
Voici un texte de Jacques SALOME (un peu long certes mais qui mérite vraiment d'être lu et relu) et qui a remué en moi un grand nombre de vérités.
J'ai voulu le partager ici tant il est impressionnant par les messages quil traduit.
Puisse-t-il permettre à ceux qui doutent (comme il m'arrive encore parfois un peu) de trouver la compréhension de leurs maux et l'apaisement dans leur cœur.
SARAH
Il était une fois une ex-petite fille devenue femme qui, arrivant au mitan de sa vie, sentit un matin qu'elle avait sur le côté gauche, à l'intérieur de sa poitrine, une boule qui paraissait très dure. Chez son docteur, elle découvrit qu'elle portait dans son sein une espèce d'agglomérat de cellules anarchiques qui ne lui appartenaient pas réellement, mais qui s'étaient installées là, comme si elles étaient chez elles pour toujours !
Ce qui arrive dans ces cas-là, c'est qu'on trouve toujours un médecin et un chirurgien pour enlever ces cellules et débarrasser celui qui les porte de ce fardeau. Cette opération est très souvent une réussite, pour le plus grand soulagement de celui ou de celle qui les portait dans son corps, bien malgré lui. Pour son entourage aussi, qui se sent soulagé. Et pour la plupart des protagonistes d'une telle aventure, on en reste là... On dit lorsqu'on est guéri qu'il y a eu une rémission. On entend dire : « Je me suis débarrassé de mon cancer en six mois ! », « Heureusement que cette saloperie a disparu : », « J'ai eu un cancer mais je me suis battu, j'ai réussi à le supprimer », « Aujourd'hui il est complètement parti ! »... Mais, par la suite, il reste souvent une inquiétude diffuse, le sentiment qu'une menace plane toujours que peut-être ce foutu cancer pourrait revenir, se réinstaller, occuper à nouveau les lieux...
Ceux ou celles qui ont entrepris une démarche d'éveil, de prise de conscience, un travail sur soi, pour pouvoir accéder au meilleur d'eux-mêmes, pour mieux se respecter, mieux se définir ou mieux se positionner face à cet intrus qu'on appelle le cancer, savent que les maladies sont des langages. Que l'arrivée d'un cancer peut être entendue comme une sorte de message envoyé à ceux qui le portent. Ceux-là utilisent parfois un objet symbolique qui représentera leur maladie. Pour pouvoir non seulement se différencier d'elle : « Il y a mon cancer et moi, et je ne veux pas être confondu avec lui », mais aussi pour l'écouter, pour tenter un dialogue (toujours symbolique bien sur, mais réel tout de même) avec cet intrus qui habite leur corps.
« Je ne sais ce que tu cherches à me faire découvrir, mais cela doit être suffisamment important pour que tu tentes de me le faire entendre ainsi, avec autant de souffrance et de violence ! ». Dialoguer, échanger avec son cancer, pour oser entendre ce que cette maladie (mal-à-dit) avait à nous rappeler, à nous transmettre comme message important. Vous allez me faire remarquer que « quand on sert » ce n'est pas pareil que « quand on serre » ! Et vous aurez tout à fait raison ! Les cancers ont non seulement des origines très diverses, mais aussi un sens particulier dans l'histoire de chacun.
L'intérêt d'un travail personnel sera de rechercher, d'écouter le sens possible de l'intrusion d'un cancer dans sa vie. Peut-être que cette femme qui a passé l'essentiel de sa vie à servir les autres, à se nier pour répondre à tous leurs besoins et désirs, a-t-elle trop nié, étouffé ses véritables désirs, en satisfaisant ceux des autres, très tôt ceux de ses parents, puis plus tard ceux de ses proches, de son partenaire, de ses enfants... Bref, en ayant vécu une vie de vaillant petit soldat toujours en première ligne pour faire face à tous les problèmes présentés par les autres, mais en oubliant ou en niant les siens. Peut-être aussi cet homme habité par un cancer a-t-il maltraité les sentiments amoureux qu'il avait encore pour une qui l'avait quitté. Ou encore a-t-il accepté de suivre la voie professionnelle imposée par son père. Ou bien cette femme a-t-elle subi dans son enfance un abus sexuel dont elle n'a jamais pu parler et qui tente aujourd'hui de se crier avec un cancer. Est-ce ce harcèlement subi en silence, durant des années au bureau de la part d'un chef de service pervers ? Est-ce la pression permanente d'un partenaire conjugal jaloux, possessif, vindicatif ?
Nous pouvons imaginer aussi le corps aliéné de certaines personnes qui ont sacrifié leur vie, en se mettant au service des autres. De femmes, en particulier, entièrement vouées à un mari, à un père, à une mère ou dépendantes de missions à accomplir et dont le corps va se réveiller et dire à sa façon une révolte trop longtemps contenue. Car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, avoir un cancer c'est avoir le droit de se plaindre, de réclamer que l'on s'occupe enfin de nous.
