" La rue, c'est pas jouer dedans ou dehors /// La rue, c'est ne pas jouer entre nous " Culture & banlieue, il a deux jours, une série de mails polémiques se répondent entre eux sur une liste. Hier, judicieusement, S. nous envoie en contrepoint des textes dont " Le Terrorisme Poétique" d'Hakim Bey .
Je ne l'avais jamais lu, çà m'a coupé le souffle. J'étais comme électrifiée ... Mon coté anar s'est réveillé d'un coup. Un enfantillage régressif... ! Ce texte a presque trop de goût, comme ces sucres en couleur qu'on mange dans les Luna Parks, ou ces bizarres bonbons japonais, trop de trop... Est-ce-qu'il n'est pas déjà un peu trop tard pour tout çà ?
Pourtant "TAZ", je connaissais de réputation ...Temporary Autonomous Zone ! Je n'avais jamais eu la curiosité d'aller voir ... C'est une zone à explorer avec prudence, mais quelquefois, çà émerveille des mots comme çà !
Texte intégral : http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html
J'ai trouvé ce bout d'interview de H. Bey dans l'émission Tracks d'Arte du 28/10/2004
http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/tracks/nav/675998.html
Avec son livre "TAZ", Hakim Bey est devenu un héros de la contre-culture. Altermondialistes, ravers, hackers et autres rebelles lui vouent un culte secret. Pour Bey, la révolution a déjà commencé (...)
Au début, en 85, il y eut un livre: "TAZ". C'était la première apparition d'Hakim Bey. TAZ a été traduit dans une douzaine de langues et s'est vendu à plus de 20 000 exemplaires. Sans compter la myriade d'éditions pirates distribuées sur le net, parce que tous les écrits d'Hakim Bey sont libres de droits.
Soufisme, utopies pirates, anarchisme, terrorisme poétique: Bey le prolifique a publié des dizaines d'essais. Hakim Bey vit à l'abri des medias. Et pour se protéger, il fixe ses propres règles à ceux qui veulent l'approcher.
Le Terrorisme Poétique par Hakim Bey
C'est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d'artifice tirés illégalement. L'art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu'un et rendez-le heureux. Prenez une personne au hasard et persuadez la qu'elle vient d'hériter d'une fortune colossale, inutile et surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d'extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.
Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publiques ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante...
Go naked for a sign.
Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n'y sont pas satisfaits.
Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide....
La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur - de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d'une découverte intuitive subite, d'une peur dadaesque - il n'est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu'il soit « signé » ou anonyme, car s'il ne change pas la vie de quelqu'un (hormis celle de l'artiste), il échoue.
Le Terrorisme Poétique n'est qu'un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n'a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d'art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.
Une séduction raffinée, menée non seulement dans l'optique d'une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle - pourrait être l'acte ultime de Terrorisme Poétique.
Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l'ombre dont le but n'est pas l'argent mais le changement.
Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d'autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l'art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.
Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre.
L'art est un crime, le crime est un art.
No Copyright © Hakim Bey (sans date) Publié en anglais sur le site Menphis Notebook en 2001.
Publié par nova à 17:10:50 dans Taz | Commentaires (0) | Permaliens
Cette drole de gamme "Passe-moi le Kärcher®".
crée par Joseph Heath et Andrew Potter
http://www.rebelsell.com/blog/
Très bonne image ou popularité excessive :
le look Sark'o'wear adopté Outre-Atlantique.
Qu'en pensent nos décideurs comme Friday Wear ?
sarkotees http://www.cafepress.com/rebelsell%20
Publié par nova à 16:33:02 dans Zig Zag esthétique des résistances | Commentaires (0) | Permaliens
L'art dans le travail, le travail dans l'art
Trois jours partagés à interroger la place de l'art dans le monde du travail et les représentations du monde du travail dans le champs artistique aves les Cassandre.
Restituer les quelques images mentales et vagabondes surgies de cette immersion, un rapide jeu de photo-montages à chaud voir album , comme pour rendre aux mots leur dû, juste des sensations, des questionnements et des doutes, et surtout un désir de ne pas cesser de chercher encore plus loin...
Cassandre, pourquoi ? Parce que Cassandre est un personnage de la tragédie grecque, mère de notre théâtre...
parce que Cassandre est celle qui annonce l'avenir et que personne ne croit... ! N.C.
mailto: cassandre@horschamp.org http://horschamp.org/
Depuis plus de deux ans, Cassandre/HORSCHAMP est installé avec la revue et le pôle-ressources art/société à la Cité européenne des Récollets, au couvent du même nom dans le Xème arrondissement de Paris, où son équipe a mené et mène des actions passionnantes.
