On n'hésite pas non plus à battre le pavé avec des éditos politiko et des sketchs pas toujours drolo mais qui dénoncent grave...
Enfin, on termine en proposant quelques directions à suivre avec un groZagenda militant et festif...
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
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Publié par livo à 11:59:28 dans Carnet d roots | Commentaires (0) | Permaliens
Je poursuis ces carnets du Maroc
entamés hier avec aujourd'hui la mort de Saddam en direct depuis un café popu
de Fès, la fête du mouton mais avant on revient sur la ville de Rabat, capitale
du Maroc, déjà évoquée à travers la manifestation contre la hausse des prix.
RABAT JOIE ET RABBAT LES FRONTIERES !!!!
Un matin, je lis la presse en
terrasse avec un café. Une femme s'approche de moi avec un bébé dans les bras,
l'autre dans le ventre, une mendiante ? Nan Céline ! Une ancienne
collègue de Oui FM qui elle aussi après les désillusions d'une radio dite
« insolente » avait eu envie de partir loin. Mayotte, pendant 3 ans
et là voilà au Maroc depuis septembre avec son mari qui travaille dans le bâtiment
dans une filiale de Bouygues qui aménage le palais royal et s'occupe du nouveau
tramway de Rabat... Ca fait toujours plaisir de croiser quelqu'un de connu quand
on est seul en voyage. A chaque fois que je pars, j'approche ce milieu qui
existe dans beaucoup de pays : Les expats' ! Etudiants, ici
travailleur, ils forment souvent une petite communauté à part qui recrée une
atmosphère française en terre étrangère (et/ou occupée...). Même si je suis
critique à l'égard de ces français de l'étranger, ça fait toujours plaisir de
se retrouver dans un lieu familier.
Céline et Franck m'invitent à
manger le 25 décembre au soir (merci à eux pour cette tite soirée
tranquille !), je découvre un quartier résidentiel à la sortie de la ville
avec des villas alignées, style série américaine. Le contraste est marquant
avec la médina de Rabat, sa pauvreté, son commerce informel ! Mais quelle
médina celle là, les guides touristiques conseillent d'éviter Rabat qui est
avant tout la capitale institutionnelle (instaurée par Lieutey dans les années
20, la capitale historique du pays est Fès) mais quel dommage de passer à coté
de la rue Soukiya au cœur de la médina ! Comme toujours, l'animation est
là, les sens sont sans cesse chahutés mais à Rabat, mention spéciale pour le
son du souk, ça gueule ça braille, ça joue de la musique, ça diffuse la radio,
ajoutez à cela, le muezzin, mon mini disc était au bord de la jouissance...
Sur une route qui borde la
vieille ville, un type me fait « wesh pélot ! ». Un
lyonnais ! On commence à discuter et de fil en aiguille il me raconte son
histoire. Partit en France plus ou moins clandestinement, il s'est marié à Lyon
et a une fille. Il a passé 5 ans dans la région lyonnaise, il a enchaîné
vendange, cueillette des fruits et puis il s'est séparé de sa femme, il a donc
été de foyer en foyer et puis il a été expulsé « après les
évènements » (les émeutes de novembre 2005) sans que j'arrive à cerner
précisément le lien de cause à effet. Il y a 8 mois donc c'est en charter qu'il
a atterrit à Casablanca sans une tune me dit il. Il a rejoint sa famille à
rabat et il loue une petite chambre dans la médina pour quelques dirhams par mois. Il me dit que
la réadaptation est dure, qu'il se sent étranger ici mais que insha allah il va
arriver à faire quelque chose dans ce pays mais si c'est dure de
« repartir à zéro... »
L'AÏD DE SADDAM !!!!
France 24,
la nouvelle chaîne française internationale d'information annonce « c'est
la fête de l'aïd » ! Traduction la fête de la fête ! Aiwa !
L'opinion, quotidien marocain en langue française nous explique que la fête du
mouton dans le monde musulman coïncide cette année avec le nouvel an dans le
monde chrétien et que c'est une bonne chose, tout le monde se rassemble en même
temps. Je ne savais pas que le nouvel an était une fête chrétienne ou alors
c'est l'aïd el kébir qui plus une tradition qu'une fête religieuse....
En tous cas
depuis que je suis arrivé au Maroc, on s'arrache les derniers moutons sur les
marchés prévus à cet effet. Hafid me dit « le salaire au Maroc, pour ceux
qui en ont un, est de 2000 dirhams (200 ), un mouton coûte 2500 dirhams »...
