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Angel Angst

Je veux croire en des choses qui ne se touchent pas...

Si on me touche, je n'existe plus | 04 novembre 2005

Donna Williams "si on me touche, je n'existe plus"

Dans cette pièce aveugle où tu t'es cachée
En compagnie des ombres,
Tu sais qu'ILS ne t'oublient pas
et qu'ils viendront te chercher.
Ne demande pas pourquoi tu as le coeur brisé,
Ravale tes larmes et relève-toi.

Tu regardes l'autre monde passer
Du monde sous verre qui est le tien,
Et tu te crois en sécurité
Toi que personne ne peut toucher
Mais prends garde, il souffle un vent glacé
Dans les profondeurs de ton âme,
Et il sera déjà trop tard
Quand tu te croiras hors d'atteinte.

Fuis, ne t'arrête pas même si tu trébuches.
Contente-toi d'un signe d'adieu quand on passe près de toi.
Tous ces gens qui te sourient,
Et te prennent pour une enfant,
Ne songent même pas au mal qu'ils t'ont fait
Quand ils te voient pleurer.

Alors, suis ce conseil, crois-en un expert.
N'y réfléchis pas à deux fois, mais ouvre tes oreilles :
Cours te cacher dans les recoins de ton âme,
Retrouve la solitude,
Toi qui n'es personne nulle part.

Publié par angelangst à 23:48:12 dans Poèmes, Textes | Commentaires (0) |

Mélange présent / passé : | 04 novembre 2005

Aujourd'hui, je vais chercher mon petit frère à l'école. En maternelle. Dans la même école que la mienne à son âge. Direction sa classe : une petite fille métisse commence a crier son prénom. Elle le prend dans ses bras et lui fait un gros bisou. Je trouve ça très mimi.
Je me rappelle que mon premier petit copain à la maternelle était aussi un petit métis. Il m'attendait toujours pour se rendre à l'école. Je le sais car ma mère me la déjà raconté.
J'ai l'impression d'avoir des images dans ma tête. Toutefois, je pense que ce ne sont pas les vrais. Je m'invente des faux souvenirs car je n'arrive plus à avoir mes vrais souvenirs d'enfances. Ils se sont effacés.

En tout cas, je trouve que mon petit frère a beaucoup de points communs avec moi : il est né le même jour que moi, il a un côté impulsif qui me ressemblait beaucoup à l'époque etc...
Hier, il a vu une photo de moi petite et il m'a dit : « oh, c'est Lilian » en souriant. Il est trop chou.

Et moi, je me répète tout bas que je ferai tout ce que je peux pour qu'il ne connaisse pas ce que j'ai vécue. Pour qu'il s'accepte vraiment, pour qu'il vive sa vie à fond sans se faire du mal. Je veux me débrouiller pour qu'il soit heureux. Je ferai tout ce que je peux. Vraiment.
En maternelle, je n'avais pas de complexes, je vivais ma vie comme je l'entendais. Tout a tellement changé...A présent, rien est simple. Je complique tout. Involontairement.

J'aimerai aussi profondément que mes amis s'aiment comme ils sont. Malheureusement, j'ai l'impression encore une fois d'être impuissante face à tout ça. Je peux les écouter, les comprendre, essayer de leur montrer qu'ils se trompent sur eux-mêmes...Mais, je sais que ce n'est pas pour ça qu'ils se sentiront mieux... En tout cas, j'espère vraiment qu'ils y arriveront, et, le plus vite possible. Sincèrement.

"L'instant est béni. Tout le reste est souvenir." Jim Morrison.

Publié par angelangst à 23:47:31 dans Angel Angst | Commentaires (0) |

Elle deviendra ce qu'elle voudra...(Justine / Indochine) | 04 novembre 2005

Elle deviendra ce qu'elle voudra...(Justine / Indochine)
Justine s'initie au secret
Une fleur dans la bouche
Elle entrevoit sa destinée
Justine qui se couche
Elle s'ennuie à trembler les sourds
Et compte les abattus du jour tout bas
Justine touche l'émoi
Justine obéit
Aurait elle trahi ou subi
Justine saignera
Une lueur rouge caresse son corps
Ce n'est rien juste qu'une petite mort
Et c'est ici que tout finira
Au paradis elle aura tout ce qu'elle voudra
Par ici plus personne ne sait couvrir ses plaies
Elle sacrifie toutes ses envies à l'infini
Elle dort comme un château hanté
Justine qui se doute qu'un prince viendra la réveiller
Justine qui attend
Elle deviendra ce qu'elle voudra
Une fée, un ange, n'importe quoi et c'est ici que tout finira
Au paradis, elle aura ce qu'elle voudra
Par ici plus personne ne sait couvrir ses plaies
Elle sacrifie toutes ses envies à l'infini
Et c'est ici que tout finira
Au paradis, elle aura ce qu'elle voudra
Elle deviendra ce qu'elle voudra
Là-bas une fée, un ange, n'importe quoi ce qu'elle voudra...

