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Fortune | 19 janvier 2009

Fortune

 

Combien de temps encore

Tumultueuse carcasse,

-Si ce n'est pas déjà trop tard-,

Pourras-tu dans ce bistrot,

Tabac - sandwiches - patron arabe,

Où tu avais tant aimé culotter ta pipe

À l'heure où les accordéons sanglotent,

Démaniller une canette

Une nubile sur tes genoux.

Avant midi, avant minuit?,

« Puisque tout doit disparaître,

Tes jours et tes nuits aussi. »

 

J'irai donc seul,

Les yeux crevés

L'âme brûlée

Comme par une fièvre secrète,

Mettant la barre à la mort toute....

 

Ah ! j'adorais m' embarquer,

Ivre comme un batelier

Un soir de déroute.

J'étais solitaire et farouche,

J'abordais des chambres parfumées

Et meublées comme trains de luxe

Où je m'arrêtais, éternel chasseur :

« -Tu m'aimes ? »

Elle, : (elle se nommait Mimi ou Lulu),

« - Attends, je t'ai mis un peu de rouge. »

Où sont passées ces heures anciennes ?

 L'OMBRE RATTRAPERA L'OMBRE.

« Car si tout doit disparaître

Le mystère de mon poème aussi. »

 

Pourtant

J'en ai roulé des épaules

Dans des caboulots crasseux

Parmi des vierges aux pubis délectables.

 

Oh! Ma vie frissonne,

La journée fut sereine

Entre champs de luzerne et ronceraies.

Cabarets - loups garous -  escales.

Cafés -  brumes - alcools,

Les heures ont filé de ports en villes,

La vie a roulé de Saintes en Catins,

Le soir se fait la belle,

Mon train de nuit va passer.

« Car tout doit disparaître

Et ma destination infinie aussi. »

 

Je ne regarderai plus,

Au tréteaux des rues,

Les jambes des filles :

Chair pimpante - opium,

Tu sais, celles

Comme des pourboires,

Qui font aimer la Vie.
« 
Car tout, tout, tout

Doit disparaître,

Les sourires des belles aussi. »

 

Une amie à la vaste affection

Tend sa main aimable vers moi

Et dans mon cœur aux mille grilles

Un moineau de joie sautille.

 

Ma mie, il me faut plonger,

La terreur assombrit mon rivage,

Va ne me plains pas.

Ma vie fut tendre,

Mes récoltes amples,

Le vin y était bon.
Il me faut nonobstant

 abaisser mes paupières.

« Dis, si tout doit disparaître,

Les plaines et champs de ma vie

Dois-je les oublier « aussi »? »

 

07 Avril 2006

Christian ALLE

 

 

Publié par chrisalle à 21:51:45 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Ma mie | 19 janvier 2009

Ma mie sois indulgente.

 

Ma mie

Sois indulgente.
J'ai mangé,

C'est vrai,

Le pain de ton repas.
J'ai oublié

Le refrain de ton chant,

J'ai perdu

La tendresse de ton sourire.

Mais tu sais,

J'ai ramené pour toi,

De derrière les murailles,

· des cales pleines d'indiens,

· Des défroques rares,

· Des lits de fumée,

· Des rêves d'ossements,

· Des palais de brocante.
Toutes ces merveilles

Éparpillées

De par le monde,

Je les ai rassemblées pour toi.

 

Ma mie,

Sois indulgente.
Je t'offre

Ces copeaux de poèmes,

Ces vignes de champs-de-foire

Ce chat qui dort,

Cet âtre qui ronfle.


Ma mie,

Sois indulgente,

Tout ça,

C'est pour toi.

 

 

26 mars 2006

 

 

Publié par chrisalle à 21:50:28 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Automne | 19 janvier 2009

Automne.

 

 

Automne

Il venait de pleuvoir

Sur les genets d'en face,
Le chiendent bichait

Tapi dans son mystère,
Les moineaux hirsutes,

-Plumes ratafari-

Piaillaient comme des filles

Amoureuses et ruisselantes.
C'était presque le soir,

Le jour épouvanté, fuyait.

Dans l'âtre étincelant

La soupe sifflait,

Les marrons crépitaient.
Cibiche entre les lèvres

Et cœur battant sous son pull,

Mon père mirait ma mère,

En tablier patchwork,

Assise à ses côtés.

(Ah!, ma mère!,

Souvent on lui trouvait

Un air de vieux manteau

Sur une patère!)

Automne,

La lumière courtisane

à la cuisse longue

Débarquait de la fenêtre,

Avec du rose partout

Et toutes jupes relevées,

Incendiant les poutres

Fatiguées.

Automne,

Les pognes maigres

Et merveilleuses

De ma mère

Déshabillaient des patates

cuites sous la cendre.

