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L'étoile est...

Passionnée de littérature fantastique (Tolkien, Martin, Zelazny) et médiévale (surtout les oeuvres de Chrétien de Troyes), de poésie, de musique (Dead Can Dance mais aussi musique brésilienne: axé, samba de enredo, pagode), de jeux vidéo (Final Fantasy, World of Warcraft), de cinéma, d'histoire (histoire romaine et égyptienne, mythologie), de danse (samba de roda, tchan), d'arts martiaux, de chevaux et de chant. En fait, passionnée par un tas de trucs :)

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L'étoile de l'aurore

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The Last Embrace | 29 novembre 2009

C'est un jour gris, ce soir, c'est sous un jour gris que je vois pour la dernière fois ces murs si chers, cet univers, cette ville. J'ai l'impression d'avoir vécu une vie entière ces dernières deux années et demi, et même si une toute nouvelle encore m'attend très bientôt, j'ai peur un jour d'arriver au bout de mon crédit d'existences.
Est-ce qu'on peut réellement changer de vie du jour au lendemain, est-ce qu'on peut quitter ceux qui comptent et ces endroits innombrables qui nous constituent, et ne pas en être peiné? J'ai l'impression d'arriver pour la première fois au bout de cette espèce d'expérience humaine que j'ai longtemps vécue en rêve, que j'ai imaginée, et qui va enfin prendre vie devant mes yeux. Est-ce que la distance tue réellement tout, est-ce qu'elle dénouera les liens? Je ne pense plus, maintenant, et je n'ai même plus peur de ce changement qui s'annonce, je n'ai pas peur non plus de laisser de belles choses derrière moi, parce que je crois fort, désormais, que de meilleures encore s'annoncent. J'avais longtemps cru qu'on ne pouvait pas retrouver la foi, mais j'avais tort ; elle reste toujours là, quelque part. Je ne sais pas ce qui m'attend et c'est bien ce qu'il y a de meilleur, avancer à l'aveuglette à la lueur des étoiles. Et même les jours gris, les orages et les tempêtes ne m'impressionent plus ; je n'ai plus peur de danser sous la pluie.
Je vais regretter beaucoup de choses. Des gens qui vont me manquer, des choses que j'aurais aimé faire, dire, et que le temps éloigne de moi. Des endroits, des moments, des habitudes qui me faisaient rager pourtant, et que je donnerais tout pour revivre. Pourtant le temps a beau faire défaut, j'ai la sensation de partir le coeur léger, et je m'étonne de ne plus éprouver cette nostalgie dévorante qui me détruisait. J'ai fini par acquérir avec le temps une facilité qui me déconcerte à tourner les pages qui me traînaient des mois entre les doigts, avant, ou peut être est-ce simplement comme ça qu'ont l'habitude de faire les gens heureux. Tout devient tellement plus facile, même les départs, les au revoir, les dernières embrassades. Tout devient tellement plus facile, depuis que tu es là.