Je ne sais si chaque cancer s'organise chaque fois autour de tels schémas, mais je sais que tout cela est plausible, car chaque histoire est unique. Et même s'il faut se garder de généraliser de faire des amalgames inconsidérés sur le surgissement d'un cancer dans l'histoire d'une personne, il est important d'être à l'écoute du sens qu'il a. Ce que je crois savoir, c'est que le seul fait de pouvoir symboliser, de représenter sa maladie par un objet auquel on va donner des soins, une attention particulière, faire des cadeaux -une rose, un air de Mozart, une promenade au borde de la mer pour lui montrer le soleil couchant sur les vagues, la lecture de poèmes-, tout cela, donc, modifie totalement son propre regard, son écoute sur la maladie et la façon dont on peut l'accompagner, non seulement avec un traitement médicamenteux ou chirurgical, mais également par des soins relationnels.
Je ne sais pas ce que feront l'une et l'autre de ces personnes, cela leur appartient. Je voudrais simplement leur rappeler ce que ma grand-mère disait : « Ce n'est pas ce qui nous arrive qui est important, mais la façon dont nous nous situons vis-à-vis de ce qui nous arrive et ce que nous en faisons... »
Je peux ainsi souhaiter une belle vie à ceux qui sont porteurs d'un cancer, s'ils acceptent d'écouter et d'entendre ce que tentent de dire, de crier, de hurler ces cellules malignes qui s'imposent en eux avec autant de force et de subtilité.
Jacques SALOME
Publié par SARAH33 à 21:45:18 dans SARAH | Commentaires (53) | Permaliens

"J'ai découvert que mon trésor est dans mon coeur, et que le bonheur est dans le regard que l'on porte sur ce qui nous entoure ou nous advient.
Il m'est apparu le lien subtil entre les sentiments qui nous habitent et les événements qui nous adviennent.
J'avais une source vive en moi, et je ne le savais pas...
Tout est signe, même les choses que nous ne voyons pas :
Il y a en nous une source cachée comme il en a sous la terre ; aussi importe-t-il d'être jardinier-en-son-royaume et bons sourciers,
pour libérer en nous cette surabondance de vie et faire fleurir en soi et autour de soi,
y compris les printemps que l'on ne verra pas"
F. GARAGNON
Que ce bonheur, qui est le mien, me permette de faire fleurir un peu chaque jour,
les petites graines d'amour qu'il me plait de semer dans vos coeurs.
Très belle journée à toutes mes petites fées et mes petits anges.
SARAH
Publié par SARAH33 à 07:28:39 dans SARAH | Commentaires (14) | Permaliens

Message pour le Petit Oiseau de TB... LIGHT
J'espère que vous pourrez boire très bientôt
tous les deux le champagne....
Très bon anniversaire (à l'adorateur du Petit Prince !)
SARAH
Publié par SARAH33 à 18:30:09 dans SARAH | Commentaires (10) | Permaliens

Message pour la petite Reine de TB...LIGHT
Je te souhaite un très très bel anniversaire
et en cadeau je t'envoie dix mille poutoux
SARAH
Publié par SARAH33 à 18:26:54 dans SARAH | Commentaires (6) | Permaliens

Les jours passent et ne se ressemblent pas.... Hier, j'ai rencontré un ange en blouse blanche ; aujourd'hui j'ai rencontré un abruti... On dit souvent qu'il faut de tout pour faire un monde, mais il est vrai que dans le monde que je côtoie depuis quelques semaines, j'aimerais croire qu'il n'existe que des anges...
Il n'y a rien de plus désagréable qu'une personne qui ne vous regarde plus comme un être humain mais comme une « pathologie » mais je suis entrain de laisser parler « ma contrariété » comme dirait un ami et je ferais une grossière erreur en donnant la primeur à « l'abruti » pour commencer mon article.
Je reviendrai sur « sa petite personne » un peu plus loin, avant je me dois surtout de parler de cet ange à la blouse blanche que j'ai revu hier.
Retour donc hier dans le monde des hôpitaux où j'ai revu, cette fois, non pas au bloc mais en consultation externe le chirurgien qui m'a opérée de mon cancer.
Toujours aussi calme, apaisant, souriant. Il aurait pu avant tout bader devant son « travail » qu'il a parfaitement réussi, même si il est difficile pour une femme d'avoir l'impression d'être un peu « mutilée ». Mais avant toute chose, il a pris le temps de se préoccuper simplement... de moi.
Son regard est tranquillisant et cet ange là, a la capacité de savoir lire dans les yeux. Avant de se préoccuper des cicatrices du corps, il se préoccupe des cicatrices du cœur....