Elle, ma mère,

Paisible,

Bouche en cul

De croquemitaine,

Crispée par l'attention.

Automne,

Dans la ruelle pentue

Dévalant sévère,

Une bicyclette chute,

On entend un bourgeois

Mangeur de caillasse

Gueuler des mots obscènes.

« Eh eh! Dit mon père,

Le bonheur

Ne se pose pas

Sur toutes les épaules. Eh! »

Automne,

Dans le village,

Fuyant la vieille église,

Le chant des cloches,

Comme une récompense,

Gonfle.

« - En Gévaudan

Les soirs d'octobre

Sont les plus beaux,

- dit ma mère,

n'en finissant pas de sourire-,

Et nous

On est heureux,

Hein P'pa. »

 

 

 

 

26 mars 2006

 

 

 

Publié par chrisalle à 21:49:33 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Ce n'est pas sans danger | 19 janvier 2009

Ce n'est vraiment pas sans danger

De dire à quelqu'un

Je t'Aime.
C'est se livrer

Agneau,

Pieds et pattes liées

Aux loups.

C'est se livrer,

Agneau aux loups,

Au risque de se faire dévorer.

Dois-je oui ou non,

Vers le Coquelicot,

Faire bourdonner ces mots ?

Dans un de mes poèmes,

J'ai écrit que je me fichais

Comme de ma première échalote

De ce qu'on pouvait penser de moi.
Et que cela était

Ma Liberté,

Ma vraie Liberté.

 

Ma belle à des soupçons,

Elle a vers moi,

Cet étrange sourire

De celle-qui-sait-mais-ne-le-dis-pas ,

Je suis à ses côtés,

J'écoute Musique et je lis

Et j'écris,

Et je Te lis.
Tu es devenu mon livre de chevet,

Mon chevet.
J'ai imprimé

Tes textes les plus beaux.

-J'ai jugé, je serai jugé-
Les plus beaux

Textes

De Pauline le Coquelicot

Je les lis, les relis, les relilis.

Tu vis, je vis

Tu écris et me fait vivre.
Je n'ai pas besoin de t'imaginer,

Je te connais, va.

Tu es dans toutes les inconnues que je rencontre.

Les brunes et les moins brunes.
En elles, je te reconnais.
Je te connais

Et je t'imagine

Entrain d'écrire,

De rire ou de faire l'Amour

Tu es mon horizon

Tes lignes sont mes herbages.
Tu écris le jour, tu écris la nuit,

Que ce soit sage ou pas sage,

Je lis tout ce que tu écris.
Tu écris pour nous, pour toi,

Pour elle et les autres

Et tu écris pour moi.
Je t Aime, Ego t'Aime

Et moi, tu m'Aimes un peu dis ?

Il y a Toi, Moi et les autres,

Je t'Aime  quand tu Aimes,

Quand tu pleures, quand tu dors,

Je t'Aime quand tu danses,

Quand tu fais strip-tease devant ta glace,

Quand tu photographies tes seize ans nus.

Je t'Aime comme une sainte

Ermite qui vivrait,

Non à coté, mais au milieu du monde.

Je t'Aime comme mon Prophète,

Tu es mon Prophète ailé

Des ailes rouges froissées du Coquelicot

Rouge comme tes bouches,

Celle du haut,

Celle du bas.

Je t'Aime dans tes sanglots,

Dans tes désirs.

Je t'Aime dans le son de ma musique,

Je t'Aime dans ton indifférence de moi.

Je t'Aime dans l'échine de mon chat,

Je t'Aime dans les yeux de ma Fille.

Je t'Aime dans l'écume de mes jours,

Je t'Aime dans le sexe de ma belle,

Je t'Aime dans les couleurs de mon Art.
Je t'Aime dans le sein vide de ma Mère,

Je t'Aime dans la force de mon Fils,

Je t'Aime dans le goût de mon sang.

Dans le goût de mon sang.

De mon sang.

Sang,

Rouge

Comme......

 

Publié par chrisalle à 21:46:42 dans fagotistere | Commentaires (0) |

Pauline | 19 janvier 2009

Pauline,

Le coquelicot empourpré

Carné comme lave brûlante,

Volcanique n'es tu pas ?

Volcanique n'es tu pas

Quand ton sang sourd de ton sexe,
C'est du magma dis ?

De la roche incandescente ?

Quand de ta bouche béante

Tu craches des mots de feu

Plus ravageurs

Que les nuées pyroclastiques.

Je te pressent

Lors de tes colères

Hurlant depuis ton centre minéral

D'apocalyptiques exhortations                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

Qui effrayent les craintifs mortels

Égarés dans ton blog.

 

Publié par chrisalle à 21:45:29 dans fagotistere | Commentaires (0) |

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