Publié par angelangst à 22:10:19 dans Poèmes, Textes | Commentaires (0) |

Vis ma vie d'anorexique (chez moi durant les vacances) 2ème partie. | 04 novembre 2005

Tes parents te félicitent de prendre enfin soin de toi. Bien sûr, ils ne sont pas au courant de tout. Ils ne savent pas que tu n'as presque pas dormie, ils ne savent pas que tu n'as rien avalé de la journée, ils ne savent pas que tu as fait autant de sport pendant leur absence, ils ne savent pas à quel point tu ne sens plus tes jambes (ou au contraire trop) etc...

Ta mère te demande ce que tu veux manger. Tu lui réponds que tu n'as vraiment pas faim. Tu n'as jamais faim après le sport. Ils le savent. Ils ne s'inquiètent donc pas. Toutefois, tes parents t'obligeront à manger un peu. Une fois ton assiette à table. Tu te débrouilles pour retourner dans la cuisine. Tu prends une feuille de sopalin afin d'éliminer toute l'huile de la nourriture que tu peux. Tu reviens à table comme si de rien était. Tu manges ton plat avec un certain dégoût. Tu ne veux pas t'avouer que tu en ressens un certain plaisir. Tu ne veux pas l'apprécier. Tu ne penses qu'aux nombres de calories ingurgiter. Demain, tu devras en faire encore + pour les perdre.

D'ailleurs, tout ce qui vient de l'extérieur te dégoûte : tu ne supportes plus le moindre contact sur ta peau (à part de la nature), tu ne supportes plus la nourriture, tu ne supportes plus la moindre affection à ton égard (tu les trouves d'une profonde hypocrisie), tu ne supportes plus le regard des autres. Tu ne supportes plus cette vie. Tu veux mourir. Tu veux vivre. Ailleurs.

D'ailleurs, tu te fais souvent engueulée par ta mère. Tu ne l'embrasses jamais pour lui dire bonjour. Elle te répète que tu ne l'aimes pas. Elle te répète que tu es gentille que lorsque tu as besoin d'elle. Tu ne peux pas lui expliquer que le moindre contact t'effraie. Tu ne peux pas lui expliquer que tu es tout simplement incapable de l'embrasser. Tu cries. Elle crie. Tu attends d'être dans ta chambre pour t'effondrer et te traiter de tout les noms. En silence.

Tes parents te répètent souvent que tu as mauvais caractère. Tu t'énerves pour un rien. Ils te demandent d'arrêter de crier. Ils te demandent d'être de meilleure humeur. Ils ne comprennent donc pas que tu fais déjà un effort insurmontable pour ne pas t'effondrer. Pour ne pas pleurer toutes les larmes de ton corps. D'ailleurs, Tu essaies un maximum de ne pas le montrer. Tu essaies de sourire. Tu ris souvent à l'excès sans raison apparente. Toutefois, tu t'énerves aussi souvent à cause de ton côté impulsif. Tu ne sais pas exprimer tes maux par des mots. Tu caches ton corps qui est ton seul moyen d'expression. Il ne te reste plus qu'à crier pour un rien afin qu'on te montre un certain intérêt. Tu es incomprise. Tu détestes la vie. Tu l'envies.

Tu sors de table. Tu reprends une douche et l'ensemble du rituel. Parfois, ta mère te répète que tu es totalement tarée. Oui. Tu enfiles un sweat pour dormir. On se trouve pourtant en plein milieu de l'été. Tu ne comprends même plus pourquoi c'est aberrant. Tu te couches le plus tard possible. Si tu en sens encore la force, tu feras quelques pompes avant d'aller au lit. Tu ressens l'ensemble de ton corps. Tu souffres. Tu ressens les restes de ta journée. Tu as mal. Tu en ressens aussi un certain plaisir. Tu entretiens une relation masochiste avec ton propre corps.

Tu te surprends en train de pleurer. Pas à cause de ta douleur physique mais de ta douleur morale. Tu es seule. Personne ne connaît la vérité sur toi. Personne ne se rend compte que tu souffres. Tu caches tout. Tu rêves en secret de ton âme soeur. Le pire c'est que tu sais très bien que tu ne pourras jamais accepter le moindre contact. Par amour, tu refuseras tout type d'amour. Tu n'es pas quelqu'un de bien. Tu ne peux pas rendre quelqu'un heureux. Tu veux t'autodétruire en silence. Tu ne peux pas sortir avec quelqu'un que tu n'aimes pas. Tu ne peux pas non plus sortir avec quelqu'un que tu aimes. Tu ne seras jamais assez bien pour ça. Oui. Personne ne peut t'aimer. Personne. Tu détestes ton corps et tu refuses qu'on puisse le toucher. Tu te dégoûtes. Tu ne veux pas le ressentir. Tu ne veux pas que d'autres sentent ton corps. Tu es seule et tu devras le rester. Un point, c'est tout. Tu vis dans un monde qui n'existe pas.

