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Cent nouvelles de Bob - Coatis et compagnie

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C'est pas assez ! De qui se moque-t-on ?

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Lumpen attitude

J'aime ????


 


J'aime D..., avec un grand A et j'aime ses lèvres et ses yeux et ses fesses... Son ventre Issaq, ses rondeurs Somali, sa bouche en tutti quanti... Et j'aime la combler tant et tant que cela me laisse rêveur.

Je suis là et je n'y suis plus... Entre Niaké et Goto, je  crêve un peu moins de châleur quand je galopine... Mais ça risque de changer bienasseztôt


Toujours pas installé, je continue à briquer mon Teck.
De bric, de broc et de crocs (quelques neurones à adopter). Que le grand Cric me croque !

Pas plus sympathique qu'auparavant : pour vous en convaincre, plus de tophes et plus de textes vengeurs sur http://www.flickr.com/photos/86778817@N00/

Accroc aux puddle-pool, aux grands (et petits) fauves et à la Tusker Cervoise Lancelot malt... Avec le panthéismealon (de Pierrot le fou) en ligne de mire.

Putain de cible !

Evidemment tout ici est sous contrat de protection CC même si j'arrive désormais à m'en passer et cela va le rester...


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Recherchons si on trouve, voyons vouair

C'est bö, Gudrum

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Au bout du rouleau | 30 mars 2008

 

Au bout du rouleau, ce type, un peintre sans aucun doute, avait dessiné des sortes de calligrammes. Une centaine : impression façon encrée des signatures de ses célébrités préférées... James Dean côtoyait Cheb Hasni qui flirtait avec Lucille Desmoulin et Robert Desnos. Exception notable de cette liste, Raymond Queneau, plus serein fermait la boucle de l'exercice. Cela ne manquait pas de style ce rouleau peint...

Pourtant, c'était un bête rouleau de papier Lotus, du papier rose, moelleux, bref du papier cul, devenu plutôt culte du fait de la notoriété des griffes...

A bout du rouleau, le type remballa tout le papier bien soigneusement puis le rangea dans un placard...

Ensuite, il posa une main sur sa tête, façon Penseur de Rodin, puis plus franchement il prit son visage entre ses mains. Après avoir expiré l'habituel souffle de lassitude (habituel en ce genre de situation), il mima du doigt un pistolet imaginaire qu'il posa contre sa tempe.

Il émit la seule variété d'onomatopée que l'on prononce en ce genre de situation : Kraboum ! Kabosch !

Puis s'affala contre le sol, mortellement blessé....

Blessé par la vie dont il ne comprenait plus les tenants et les aboutissants. Il songea à Pénélope et son stratagème de tricoteuse. La vérité, c'est qu'il ne savait plus dans quel sens rembobiner la pelote de sa vie, le sens à lui donner, la marge d'erreur qui bornait ses arrières.

Il avait dépensé tant et tant d'argent en pinceaux, crin de cheval, nitrate d'argent, PQ, encre de chine, plumes, aquarelles et même pyrograveur, qu'il ne lui restait plus un propre kopek en poche.

Avant, il avait été un peintre mondain, un de ces mercenaires du cocktail paluches et des ronds de jambes aux ronds-de-cuir, qui se persuade toujours que le panache à un prix. Du panache, il n'en manquait guère avec sa muse trop belle et trop chère pour lui. On lui avait bien dit qu'une Damoiselle convoitée par des loups plus puissants et plus méchants était une entreprise trop ardue et trop aléatoire pour lui.... mais il aimait les défis.

Il défia jusqu'à se montrer le plus impayable des princes charmant. La bourse se délita, son métier d'artiste eut du plomb dans l'aile... Le bât blessait, le caractère changeait, les angoisses rejaillirent... Rien n'y fit, il voulait tenir coûte que coûte, aller jusqu'au bout de son amour (eh oui, parce qu'en prime, il l'aimait)... Généralement, on appelle cela une fuite en avant.

