Publié par SARAH33 à 19:47:36 dans SARAH | Commentaires (47) | Permaliens

« Ça serait bien si je pouvais m'évaporer, pfff ! ...comme ça, dans l'infini...
Je prendrais la forme d'un sourire, et j'irais me poser sur les lèvres de quelqu' un de très triste.
Je prendrais le son d'un rire, et j'irais le faire éclater au milieu d'une table d'amis.
Je prendrais la saveur d'un baiser, et j'irais me cacher tout au fond du cœur des amoureux.
J'irais voir les gens compliqués, je monterais par l'échelle jusqu'au subconscient du troisième étage, et je leur chuchoterais :
« Profite de la vie ! Elle est trop courte pour la vivre à moitié... C'est aujourd'hui que tu dois être heureux... Ici et maintenant ! CARPE DIEM ! CARPE DIEM... »
Et ça leur résonnerait dans la tête, encore et encore.
Et moi, je leur déverrouillerais les portes, je les aiderais à délabyrinther pour pas qu'il s'enferment à l'intérieur d'eux-mêmes, je secouerais le p'tit bonhomme ou la p'tite bonne femme qui dort tout au fond d'eux, je leur apprendrais à oublier les problèmes qu'ils s'inventent, je les obligerais à regarder la lumière pour pas qu'ils restent tout seuls dans le noir...
J'arriverai à leur faire briller les yeux, j'y arriverai !... La vie, ils voudront la croquer comme une pomme, mais il faudra d'abord qu'ils montent tout au sommet de la montagne, pour la mériter, pour mériter sa pleine saveur »
Jade et les sacrés mystères de la vie par F. GARAGNON
"J'arriverai à leur faire briller les yeux, j'y arriverai !... " ....c'est toujours un espoir très cher à mon coeur pour ceux qui me lisent ici...
Douce soirée à tous.
SARAH
Publié par SARAH33 à 20:27:54 dans SARAH | Commentaires (58) | Permaliens

Quand l'été a disparu ,
Quand le temps s'en est allé
Du côté des saisons mortes,
On ne peut que soupirer.......
Mais pour revivre un jour l'été,
Lorsque l'hiver s'est installé,
Et que votre coeur s'est glacé,
Il faut aimer,
Aimer la vie, aimer les fleurs
Aimer les rires, aimer les pleurs,
Aimer le jour, aimer la nuit,
Aimer le soleil et la pluie,
Aimer l'hiver, aimer le vent,
Aimer les villes et les champs,
Aimer la mer, aimer le feu,
Aimer la terre pour être heureux.
Jacques Demi
Publié par SARAH33 à 17:52:26 dans SARAH | Commentaires (12) | Permaliens
Vendredi dernier .... Une musique partagée avec Ma Moune et puis cette phrase, d'une petite Reine embarquée dans une galère, qui me suggère de bien écouter les paroles car elles semblent écrites pour moi....Une belle émotion partagée avec tous ceux qui me suivent ici... Je pense que ces paroles peuvent aussi apporter à mes petites fées un souffle d'espoir... Gros bisous du plus profond de mon coeur. SARAH
Refrain :
On vit tous à la recherche de gloire
C'est la ruée vers l'or, échapper au quotidien
Publié par SARAH33 à 17:25:12 dans SARAH | Commentaires (18) | Permaliens