Badri, rencontré à Tanger, accélère les exécutions dans sa « terrasse
ferme », un lapin, deux poules, pour les vendre et pouvoir acheter un
mouton qu'il va tuer aussi. Comme on l'a vu Hafid, lui est plus marxiste
qu'islamiste donc il en a pas acheté mais il va quand même rejoindre sa mère et
ses frères et sœurs à Fes et il me convit pour quelques jours dans sa famille.
On prend donc un train vendredi 29 décembre de Ksar el kébir pout Fès. Vue que
c'est la fête tous les transports sont saturés, dans le train on est serré
comme des sardines, Hafid tente une comparaison historique que je ne répèterai
pas de peur d'avoir un procès de Finkelkraut et un soutien de Dieudonné.
Mais c'est
un porc qui meurt 24 heures avant les moutons. Le 30 au matin, Hafid retrouve
les amis avec lesquels il a grandit dans le café du quartier Ain kadous de Fes.
Café typique : que des hommes qui enchaînent toute la journée
café-clope-thé en faisant des mots croisés avec en fond sonore une télé
branchée sur aljazeera. La présentatrice annonce l'exécution de Saddam avec les
images que vous avez sans doute vue aussi. Tout le monde va de son commentaire
« c'est une insulte aux arabes », « les américains sont des
fascistes », « c'est normal il a tué trop de gens »,
« c'est normal, un chef doit tuer des gens pour se faire respecter, sinon
c'est le désordre »... Un mec bourré rentre dans le bar, crache sur la télé
et crie « c'est un avertissement pour tous les rois du monde arabe ».
Bref la grande majorité condamne cet acte même s'ils ne soutiennent pas saddam.
Rien de très étonnant, on me demande ce « qu'en pense
que pour moi Saddam n'est pas le problème et que pendant qu'on nous bassine
avec ça, on continue d'occuper l'Irak
manifestation de joie d'une bonne vingtaine de chiites à Bagdag. On était 200
fois plus nombreux, la chaîne du Qatar n'était pas là...
Après 4
heures à commenter l'évènement, à voir passer et repasser les mêmes images, on
rentre à la maison, où la mère et la femme d'Hafid ont sagement préparé le
repas... On s'assoit, les plats viennent à nous, le frère d'Hafid allume la télé,
les femmes découvrent la nouvelle. La mère d'Hafid pleure devant les images ou Saddam
a la corde au coup. Ses fils l'engueulent en lui disant qu'il en a tué des milliers
comme ça. Elle répond que « ce n'est pas parce qu'il est arabe, ce n'est
pas parce qu'il est musulman, mais parce que c'est un homme, on ne doit pas
faire ça à une personne ».
Le
lendemain, c'est au tour des moutons d'y passer et cette fois dans la joie. La
mère d'Hafid a acheté un beau mouton, avec qui j'ai un peu discuté les 2 jours
avant la fête. Il était plutôt sympas et drôle mais complètement muet, la
baignoire de la maison lui a servit de couloir de la mort. Le 31 au matin,
c'est sur la terrasse que ça se passe.
Il faut
rappeler, que l'aïd el kébir (la grande fête) intervient 40 jours après la
petite fête (la fin du ramadan), que les familles musulmanes
« sacrifient » un mouton comme l'a fait Ibrahim (Abraham). La légende
raconte, qu'Ibrahim a eu un rêve divin où Dieu lui disait de tuer son fils. Le
lendemain alors qu'il allait passer à exécution, Dieu lui a offert un mouton
pour qu'il ne tue pas son fils mais un mouton. Morale, il faut obéir à Dieu
même si c'est absurde. Moral alternative, heureusement qu'un mouton est passé
par là au bon moment sinon c'était la fin de l'humanité (merci Témmy de ksar).
(Attention
paragraphe pouvant heurter végétarien et antispécistes...)
On monte donc la bête sur la
terrasse, vue que je l'ai informé du sort qu'il lui était réservé, il a su se
résigné et n'a opposé aucune résistance. Toute la famille est réunit, même la
petite Aïa, la fille de Hafid qui a deux ans va observer le spectacle d'un œil
amusé... On couche le mouton sur le dos, on lui tient les pattes, et Jaoued, qui
va de terrasse en terrasse pour faire le bourreau dans les familles ou le père
n'est plus là, sort son couteau et tranche la gorge du mouton qui pendant cinq
minutes va bouger et se vider. On lui coupe ensuite la tête, on fait une petite
entaille dans la jambe, dans laquelle on souffle pour gonfler l'animal (pour
décoller la peau et l'enlever plus facilement). On enlève la peau, on ouvre la
bête, on sort le gras qu'on lave et qu'on met à sécher comme une serpière. On
enlève les abats en premier qu'on lave aussi et on laisse le corps du mouton
reposé un jour pour qu'il se détente.