Alors il eut l'idée subtile de mettre à profit son carnet d'adresse pour éditer un coup de génie. Il se tourna d'abord vers les révolutionnaires. Ces gens ont l'habitude d'être à la fois sensibles à la nouveauté et avides de renommée. Par un procédé ingénieux, il soutira sur une feuille de buvard baveuse, la signature de Joseph Danton quelques minutes avant que la copine guillot ne lui ratiboise le ciboulot. L'osseux Sandor Petôfi lui fit grâce d'une patte de mouche, la seconde précédant une grimace criblée à quelques mètres d'une barricade hongroise. Quant à Léon Trotsky, un piolet planté dans le bulbe, il eut la jugeote de lui demander en échange de lire « La révolution permanente ».
Il promit (sans s'en acquitter) et comme à chaque fois il reproduisit ultérieurement les signatures sur son papier toilette. Son procédé artistique recueillit d'abord une attention polie. Puis, les commandes s'accentuèrent quand son éventail de personnalités s'étoffa.

Il fut l'artisan de coups de maître : Bayard, L'Archevêque de Canterburry, Gilles de Rais, Cadoudal, Ney, Jaurès, Raspoutine, Rommel, tous signèrent quelques secondes avant leur historique trépas...

Puis il eut la faveur de la noblesse européenne... Emargement en forme de coup double un beau matin ensoleillé dans une rue de Paris. Agonisant, Henri IV délirait sur quelques fesses de la veille qui selon lui le valaient cent fois une messe tandis que l'indigné Ravaillac, lynché par la foule, signa une sorte de stigmate d'une main écartelée par une rancœur bien peu catholique... A noter pour la gloire qu'il fut nanti d'un autre doublon bien que dans le camp du tiers-état avec Marat et Charlotte Corday.

Quelques centaine d'années plus tard, sous l'implacable soleil du Natal, il pu noter que la parenté de Louis-Napoléon, le Prince Loulou pour les intimes, ne manquait pas de tripes. Le rejeton gratifia son buvard d'un contreseing qui inspirait un impérieux respect si l‘on considérait qu'une lance Zoulou lui vidait le bas-ventre.

Il est utile d'expliquer désormais que notre peintre ce faisait un devoir de requérir exclusivement les signatures des martyrs.

Si les Antiques ganaches, Néron, Socrate, Caligula, généralement suicidaires, prenait le temps de signer avant de se forcer à avaler quelques secrets poisons, les XXe et XXIe siècles furent une manne à la fois généreuse et brouillonne. Notre homme hésita à garder la signature de Staline dont il ne savait s'il était mort d'une cirrhose ou d'un empoisonnement. Monter en voiture avec Albert Camus lui eut causé plus de tracas que de renommée. Idem pour la dernière et triomphale tournée de Benazir Butho.

Mais c'est dans le milieu show-biz qu'il connu ses plus amères déconvenues. Il arracha tout de même un sourire enfantin et résignée à Shirley Temple qui se signa diaboliquement à défaut de signer. Il recueillit les dernières pensées obscures de Jim Morrison avant que ce dernier ne se noie dans un bain de whisky. Quant à John Lennon, myope comme une taupe, il ne portait pas ses légendaires lunettes le jour fatal, ce qui empêcha définitivement notre peintre de saler le buvard du Sergent Pepper, là ou Lennon avait écrit Lemon, ce qui avouons-le ne manquait pas de zeste.

Mais il parvint tout de même à obtenir une signature désenchantée, d'aucun aurait pu dire acide de Patrice Lumumba tandis qu'un commando de barbouzes franco-belges dissolvaient, dans un concert de rires gras et sulfureux, sa pensée lumineuse sous les néons blafards d'une case zaïroise. Il gagna la confiance de Mata-Hari, ce qui n'était pas une mince affaire, à l'heure où un peloton exécutait des ordres la concernant. Il apprécia l'habilité graphique de Federico Garcia Lorca avant que ses bourreaux n'assassinent la liberté d'écrire son nom. Il fut le seul à connaître la véritable mort d'Andrès Nin et diffusa ensuite sa signature à travers tous les pays frères. Gabriel Péri lui remit une lettre à ses parents et une estampille qui semblait dire « je suis trop jeune pour mourir ». Des rumeurs prétendent même que les doigts raidis d'un célèbre Commandant argentin, allongé sur une civière de fortune dans une posture christique, s'agitèrent par delà la mort pour inscrire un surnom : trois lettres chuintantes comme une déconfiture chèrement payée.

