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J'aime ????
J'aime D..., avec un grand A et j'aime ses lèvres et ses yeux et ses fesses... Son ventre Issaq, ses rondeurs Somali, sa bouche en tutti quanti... Et j'aime la combler tant et tant que cela me laisse rêveur.
Je suis là et je n'y suis plus... Entre Niaké et Goto, je crêve un peu moins de châleur quand je galopine... Mais ça risque de changer bienasseztôt
Toujours pas installé, je continue à briquer mon Teck.
De bric, de broc et de crocs (quelques neurones à adopter). Que le grand Cric me croque !
Pas plus sympathique qu'auparavant : pour vous en convaincre, plus de tophes et plus de textes vengeurs sur http://www.flickr.com/photos/86778817@N00/
Accroc aux puddle-pool, aux grands (et petits) fauves et à la Tusker Cervoise Lancelot malt... Avec le panthéismealon (de Pierrot le fou) en ligne de mire.
Putain de cible !
Evidemment tout ici est sous contrat de protection CC même si j'arrive désormais à m'en passer et cela va le rester...
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
Hier soir à Nairobi.
Bien sûr, avant de se coucher, les hygiènes obligatoires, celles qui rendent parait-il le quotidien en couple acceptable : j'ai toujours détesté me brosser les dents.
Et puis padoque... ça roucoule, ça susurre, ça s'entre-lasse les pieds... Manière de terminer une journée de merde dans une ambiance ouatée...
Le néon de l'entrée, les chaises qui se font la conversation, les dernières recommandations avant une bonne bordée : « t'es sûr que t'as bien refermé la porte à clefs ? ». « Mais oui t'inquiètes bébé, du double tour ! »
Et vogue les draps sur nos corps... Lampe éteinte, un petit bizou et bientôt, roulez paupières... en avant pour l'entretien Morphée...
Zzzzz
Rrrrrr
Pischtttt
Bzzz....
Quoi bzzz ?
Ah non pas Bzzz.... Bzzz c'est un putain de détails qui cloche.
Bzzz !!!!
Moustiques. Un bon millier. Anopheles Gambiae. Pas vecteur du Plasmodium falciparum à cette altitude mais bien capables de vous pourrir la nuit.
«T'as encore oublié de fermer les fenêtres, baby ! Tu ne veux pas vaporiser dans la chambre avec le produit qui est dans la cuisine » qu'elle chuchote (en Engliche), la félonne. Et puis, elle retourne à des rêves où je ne suis pas forcément le bienvenu.
Le périple recherche de la version locale du Baygon commence... J'ai déjà retourné l'ensemble du placard sous l'évier sans succès apparent. Je me prépare à une expédition du côté des toilettes. La toquante affiche fièrement les deux plombes. La lassitude gagne sur l'épuisement. Pas moyen de mettre les mains sur la fichu bombe aérosol.
En désespoir de cause, j'ouvre la porte palière. Une dernière tentative dans le garage, histoire de se donner bonne conscience. La nuit est fraiche, étoilée, africaine. A quelques encablures des néons extérieurs, les chauves souris criaillent de contentement. Un bon gueuleton de scarabées, diptères, termites...
L'envie de pisser, le cerveau embrumé par le sommeil, une idée de binouze mousseuse traversant curieusement l'épicentre, je n'ai pas prêté vraiment attention au premier claquement. Pourtant, ça n'avait rien du bruit d'un pétard.
Mais quand le concert s'est emballé, mon cœur, chamade, a commencé s'en faire... Et les clébards des alentours, au diapason, hurlaient à la mort... Le neurone réflexe a transmis l'information au cerveau... « Fusillade. Ma doué beni got, très proche et ça défouraille à tout va ». Putain de bordel de merde. La trouille qui grimpe aussi vite qu'un altimètre à La Paz. Je me jette au sol et en position Sioux, j'opte pour une retraite peu glorieuse dans mes pénates.