Le premier
repas se fait donc de brochettes de cœur et de foie, bien grillé c'est pas
mauvais. On les fait cuire sur un petit foyer de charbon qui enfume tous les
jours depuis aux heures des repas, les ruelles des quartiers. On mange aussi
l'estomac (j'ai moins aimé) et puis le lendemain on découpe la viande et on
attaque les cotes. Bref pendant 2 jours c'est mouton à tous les repas. Même si
j'aime bien cette viande, j'avoue que je suis arrivé près de l'over dose !
Amis végétalien, vous pouvez rouvrir les yeux.
Voilà, je
n'ai pas vu de prière, rien de religieux mais une vraie fête familiale ou
pendant 3 jours, on se rend visite, on revoit les amis, 3 jours où on ne
travaille pas, c'est férié, c'est la fête et ça me parait bien plus
traditionnel que religieux finalement, un peu comme le nouvel an ?
Vous aurez droit à un
dernier carnet d'roots de ce petit séjour marocain à mon retour en France,
d'ici une semaine... Biz à vous, donnez moi de vos nouvelles et comme on dit Aïd
Mabrouk !
Publié par livo à 20:44:19 dans Carnet d roots | Commentaires (1) | Permaliens
Quand Karine et Thierry,des potes auvergnats rencontrés il y a quelques années au caire m'ont dit
qu'ils descendaient au Maroc et qu'il restait une place dans leur voiture
j'ai pas mal hésité et puis voilà je suis partit un peu précipitamment...
Donc comme d'hab lors de mes virées, je vous envoie quelques nouvelles,
descriptions, et analyses plus ou moins surfaites, histoire de palier mon
manque d'expression radiophonique. Il y'aura 2 autres mails comme celui là
donc dites le moi si vous n'en voulez pas !!!
J'ai donc rejoins l'auvergne le mardi 18 décembre, pour partir le 19 au
matin dans le 4x4 landrover de Karine Thierry et leur fille Louison. Et
oui alors que je milite contre les 4x4 à lyon, j'en prends un pour aller
au Maroc, vous pouvez rire ! Après 2 jours de route avec thierry au
volant, ancien routier, infatiguable, on a pris un bateau depuis Al
géciras au sud de l'Espagne pour ceuta (sebta en marocain) enclave que
l'Espagne occupe toujours quelques dizaines d'années après les
indépendances. Depuis Sebta, on a rejoins Tanger !
ATTENTION TANGER !
Tanger, « la tengeante » comme le dit Ben Jelloun écrivain marocain natif
de la ville, Tanger l'internationale de part son statut entre 1925 et
1956, où elle était partagé, occupé par neuf pays (France, Espagne,
Portugal, Etats-Unis, Royaume Unis, Pays bas, Belgique, Union Soviétique
et Italie). Depuis 1956, la ville est de nouveau marocaine mais elle
reste très internationale. Frontière stratégique entre le Nord et le sud,
l'Europe et l'Afrique, on y parle l'arabe, le berbère mais aussi le
français l'espagnole, l'anglais, le woloof... Et puis les grandes
puissances y ont toujours de l'influence à l'image de la construction
d'un énorme port (Port Tanger méditerranée), entre Tanger et Sebta, où
les travaux ont débuté il y a quelques mois sous la haute direction de ce
cher Martin Bouygues et de ses sous traitants, travaux qui il faut bien
l'avouer sont en train de dénaturer complètement le paysage côtier, cotes
qui ont été fortement rabotées !
Tanger, ville dangereuse nous dit le guide du routard (pas avare en
préjugés parfois carrément raciste), car c'est la ville de tout un trafic
: drogue (le rif, où est cultivée les ¾ du hashich fumé en Europe est à
quelques pas), immigration bien sur etc etc... Mais quelle ambiance dans la
médina, comme dans toutes les médinas arabes évidemment mais avec
quelque chose en plus.
Je me ballade avec mon micro dans les ruelles de cette médina tentant de
décrire ce que je vois, ce que je sens et je tombe sur Badri à qui je
pose quelques questions. Il me dit « viens on va discuter tranquille ».
Quelques ruelles parfois larges de moins d'un mètre plus loin je me
retrouve dans une petite piaule où il crèche avec deux poulets qu'il
tuera et vendra pour se payer un mouton... Badri, a un look de mafioso
dans ces rues, des chaussures genre en crocodile, entre babouches et
santiagues, la tête levé, le joint à la bouche, il est interpellé à
chaque coin de rue, il connaît tout e monde et arpente ce quartier
fièrement... Il a aussi une terrasse sur un toit qu'il a tranformé en
véritable ferme (poules, lapins, oies...). On discutte, je lui dis que je
veux faire des reportages et il me dit que si j'ai une caméra, il me
montre comment vive les « milliers » d'africains, en attente d'un départ
pour l'europe dans la foret à la sortie de tanger, comment la police
marociane s'occupe d'eux et tout et tout... Je lui explique que moi c'est
la radio mais que je suis interressé pour rencontrer des africains. Je
retourne donc le voir après quelques jours à Rabat et il me présente
Torresf.
Torresf est nigérian, il vit dans la médina de Tanger depuis 5 ans. Il y
a plusieurs années il a quitté le Nigéria pour la Lybie puis l'Algérie et
le Maroc avec sa femme. Après quelques temps il obtenu un visa de travail
pour l'Espagne et il a fait sa vie là bas. 5 ans, 2 enfants et des petits
boulots plus tard, il se fait prendre dans une histoire de Cannabis.
Résultat : expulsion et 5 ans d'interdiction du territoire. C'était il y
a 3 ans, depuis il vit dans des petits hotels de Tanger en attendant «
une nouvelle occasion » de rejoindre sa famille à Barcelone. Il ne veut
pas retourner au nigéria car il reviendrait « perdant » (sans argent sans
famille, sans rien) et surtout il veut rejoindre sa femme et ses 2
enfants.
Mais c'est pas facile à Tanger et on ne fait pas de reportage comme ça,
il me demande 50 euros pour une interview au micro, vue qu'on parle dans
une sorte d'anglais internationale et qu'il faudrait aussi payer un
traducteur pour faire un truc bien (et que je n'ai pas l'habitude de
monneyer des interviews) on laisse tomber. Mais on passe plusieurs heures
et soirée avec lui, Badri et son frère dans la piaule à refaire le monde,
parler du maréchal lieutey qui a eu « du mal à vaincre le rif » (au début
de l'occupation franco espagnole dans les années 10 et 20, il aura fallu
14 ans et la mobilisation et près d'un million d'hommes pour vaincre la
résistance du rif, encore une guerre qui ne dit pas son nom et qu'on
apprend pas à l'école), de Sarkosy, de Féla Kuti de bob Marley le tout en
buvant du thé et en fumant des pétards...
Bref dans cette piaule, Torresf pour l'Afrique noire, moi pour
l'occident, et Badri et Abdelatif entre les deux, à l'image du Maroc
coincé entre le Nord et le Sud : Une population pauvre, des dirigeants
qui se veulent des partenaires « à égal » avec l'Europe et les Etats-Unis
et qui font comme les notres, ils expulsent ! Quand je suis à Rabat, la
radio Médi 1 (le RFI du magrehb) annonce une rafle de plus de 200 «
subsahariens » en situation irrégulière ils sont expulsé par bus jusqu'à
la frontière algérienne, au milieu du désert... C'est les suites du dernier
sommet euro méditerranéen et des accords signés entre le Maroc et
l'Europe. Mais le Royaume oublie que ce sont aussi beaucoup de marocains
qui veulent l'Europe...
LES MARXIENS DE LA PLANETE MAROC
Karine Thierry et Louison rejoignent des amis dans le désert marocain,
moi je veux rejoindre le sahara occidental via Casablanca où j'espère
renconter un journaliste qui doit me rancarder sur la situation là bas
(le sahara occidental réclame son indépendace au Maroc occupant depuis
1975...). Nos route se séparent donc le 23 décembre à Larache où je prend
un bus pour Casa. Dans le bus je fais la connaissance de Hafid, jeune
ouvrier d'une entreprise allemande de chaussures qui a délocalisé au
Maroc. Je lui demande comment se prépare l'aïd el kébir (grande fête
musulmane, la fête du mouton qui doit avoir lieu le 31 décembre...) Il me
dit « nan nana moi marxien, tu connais marx ? ». Un marxien ! de la
planète marx ! AIWA (oh yeah). Il se rend à Rabat pour une manif contre
la hausse des prix des produits quotidiens et il m'invite chez lui à Ksar
el kébir (entre Tanger et Rabat). Bref je décide de voir cette manif à
Rabat et laisse tomber le sahara occidental (trop pas assez rancardé sur
le sujet, trop loin, trop seul, et trop dangereux pour les journalistes
selon le monde diplo..., prochaine fois insha allah).
Le lendemain 10h, Bab el Had à Rabat se dressent des drapeaux à l'effigie
du Che, de Marx, de lénine, des drapeaux rouges de la voix démocratique
(le pc marocain) mais aussi d'attac avec des jeunes excités qui font de
la musique et distribuent un petit journal « un autre maroc est possible
». Ce sont 4000 personnes selon moi, (5000 selon les orgas, 3000 selon la
presse...) qui défilent jusqu' au parlement avec des slogans comme «
étudiants, chomeurs, paysans, travailleurs, tous unis contre
l'exploitation, le capital et la manipulation ». Bref une manif
communiste au Maroc je m'attendais pas à ça. Outre l'augementaion des
prix, la manif avait pour but de dénoncer les innombrables privatisations
que connaît le maroc ces temps (les entreprises de services publics sont
racheté par France télécom et vivendi en tête !). Une manif qui
ressemblait beaucoup aux notres (avec moins de police sic et beaucoup
plus festive !), et comme me l'a dit un militant d'attac au micro « c'est
l'élite du monde associatif qui est dans la rue », pas vraiment
représentatif non plus du peuple.
Après un retour à Tanger, je rejoins Hafid chez lui à Ksar el Kébir. La
je rencontre ses amis militants. Ksar, la capitale des militants, c'est
vrai qu'il y'a l'air d'avoir pas mal de mouvements ici. Said qui fait
partit de l'AMDH (Association Marocaine pour les Droits de l'Homme)
m'explique que dans cette région très fertile, les paysans ont été
exproprié de leur terre et qu'aujourd'hui ici on produit des fraises qui
sont ensuite envoyé clandestinement en Espagne où elle reçoive un tempon
« made in spain » pour les subventions de la PAC (je shématise parce que
j'ai pas toutes les infos dans ce cyber). Par ailleurs on trouve ici pas
mal d'usines comme celle de Hafid où on fabrique des chaussures de luxes
pour une entreprise allemande. Le prix d'une paire correspond au salaire
mensuel d'un ouvrier. Et puis c'est une ville où tout le monde veut aller
en Europe. Pratiquement une personne sur deux qui nait ici part vivre en
Espagne (chiffre de Youssef, un des militants...) Bref une ville un peu
particulière ou je recontre et interview des membres de l'AMDH, de
l'association nationale des diplomés chomeurs (je rencontre que ça
pratiquement) tous ou presque membre de la voix démocratique (issue de
l'ancien « en avant » organisation communiste clandestine sous Hassan 2
et fortement réprimée). Ils se réunissent dans un local ou on trouve des
livres et surtout beaucoup d'alcool et où on refait le monde, ils
organisent des manifs mais pas grand-chose d'autres, le systhème marocain
est bien ficelé, ici le droit du travail correspond pratiqument au notre
avant 1936, la lutte est dure et le combat qu'ils mènent (plus de droit
pour les travailleurs, du travil pour les diplomés...) parait un peu
déplacé dans un pays ou la majorité des gens sont pauvres et travaillent
dans un commerce informel. Leur disours est aussi très bureaucratique
(lors des interview il me demande s'ils doivent répondre à titre
personnel ou au titre du partit...), il ne me croit pas énormément quand je
leur dis que la liberté d'expression est un leurre en France (et c'est
normal), ils sont étonné également quand je leur dis que le combat contre
le CPE a été pour moi une défaite (là aussi, en voyant 3 millions de
personnes dans la rue, c'est normal) mais on a des connaissances en
communs, les réseaux se tissent et donc la révolution internationale est
en marche, y'a pas de doute !!!!
Voilà une fois de plus je suis long et en plus je remet ça demain pour
vous parler de Rabat et de l'aïd el kébir... Biz à Vous tous on da CHOP !
Bislama !
Publié par livo à 20:54:17 dans Carnet d roots | Commentaires (0) | Permaliens
Voilà dernier carnet d roots de
ce pitit tour, apres je laisse vos boites aux miels tranquillescar
faut bien finir ce qui a été commencé. Et pour
le même prix, vous avez les accents...
Je vous ai laissé la dernière
fois dans les montagnes polonaise d'où j'ai repris la route
Mardi 19 septenbre...
STOP A L'EST
Apres le mont Ternica, je voulais me
faire une dernière grosse étape... Prochain objectif:
Pragues !
J'ai mis 3 jours depuis Ustrzyki, en
commencqnt par une journée tranquille sur les petites routes
des montagnes Bieszczkadenne dans un décor super beau avec
quatre voitures par heures qui passent, bref je marche beaucoup entre
des petits trajets de quelques kilometres entre les villages qui
abritent toujours plusieurs églises (les anciennes orthodoxe
en bois et des catholiques plus modernes)... Mais que ces agréâbles
ces journées de Rando Stop quand le décor est beau, un
peu comme dans le film Western de Manuel Poirier.