C'est après seulement, une fois qu'il s'est assuré que j'étais « apte » à entendre qu'il a commencé à parler de l'anapath... Plusieurs pages écrites dans un jargon incompréhensible, avec des mesures, des sigles et une conclusion tout aussi incompréhensible...
Et là, j'ai eu l'impression d'être à la fac devant un prof qui reprenait le document chapitre par chapitre et décortiquait en terme très clair les analyses qui avaient été faites sur ma tumeur et mes ganglions.
Il a pris le temps de m'expliquer ce « langage crypté » tant et si bien que je n'avais plus aucune question à lui poser à la fin de son exposé fabuleusement réussi.
Pas un seul instant, il n'a banalisé ce cancer (j'ai encore du mal à dire « mon »...) mais il a su simplement en parler d'une façon à la fois directe mais rassurante. Avant de me laisser partir, il n'a pas hésité à me convier à l'appeler au moindre doute, au moindre souci ; et quand il m'a serré la main en me souhaitant bon courage avec un sourire véritablement d'ange, je n'ai pas résisté au plaisir de lui faire deux gros bisous et là, j'ai vu un petit ange aux yeux rieurs...
En sortant, ma fille Ninie qui était encore ce jour là à mes côtés, m'a dit : « J'étais certaine que tu allais me la faire celle là !! ».... Ben voui, j'ai eu envie de lui faire deux gros bisous parce que je pense qu'il est parfois très ingrat d'être un petit ange en blouse blanche. Il méritait bien que je lui porte une marque d'affection venant de mon petit cœur...
Aujourd'hui, rencontre avec le radiothérapeute. En fait, sa place n'est pas sur terre. Il devrait travailler avec Saint Pierre et prendre Dieu comme son sous fifre car en fait, DIEU : c'est Lui !!
Et moi ? Moi, je n'étais pas une femme devant lui mais une menace de métastase persistante qu'il fallait rayonner. Je n'ai pas eu un instant l'impression d'être un être humain. Au niveau dépersonnalisation, cet homme là est au top. Il a du très tôt déchiré la page du dictionnaire qui portait la définition de l'humilité. Bref, après s'être assuré de bien expliqué qu'il connaissait tout et tout le monde, il a invité la chose (moi, en l'occurrence) a attendre dans une salle d'attente qui ressemblait plus a un boudoir de funérarium. Ensuite une manipulatrice radio est venue chercher le truc (toujours moi), l'a installé sur une table (la table du bloc était encore plus confortable) et a positionné la poupée de chiffon (encore moi), le bras en l'air, la tête à droite... Tout cela sans un mot. Puis une machine s'est mise à tourner autour de moi, puis s'est stoppée, il y avait des graduations dessus, des lignes rouges, vertes. Une autre manipulatrice est arrivée. Elles ont discuté ensemble. La chose était posée là, toujours le bras en l'air, la tête tournée. Dieu (enfin, le radiothérapeute) est rentré alors dans la pièce, comme un diable sortant de sa boite (lui au moins, je pense qu'il est attaqué méchamment par les rayons) (enfin, une chose est certaine, il va nous faire un infarctus d'ici peu), s'est penché sur le truc (toujours moi en l'occurrence) en vérifiant que les mesures avaient bien été prises. Après quoi, on a demandé au truc de se rhabiller, de changer de pièce, de se re déshabiller, de s'installer pour le scanner (aller-retour sous la machine ; trop cool j'avais l'impression avec les petits faisceaux rouges de me transformer en E.T) et toujours sans un mot la manipulatrice est venue me faire trois petits tatouages pour finir les repères et au lieu de me faire trois petits points de marquage, je suis ressortie avec trois patés (rajouté au bleu de méthylène qui m'a été injecté pendant l'intervention et qui devrait (ouf !) se résorber dans les mois à venir), j'ai l'impression ce soir de ressembler à une véritable stroumfette.
« rhabillez vous ; vous pourrez revenir mardi prochain pour votre première séance de rayon ».... WHAOUU : la manipulatrice avait enfin parlé à la chose !
Et voilà, c'est ainsi que vous vous retrouvez dehors, en vous demandant où vous habitez et si vous êtes sur terre.
Et Dieu ? Eh bien je ne l'ai pas revu.... Il était presque 13h...Si l'estomac gère les hommes, il doit aussi gérer les Dieux...
POUTOUX A TOUS (sauf à ce Dieu là)
SARAH
Publié par SARAH33 à 21:11:39 dans SARAH | Commentaires (18) | Permaliens
Depuis le 30-05-2005 :
279117 visiteurs
Depuis le début du mois :
6789 visiteurs
Billets :
254 billets
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |