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Le site qui disparaît subitement à l'approche d'un supérieur hiérarchique

Les souterrains de l'angoisse | 10 décembre 2007

RESUME DES EPISODES PRECEDENTS:

Oldi s'est rendu à la BOARF - Bibliothèque d'Ouvrages Anciens Restaurés Finement - dans le but d'y chercher un vieux livre dont l'auteur semble être le même que celui de l'ouvrage ensorcelé qui a jeté sur lui une malédiction assez gênante. Malheureusement, il a appris que ce livre fait partie des centaines d'écrits qu'un grave glissement de terrain a récemment fait choir dans les humides sous-sols de la bibliothèque...


 

Bien le bonjour! Aujourd'hui, grand jour - ou plutôt grande nuit, vu l'heure - puisque, après des jours de préparation, me voilà prêt à m'infiltrer dans la BOARF tel l'agent du FBI le réseau prétendument terroriste. Oui, je sais, l'alarme idiote de l'illégalité vient dingdinger à vos oreilles pour vous ordonner de me hurler "Infiltration nocturne? Ouuuh, Oldi, c'est pas bien ça!!!" Je sais, que voulez-vous... cette solution ne m'enchante pas mais mes tentatives légales pour entrer dans les caves sub-BOARF ont lamentablement échoué. Pour trouver l'entrée de ces souterrains, ce fut assez aisé: j'avais repéré, lors de ma première recherche dans les rayons particulièrement fournis du bâtiment, un couloir menant à une aile annexe et dont l'entrée était barrée par un petit écriteau portant la mention: "Si plus dans ce couloir vous vous aventurez / A de graves ennuis vous allez vous heurter / Pour l'instant dans ce lieu, les risques d'affaissements / Risqueraient de tuer l'abruti imprudent". Ma seconde réaction - la première étant de me dire "Non, c'est pas vrai! Même ici ils font des alexandrins..." était évidemment d'éviter ce passage, mais suite aux informations fournies par la dame de l'accueil, je sus que mon but se trouvait dans ces cavernes multiséculaires. Et le meilleur moyen d'y entrer était de braver l'interdiction de la pancarte et de m'aventurer au-delà du mystérieux passage.

Et c'est là que le bât blesse. Entrer dans ce couloir s'est en effet révélé être un véritable parcours du combattant, une épreuve que Hercule lui-même aurait abandonné en sanglotant. J'ai tout d'abord joué la carte de l'analphabétisme non-voyant, du genre "Un panneau? Non, non, je l'ai pas vu...", mais cet argument ne réussit pas à convaincre les 2 gardes qui me ceinturaient à peine 20 secondes après mon entrée dans le couloir. Il faut dire que les gérants de la BOARF avaient pris soin de placer une caméra de surveillance en face de l'entrée du corridor, craignant sans doute que des visiteurs peu scrupuleux aillent, par exemple, se cacher dans les cavernes pour dévaliser la bibliothèque la nuit, ou que sais-je encore. Neutraliser la dite caméra de surveillance s'est également révélé peu efficace, l'enveloppe en titane de l'appareil y comptant sans doute pour quelque chose. Enfin, je tentai de me faire engager comme ouvrier chargé de récupérer les livres victimes du glissement de terrain, mais mon CV bidon ne réussit guère à convaincre les employeurs. A la suite de cela, je fus jeté comme un malpropre hors du bâtiment, à grands coups d'alexandrins rageurs dans la figure de la part d'employés furibards; ma carte de la BOARF me fut confisquée et je fus interdit d'entrée dans la bâtisse pour les 15 prochaines années. Un délai beaucoup trop long, sachant que la météorite DI-NI-KET 07111988 se rapproche de plus en plus de notre chère planète, et de moi en particulier... et c'est là que j'ai décidé de jouer la carte de l'infiltration frauduleuse. Et cette nuit, c'est la bonne.

Préparation du matériel...
Cordes? Check.
Grappins? Check.
Passe-partout? Check.
Passe-partout modèle de luxe (communément appelé "pied de biche")? Check.
Manuel de survie? Check.
Cagoule de dissimulation?
Sandwichs? Check.
Livre La spéléologie pour les Nuls ? Check.
Téléphone à batterie pleine pour appeler les pompiers en cas de souci? Check.
Nounours mauve, emprunté à une petite cousine, qui chante comme un attardé quand on presse le coeur rose sur son ventre? Check.
Milk? Check.
Calembours foireux? Ouaip, vu la ligne précédente, Check.
Et enfin, nom complet de l'ouvrage à trouver, à savoir Traité de sorcellerie pour novices de 15 à 30 ans, auteur inconnu? Check.
Parfait.

(Note de l'auteur: si vous voulez vous mettre dans l'ambiance, je vous conseille, durant votre lecture des prochains paragraphes, d'aller sur Radioblogclub.com et de mettre en fond musical l'intro de Mission Impossible. Ce n'est pas indispensable, mais c'est comme siffler dans un concert, ça rajoute du sel.)

Phase n°1: escalade du mur d'enceinte cernant la BOARF, qui fait 6 mètres de haut. Après mise de la cagoule, utilisation du grappin et de la corde rattachée à celui-ci. Lancement. Manquement de la cible. Choc sur la tête du lanceur. Nouvel essai. Idem. Au 19ème essai - à la 12ème bosse, au 3ème bleu et à la 4ème contusion - décision d'escalader le portail, situé un rien plus loin, et qui lui ne fait qu'1 mètre de haut.

Phase n°2: infiltration du bâtiment. Utilisation du passe-partout, et insertion de celui-ci dans la serrure. Bruit de métal brisé, qui ne provient malheureusement pas de la dite serrure. Utilisation du passe-partout modèle de luxe. Destruction de la serrure. Entrée dans le bâtiment.

Phase n°3: escapade vers le couloir interdit. Rencontre d'un vigile armé d'une lampe-torche. Dissimulation derrière une étagère. Pression sur le coeur rose du nounours et balancement de celui-ci au loin.
" Bonjour mon p'tit ami, veux-tu jouer avec moi?
  Veux-tu quelques bonbons, ou bien du chocolat?
  Ou alors si tu veux, on peux aussi chanter!
  Vas-y chante avec moi, ça fera rigoler!
  (refrain) Tralalalala pouët, tagada gada tsoin,
              Ah la la que c'est chouette d'avoir un vrai copain!!!
" (requiem)
Le vigile, alerté, galope vers le jouet, tandis que l'infiltré reste coi, atterré devant le fait que dans ce lieu, même les nounours se mettent à faire des alexandrins. Reprenant ses esprits et profitant de l'absence du vigile, il se dirige vers le passage interdit. Il se rappelle en passant d'acheter un jouet digne de ce nom à sa cousine pour noël, en cas d'absence de décès astéroïdique.

Phase n°4: entrée dans les grottes. Le passage est franchi. Après une ou deux bifurcations, le sol disparaît soudain. Fixation solide d'une corde à un faux chandelier décoratif et descente dans les cavernes humides...

Et enfin, phase n°5, récupération de l'écrit moisi.

C'est là que ça devient un petit peu problématique...

Outre le labyrinthisme des grottes, et le fait qu'un éboulement n'est pas le meilleur moyen de classer des bouquins, je me suis heurté à une menace quelque peu dérangeante. Connaissez-vous les scriptophages? Non? Ce n'est pas grave, vous n'avez pas à en rougir, je dois vous avouer que j'étais moi-même assez enclin à partager votre ébahissement jusqu'à il y a 10 minutes. En fait, dissimulé dans une mini-grotte que j'ai soigneusement rebouchée avec des livres, je lis actuellement, à la lueur de mon portable, Le guide de l'entomologiste amateur, de George Lapetytebette, édition 1926, dédicacée par l'auteur. Les scriptophages sont des espèces d'insectes particulièrement hideux dotés, en vrac: de 6 pattes tranchantes, d'une carapace bleutée métallique, d'un appétit vorace et d'yeux perçants. Et surtout, de la même manière que les araignées mangent des petites bestioles, les moustiques femelles du sang, les mites des vêtements et les morpions... passons, les scriptophages, qui ne vivent que dans les grottes humides, sont friands de bouquins, surtout s'ils sont très anciens. Rien ne vaut pour eux le délice gustatif d'une page jaunie par le temps ou d'une couverture en cuir recouverte par la poussière des siècles. Mais, comme je l'ai dit, les scriptophages ne vivent que dans les grottes humides, et sachant que c'est rarement dans un tel lieu que l'on entrepose des livres, le nombre de ces bêtes reste assez limité - la plupart des scriptophages, semble-t'-il, ne survivent qu'en dévorant les romans de poche que des lecteurs peu passionnées jettent dans les égouts des gares au moment de l'arrivée de leur train. Or, dans les conditions particulières des caves de la BOARF, ces insectes y ont magnifiquement prospéré.