Par la suite, il avait obtenu bien plus qu'un succès d'estime, ses rouleaux de toilettes dédicacés, vendus à la découpe, s'étaient arrachés comme des petits pains. On l'exposa dans les meilleures galeries. Il eut les honneurs du Moma, du Prado, du Centre Georges Pompidou... La Fiac même lui réserva un stand de trente mètres de long où il pu à loisir exposer au printemps, ses rouleaux dans toute l'étendue de leur saveur.

Sa muse l'aima tant et tant en retour que son métier s'en ressenti. Comblé d'amour et d'honneur, il fut gagné par la facilité. La critique lui reprocha des choix de mauvais goûts : quelles étrange idée que se transformer en reporter de guerre pour quémander la patte criminelle de Moussa Al Zarkaoui ? Pourquoi cette passion morbide pour les terroristes, les ratés, les suicidaires ? Et était-il bien nécessaire de mêler la signature philosophique de Gilles Deleuze (semblable à un test de Rorsach) à la croix triviale que Joseph Gobbels lui envoya en guise d'épitaphe ?

Grandeur et décadence. Du jour au lendemain, la mode passa et il se retrouva à entasser ces rouleaux de papier dans des armoires lassées. La moisissure gagnait sur la mémoire des célébrités. L'illustre ne faisait plus recette. Son bel amour le dédaignait allant même jusqu'à juger infantile sa passion scabreuse du macabre.

Il chût. Longtemps. Dire qu'il n'avait même pas laissé son nom à la postérité. Rien au final qui ne fut de sa main propre.

A l'évocation de son destin digne du Barry Lindon de Kubrick, notre peintre s'était relevé. Une idée lui traversa l'esprit. Il n'y a, songea-t-il que deux sentiments possibles face à l'absurdité de l'existence : la gravité ou la frivolité.

La deuxième option lui semblait préférable. Il avait toujours ressenti au fond de lui-même qu'il n'était pas né pour mourir comme une vieille ganache aigrie. D'ailleurs, il ne souhaitait pas vraiment mourir. Il avait recherché la gloire et, au bout du rouleau, il l'avait rencontré à maintes reprises. Presque toujours, la gloire se terminait dans une mare de sang, avec les larmes et les cris du reste de l'humanité pour se donner bonne conscience... justifier le martyr. La gloire au fond n'était que gloriole, elle ne valait pas un pet de mouche. En conclusion, la gloire, il ne restait qu'à se torcher avec.

Cette pensée lui arracha un sourire, le premier depuis longtemps : car pour se torcher avec la gloire, pas de doutes, il lui restait du papier en quantité suffisante. Et puis, se dit-il, il y a toujours une idée de mer bleue turquoise en réserve quant on a le moral en berne... Et des femmes dans l'eau, une pirogue, un ciel de plomb....

Photo : Le Coati

Publié par Chachlik à 20:44:46 dans Soliloque. | Commentaires (4) |

Contre les Marchands d'illusion | 11 mars 2008

Fin de nuit au Casablanca ou conversation mondaine à Kilimani

Portier Luhia :
- Oh rafiki, tu te souviens de ce Mizungu qui nous racontait des histoires qui nous donnaient l'espoir ? Par ses mots et ses photos il me peignait un avenir...
Videur Luo :
- Tu parles de petit toubab ? L'homme qui n'a jamais su séparer son orgueil intime du paraître...

Portier Luhia :
- Oui lui... Mais laisses-moi te compter l'envers de sa skizophrénie, avant qu'il ne soit terriblement fou... quand il lui restait une once d'humanité : tu sais, au fond, il n'a jamais vraiment su qui il était. Il lui arrivait de nous donner des leçons, tu te souviens le Luo ? Il nous engageait à aimer nos abîmes de perplexité, notre soif d'absolu, notre paix intime et notre païs en jachère par delà notre désir de revanche. »

Videur Luo :
- Il n'a jamais pensé qu'à lui et aux marrons...

Portier Luhia
- Ce n'est pas si simple et c'était des marrons sans feu... Une fois le départ de sa famille de Tananarive, Félix, son mentor, le cuisinier, est mort en prison d'une gangrène, dénoncé par les éternels b.o.f du petit capital en expatriation... Ensuite, il est devenu terriblement secret, une tombe, une épitaphe. Et puis, il a dû faire le reste du chemin tout seul.
Maintenant, je sais qu'il était le fruit d'un alambic et d'une médicamentation hasardeuse... Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans son bonheur. Sans doute une part de culpabilité existentialiste : pourquoi les vraies épreuves m'ont été épargnées... La cuillère en or dans le fion et tout le tralala... En ce sens, par ses manques, il a défendu notre combat.