Le deuxieme jour, après une
nuit dans une chambre de la ferme « ecotourisme »
de Kamancza, j'arrive vers la frontière slovaque où le
rythme des voitures s'accélerent avec l'afflux de nombreux
polonais qui vont en slvaquie pour acheter de l'alcool, deux fois
moins chers qu'en Pologne (un littre de biere est moins cher qu'un
littre d'eau). Et puis ce sont deux biznessmens en costard, qui
faisaient les VRP pour vendre une poudre magique, à mélanger
avec de l'eau bouillante, contient tous les besoins nutritionnels
d'un bon repas, un produit direct from América. Durant les
deux heures de route ils me posent pas mal de questions, sur le prix
des salaires, des loyers, du cout de la vie, de l'organisation
sociale, économique, politique en France... On compare avec le
quotidien d'ici, discussion très interessantejusqu'à ce
que je leur demande ce qu'il pense de l'entrée de la Slovaquie
dans l'Union Européenne, ils me répondent qu'ils ne
s'interressent pas à la politique... On venait pourtant
pendant une bonne heure de parler de choses très politiques à
mon sens... Bref il me laisse à Poprad, au milieu du pays, je
continue vers l'ouest par l'axe principal pour rejoindre le coté
Ouest et la Tchéquie, un jeune qui rentre à Bratislava
m'emmène et me laisse à Povaska Bystrica pour passer la
nuit en me disnant que je trouverai facilement des voitures le
lendemain pour Pragues. Dans la ville des jeunes fans de CypressHill
et de 50 cents m'interpellent « Do you want Marie juana,
Mushrooms ?
No just a room ! » je
réponds.
Il me font écouter un groupe
hip hop slovaque depuis leur clé USB et m'accompagne au
student hotel qui affiche complet. Je tente 2 autres petits hotels
qu'ils me conseillent. Complet partout. Pourtant, pas de toursites
dans cette ville, ce sont des travailleurs m'expliquent une femme en
allemand... Bref la nuit tombe, je décide de reprendre la
route, mais personne ne s'arrete, je m'éloigne quelque peu de
la ville et plante ma tente dans un champ avec pure vue sur le
cimmetierre...
Le lendemain grosse STOPgalère!
Apres etre arrivé surla route de Brno qui passe en Tchéquie,
je reste 3 heures 30 a quelques bornes de la frontière.
J'arrive finqlement à Brno à la tombée de la
nuit après une journée « camionette »!
Le dernier gars me laisse devant la gare, je finis la route pour
pragues sur les rails...
TOURISTIC PLACE !!!
Praha ! Tefe du touristes ! En se
balandant dans le centre, on entend parler essentiellement anglais,
des toursites du monde entier, pragues est la 2ème ville
d'Europe la plus visitée après Paris, mais la
concentration des attraction touristiques créent des foules de
fous sur le vieux marché et laissent les autres quartiers plus
calmes... A Pragues, je retrouve aussi mes chers collegues « Sac
à distes », ces jeunes américians, anglais,
canadiens, australiens, qui voyagent en Europe de capitale en
capitale et qui ne rencontrent que d'autres backpapers, semblables à
eux, puisqu'ils se retrouvent tous dans les mêmes adresses pour
manger et dormir, adresses recommandées par le guide lonely
planet. Je critique mais moi aussi j'ai un sac à dos et je me
retrouve dans le même hotel que 300 bacpapers du monde. Dans un
ancien immeuble soviétique, 4 étages aux très
haut plafond avec des grands escaliers qui n'en finissent pas, ils
ont fait un hotel industriel ! Ce batiment est en fait une fac, et
pendant les 3 mois de vacances, on a remplit les salles de cours et
les bureaux avec des lits et du mobilier à l'arrache, du coup
y'a 100 chambres et quelques 300 touristes qui dorment toutes les
nuits ici mais pour seulement 4 douches et 10 chiottes... Dans les
couloirs, le personnel de service prépare la rentrée en
installant partout des caméras de surveillance... Bref vue le
prix du palace j'ai vite migré dans une autre auberge moins
cher et avec moyen de se doucher !
Et puis j'ai fait le touriste, glander
dans la vieille ville, passer à coté des militaires
armés de kalashnikov qui gardent les lieux historiques du
quartier juifs, bouffer une glace sur le vieux marché, passer
le pont Charles (le plus beau pont du monde?) en enregistrant
l'ambiance du flot touristique et des musiciens qui font la manche,
flaner l'après midi dans le parc Stromovca au bord d'un petit
lac puis rejoindre une maison occupé au sein du parc ou il ya
un concert punk en plein après midi, monter sur Ruzovy Sad (le
fourviere de Pragues) pour admirer une pure vue sur la ville dans son
entier, faire du leche vitrine sur le mythique Vaxlavske nam, grosse
artère où le peuple s'est souvent réunis pour
faire la révolution (1968, 1989...)...