De ces trois jours, le souvenir amusé d'une intrusion dans l'entre-soi : la présence imperturbable et glissante d'un mec d'Accés Local, l'art au service de la grande entreprise, sorte de "réparateur multi-services", armé d'une "boite à outils fonctionnelle et décalée", objet utilitaire né dans une friche de copulations collectives. Pathétique Faust post-moderne, il nous a fait la démonstration navrante et salutaire de ce que peut devenir un artiste en travailleur. Pourtant, plus sérieusement, il nous oblige surtout à réinterroger l'endroit où l'on se place face à l'argent dans l'art. Jusqu'où faut-il aller face à la nécessité de survivre ?
"Histoire du Docteur Faust : le fameux magicien et maître de l'art ténébreux, comme il se vendit au diable pour un temps marqué, quelles furent, pendant ce temps-là, les étranges aventures dont il fut témoin ou qu'il réalisa et pratiqua lui-même, jusqu'à ce qu'enfin il reçut sa récompense bien méritée. Recueillie surtout de ses propres écrits qu'il a laissés comme un terrible exemple et une utile leçon à tous les hommes arrogants, insolents et athées."
Publié par nova à 19:39:33 dans Trois jours avec Cassandre | Commentaires (0) | Permaliens
Quand la question est : l'artiste en travailleur ?
Face à la souffrance ordinaire du monde, on est AVEC. On est pas des Naturalistes ! Faire en sorte que quelque chose advienne ! çà a quelque chose à voir avec çà l'art : une traversée consciente, active et radicale !
"C'est en effet que l'art brut, la sauvagerie, la liberté, ne doivent pas se concevoir comme des lieux, ni surtout des lieux fixes, mais comme des directions, des aspirations, des tendances. En suite de quoi deux différents marcheurs peuvent bien se trouver par occasion dans un même lieu sans qu'il y ait pour cela raison d'assimiler leurs positions, dès lors que les directions dans lesquelles ils marchent sont opposées. "
Jean Dubuffet Asphyxiante Culture (J.J. Pauvert 1968, p. 112)
Publié par nova à 19:36:55 dans Trois jours avec Cassandre | Commentaires (0) | Permaliens
Quand les questions sont : quelles sont aujourd'hui nos représentations du monde du travail ? et le monde ouvrier ? et le rôle de l'art dans ces représentations ?
Comme dire le monde de tous... ! Travail, emploi, profession,souffrance, conflit,affrontement, çà fait l'existence...!
Fragment d'un monde inconnu
François Bon, novembre 2005 ,notre quatrième rencontre avec le groupe d'apprentis mécaniciens du Cifap Pantin.
Extrait : (...) Ce sera une séance magique, parce que les garçons ont pris leurs marques dans la bibliothèque. Chacun s'installe à la table de la fois précédente, ils se sont répartis dans tout l'espace, et c'est pour nous déjà un acquis : on est seul ou avec deux ou trois copains, mais on respecte l'espace et le temps de l'autre.
Et tout le monde écrira. Avec Pierre-Jean Mazel et Marie-Pierre Dégéa, qui coordonne ma résidence côté bibliothèque, nous passons parmi les groupes, et relayons les phrases écrites par les compléments parlés.
Il y a par exemple le fait de ne rien posséder : on va dehors.
Il y a les coins refuge : la chambre, ou ce garage dont on a la clé.
Il y a les symboliques qu'il nous appartient de faire émerger via la lange pour rétablir ce lien de la langue et du réel. Il ne nous appartient pas de décider que ces symboles sont la carte bleue, le téléphone portable ou la Playstation. Ce qui est de notre responsabilité, c'est de partager avec eux ce qu'apporte la langue quand elle nomme, et d'abord cette reconnaissance symbolique.
Et paradoxe éternel de l'atelier : on travaille sur les objets, il y a une contrainte formelle précise, mais maintenant que la confiance est établie l'écriture recueille bien au-delà. Elle accueille ce qu'on porte de souffrance, qui est lié intimement au parcours scolaire et ce qui vous a mené là, elle porte ces phrases inimaginables et de syntaxe très précise : « jamais été assez tendre » et le rôle ici décalé de l'adverbe.
Moi j'y apprends autre chose : un monde invisible. Le monde inaccessible. Le monde qui se superpose au nôtre et que nous n'avons pas encore appris à reconnaître. Et tant que ces mondes se superposent sans que la langue les relie l'un à l'autre, la friction sera violente. Ainsi ces rituels établis dans toutes les villes du pays, les brefs « runs » sur les parkings de supermarché, rituel d'affrontement ancestral, et reprise de possession du territoire éclaté de la ville. Le retour de la mosquée, quand il n'y a plus de bus ou que le reste de la ville fait la fête. Les fêtes technos et la pression que mettent sur vous les revendeurs de marchandises illicites, auxquels on résiste.
Aujourd'hui, nous savons pourquoi nous sommes ici, eux comme nous, ensemble.
F. Bon 19/11/05 ( extraits : les textes bien sûr sont anonymes )
http://www.tierslivre.net/
Publié par nova à 19:29:32 dans Trois jours avec Cassandre | Commentaires (0) | Permaliens
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