Videur Luo
- Mais il méprisait nos frères, tu te souviens comment il parlait aux flicards et aux putains ?

Portier Luhia
- Les chiens du pouvoir et ses meilleures indicatrices... Il a raison, ce sont les mêmes dans tous les pays. L'argent et le cancan leur tiennent lieu de politique. La facilité aussi... Plutôt que la voie tracée à la machette, ils aiment le chemin de terre mais sans les embuches qui le traversent.

Videur Luo :
- Qui n'a jamais eu faim leur jette la première pierre. Ta blanchette n'a jamais eu faim, il n'était pas si gros mais il était repu.

Portier Luhia :
- J'ai faim moi aussi mais, je veux cesser de croire que tous nos maux viennent seulement des méchants blancs. Nos politicards ont suffisamment affiché ce chiffon pour masquer leur propre insuffisance. Ils sont gras et veules, cela démontre à l'avance qu'ils sont repus de nos souffrances... A-t-on jamais vu un Turkana, un Nuer ou un Samburu friser les 100 kilos ?

Videur Luo :
- Peu importe, lui je ne l'aimais pas...

Portier Luhia :
- Lui non plus ne s'aimait pas, si ça peut te rassurer... Et c'est bien ce qui le sauve encore, dans ma mémoire et dans mon cœur. Je sais au fond qu'il nous aimait comme humains avant de nous étiqueter comme Africains.

Videur Luo :
- Quel besoin d'avoir des Blancs pour écrire notre histoire ? Et Lumumba, Sankara, Carvey, Cabral, Nyerere, Nkrumah, ne nous suffisent-ils pas pour nous élever dans notre dignité ?

Portier Luhia :
- Paix à leur âme mais ils sont morts... ils ont servi une cause, parfois un pays mais ils ne nous sont plus d'aucune utilité maintenant. Regarde, les églises - de renaissance en bornes à gain - elles sont ici plus florissantes que les syndicats. On doit bien admettre que nos grands leaders ont échoué... Le temps des grandes causes est devenu celui des prestidigitateurs et des marchands d'illusion. Pourtant, il y en eu des tas, des sages et des poètes qui ont chanté l'Afrique. Les frères Toure Kunda murmuraient : l'Afrique, c'est un continent sauvage et beau, une terre en marge de l'humanité. Et songe à ce que racontait ce vieux fou, un Mze de l'Ouest, le vénérable Hamadou Hampaté Ba : en Afrique, chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle... Mais, tu sais ce que je pense moi : l'Afrique c'est toi-même ! Alors commençons par nous forger un destin individuel, une citoyenneté unique avant de nous rêver les apôtres d'un nouvel africanisme. Il nous faudra du temps pour cela et pour paraphraser Ismaël Lo « quelques barbares d'Occident » pour alliés.

Videur Luo :
- Tes alliés sont ambigus. Ils prônent notre émancipation en même temps qu'ils contribuent à la richesse de leur nation, à la construction d'une histoire écrite avec leurs doigts tâchés de sang... A la mémoire de leur étendard. Ils sont consciemment ou non des conservateurs.

Portier Luhia :
- Les semences ne sont pas intrinsèquement toutes corrompues. Et je me soucie peu de la couleur de la graine, pourvu que l'arbre qui en germera m'apporte un peu d'ombre et de réconfort.

 Photo : Le Coati

 

Publié par Chachlik à 18:37:40 dans Soliloque. | Commentaires (4) |

Je parle de choses simples | 21 décembre 2007

 

Alors, au final, je parle de choses simples.

De choses qui ne vont sûrement pas révolutionner la face du monde mais le monde a-t-il seulement une face, une interface une face et attrape ?

Rien n'est moins sûr.

Je cause simplement de mes amours, mes amis, mes anicroches...
Une touche impressionniste d'égotisme géographique (culture, nature, rayures), un zeste de travail, mes passions techniques et l'absurde (oulipien, ubuesque, perché) pour parfaire le tout.