Publié par Ariniel à 23:30:42 dans L'étoile de l'aurore | Commentaires (0) |

23 | 02 décembre 2008

 Est-ce que la petite fille que j'ai été serais fière de moi si elle me voyait aujourd'hui? Je ne me souviens plus vraiment de l'image que je m'étais faite de moi-même, grande. Je pensais être brune, une vraie, sûrement un petit peu plus jolie, avec un métier passionnant, des chevaux, des voyages plein la tête. Pas infirmière ni institutrice, mais archéologue, avec un fouet et un chapeau. Au coeur de cette nuit d'automne qui tire sur l'hiver, j'ai préparé le thé de mes séances nocturnes, et je pense. A ce que j'aurais voulu, à ce que l'on m'a dit, quelques fois ou tout le temps, à des visages, à des mots. Certaines choses sont restées immuables mais je peine à en reconnaître d'autres, elles ont pris des chemins que je n'aurais pas pensé arpenter, des routes cachées, des sentiers serpentant entre les dunes.
Les veilles d'anniversaires me plongent toujours dans ces états intermédiaires, où je suis partagée entre l'attirance du bilan et celle des projets d'avenir, à plus ou moins long terme.
Je ne crois pas qu'on puisse véritablement se libérer un jour de ses démons. Il m'est arrivé de le penser et même si la perspective était rassurante et confortable à la fois, je comprends peu à peu qu'il ne s'agit que d'une idée, d'un songe. A la faveur de quelques notes de musique, d'un passage de film, d'une scène de jeu-vidéo, ils sortent de l'écran ou des enceintes pour fondre sur moi comme dans les scenari horreur des pires fictions japonaises, celles que l'on ne croit pas une seconde.
La vie suit son cours, ici. On me reproche de ne plus donner de nouvelles mais qu'a-t-on à raconter lorsque ça va, que ça va tout simplement? J'ai peut être été l'attraction de la semaine à une époque, l'amie qu'on aime bien inviter aux soirées parce qu'elle boit pour oublier, et j'étais marrante sûrement, mais si les gens savaient à quel point ces moments étaient durs.
Je me souviens de tout. De ma traversée du désert dans ses moindres détails, des quelques oasis, des étendues à perte de vue, des dunes par milliers. Autant d'obstacles qui se dressaient contre mes rares espoirs fugitifs, qui me disaient de lâcher prise, de m'effondrer dans le sable, de fermer les yeux. Et chaque matin, lorsque je me réveillais d'une énième nuit sans songe, je m'effondrais en voyant l'horizon reculer de jour en jour, et rien, rien, aussi loin que ma vue pouvait porter. J'ai avancé sans but entre les mirages et les scorpions, et rien de ce que j'y ai vécu ne me manquera jamais. J'y ai vu les plus beaux couchers de soleil et ces instants mystiques où la voûte se colore de rayons dorés, des aurores boréales et des crépucules constellés de feu, mais rien de tout cela, rien, n'a la moindre importance si ce n'est pas partagé.

Ca va. J'ai mes moments de nostalgie bien sûr et quelques désolations, des démons un petit peu plus coriaces ou vicieux que les autres, des notes de musique qui s'accrochent, qui me hantent. Je n'avais jamais mesuré auparavant à quel point les mélodies pouvaient se charger de vie, transporter avec elles des paroles, des moments, des odeurs presque, toutes ces choses qui leur resteront liées jusqu'à la fin des temps. Il y a des chansons que je n'écoute plus. Pourtant j'ai cessé de les sceller dans leur boîte et de détourner le regard comme si elles étaient envoûtées; mon passé est ce qu'il est, je n'ai plus peur de lui désormais, et j'aime me souvenir parfois, comme pour être sûre d'avoir fini par en prendre le contrôle.
Je me rappelle de ces mois de froid même au coeur de l'été, de ces mois sans âme où les visages défilaient, je ne me souviens plus des gens que j'ai rencontrés à cette époque, aucun n'avait les traits de celui que j'espérais voir à chaque coin de rue. Et puis avec le printemps suivant les jours ont repris des couleurs, le temps a fini par faire son oeuvre, malgré tout ce que j'aurai pensé. Jamais je n'oublierais cette douleur qui, j'en étais persuadée, ne s'effacerait jamais. Elle a fini par partir, elle aussi, le temps l'a recouverte d'une couche épaisse qui l'éloigne chaque jour un peu plus.
J'ai du mal à me faire à un quotidien fait de bonheur simples et de paroles apaisantes, je n'arrive pas à vivre avec ce que j'ai toujours espéré, mais je sais que c'est mieux ainsi. Est-ce qu'on peut vraiment changer, un jour, être apaisé lorsqu'on a pris l'habitude des coups? J'ai peur de ne pas savoir faire, de reproduire des schémas, que je ne veux plus jamais voir. Je ne veux plus jamais traverser cette étendue désertique et ses pièges à chaque pas, maintenant que j'ai trouvé l'ilôt, j'aimerais arriver à me contenter de ses plages paradisiaques et des cascades cachées en son sein, sans plus jamais ressentir l'irresistible appel du large.

