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outside utopi(a)

explorer les hors-champs

Jour 3 | 01 décembre 2005

Quand le dernier jour, à l'Espace Khiasma, on se demande si les mutations actuelles n'ont pas ôté au travail même ses capacités à faire sens ? si l'art peut encore contribuer au renouvellement de ce sens ?

http://www.khiasma.net/espacekhiasma.html

Une émotion intense, la réminiscence de ces lieux d'abandon de soi pour qui a connu la neutralité lisse des tours de la Défense, à la fin du film de Jean-Marc Moutout " Violence des échanges en milieu tempéré" (2004)

Une lucidité sereine et réaliste à l'écoute des mots d' Eric Pagès, auteur de " Petites natures mortes au travail". Pour conclure juste un tout petit extrait d'une ITW donnée à Périphéries en avril 2000.

« Violence des échanges en milieu tempéré » : naissance d'un coupeur de têtes" un article de Jean-Pierre Jeancolas dans POLITIS

Le premier film de Jean-Marc Moutout s'en prend avec une belle efficacité aux habits neufs du capitalisme et à cette logique que le Medef dit « entrepreneuriale ». Le titre intrigue : Violence des échanges en milieu tempéré. Il faut prendre « échanges » à son sens premier, il n'est question, dans ce premier film de Jean-Marc Moutout, que de facteurs économiques, du libre-échange tel que le capitalisme naissant l'a érigé en valeur cultuelle. Le titre n'en intrigue pas moins, par le mélange détonnant créé par la rencontre du premier mot (le substantif « violence ») avec le dernier (l'adjectif « tempéré »), l'articulation passant par la notion ambiguë de milieu, qui peut désigner un centre, un environnement géographique ou écologique, ou encore un groupe humain marginal, régi par sa propre loi, la célèbre « loi du Milieu ».

Violence des échanges trouve sa place au coeur d'un genre qui s'installe discrètement dans le cinéma français, dont la matière est le monde (le milieu ?) de l'entreprise. Rien à voir avec le film d'entreprise, catégorie qui existe depuis un demi-siècle et qui rassemble des films techniques ou documentaires produits par une grosse boîte (type Shell ou Péchiney) pour la plus grande gloire de cette boîte. Rien à voir non plus avec le film de lutte de classes. Les enjeux (dont le prolétariat a toutes les chances de faire les frais) se situent ici à l'intérieur des structures de décision, dans le monde des cadres et des patrons, voire dans l'espace quasi abstrait des multinationales. On se souvient, dans l'ordre de leur apparition, d'Extension du domaine de la lutte, en 1999 (adaptation lourde du premier roman de Houellebecq par Philippe Harel), et surtout des deux grands films de Laurent Cantet, Ressources humaines, en 2000, et l'Emploi du temps, en 2001. Vu sous un autre angle, Violence des échanges est aussi une sorte de roman d'initiation : un jeune, un mentor, un statut social à conquérir. (...)

Comme la pièce de titane (est-ce bien du titane ?), le film est pensé, tourné et monté avec une précision documentaire. Le travail des salariés existe, le travail du consultant existe, et le second travail est la destruction annoncée du premier. Je disais plus haut que ce type de film n'avait rien à voir avec la lutte de classes, j'avais tort : la lutte de classes est là, incontournable comme les dommages collatéraux de la guerre moderne. Le regard de Moutout est un regard juste. (...)

Source http://www.politis.fr/article815.html

" Petites natures mortes au travail" Editions Verticales, 123 pages, 85 francs.

Petites natures mortes au travail n'est ni un état des lieux de la précarité aujourd'hui, ni un recueil de fictions psychologiques ou surréalistes: il est tout ça à la fois. A 37 ans, l'auteur, Yves Pagès, a été tour à tour pion, veilleur de nuit, vendeur de glaces, animateur en banlieue rouge, auteur pour une compagnie de théâtre, comédien, magasinier, écrivain en résidence à la Villa Médicis à Rome, éditeur. Dans ces vingt-trois courts récits, les personnages sont pris dans leur rôle social, dans leur rapport à "l'oxygène en liquide" que constitue leur revenu, mais sans jamais se réduire à des stéréotypes.

Extrait d'ITW Propos recueillis par Mona Chollet et Thomas Lemahieu

"L'autre jour, sur France-Inter, vous disiez un truc intéressant : que, pour vous, le réel ne s'arrêtait pas à la table, au verre..., mais que le langage en faisait partie intégrante."