La porte refermée à double tour, le palpitant paniqué, le cerveau inutile, en manque d'intelligence. Je pense à ma dievouchka qui dort insouciante et aux « muggers » qui sévissent pas très loin... Les hypothèses se bousculent dans ma grelotine pendant que ça canarde toujours à tout va. Saleté de foirade, c'est quoi ? Un cambriolage qui tourne mal ? Un règlement de compte ? Non, des flics et des voyous c'est plus plausible... En tout cas, ça boucane sévère et puis c'est long, c'est angoissant.
Dix minutes que le tumulte a commencé. Les coups de feu ne diminuent pas au contraire... Et puis, ça cesse aussi brutalement que ça a débuté. Je jette un œil dans la chambre. Ma belle môme pionce toujours... Je la regarde... transi d'amour, hésitant sur la conduite à tenir... Bien sûr, les histoires de types poursuivis par les flics qui enfoncent la porte d'un campound, je les ai lues dans les journaux. La panique et la rage pour seule compagne, ils ne sont plus à un carnage près...
Rien à faire d'autre que d'attendre. Rare sentiment d'impuissance.
Trois-quart d'heure ont passé. Hors le concert des chauve souris, la nuit est à nouveau silencieuse. Je me décide à jeter un œil timide dans la cour. Le propriétaire de notre appartement (sa maison est mitoyenne de la nôtre) est dehors. Son turban Sikh enroulé sur le crâne, il grille nerveusement une cigarette. En m'entendant, il sursaute puis comme pour se rassurer il lance : « everithings is okay, police is there. They shoot the thugs ».
On est resté quelques minutes à se regarder, sans mot dire, et puis on s'est décidé à sortir dans la rue :
A vingt mètres du portail... Girophares, fumée âcre, voix... Sur le bord de la route, une Peugeot 604 criblée de balle ... Une dizaine de mecs en treillis s'activent à droite à gauche, parlent bruyamment, rigolent, nous disent de rentrer chez nous « everithing is okay, things are under control, please go home »...
On s'exécute. Avant de repartir, on a le temps de voir les cadavres de deux mecs. Ils gisent dans l'herbe près de la bagnole. Vingt piges maximum au compteur. L'un d'entre eux a du sang noir qui lui échappe de sa caboche éclatée. La misère, la révolte, la déshérence, tout cela ne fait pas bon ménage dans un pays pauvre... Un pays qui a peur de sa jeunesse comme partout ailleurs en Afrique.
Vidé, je n'ai qu'une envie... Pioncer et me réveiller au matin avec ma Fulu lovée dans mes bras. Avant de le quitter, je demande au proprio s'il ne dispose pas d'une bombe de killer Doom qui trainerait quelque part.
"Wait a minute, I'll bring that to you"...
Le buzz des pénibles anophèles s'est interrompu brutalement après quelques giclées de Doom killer... Je me suis recouché... Dans le lit, mon ange s'est agitée a ouvert un œil, étiré ses bras. D'une voix entrecoupée de bâillements, elle a dit : baby, you are okay... Did you kill all the mosquitos ?
Je l'ai regardé quelques secondes avec toute la tendresse du monde avant de murmurer :
« Oui mon bel amour, rendors-toi, j'ai tué tous les vilains moustiques »...
Ensuite ?
Et bien ensuite, j'ai essayé de dormir...
Photo : Le Coati
Publié par Chachlik à 11:26:56 dans Kenya là là | Commentaires (9) | Permaliens
Dans une période contemplative en ce moment...
Mes photos mes conviennent. Bien sûr, ça pourrait avoir un peu plus de clinquant.
Mais je les aime bien ces femmes accrochées à leur cocotiers telles les marins d'un radeau médusé.
Bref, rien à raconter qui ne mérite d'être partagé. Traduction, ça nage sec dans le bonheur stupide.
Sinon vaille que vaille, on prépare à Djibouti une énième conférence pour la paix en Somalie qui ne débouchera sur rien... A suivre.