Le problème, outre que je souffre d'insectophobie sévère due à Roger Carel (oui, c'est lui qui en est responsable: depuis qu'il a doublé Jiminy Cricket dans Pinocchio, je ne peux plus voir le moindre moucheron sans l'imaginer affublé d'un costume ridicule et braillant des chansons décérébrantes qui me glacent le sang), c'est qu'il faut savoir que les scriptophages sont carnivores. Connaissez-vous l'histoire de la poule aux oeufs d'or? A la fin, le fermier éventre sa poulette croyant trouver une mine d'or dans les boyaux de la volaille. Eh bien, de la même manière, les scriptophages savent que ce sont les humains les créateurs des livres, et ils pensent que le goût de la chair humaine vaut celui de tous les ouvrages du monde...

Donc, pour résumer, je me trouve dans un réduit peu protégé, entouré par une armée de scriptophages affamés. Leur jeter en appât mon manuel de survie et La spéléologie pour les Nuls ne les a retardés que quelques secondes, et étant donné que mon barrage est fait de livres, il ne tiendra pas longtemps face aux assauts des hexapodes en furie. J'ai bien essayé d'appeler des secours sur mon portable, mais je ne suis tombé que sur la messagerie des pompiers, me disant que c'était l'heure de dormir et que je gagnerais à les rappeler après 7h30. Voilà. 

A problème désespéré, solution de désespoir, et je me suis décidé à appeler quelqu'un de passage dans les environs pour venir me chercher...

Question: je suis un acolyte ayant déjà accompagné Oldi dans ses aventures, du moins dans un château poussiéreux et légèrement hanté. Je peux me révéler utile, même si mon coup de main est généralement aussi efficace que celui de la Vénus de Milo. Je porte plusieurs surnoms, un des plus connus évoquant un jouet simpliste et quelque peu démodé, avec lequel un enfant contemporain jouerait durant une dizaine de minutes au grand maximum, avant de bazarder la chose dans un "lieu d'entreposition d'objets inutiles", comme par exemple (choisissez vous-mêmes) une étagère en hauteur / une cave humide / un grenier glacial / une décharge publique / l'Académie Française / la pièce au siège du PCC dans laquelle est rangée la traduction en chinois de la déclaration universelle des droits de l'Homme. Je suis?...

Suspense.

PS: désolé de ne pouvoir répondre à tous les mails et tous les commentaires, je suis assez pris en ce moment... le prochain article ne sera pas pour tout de suite non plus... désolé, tapez-moi autant que vous voulez...

Publié par oldi à 01:07:30 dans 12 - Le livre Hédépargne | Commentaires (27) |

1|

Moi

Bin moi c'est moi ;-)


Je ne suis ni grand, ni petit, ni très gentil, ni vachement méchant, ni mexicain, ni portugais, ni russe, ni chinois... en fait il y a beaucoup plus de choses que je ne suis pas que de choses que je suis...


Bon, pour me présenter, laissons parler le Larousse, il se débrouille mieux que moi.



OLDI (n.m., vient de Haul-Dii qui, dans la langue des indiens Glapnawouets, signifie "idiot du village", bien que la traduction poussée donne un mot moins gentil que "idiot"). Un Oldi est un être humain qui existe, heureusement, en un seul exemplaire. Il est moitié homme, moitié animal, si on tient compte de sa tête de singe, de son corps de mammouth et de son odeur de putois, sans ouvlier son QI d'huître. Un Oldi écrit des textes et fait des dessins malgré qu'il soit incapable d'avoir une quelconque notion de beauté. Le seul Oldi recensé se situe à l'Est de la France, mais son adresse exacte demeure inconnue.



PS: en tant qu'Oldi, je voudrais m'insurger contre cette scandaleuse définition: JE N'AI PAS UNE ODEUR DE PUTOIS - je me suis lavé le mois dernier. Non mais.



Enfin... je vous souhaite une bonne visite sur mon site. Laissez des commentaires plîîîîîze... tout le monde peut s'exprimer, c'est gratuit, ça demande pas beaucoup de temps libre et surtout ça fait plaisir, à l'écrivain et au lecteur... même Thomas More n'a jamais rêvé mieux.



Et pour me contacter, voyez ici: oldi.blogg@caramail.com


Et si ça vous tente, rendez-vous sur http://elunachroniques.ifrance.com, mon site sur mon "grand oeuvre" qu'est le cartoon "Les Chroniques d'Eluna", que vous devez visionner s'il vous plaït.



LE DICTON DE LA SEMAINE:




La musique adoucit les moeurs, le fil à couper le beurre.

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