SOVIET SYSTEM
A pragues j'ai aussi visité le
Musée du communisme. Très interressant sur l'histoire
et toujours aussi marrant de voir des énormes statuts de Marx
et Lénine, de pourvoir toucher les gagdgets de l'histoire
comme les vieux drapeaux, les vieux livres... A Varsovie, j'avais
déjà visité le muséée du
totalitarisme mêlant l'histoire de la Pologne depuis 1918 entre
assaillant nazis et assaillants soviétiques.A varsovie le
musée présentais évidemment la Pologne comme LE
pays qui a résisté de tous les cotés et qui a
permis à l'empire soviétique de chutter. A Pragues
c'est la même, on nous présente les tchèques
comme les gros rebelles du bloc de l'est et les précurseurs de
la chutte du régime. Yvonne, une allemande installée à
Pragues pour des études me rassurent en me disnat que c'est la
même chose à Leipzig, sa ville, et à Berlin où
on prétend que les allemands sont à la source de la
chutte des soviétiques avec la destruction du mur... Bref
toujours quelque touche de nationaliste dans ces musées mais
finalement ils ont tous un peu raison, partout il ya eu de la
résistance mais c'est clair qu'on peut facilement imaginer
une forte revolte dans la jeunesse tchèque tant aujourd'hui
elle est dynamique!!!
TCHEQUES THE FLOW !!!!
Pragues a un peu plus d'1 million
d'habitants, on peut donc la comparer à l'aglomération
lyonnaise question peuplement mais si on va au bout de cette
comparaison, on en concluerait que Lyon est une ville morte ! Que de
bars vivants, de pubs, de squats, de salles de concerts, et une
jeunesse de ouf à Pragues !
Le 1er soir, j'ai été à
une ska punk fest au prostorabaton, ancienne usine qui fait office de
salle de concerts... ON dit que le ska punk est populaire en France,
mais à Pragues, la jeunesse est vraiment à fond... Un
nombre haliucianant de RedSkin, de punk, de dreadeux et plein de mecs
déguisés en Rudeboy jusqu'au bout (cravates, bretelles,
chapeau, et même cannes). Même dans les concerts ska
parisien on ne voit pas ça... Et tous ont entre 15 et 25 ans,
sont très ouverts et contents de rencontrer un étranger
dans cette soirée, ils sont très jeunes mais super
énergiques, ça fume des gros pétard de ganja
qu'ils font pousser dans leur jardins, et qu'ils fument partout même
dans certains bars qui sont catalogués de coffe shop...
C'est le cas du Ujzed café, en
plein centre ville ou le barman vend des feuilles longues, un gros
joint à la bouche. Les statistiques disent que les jeunes
tcheques sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe et ça
se sent... Autre lieu interresant, le Cross Club, anicen immeuble
occupé, le rez de chause et les caves sont transfromés
en bar, dance florr et salle de concert. Le tout dans une ambiance
psychemécanique, puisque la déco est faite de chaines,
de poulies, de pignons qui s'entremelent et se provoquent, le tout
avec des lumières et parfois des sons, bref ça occupe
les yeux et l'esprit... Le soir où je passe, il y a un buff
disco funk dans une des salles, une ambiance plus freggae dans une
autre cave et un dance florr à donf de Indian Pop mixé
dance hall, Panjabi MC... Sean Paul ... Ce lieu est gratuit, aucune
pression à la consommation et la différence des styles
permet ici aussi comme à Varsovie un mélange des
genres, des classes entre les jeunes, chose qui me paraît rare
en France ou tout est assez cloisonné nan ?
Bref Pragues est vraiment une ville à
voir, plein de touristes certes, mais on peut vite les éviter
en s'éloignant quelque peu du centre... Après ce long
weekend entre visite et fête, j'rai repris la route lundi
matin...
STOP A L'OUEST
Dans une fausse pub radiophonique
ventant l'autostop, j'annonçais « Lyon Pragues:12
heures ». IL fallait que je vérifie si la pub était
mensongère ou pas... Donc je me suis levé tot, pour
quitter pargues, mais j'ai perdu beaucoup de temps: Une bonne heure à
enjamber des barrières pour traverser des échangeures
afin de touver le bon endroit pour sortir de la villesur l'autoroute
qui va jusqu'à Pilsen. Puis une fois partie, perdu encore une
bonne demi heure à la frontière allemande ou les
douaniers germaniques ont voulues vérifier si je n'avaispas de
substances « verboten » dans mon sac... Et
c'est pas facile à Faire un sac, j'avais mis dutemps pour tout
caler afin que les 20 kg soit équilibrés pour mon dos
et voilà qu'en quelques minutes, ils vident tout sans état
d'ame et ils fouillents, me font enlever mes chaussures , mes
chaussettes, mais ils n'ont rien trouvé... alors ils m'ont
laissé seul ranger mes affaires...