Photo (femmes mijikenda - Rabaï forest) : Le Coati
Publié par Chachlik à 09:56:27 dans Kenya là là | Commentaires (7) | Permaliens
C'était quand déjà que ce type avec sa trogne spéciale, le peu avenant, souhaitait d'un regard canibaliser mon petit autofocus ?
Trente clichés, c'est pas la mère à boire quand même pour immortaliser une trombine ?
Je comprends bien sa complainte de descendant d'esclaves (la faute aux harbis ce coup-ci) à mon loustic mais était-ce une raison pour se la péter du genre taiseux pas commode ?
Je le voyais bien mon sexagénaire musculeux lasser son compagnon jusqu'à l'endormir à force d'imprécations à mon endroit. Mais, ça, ça ne lui passait pas par la tête qu'il gonflait...
J'ai finit par lui faire la remarque, gentillement, en English (ndlr : je suis complètement à l'aise dans cet idiome d'Outre-Manche désormais), parfaitement sûr qu'il n'entravait rien à la langue de Shakespeare.
Ce qu'on se trompe quand même parfois.
C'était donc une petite semaine auparavant, dans les Kayas de Rabaï, une sorte de forêt sacrée, un peu lassante du fait de la châleur ambiante... Toute honte bue, j'ai brillammment réussi mon entrée dans le petit monde des courreurs de sprint en forêt humide... A perdre ses eaux, on mouille sa chemise, voilà la morale de ma bluette.
La chemise a finit en gant de toilette et j'ai écopé d'une amende de 100 Ksh pour injure au secrétaire perpétuel du conseil des anciens de Rabaï...
Photo (chefs coutumiers Mijikendas, Kayas de Rabaï, eastern Kenya) : Le Coati
Publié par Chachlik à 01:00:30 dans Kenya là là | Commentaires (5) | Permaliens
A l'aube, les jacarandas... sans fleur, des ombres noires... La ville la plus inquiétante du monde : moche, moderne, sombre. Mes yeux qui donnent des signes de faiblesses.
La pluie qui émarge sans signature.
Les chiens hululent des trucs sans importance... Les chouettes huantes aboient la mort. Et pour paraphraser Colette, les chats se noient dans les détails.
Et moi, je roule... pour ma pomme.
Et moi, je roule avec No one is Innocent dans les écoutilles... Kemar mon pote, tu te souviens de moi ? M'en fout au fond.
Moi, je roule et les turbines avalent le moteur.
Il y a bien un ou deux évènements qui devraient me faire changer d'avis, diminuer la vitesse de la machine...
Mais v'là je roule... pour ma pomme.
Je roule sans me retourner sur le passé... Je roule en ayant à l'idée que je peux m'crasher... Je roule à fond la mort sur les graviers...
Je roule Dionysos a remplacé No One... T'aurais du te méfier du chat... Ta gueule le chat, ta gueule... Ta gueule le chat... vient pas la ramener !
Je roule, je ne sais pas où ça va me mener... J'en ai roulé des gentils machemalos. J'en ai roulé des roublards de premières, des salariés de la peur et d'ailleurs, j'en ai roulé des à qui on ne la faisait pas, putains rouillées, hors sol, l'asphalte oublié par des vestiges de night-club antiques... Les colonnes pour le décorum, Bacchus masqué en guise de loufiat.
J'en ai roulé mais tu sais le problème, je roule... Je roule pour ma pomme.
On s'étonnera. Oui du genre médusé, sidéré, abasourdi... On en sera fort troublé que j'ai stoppé la machine.
Stupide quand on y pense de s'arrêter pour une simple auto-stoppeuse...
Oui mais elle était jolie, gentille, grande, très grande... tout ça... et Somali... J'ai jaugé le pour, le contre et puis je me suis dit que l'humain valait mieux que la machine.
Question conversation, j'entends.
Et puisque je roule pour ma pomme... Pas de regret, pas de remord... Le bonheur. On en reparlera du bonheur...