Ici je ne dis donc que très rarement ma détestation des religions, mon incroyance crasse, ma certitude - tout le contraire de la croyance - de la disparition irrémédiable des civilisations humaines (tranquilles les mouflets, un autre jour, pas maintenant)...

Je n'effleure pas même la grande question sous jacente : la matière plutôt que le néant. L'inintelligibilité même du concept « quelque chose s'est formé là où il y avait du vide » et qu'il faut une origine à toute chose alors que... à l'origine de l'origine, il n'y avait rien...

Parce que pour y répondre, je devrais mêler à ce texte des concepts liés à la physique quantique, à l'espace-temps, à l'infini... Oui mais précisément, l'infini est inimaginable et moi, j'ai besoin d'imagination pour écrire...

Bref, je ne parviens pas vraiment à rabibocher mon beefsteak et la poêle quand j'affirme que l'on doit admettre comme constitutif de l'environnement extra-solaire des hypothèses qui ne seront jamais confirmées.

Finalement certains concluront « tu vois, on en revient toujours à Dieu ! » alors que non : il faudrait précisément en revenir à soi, à nos sens plutôt qu'à nos croyances, à la perception que l'on ce fait du monde en tant qu'espace finit et non au fantasme de notre imagination religieuse... La perception donc (d'ailleurs subjective), non pas contre l'intelligence mais en surplus.

Je parle donc de l'acuité des sens (aiguisés) comme appréhension du monde. Il faut que l'on délivre le shaman, le sorcier, le rebouteux de leur dimension mystique, pour ne garder que leur savoir immémorial (en médecine, philosophie, gouvernance, etc.). Savoir objectif donc qui s'opposerait à nos doutes humains.

Devant l'intelligible, à l'évidence, je ne sais qu'une seule chose : je ne sais rien.
Constat utile. Je peux désormais me recentrer, faire courir mon imagination du détroit de l'Orénoque aux rives du lac Turkana, du désert de Gobie aux montagnes du Sanaag, de Paris à Hargeisa... Entre les murs sales des villes ou à l'ombre des épines d'acacias... A la terrasse d'un café de Bergame ou seul, à barboter les pieds dans la mer verte de Shimoni.


Je parle de choses simples, on ne va pas s'en plaindre...

Photo (Monagnes du Sanaag entre le Somaliland et le Puntland) : Le Coati

Publié par Chachlik à 17:13:07 dans Soliloque. | Commentaires (4) |

On dit que l'Hydre... | 07 septembre 2007

 

Oui, on dit que l'Hydre avec ses caboches hideuses avait la faculté de se régénérer à moins que l'on ne tranche ses trois têtes d'un coup... L'hydre c'est aussi un animacule du genre microscopique. Un sorte d'anémone des étangs glauques.

La nature est bien étrange.

Ma chienne a bien pondu l'autre matin quinze têtineurs braillant toute leur hargne de n'avoir pas échappé à la conception. Maintenant, ils existent et il faut lutter pour ce putain de droit canin : slurp slurp waf waf... Pourtant, quatre ont déjà été lésés de ce droit et je les retrouve le soir, raides comme la saillie de Brel. Blanc comme une pâquerette de Cergy...

La nature, c'est aussi ces mouches à profusion sur une carcasse de gnou. Elles pondent leurs œufs pendant qu'un vautour nain se régale des chairs en voie de putréfaction. Le vautour avale sans compter, y compris les œufs à peine éclos. Il aime.

On se complait, Matatu grégaires, du spectacle d'une bande de jeunes guépards baffrant comme des gorets une antilope malchanceuse... Sans se douter semble-t-il que notre admirable félin est un animal fragile. Notre conception de la prédation est biaisée par notre rapport au pouvoir, à l'argent, aux connards qui veulent exister coûte que coûte... Nous même sommes des prédateurs honteux. On s'évertue à glorifier une sauvagerie animale sans jamais faire le lien avec nos propres pulsions de mort...

Moi, je tiens mon rang et si j'existe, c'est en silence.

La nature est profondément inégalitaire. Mais il faut bien avouer qu'on a su en nos froides contrées porter l'inégalité au rang du noble art.

Les quelques amis rencontrés ici s'en vont. En général l'explication tient en peu de mots : ils ont ailleurs un couple à sauver... du spleen, de la géographie, de la débandade, de l'expatriation.

