Commentaires enregistrés sur dictaphone en vitesse, suite à la rencontre avec Nicolas Roméas de Cassandre. J'ai choisi entre autre pour témoigner des photos que j'ai faites pendant le mouvement des intermittents à partir de juillet 2003 . Entre 8 et 10 heures, travailler le matin avant de partir au boulot, faire des photos « dehors » après... ! La radio, mots attrapés sur France Inter : « L'oreille qui voit, et l'œil qui écoute... » je ne sais pas qui le dit ... ? Dire serait bien, la voix, le mot qui fait passer l'émotion, l'intime...
Publié par nova à 14:29:42 dans Voir//// Temoigner | Commentaires (0) | Permaliens
Contourner les embûches du légitime : faire un pas de côté !
Touchée, pas coulée par cette phrase dite, vite, avant de partir par N. Roméas :
« Qu'est ce qu'on pourrait bien faire d'une réponse qui ne serait pas une question ? »
Voir, rendre visible, entendre, cette question touche tous ces sens là... ! Je ne voulais pas la prendre dans son sens question / réponse, mais dans la part émotionnelle de se dire çà comme çà ! De ce qu'on s'est dit hier, de ce que j'ai retenu, de ce qui me touche, le politique, les mouvements de l'histoire. La culture est un élément en construction perpétuelle. La destruction des mécanismes en place, la volonté d'être pauvre, jamais misérable. Relecture des notes : (...) « L'état d'esprit à avoir est celui d'un combat. Il s'agit de jouer avec les contradictions et de jouer la montre. Cette précarité signifie se débarrasser du superflu, retourner à la pauvreté et exploiter cette pauvreté. »(...)
Les mots de Roméas : des mots simples, presque intimes. Etre impertinent, enthousiaste ! Çà ne se passe pas là où l'on croit, mais dans un ailleurs ! Les artistes sociaux ??? Extraits du dossier de presse de l'expo :
(...) « Swiss-Swiss Democracy » est une œuvre qui aborde la question de la démocratie directe en Suisse et, par delà, de la démocratie en général. Thomas Hirschhorn s'engage totalement en produisant une installation qui modifie complètement les lieux et invite un philosophe et un metteur en scène pour tenir le siège du Centre culturel suisse durant deux mois. Ils sont là tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 21h, et chacun d'entre eux produit un événement dans l'événement qui devient un forum public, une œuvre totale. Thomas Hirschhorn dépasse les limites de l'engagement artistique habituel. (...)
(...) La forme et le contenu sont très spécifiques dans l'œuvre de Thomas Hirschhorn. Dans ces deux aspects, c'est l'urgence et la détermination qui priment. Dans la forme, l'écriture est directe, elle s'exprime comme si quelqu'un devait dire quelque chose dans la précipitation avec les moyens du bord, comme dans une manifestation. Thomas Hirschhorn utilise des matériaux que l'on peut trouver partout, simples et reconnaissables par tous, comme le carton et le stylo-bille. En plus de l'écriture, il utilise des images récupérées, que tout le monde peut voir dans la presse. Ces collages, ces textes et ces interventions sur les photos constituent un message direct, à l'échelle 1 sur 1, qui, au-delà d'une première lecture, se complexifient. Les contenus aussi relèvent de questions pertinentes provenant de l'urgence et de l'actualité. Des questions que nous devons nous poser ici et maintenant, même si elles se réfèrent à des personnalités disparues.
(...) Je suis en plein doute, à propos de cette expo d'Hirschhorn ! Encore et encore avec cette esthétique Mai 68 ou inventera-t-on enfin une nouvelle façon de dire, de montrer ? Pourtant il y a une vraie démarche d'artiste, une vraie invention sur le choix de ces matériaux pauvres, une vraie URGENCE. Est-ce une utilisation habile par l'artiste du levier du revival Années 70 qui trouvera son public de nostalgiques du « Grand Soir »...cette façon de remettre en question de la « Société » resurgissant toujours sous la même forme, souvenirs sur fond de remue-ménage comme on fredonnerait ces mots, ces slogans anciens ... « Encore un effort, camarade, pour être révolutionnaire ! »
Codification connue, sue, rassurante, je ne sais pas ! Cette forme piétine à mes yeux. Pourtant on nous dit le contraire ! Est-ce que ce ne serait pas une esthétique maintenant, sur - ingérée, sur - absorbée, ultra digérée ? Quasi convenue ? Légitime ? Où est la fulgurance ? Y a-t-il dans tout çà une vraie sincérité d'homme et simplement un vrai savoir-faire d'artiste ? En dépit du choix des matériaux pauvres, cartons, scotch marron d'emballage, documents photocopiés, collés, l'esthétique des lieux d'enfermement, des supports basiques, du théâtre, un journal tous les jours...très séduisant ces choses là... et pourtant un doute ! Y a-t-il réellement une prise de risque politique... ?
En dépit de tout ce que disent les gens dont la parole est « légitime » dans le monde du « Hors-Champs »... Je ne sais pas si je peux vraiment croire Thomas Hirschhorn, lui sûrement oui, probablement, il y a quelque chose de très honnête, de profondément humain dans sa démarche, il connaît le respect, mais croire ceux qui s'emparent de ses faits d'artiste, qui parlent en son nom, les médiateurs vrais parleurs/non créateurs... ? Y avait-il là vraiment un ailleurs ? En même temps, est-ce qu'on peut aujourd'hui encore croire la rue quand elle est en colère ? Peut-être que j'ai envie, ce matin, de croire encore un peu en la Démocratie ?
Publié par nova à 14:16:35 dans Voir//// Temoigner | Commentaires (0) | Permaliens
Tout comme la Pub s'est emparée à une vitesse fulgurante de pratiques de recouvrements des mouvements anti-pubs, dans un laps de temps extrêmement court, après la première attaque des pubs dans le métro, dans les six mois qui ont suivis, on a vu surgir des pubs officielles, légitimées, affiches en grand large qui reprenaient, retravaillés, tous les codes esthétiques spontanés et les télescopages de mots advenus des collages, bombages, et recouvrements des Anti-pubs... Slogans poétiques et hasardeux qui avaient pas mal « interceptés » les regards des voyageurs du métro... ! Le Dire Magique : encore des mots de Roméas.
A nouveau la radio je ne sais pas qui ? des mots qui passent : « Il y a quelque que chose que je n'ai pas pu oublier, qui est lié au fait que j'ai pu écrire...c'est justement cet énervement qui commence à pointer son nez à l'adolescence, qui continue à courir comme çà sur sa foulée jusqu'à 18 ans / 20 ans, voire au-delà, je croix que si j'avais pas garder en mémoire, tout en moi cet énervement, cette envie de « tout faire péter » phantasme d'une explosion de la Cité, une disparition absolue du monde et de soi-même... Si on garde pas çà, si on a pas çà en soi et en mémoire, c'est compliqué d'écrire autre chose que des livres « bonhommes » et je croix que la littérature, c'est pas seulement des livres « gentils »...qui est ce cette voix de femme douce qui dit son explosion intime comme çà dès tôt le matin ?
« Ni cruelle, ni gentille » un livre Nathalie Canta. Là on est ailleurs, dans l'improbable et dans l'imprévisible... Une voix, une apparition de la fulgurance peut-être, je ne sais pas ! L'artiste peu à peu produit du non probable) ou ce qu'on attend de lui... son rôle social...c'est quoi en fait ? Je relis les notes que j'ai pris hier, j'ai aimé la notion de « Frottement », c'est tactile... Y a une matière qui me touche bizarrement, c'est la Toile Emerie, le papier de verre pour gratter les murs, frotter, frotter, c'est quelque chose de difficile, faire disparaître le rugueux ! La vie est rugueuse, les fulgurances la rendent plus douce.
J'y repense en descendant l'escalier pour aller faire des photos, celles de ce matin-là ! Le fait de DIRE les mots suffit à se substituer au FAIRE. J'ai redit à mon dictaphone ces mots, enten dus, éparpillés, cette spécificité française de « remplacer le dire par le faire », à en oublier la mise en mouvement nécessaire à la vie...Prendre une option de travail, aborder cette relation intime au travail, en trouver le lieu, y mettre des mots...
Publié par nova à 14:04:22 dans Voir//// Temoigner | Commentaires (0) | Permaliens
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