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L'homme de Brive | 09 septembre 2005

L'homme de Brive

Jean-Max Brua

Il fasait chaud ce jour

Le chien dormait eans la poussière de la cour

Elle était à laver dans la cuisine

Quand la lumière a changé

Se tenait dans la porte

Un homme qu'elle ne voyait pas bien

Pensant comme une idiote:

Je n'ai pas entendu le chien

Puis s'essuya les mains

Elles étaient fraîches de savon

Il dit : Après le pont

J'ai manqué perdre mon chemin

Il entra tout de bon

Lui dit: Je vien de la part du grand

Mais pardon je marche depuis Brive

Et sans savoir je vous surprends

En lessive

Elle dit : Par ces chaleurs

On salit tant plus qu'on transpire

Si on comptait ses heures

On croirait jamais en finir

Puis dit : je manque à tout

Je n'vous ai même pas rien offert

Mais on refuse pas un verre

Quand on a marché tout ce bout

S'est mis sur le banc

Lui dit qu'elle avait bien de la chance

Pour le grand

Elle lui versa du vin

Se sentit gêné du silence tout soudain

Il se donnait du temps

Vidait son verre à petits coups

Souriait de temps en temps

A elle qui restait là debout

Puis dit : ce qu'il fait chaud

On est là seul ou c'est tout comme

Elle dit : J'ai plus mon homme

Depuis quatorze mois bientôt

Elle lui fit son visage de femme

Qui a bien su attendre un passage

Il eut ses mains de laine

Son sourire ses yeux de cendres

Son haleine

Puis il revint au banc

Tandis qu'elle remettait sa robe

Commença pour le grand : tu sais

je dois te raconter dans l'ordre

Elle dit : Y a bien un grand

C'est le fils aîné des voisins

Tu prendras le chemin

Tout de suite après le mur blanc....

Publié par amasaä à 11:02:52 dans entre autres pour moi et mon émoi | Commentaires (0) |

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