Mais, ce faisant, ils s'humanisent même si dans le même temps, ils inégalisent le son de ma voix, rendent mes lacrymales sensibles, me poussent à faire des choses stupides et violentes : la nostalgie, un picon-bière, un coup de boulle, un laguiole... Et puis les accélarations de ma bétaillère sur Jomo Kenyatta Avenue.

Je n'ai jamais vraiment tenté de sauver mon amour. En termes d'humanité, je suis resté un barbare. Un barbare aimable certes, mais barbare quand même, avec toutes les bornes que j'ai posé au quatre coin de mon crâne. Tenez, un seul exemple : un barbare ne sait pas se taire. La diplomatie lui est étrangère. Il n'a pas d'inhibition. Simplement mais pas toujours avec simplicité, il dit tout. Il raconte. Il s'exhibe. Il n'a pas vraiment conscience de la portée de ses paroles. Mais tout dire, tout raconter, n'avoir aucun tabou, ce n'est pas forcément un gage d'humanité. En tout cas, l'humanité n'y est pas prête.

Bref, à défaut de posséder trois têtes : une pour agir, une pour réfléchir, une pour aimer, j'aurais bien aimé disposer d'un cœur de rechange afin de remplacer le cailloux qui me tient lieu de pompe....

Autrement, Silvia est jalouse et j'ai parfois envie de renouer avec Mouche, Crochet et Peter Pan... Histoire enfin de rencontrer Wendy.

 

Photo : (mouches, carcasses et charognard... Masaï Mara le Week-end dernier) : Le Coati

Publié par Chachlik à 19:07:25 dans Soliloque. | Commentaires (7) |

Ecrire c'est mûrir un peu | 10 août 2007


Oh oui, c'est pathétique... Pathétique que j'en sois encore quelques semaines après la dernière image furtive de tes seins à croire au Père-nono avec toi.
Tu vois Angèle, c'est pratique d'écrire en pensant à toi... C'est pratique parce que ça mange pas de pain.
Or on sait fort bien, nous, dans nos cambrousses, que celui qui baffre le pain est une bouche difficile. Un traîne-savate, un horsain, un margouillat, un crève-la-faim... le cœur en moins, la trappe en embuscade... Cœur à prendre...ça mange pas et oui, c'est pratique parce qu'on évite ainsi la struggle for life !

Et donc, on sait tout ça... Mais, chez toi à Pantelleria, il y a des femmes qui nous font oublier ce qu'on sait... ça gomme sur le revers du buvard, ça bave des filaments noirs élastiques, ça efface les meilleures résolutions ; celles qui nous tenaient en éveil tandis qu'on jouait les écoliers transis : « quand je serais grand j'aimerais d'amour une fille, une grande, une d'exception, juré ! »
Mais les femmes passent et les exceptions se font plus rares.

J'ai eu mes premières petites amies au crépuscule des années 80... J'avais vingt ans à un moment au début des années 90 : sexe, drogue, première bévues... Ensuite, à l'aube du XXIe siècle, j'ai du prendre la pleine mesure de mon sex-appeal avec en corollaire l'épanouissement sexuel y afférant.

Mais, côté amour, par manque de lucidité j'ai choisit des femmes faciles.
Je ne parle pas de celles qui se donnaient facilement, j'évoque celles qui m'ont aimé facilement.
Mais, c'est pas facile l'amour !
C'est même le truc le plus incohérent qui soit.
C'est stupide, accessible au tout venant qu'on semble croire.
Et non.
C'est tordu, tortueux, emmêlé, ingrat, désolant, malaisé, impromptu, oedipien et tout le tintouin...

Et donc Angèle, à l'aune de tout cet embrouillaminis, j'écris toujours en pensant à toi. Ceci dit, je pense aussi à Silvia mais sans écrire, peut-être parce que je la connais de façon un peu plus charnelle, sans doute parce que je n'ai rien à dire sur notre histoire qui ait besoin d'être su par la terre entière. Alors que toi, ma muse roxanienne, tu fais couler beaucoup d'encre.

Bref. Ecrire ou ne pas écrire en ayant quelqu'un à l'esprit c'est peut être aussi la question.

 

Photo : le frère du Coati

Publié par Chachlik à 22:13:08 dans Soliloque. | Commentaires (6) |

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