Un an de plus. Une époque s'en va et une autre s'ouvre, je suis de moins en moins cette figure enfantine et de plus en plus celle que je n'ai pas encore découverte, quelque chose d'autre, que j'ai hâte de pouvoir regarder en face. Bien sûr comme tout le monde j'aimerais savoir de quoi le futur sera fait mais cette incertitude est grisante, elle me donne envie de me lever le matin, pour voir, pour apprendre. Alors je ne ferais pas de bilan cette année, je préfère les projets et les échéances qui arrivent, les beaux mois à venir, les changements. Et si j'écris moins c'est que je n'ai que des choses belles à raconter; celles-là, je n'ai jamais su les décrire.

Publié par Ariniel à 00:27:12 dans L'étoile de l'aurore | Commentaires (2) |

L'ilôt | 02 octobre 2008


Je ne pensais plus pouvoir un jour ouvrir ce vieux placard à vêtements et y trouver mes souvenirs rangés dans une de ces vieilles boîtes multicolores, qu'on garde par habitude plus que par goût, avec des dinosaures dessus et de vieux autocollants déchirés. Oh ils ont tenté de sortir bien sûr mais il n'y parviendront plus, désormais, ils sont bien mieux là, avec les petits mots de collège et les lettres de détresse, les coupures de magazine, les photos jaunies. Je n'ai plus besoin d'eux pour avancer et, en bien des aspects, je crois que j'ai enfin réussi à me libérer de ce boulet que je traînais depuis tant d'années. J'ai arrêté de me jeter des pierres, de revivre des scènes pleines de larmes, de regretter.
Je ne regrette plus rien. Ceux qui sont partis ne me manquent plus. J'ai fini par la tourner, cette page, par garder ceux qui en valaient vraiment la peine, ceux qui ont toujours été là. Et quels que soient les intérêts qui guidaient les autres, ils ont fini par comprendre qu'ils ne les trouveraient pas en moi. Et je suis en paix.
Je suis en paix parce que dans cette mer déchainée qu'est mon esprit tu apparais au loin comme un ilôt de calme, un de ces endroits paradisiaques que les touristes n'ont jamais remarqués, eux qui ne cherchent que des plages magnifiques et des cottages au bord de l'eau. Toi tu es une île avec du relief et des lagons, des cimes et des cratères, et plein de plaines verdoyantes où galoper. J'ai quitté l'esquif qui m'avait embarquée pour accoster ici et, même si j'avais peur de me languir du balancement tumultueux de la mer, je crois que je ne suis pas si mal que ça sur la terre ferme, finalement. Parce que tu es un art de voyager à toi tout seul, qui vaut bien toutes les croisières et tous les billets d'avion, tu me guides sur les courants les plus chauds, ceux que je n'avais jamais vus, moi qui me laissais porter par les vagues. Et parce qu'après une navigation sans fin, orientée à la faveur des étoiles et poussée au gré du vent, c'est ici que je suis arrivée.
Je suis arrivée et les souvenirs peuvent bien me faire de l'oeil maintenant, ils n'ont plus la place que je leur avais accordée, comme à des enfants un peu trop capricieux auxquels j'ai laissé trop d'espace. Ils ont rejoint les peluches et les doudous de chiffon et je crois qu'ils y sont bien mieux maintenant, peut être qu'ils sont en paix eux aussi d'un côté, le silence les apaisera. J'ai arrêté d'écrire des pensées nostalgiques et même si je me serre encore le coeur de temps en temps, je n'écris plus que pour construire, pour progresser, et je progesse vraiment je crois. Parce que même dans les nuits solitaires où le sommeil ne veut pas m'emporter il y a toujours cet ilôt, quelque part, jamais bien loin, qui se profile à l'horizon. Il est chargé de promesses et d'images d'un avenir coloré, avec son océan azur et son herbe chatoyante, le jaune luisant des plages, le rouge de ses volcans. Et puis bien sûr du brun partout, celui de la terre et des troncs d'arbre, ce brun qui charrie la vie et qui transporte ton regard, ce brun aux pigments purs dans lequel je me noie, je crois bien qu'à la création le monde avait la couleur de ce brun-là.
Peut être que tu es vraiment un prêtre finalement puisque tu m'as redonné vie, tu m'as soignée et nourrie, tu m'as protégée du froid. L'univers n'a plus cette saveur fade de fin de repas, ni les couleurs ternies du jour qui s'endort, ça fleurit partout chez moi maintenant, du rouge partout et aussi du blanc, des plantes éternelles comme la neige des cimes, et qui sentent bon le printemps même quand l'hiver arrive. Tu masques les feuilles mortes et la pluie dehors, tu recouvres la tristesse d'un manteau et même les larmes, les larmes qui ne sèchaient pourtant jamais, se perdent dans les plis de ton sourire.
Alors les souvenirs peuvent bien me faire de l'oeil et me relancer de temps en temps, je ne les oublie pas mais je ne les emmène plus, puisqu'ils m'ont prouvé qu'ils n'en valaient pas vraiment la peine. Moi je préfère arpenter l'ilôt, et quand j'en aurai foulé chaque parcelle j'irais me noyer dans ses cascades, sous l'eau la plus fraîche que j'ai jamais goûtée, une véritable caresse sur la peau.

Publié par Ariniel à 13:43:19 dans L'étoile de l'aurore | Commentaires (0) |

The reed | 24 août 2008

Je ne crois pas qu'on goûte vraiment à la vie lorsque l'on mène un quotidien ordinaire. Les moments libres sont si rares qu'on les savoure en les faisant traîner et, bien souvent, on n'a ni l'énergie ni la motivation de faire les choses extraordinaires qui pourtant nous habitent. J'ai la tête pleine d'idées mais le temps m'use, et je vois bien les regards autour de moi, ces gens qui rêvent d'ailleurs et qui se contentent d'ici, faute d'avoir le temps, les moyens, la force.
Je ne crois pas qu'on puisse s'épanouir de la sorte, ou alors s'épanouir professionnellement, si une telle chose a un quelconque sens. Je hais cette culture des chiffres et du résultat mais ces gens là m'émeuvent, quelque part; ils s'accrochent à quelque chose dans un monde habitué au rien, à des valeurs invisibles, à des principes que le premier souffle emporte. J'ai peine à croire pourtant qu'il n'y ait que ça qui soit solide, ça me fait peur quelque part, parce que je fais partie de ceux qui refusent de s'y retenir, et j'ai peur de ne croiser sur ma route que des personnes que je ne comprendrais pas.
Je ne crois pas qu'on puisse être heureux en menant une telle existence, je ne crois pas qu'à la base nous étions pensés de la sorte, à souffrir en permanence en attendant quelques jours heureux, deux par semaine tout au plus. Il m'arrive quelque fois d'y penser de nombreuses heures et d'y chercher la logique, ce trouble que tout le monde s'impose, que nous avons érigé comme modèle, au point de rejeter ceux qui ne s'y plient pas. Il n'y a pas de mal pourtant à vouloir être libre et profiter de son temps, vivre de ce que l'on peut trouver, se contenter de peu. Bien sûr le confort a un prix mais s'il faut être malheureux pour l'obtenir, est-ce que cela vaut vraiment la peine... J'y pense chaque jour en voyant évoluer autour de moi jeunes et vieux, ceux qui ont tout à attendre, ceux qui n'ont plus d'illusions, ceux qui ne pensent pas. J'y pense en voyant ces visages tendus qui comptent les minutes, ces yeux vides à la limite du rennoncement qui, j'en ai l'impression parfois, pourraient basculer d'une seconde à l'autre. Je peine à y trouver la logique, à trouver ce qui pourrait justifier tout cela, ce qui pourrait donner un prix. Je ne crois pas qu'on puisse trouver une raison valable, une véritable raison, qui puisse nous rassurer lorsque l'on se retourne sur les années passées, et que l'on voit. Du temps perdu, des rêves évaporés, des idées diffuses, des écrits éparses. J'aimerais croire que je ne serais pas une vieille dame comme les autres, que j'aurais réussi à aller jusqu'au bout, atteindre le vrai et le beau, mais les illusions sont fragiles. Je crois que, comme tout le monde, je finirai par courber l'échine, par plier, tout simplement parce qu'il n'y aura rien d'autre à faire. Parce que même avec toute la volonté du monde, on n'avance pas seul face au vent. Et l'idéal ne fait pas recette par les temps qui courent.


(ia ora te mahana fanaura'a ^_^)

Publié par Ariniel à 11:00:05 dans L'étoile de l'aurore | Commentaires (1) |

Zenith | 06 juillet 2008

Une pluie de fin du monde dehors. Une pluie qui lave et qui emporte tout, qui mêle les larmes, qui ravive les anciennes et qui nettoye les nouvelles, qui lisse la surface de la peau. C'est une pluie de fin du monde parce qu'aujourd'hui pour la première fois depuis longtemps j'ai le coeur léger, et c'est peut être grâce à elle, ou plutôt, en un sens, j'ai l'impression qu'elle en est la manifestation. ca n'aurait pas été pareil avec un ciel bleu et un soleil écrasant, ça n'aurait pas été pareil avec des fronts perlants de sueur et des canettes de soda sorties du frigo; c'est tellement fort avec la lumière éteinte, l'orage au fond, et cet immeuble qui surplombe la ville, d'où on peut voir la foudre tomber. Je me suis mise près de la fenêtre et tandis que les autres parlent et jouent je n'ai d'yeux que pour l'orage, pour ce véritable déluge qui semble venu de nulle part, qui innonde cette terre sèche de début d'été, qui hier encore se gorgeait des rayons du soleil.Quelque chose est différent aujourd'hui, et je ne voudrais pour rien au monde qu'elle s'arrête, tant pis pour le froid et pour la veste que je n'ai pas pensée à prendre, j'ai presque hâte qu'elle me lave moi aussi, qu'elle me bénisse, quelque part, parce que je sais qu'elle n'est pas là pour rien.
J'ai ce coeur léger des débuts de journée rêveurs où l'esprit est encore peuplé des songes et des paroles d'hier, des murmures chuchotés à l'oreille, des mots qui remplacent tous les autres. J'avais oublié ce que ça faisait de les entendre, je crois que je n'ai pas réalisé tout de suite, peut être que je ne réalise pas encore d'ailleurs, mais l'orage m'aide. Il me montre que malgré le froid et l'obscurité je n'arrive pas à être triste aujourd'hui, je n'ai même plus peur de la foudre, je la regarde s'abattre et faire trembler le sol et je ne me défais pas de ce sourire en coin. Est-ce qu'on a le droit à une seconde chance, quand l'émotion première a déjà été brisée, est-ce qu'il est vraiment possible de lui redonner vie, quelqu'un a-t-il réellement la force de ranimer un coeur éteint? Je ne le croyais pas vraiment mais je en sais plus, aujourd'hui, j'ai l'impression que les années s'éloignent plus vite qu'au cours des derniers mois, elles ont défilé durant ces dernières heures et elles se voilent d'elles-mêmes, comme si elles acceptaient enfin de se ranger dans la boîte avec l'étiquette "passé" collée dessus. Il manquait peut être ce déclencheur, un élan, une impulsion, ces quelques mots qui déverrouillent tout comme une formule magique. J'ai l'impression que plus rien ne peut refermer ça maintenant, comme si la source coulait de nouveau, charriant son eau pure des sommets aux vallées, irriguant les terres arides. Et je n'ai plus peur, je crois, du moins je commence. Et je vais arriver à refaire confiance, à baisser ma garde puisque, je le crois et c'est une première pour moi, je serais épaulée.
C'est une sorte de destination autant qu'un art de voyager, une poésie du chemin et de l'errance, une philosophie de la route et de l'itinéraire, qui m'a conduite de fleuve en fleuve en passant par les torrents et les océans de vide, pour me mener dans cette prairie où ce ruisseau chante enfin de la façon apaisée qui promet tant. Un chant comme un retour aux sources ou plutôt comme une bienvenue, comme les navires qui hissent leurs voiles blanches, lorsque la guerre est finie, et qu'une période de paix et d'abondance se profile à l'horizon. Je ne veux plus avoir peur du lendemain, ni des démons d'hier. Seuls les esprits d'aujourd'hui m'apaisent.

Publié par Ariniel à 16:24:21 dans L'étoile de l'aurore | Commentaires (0) |

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