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Image d'ici | 27 avril 2009

 

Image d’ ici

 

Iles de chimères

Éparpillées

Aux quatre vents

Horizons de contrebande

Aux frontières septentrionales

Emblèmes ferroviaires

De faubourgs fantomatiques

Paysages taciturnes

Et rêves d’ antipodes

Escales vacillantes

Ghettos pour corbeaux

Bouges folkloriques

Où errent quelques

Voyageurs indociles

Ivres d’ alcools

Jaunes infectés

Baladeurs

Armés de

Folkloriques poignards

Navrante pègre

Silhouette interminable

Lisière de la mort

Etrangers rebelles

Vacants.

 

Publié par chrisalle à 10:10:57 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Ombre et poussière | 27 avril 2009

Ombre et poussière.

 

 

Je suis né gladiateur

Dans un pays de misère

Aux ravins accidentés

Aux forêts d’apocalypse

Et aux gorges en arènes ;

Je suis né mirmillon

Dans un pays de misère

Où jadis courraient les loups,

Mais où régnaient

Souveraines,

La force et la beauté

et où la lumière

en était ministère.

Là-bas, des frères,

Ombre et poussière,

Meurent sans un cri.

J’en ai connu des vieux rétiaires,

Rudes et droits

Comme des centurions.

J’ai déserté mon pays

En mauvais légionnaire,

Père et mère y sont morts,

Ombre et poussière,

Dorment sous la glaise 

Et tous ceux que j’aime,

Désormais,

Vivent au nord.

Me reste encor,

Belle tristesse,

Le chant de mes ancêtres

Qui roule et cascade

Dans mon parler.

Me restent enfin,

Belle prouesse,

Ma gaîté et ma liberté.

 

 

 

 

Publié par chrisalle à 10:06:39 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Je rentre au pays | 26 avril 2009

 

 

Je rentre au pays

Paris sent le goudron

C’est la fin du voyage.

 

Saint Lazare bouillonne de passants

Arrivants – partants, mêmes plaintes.

 

Sur les quais, des hommes à l’aspect redoutable,

En fumant, distraits sur un banc,

Reluquent des filles lointaines et pas sages.

 

Café, terrasse, pastis, cognac,

 Au buffet, un couple étincelle :

« - Dis ! Ne bouge pas, approche.

-         Quelle heure est-il ? – D’où viens-tu ?

-         - Pourquoi ris-tu ? Il est si tard. »

-          

Moi,

J’ai envie d’une soupe au lard.

J’ai faim du pays

Je rentre de voyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par chrisalle à 19:08:05 dans fagotistere | Commentaires (1) |

Le droit d'ingérer (Jacques FAUNY-LERENDU) | 26 avril 2009

Texte/ Jacques Fauny-Lerendu  le 11 12 2008

 







Le droit d’ingérer

 



1

Quand la salle d’attente déborde,

c’est dans la rue d’la banque qu’on banque

                                               on fait sa tente comme on se couche,

sur les trottoirs on se cartonne .

2

Beaucoup s’étonnent que ça déconne

sauf l’abbé Pierre mais pas kouchner

quand le roi se fout de la bonne,

les p’tits matins sont funéraires .


REFRAIN

 

Dormez dormeurs, n’ayez pas peur,

pendant que les grands s’imaginent

déjà le soir dans leur piscine,

dans leur Cartier, dans leur bling-bling .

je déclare le droit d’ingérer,

plutôt que celui d’ingérence .


3

Mais quand l’homme n’a plus tous ses droits,

à quoi ça sert les droits de l’homme .

Les hommes naissent égaux en droit,

mais pas le droit d’être des hommes .


4

Beaucoup s’étonnent que ça déconne,

sauf ceux qui ont le ventre creux .

Quand le prince se fout de la lionne,

les petits meurent avec les gueux .


FIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par chrisalle à 14:45:11 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Dernier cri (Christian BACHELIN) | 26 avril 2009

Dernier cri

J’écris ce poème avec de la fumée

Avec du sable avec de l’ombre

Mes mains s’enfoncent dans la neige

Sans jamais rencontrer la terre

Mais tout à coup le vent disperse la poussière

La poussière du poème

Tout à coup un cheval couronne de sa mort

Le royaume ébloui que me prête l’hiver

Tout à coup un rose éclate les ténèbres

Tout à coup un poisson ruisselle sur la table

Tout à coup un oiseau traverse la fenêtre

Et la maison s’effondre en gerbe de cristal


Il reste le cri nu de la réalité

Le cri pulvérisé de l’œuf en train d’éclore

Le cri rouge du rat encerclé par le feu

La nudité de l’os quand retombe la cendre

L’évidence du roc de la dent arrachée

Ce qui vibre immobile et se tord de fureur

La clarté sans issue où gravite la mer

La terreur du granit que le gel assassine

Les objets à pétrir comme un pain de famine

Le présent à saisir dans son flagrant délit



Christian BACHELIN

 

 

Publié par chrisalle à 14:36:53 dans fagotistere | Commentaires (0) |

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