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Iles de chimères
Éparpillées
Aux quatre vents
Horizons de contrebande
Aux frontières septentrionales
Emblèmes ferroviaires
De faubourgs fantomatiques
Paysages taciturnes
Et rêves d’ antipodes
Escales vacillantes
Ghettos pour corbeaux
Bouges folkloriques
Où errent quelques
Voyageurs indociles
Ivres d’ alcools
Jaunes infectés
Baladeurs
Armés de
Folkloriques poignards
Navrante pègre
Silhouette interminable
Lisière de la mort
Etrangers rebelles
Vacants.
Publié par chrisalle à 10:10:57 dans fagotistere | Commentaires (0) | Permaliens
Ombre et poussière.
Je suis né gladiateur
Dans un pays de misère
Aux ravins accidentés
Aux forêts d’apocalypse
Et aux gorges en arènes ;
Je suis né mirmillon
Dans un pays de misère
Où jadis courraient les loups,
Mais où régnaient
Souveraines,
La force et la beauté
et où la lumière
en était ministère.
Là-bas, des frères,
Ombre et poussière,
Meurent sans un cri.
J’en ai connu des vieux rétiaires,
Rudes et droits
Comme des centurions.
J’ai déserté mon pays
En mauvais légionnaire,
Père et mère y sont morts,
Ombre et poussière,
Dorment sous la glaise
Et tous ceux que j’aime,
Désormais,
Vivent au nord.
Me reste encor,
Belle tristesse,
Le chant de mes ancêtres
Qui roule et cascade
Dans mon parler.
Me restent enfin,
Belle prouesse,
Ma gaîté et ma liberté.
Publié par chrisalle à 10:06:39 dans fagotistere | Commentaires (0) | Permaliens
Je rentre au pays
Paris sent le goudron
C’est la fin du voyage.
Saint Lazare bouillonne de passants
Arrivants – partants, mêmes plaintes.
Sur les quais, des hommes à l’aspect redoutable,
En fumant, distraits sur un banc,
Reluquent des filles lointaines et pas sages.
Café, terrasse, pastis, cognac,
Au buffet, un couple étincelle :
« - Dis ! Ne bouge pas, approche.
- Quelle heure est-il ? – D’où viens-tu ?
- - Pourquoi ris-tu ? Il est si tard. »
-
Moi,
J’ai envie d’une soupe au lard.
J’ai faim du pays
Je rentre de voyage.
Publié par chrisalle à 19:08:05 dans fagotistere | Commentaires (1) | Permaliens
Texte/ Jacques Fauny-Lerendu le 11 12 2008
Le droit d’ingérer
1
Quand la salle d’attente déborde,
c’est dans la rue d’la banque qu’on banque
on fait sa tente comme on se couche,
sur les trottoirs on se cartonne .
2
Beaucoup s’étonnent que ça déconne
sauf l’abbé Pierre mais pas kouchner
quand le roi se fout de la bonne,
les p’tits matins sont funéraires .
REFRAIN
Dormez dormeurs, n’ayez pas peur,
pendant que les grands s’imaginent
déjà le soir dans leur piscine,
dans leur Cartier, dans leur bling-bling .
je déclare le droit d’ingérer,
plutôt que celui d’ingérence .
3
Mais quand l’homme n’a plus tous ses droits,
à quoi ça sert les droits de l’homme .
Les hommes naissent égaux en droit,
mais pas le droit d’être des hommes .
4
Beaucoup s’étonnent que ça déconne,
sauf ceux qui ont le ventre creux .
Quand le prince se fout de la lionne,
les petits meurent avec les gueux .
FIN
Publié par chrisalle à 14:45:11 dans fagotistere | Commentaires (0) | Permaliens
Dernier cri
J’écris ce poème avec de la fumée
Avec du sable avec de l’ombre
Mes mains s’enfoncent dans la neige
Sans jamais rencontrer la terre
Mais tout à coup le vent disperse la poussière
La poussière du poème
Tout à coup un cheval couronne de sa mort
Le royaume ébloui que me prête l’hiver
Tout à coup un rose éclate les ténèbres
Tout à coup un poisson ruisselle sur la table
Tout à coup un oiseau traverse la fenêtre
Et la maison s’effondre en gerbe de cristal
Il reste le cri nu de la réalité
Le cri pulvérisé de l’œuf en train d’éclore
Le cri rouge du rat encerclé par le feu
La nudité de l’os quand retombe la cendre
L’évidence du roc de la dent arrachée
Ce qui vibre immobile et se tord de fureur
La clarté sans issue où gravite la mer
La terreur du granit que le gel assassine
Les objets à pétrir comme un pain de famine
Le présent à saisir dans son flagrant délit
Christian BACHELIN
Publié par chrisalle à 14:36:53 dans fagotistere | Commentaires (0) | Permaliens