelle encore les premiers moments de ma vie. Sa chambre est parfaite, colorée, remplie de vêtements mais elle ne s'en servira que lorsqu'elle fera entièrement ses nuits. Tiens, Romane pleure, Romane hurle ! Le devoir m'appelle.
Publié par Florence.N à 11:09:03 dans Désirs de mère | Commentaires (0) | Permaliens
Ecrit samedi soir...oubli de l'envoi !!
Comme prévu, Romane a perdu le poids qui nous permet donc de dire qu'elle est en plein forme. Je suis impatiente de rentrer chez moi (ce soir) et d'écouter un peu de musique. La sonorité de la maternité n'est visiblement pas la meilleure qu'il soit. Depuis mon arrivée, j'entends la plupart des bébés pleuraient ce qui n'est, évidemment pas très agréable. Mes affaires sont prêtes, laissant place à d'autres futures mères. Mon corps brûle d'envie de rentrer mais je me sens totalement abandonnée par le personnel médical.
Mes parents m'ont rendu visite tous les jours de la semaine, ils sont persuadés que Romane me ressemble. Tandis que les parents de Xavier, tout à fait au courant de la relation marginale de NOTRE famille, affirment que c'est le portrait de leur fils. Je crains que Lilia ne se sente hors du cercle familial. Il est difficile de donner des rôles propres à chacun, il y a moi la mère qui nourrit et baigne l'enfant, avec aisance et amour, Xavier le père dont les yeux se remplissent de larmes lorsqu'il voit l'enfant bougé, Lilia, la seconde mère, la future marraine qui regarde le spectacle et Véronique, qui ne serait alors que la belle-mère de Romane. Lilia dans le fond est perdue dans tout ça. Ces parents ne sont pas venus, je crois qu'ils ne viendront pas ; trop égoïstes, trop vieux-jeu. Je me sens aussi perdue que les autres face à tous les évènements importants que nous vivons, mais personne ne s'entraide. Nous avons l'impression d'être des victimes. C'est Romane qui doit sentir un abandon. Je ne sais pas si je serais capable de retourner à la maison. Il est grand temps que je prépare les affaires.
J'ai remarqué que Romane a de nombreux rejets ce qui ne la nourrit plus. Le pédiatre (que j'ai vu ce matin) m'a affirmé que ce n'était pas grave, mais ça a tendance à m'impressionné. Il m'a expliqué aussi tous les vaccins à faire d'ici peu et l'efficacité du fluor (à donner à la petite) Après cela, il m'a donné l'autorisation de quitter la maternité dès l'après-midi. Je lui dis que j'allais bien malgré mon début de baby-blues. Il m'a souhaité bon courage pour la suite. Je crois qu'il va m'en falloir ; du courage !
Publié par Florence.N à 11:07:50 dans Deux mères | Commentaires (0) | Permaliens
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