Merci à la camionnette belge
qui m'a attendu pendant tout ce temps et qui m'a emmené
predsque jusqu'à Nuremberg ou une autre camionnette m'a pris,
il allait aux Pays bas livré un petit paquet qu'on a récupéré
en ville, puis il a appelé son patron, lui annoncant des
embouteillages sur l'autoroute de Franckfurt, pour avoir
l'autorisation de passer par Hellbronn, ma route. Bein cool lui aussi
de faire un détour pour moi ! Du coup ils me laissent à
l'ouest à une cinqantaine de km de Karlsruhe (et donc un
centaine de strazbourg)... Il est 17h, il commence à pleuvoir,
bref dans 3 heures c'est la fin des 12 heures que je m'étais
autorisé pour arriver à Lyon et j'ai fais la moitié
seulemnt... Je resterai 3 heures sur cet aire, je rencontre Rosco, un
ti punk de Seatle qui parcout l'europe, on discutte un peu, ils veut
aller à Amsterdam et puis finalemnt, on monte tous les 2 après
3 heures d'attentes avec un couple de quarentenaire parisien qui
renter de la fete de la bière...
PARIS PERDU !
12 heures pour lyon, c'tait trip
court, finalemnt ça sera 18 pour Paris ! Ce couple typiquement
parisien (avec un pure accent quand il parle en Englishe),
typiquement bourgeois (lui travaille àla bourse, ils viennet
d'achgeter un nouvel appartement...), typiquement couple aussi (la
femme soumise, le mari qui s'énerve quand elle conduit): bref
une pure caricature, je me croyais avec Catherine Frot et Vincent
Lindon, dans un film de Colline serreau. Bref c'était suepr
drole et en plus ils ont vraiment été super gentil. Je
pense aussi qu'on leur a fait pitié mais avec Rosco on en a
porfité, on s'est fait offrir le resto sur le bord de
l'autoroute et on a dormit chez eux parce que « on a pas
de plan sutout en arrivant à 2 heures du mat sous la pluie ».
Bref ils nous laisent une chambre de leur appart à Joinville
le Pont, Royal ! Le lendemain, j'ai accompagne Rosco jusqu au centre
de Paris histoire d'essayer de lui donner quelques plans de mes
lointains souvenirs de squats punks parisisnes, et de quartiers
sympas ou il pourra renconter des gens. Et puis le temps de visiter
d'anciens collegues de oui fm, je reprends un RER vers Mennecy au
sud, d'où il est facile de rattraper l'A6...
Et finelemnt je l'ai fait là le
CHRONOSTOP, 5 heures pour Paris lyon, c'est pas mal, donc je sui
arrivé mardi soir à Lyon aprsès 27 jours de
voyage et 5074 km, dont 3586 en stop !
BACK BACK
Voilà, j'ai beacoup écrit
mais comme le dite Daniel Mermet, on part en voyage poru la
ramener... Un petit voyage pas si facile au début, c'était
la première fois que je partais seul, mais c'est aussi un bon
moyen de rencontrer les gens et de plus se lacher, de mieux
connaître...
Niveau langue (c'était un des
buts aussi de ce petit trip, le polonais), j'ai fait pas mal de
progrès en compréhension même si je ne tiens pas
encore une discussion, en tous cas avec les jeunes, j'ai bien compris
qu'il faut ponctuer ses phrases d'un Kurva (qui veut dire putin).
J'ai aussi pas mal progressé en anglais...
Merci à ceux qui ont lu tout
ça en entier, j'espère que ça vous aura peut
etre donner envie de partir aussi, car même si c'est une
chance, c'est quand même facile et pas cher de voyager, ca
coute moins cher que de rester à Lyon en tous cas dans ces
pays ou le cout de la vie est plus bas (sauf à Pragues ou j'ai
dépensé plus en 4 jours que sur le reste du trip...).
Après certains diront que le tourisme équitable, c'est
aller dans des pays ou le niveau de vie est égal à
celui d'où on vient... c'est tout un débat.
Salut à tous, rendez vous pour
les lyonnais, tous les lundis, à 22h sur le 102,2 FM de radio
Canut, pour RocKnRouL!
Publié par livo à 14:48:00 dans Carnet d roots | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par livo à 18:33:29 dans Carnet d roots | Commentaires (0) | Permaliens