Troisième semaine de radiothérapie. Je commence à prendre du recul dans ce monde un peu trop triste, un peu trop sombre où les sourires n'existent pas. Pourtant, je me rends là bas chaque jour pour mener mon combat mais le personnel qui vous reçoit avec une tête d'enterrement ne peut que vous ramener à l'idée de cette fausse conclusion que le cancer est relié à l'idée de mort. Pourtant, je ne vais pas là bas pour mourir mais pour VIVRE. Quel travail à faire sur soi pour surmonter l'image que l'on vous renvoie....
Mais aujourd'hui j'ai eu le droit à deux grands rayons de soleil.... Le plus joli rayon, ce fut ma fille Ninie qui m'a rejoint au centre et qui pour fêter la fin de cette troisième semaine, avait apporté pour moi et Maryline qui m'accompagne chaque jour, un petit cadeau à chacune de nous ! Des supers chocolats fins et une plaquette de chocolat parfumée aux pétales de rose...!! Du magnésium pour nous aider à tenir le rythme !! Ninie a toujours un petit air malice quand elle offre ses cadeaux ; on dirait à chaque fois, qu'elle a mis son cœur en paquet et qu'elle nous l'offre.
Nous avons donc été avec ma fille dans la salle d'attente. Morbide cette salle d'attente. Pas une fenêtre ; on se croirait dans une antichambre funéraire. A chaque fois, ce qui me fait froid dans le dos, ce sont ces prospectus posés juste à côté du dernier Paris Match ou Marie-Claire. Des prospectus sur un magasin proposant des perruques et des faux sourcils... Toujours cette déshumanisation. Ne serait-il pas plus « humain » de remettre en main propre ce style de publicité aux personnes concernées ??
Pour mettre un peu de dérision, nous avions décidé avec Ninie que j'irai faire mes rayons avec ma poche de chocolats, histoire juste de les faire tous baver, à défaut de les faire sourire.... Et c'est exactement ce que j'ai fait...
En sortant de ma séance de rayon, la manipulatrice me signale que j'ai rendez vous avec le cancérologue (l'abruti : cf. mon article du 15 janvier : rencontre !!). Un peu cynique je lui dis que je suis contente de l'apprendre car personne ne m'avait signalé ce rendez vous...
Nous voici donc avec ma fille, changeant de salle d'attente. Celle là, plus ensoleillée, plus accueillante : Normale, nous passons de l'univers des malades à l'univers des médecins. Je sens Ninie un peu tendue. Elle connaît les réactions de sa Maman. Du reste nous fusionnons tant que nous avons les mêmes réactions épidermiques l'une comme l'autre. Elle me demande de rester « zen »... Le docteur nous invite à rentrer dans son agréable bureau. Je le trouve beaucoup moins « agressif » que lors de notre premier et seul entretien mais cette fois, c'est moi qui me prépare à lui rendre « la monnaie de sa pièce ». Je ne souhaite pas de conflit ; toujours beaucoup d'élégance dans mes formulations mais je sais d'avance que je serais aussi glaciale qu'il le fut la première fois... Il me demande si les rayons se passent bien. Je lui réponds juste que je prends cela comme des séances d'UV. Bien, il sourit en pensant certainement : « ouf, une pleureuse de moins ». Puis il commence à farfouiller dans mon dossier : « voyons... donc nous sommes à mi-traitement... Y-a-t-il une hormonothérapie de mise en place ? »....
C'était le justement le sujet qu'il ne fallait pas aborder et je l'attendais depuis trois semaines au virage. Depuis ce foutu premier entretien où il m'avait expliqué le nombre de séances de rayon et que j'aurais après, un traitement d'hormonothérapie que je devrais prendre par la suite pendant 5 ans. Je lui avais juste expliqué ce jour là que mon chirurgien m'avait dit que l'hormonothérapie était sans effet sur des personnes de mon âge, avec bien trop d'effets secondaires. Aller à l'encontre de son « savoir » l'avait mis hors de lui. Il m'avait juste dit ce jour là de demander à mon chirurgien de s'occuper de ses bistouris et de reprendre ses cours et tout en frappant furieusement sur son bureau avait rajouté : « et vous n'y dérogerez pas ».... Mais voilà, je ne suis pas un mouton de panurge et je ne vois pas en lui un Dieu... Je crois qu'il ne s'en était pas aperçu ce jour là.
Pendant qu'il était entrain de chercher dans mon dossier si une prescription d'hormonothérapie avait déjà été mise en place, je lui ai juste dit (bon, un peu froidement) : « je vais vous éviter des souffrances. Sachez, que je ne veux jamais entendre parler d'hormonothérapie ». Il a levé les yeux de son dossier, certainement très étonné que l'on puisse aller à l'encontre de sa décision et me dit : « donc, ce n'est pas la peine que je cherche dans votre dossier »... « Non, Monsieur, vous perdez votre temps ».
Un ange passa. J'ai eu l'impression que Ninie avait cessé de respirer. Puis pour casser le froid de l'ambiance, il a juste rajouté : « bien, je vois que nous avons un joli soleil, le week promet d'être agréable »...
Il s'est levé et en me quittant m'a juste demandé si je n'avais aucun problème d'insomnie ou de moral et je lui ai juste répondu avec un grand sourire : « aucunement, je continue à vivre MA vie... ».
Il a regardé ma fille qui a juste rajouté : « je crois que vous avez là, une patiente qui se prend en charge ». Il a juste acquiescé ....
Voilà, aujourd'hui je suis rentrée très soulagée. J'avais besoin de dire. D'exprimer ma position, car j'ai le droit d'opter pour mon choix. Je voulais que tout se règle sans conflit, sans effusion de paroles glaciales et emportées. Dans un conflit, on essaie toujours de prouver à l'autre ses torts. Ce n'est pas ce que je souhaitais. Je voulais juste exprimer MON choix, car après tout c'est MON combat et j'ai le droit de le mener comme je l'entends et non comme on souhaite me l'imposer.
Publié par SARAH33 à 20:06:29 dans SARAH | Commentaires (27) | Permaliens
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