Y.P. : "Oui, bien sûr, sinon je n'écrirais pas de livres, d'ailleurs... Le langage a même un avantage sur les objets. Une table n'est pas porteuse de la mémoire de la table. Tandis que le mot "table"... Un mot a toutes sortes de dimensions, étymologiques, poétiques. Il porte une mémoire, il porte des potentialités. Les mots, c'est du réel; c'est la profondeur du réel. Le fait d'opposer la théorie et la pratique, la parlote et l'action, la parole et l'action musculaire, spectaculaire, c'est la continuation de la divergence de l'âme et du corps, c'est l'équivalent laïc de la métaphysique. Cela relève d'un énorme terrorisme. Pour le coup, c'est une aliénation qui a vraiment marché. Elle a fait d'énormes dégâts, dans la politique, dans les couples... Alors que les linguistes parlent bien d'"actes" de langage! Comme disaient les situationnistes: "Assez d'actes, des paroles!"

Source http://www.peripheries.net/default.htm

Publié par nova à 19:11:48 dans Trois jours avec Cassandre | Commentaires (0) |

Camouflages | 24 novembre 2005

Est-ce que le vêtement, anodin, banal, futile, deviendraît une des multiples formes d 'ancrage d'une certaine  résistance ?

Du camouflage total : comme pendant les manifs flash-Mob et interventions-performances de Génération Précaires, la coordination des stagiaires en colère...

http://www.generation-precaire.org/

Ou comme ces deux-là aux visages découverts et pourtant si secrètement cachés par l'énormité de leur simulacre : Andy Bichlbaum et Mike Bobanno, les fondateurs des Yes Men, un réseau d'activistes altermondialistes bourrés d'humour et d'audace. Un véritable spectacle, dans lequel on se déguise, on joue le rôle d'un autre, devant un public... Obligés, pour continuer à duper le monde, de changer constamment d'identité, de réinventer de nouvelles formes d'interventions, les Yes Men posent des questions passionnantes, notamment sur l'opportunité ou non d'utiliser les armes de l'ennemi...

http://www.theyesmen.org/

Ou comme à la télé, où les jeunes des cités, au moment des émeutes se câchaient sous des cagoules, abrités sous les capuches de leurs parkas, pour mieux les montrer  face caméra, aux yeux de tous, lors des longs moments d'attente et de flou dans les tribunaux à comparution immédiate, sans scrupules pour leurs familles inquiètes. Devant nous, téléspectateurs  étouffés d'images flamboyantes, seuls et troublés, souvent sans recul, face à cette nouvelle sorte de dommages collatéraux de la pensée unique, nous entraînant, dans ce flux d'images dans une gigantesque spirale du "vide"...

Publié par nova à 14:09:19 dans Zig Zag esthétique des résistances | Commentaires (0) |

Mon Paris Afrika | 25 octobre 2005

Des hommes,

des femmes,

des enfants sont aujourd'hui pourchassés,

traqués, empêchés de vivre.

Ce sont les sans-papiers,

fuyant misère et dictatures

souvent au péril de leur vie,

victimes de réseaux mafieux qui vivent de la fermeture de nos frontières.

Leur seul tort est de vouloir vivre à toute force et construire un avenir meilleur pour leurs enfants.

Publié par nova à 18:44:04 dans Mon Paris Afrika | Commentaires (0) |

Mon Paris Afrika | 25 octobre 2005

Paris 2005 : Incendies mortels

26 morts rue de Provence

2 morts rue de Pixéricourt,

17 morts boulevard Vincent Auriol,

7 morts rue du Roi Doré,

36 enfants décédés au total et des dizaines de blessés graves. Deux incendies font 24 victimes à Paris à quatre jours d'intervalle : des choix de société toujours plus meurtriers.

Est ravagé dans la soirée du lundi 30 août à Paris 3ème un immeuble situé rue du Roi-Doré après celui du boulevard Auriol survenu le jeudi précédent dans le 13è arrondissement.

Enfants séparés de leurs parents, expulsés de l'école, familles brûlées parce que leurs logements étaient dangereux et qu'on ne voulait pas les reloger.

Dire ces souffrances qui s'étalent dans nos villes, sur nos trottoirs ou dans nos écoles ?

Publié par nova à 18:42:29 dans Mon Paris Afrika | Commentaires (0) |

Mon Paris Afrika | 25 octobre 2005

Une pérennité des faits 

Politiques porteuses de désespoir,

de haine et de xénophobie,

pourtant tolérées même de ceux qui, par leur histoire ou leurs principes,

les étrangers en situation régulière sont victimes du même ostracisme,

associés insidieusement au terrorisme et à la délinquance.

et ces Français qui leur ressemblent subissant les mêmes choses, les mêmes violences ordinaires.

Publié par nova à 18:40:47 dans Mon Paris Afrika | Commentaires (0) |

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