Pas dans les Slums le bonheur. Les villes bidons bien sûr où l'Etat policier du Président Kibaki et la secte des Munguikis assassinent sans vergogne. Machette, casse-têtes et membres éparpillés.
Mais le bonheur quand même : mon égoïsme, ah ouais, j'en ai à revendre... sur la Waïaki way.
Alors je roule, je roule pour notre pomme.
Photo : Le Coati
Publié par Chachlik à 18:44:22 dans Kenya là là | Commentaires (4) | Permaliens
Il pleut donc sur la ville. Il ne fait pas froid mais les gouttes mouillent. La rue est un cimetière de flaques inondées... noyées dans les affres d'un pays perdu.
Le lot commun d'une Afrique qu'il est toujours impossible d'aimer.
J'aime.
Il pleut donc sur la ville et c'est tant mieux, ça rafraichit un peu l'asphalte gorgé de chaleur... le sang moite des jeunes types butés au quotidien de balles anonymes ou renommées...
Le sang du passé et du présent qui nous donne une voie à suivre... On ne sait toujours pas laquelle, on suit, spectateurs, acteurs, clown, inconscients du drame en cours... Et puis, on essuie les goutes qui nous tombes sur le paletot.
On se dit, elles sont bien anodines, les goutes, bien propres malgré la pollution ambiante... Les goutes, la pluie, le froid, tout ça j'oublierai, il ne m'en restera qu'un arrière goût...
Mais le jeune mec qui se fait buter à la télé par un flic indigne, je ne l'oublierais pas... Il est là dans la mémoire, il ne s'efface pas comme on enlève une tache.
Il est mort. Un caillou contre un flic, une rafale et puis s'en va... loin des caméras l'agonie. N'empêche, il reste un témoignage. Une vidéo, une image, un témoignage. Arf. On fait quoi ? On traduit en justice ? On hurle ? On pleure ? N'empêche que la rafale n'est pas visible à l'écran. Juste le son du pistolet mitrailleur. Juste le chrome de l'arme, juste la haine abrutie du missionnaire.
Les pognes sur la machine. Gun fire !
Tak tak
On ne m'ôtera pas de l'idée que c'est d'abord un truc de mec, les flingues.
Quant aux femmes... Elles me sauvent
Mais, elles n'existent pas individuellement.
Elles sont plurielles.
Je les aime au pluriel
Sans les nommer, elles se reconnaîtraient.
Pardon à celles qui ne sont pas dans la liste, elles se consoleront en songeant qu'elles avaient peu de chance. 4 sur 500 ou 600, ça en laisse 496 ou 596 sur le carreau. Avec une proportion démentielle (Deman-tielle ?) de Somali, une Russe, une Française.
4 femmes aimées
4 femmes perdues
J'aime toujours mal.
J'ai dit le contraire il y a un an, mais en fait, j'aime trop pour pouvoir aimer bien.
Je blesse sans m'en rendre compte, c'est ça le pire.
Je suis inconscient du mal que je fais.
Je suis un vrai con et je le reste.
J'ai renoncé ce soir à aimer.
Non pas par manque de prétendantes mais par fatigue. Je ne me changerais pas. J'aurais plus ou moins bien aimé. Mais j'aurais aimé et même deux jours ou trois nuits cela aura parfois ressemblé à un partage.
Tout est flou comme un de mes reflets raté... Un reflet bien perrave, une conscience en chute libre.
Je pourrais mourir en paix maintenant... dans l'attente de la rafale. Fichu romantisme, tiens.
Mais je vais bien c'est là le pire... Je vais bien, parce que tel un matou, je retombe toujours sur mes pattes.
Matou, maton, maté ? Non, faut pas croire, j'ai des armes terribles dans les neurones, des armes de mecs, des trucs qui font mal... sans m'en rendre compte, c'est là le pire.
Photo : le CoatiPublié par Chachlik à 18:26:30 dans Kenya là là | Commentaires (4) | Permaliens
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