Tu pleures et tu te dis tout bas : tu dois encore maigrir. Oui. Tu dois encore perdre du poids. Un maximum. Tout finira par s'arranger. Tu t'endors en comptant encore le nombre de calories, tu t'endors avec ton corps que tu ne supportes pas. Tu ne le frappes plus. Tu te recroquevilles sur toi même. Oui. Mais, tu dois encore maigrir. Pour ton bien. Maigries. C'est la seule solution. Quelqu'un finira par te venir en aide.

Au final, tu n'as jamais accepté l'aide de quelqu'un. Tu as toujours tout nier. Tu as juste décidé d'arrêter. De te lancer un nouveau défi : Combattre cette drogue interne. Combattre ton anorexie. Défi réussi.

Voilà, c'était une journée typique durant mon anorexie a proprement parler. J'étais une anorexique stricte. J'ai perdu environ 10 kilos durant ce même mois. Enfin, je n'en suis pas sûre. Mon anorexie elle même ma fait perdre la notion du temps de cette époque et de beaucoup de choses. Elle ne détruit pas que le corps. Aussi l'esprit.


"Mourir
Est un art comme les autres.
Je suis exceptionnellement douée
Je meurs pour aller en enfer
Je meurs pour me sentir réelle.
J'imagine que vous allez dire
que j'ai une vocation."
Sylvia Plath, Lady Lazare,1966.

Publié par angelangst à 22:09:27 dans Requiem for a Dream | Commentaires (1) |

Vis ma vie d'anorexique (chez moi durant les vacances) 1ère partie | 04 novembre 2005

Précision : Je considère avoir été anorexique à 13 ans et 17 ans. Entre deux, je n'ai jamais mangé correctement. Ici, je raconte une partie de mon anorexie lors de mes 17 ans. J'essaierai d'en expliquer les raisons plus loin. A présent, je n'ai plus aucun problème d'alimentation même si j'ai encore des soucis avec mon corps.


Se coucher tard. Se lever tôt. Objectif : Perdre un maximum de calories.
Tu ne penses plus qu'à ça. Tu ne vis plus que pour ça. Pourtant, tu n'avais aucun excès de poids. Tu étais juste dans la norme. Tu détestes ce mot. Tu détestes qu'on puisse te rentrer dans cette catégorie. Tu veux être différente. Tu veux être belle. Tu ne veux pas être comme tout le monde. Tu veux être + que les autres. Tu veux quelque chose que tu n'auras jamais. Ton corps est impuissant face au monde. Tu te détestes. Tu décides de t'en prendre à ton corps. Ton corps est un fardeau. Il doit payer.

Tu te lèves le matin. Tu ressens déjà des vertiges. Tu vis dans une autre dimension. Tu aimes ça. Tu dois entretenir ce phénomène et en faire de + en + pour ressentir cet effet. Tu es droguées et tu ne t'en rends pas compte. Tu te diriges vers ton armoire. Que vas tu mettre aujourd'hui ? taille 34 ou 40. Tu as le choix. Aujourd'hui, tu restes chez toi. Tu mets juste un jogging pour masquer à ta famille ta maigreur. Pas de temps à perdre.

Tu te diriges vers la cuisine. Non, tu ne mangeras rien. Tu te diriges juste dans une armoire pour prendre du film. Tu en mets tout autour de ton ventre. Tu dois perdre un maximum de graisse. A présent, tu peux enfin te retrouver isoler dans la cave. Non, tu ne feras pas de sport à l'extérieur. Non, tu ne veux pas sortir. Tu ne veux pas être vue. Tu as honte de toi. Tu as honte de ton corps. Tu n'arrives même pas a comprendre comment tu peux continuer de vivre avec ce dernier. Tu ne veux pas qu'on est pitié de toi. Tu vis cacher.

Dans la cave, tu ressens toujours une certaine peur. La peur d'être vue. Tu ne peux rien y faire. Tu dois vivre avec cette inquiétude et te faire une raison. Tu commences a enfiler une combinaison. Non, nous ne sommes pas en hiver mais bel et bien en été. Oui, les autres adolescents s'amusent et sortent entre eux. Tu n'es pas comme eux. Tu en es tout simplement incapable. Tu as laissé tomber tes semblants d'amis. Tu ne peux pas faire autrement.

Tu commences à courir le plus rapidement possible sur ton tapis de course. Tu vois défiler le nombre de km et de calories perdues. Tu vois défiler un ensemble d'images que tu ne supportes pas. Tu vois défiler en toi toute cette rage envers la société et toi même. Tu continueras à l'excès jusqu'à temps de ne plus ressentir tes jambes. Tu te fixeras des objectifs de plus en plus durs. Tu dois maigrir le plus rapidement possible. Tu dois faire passer un message à travers ton corps. Oui. Ta souffrance exprimée à travers ton corps montre ton mal être dont ils sont responsables. Eux : Ta famille. La société. Le monde dans lequel tu vis. Tu rejettes ton mal être sur eux.

Tu ne peux plus courir. Tu ne sens plus tes jambes. Tu te dois d'arrêter. Juste une courte pause. Tu t'en veux d'être déjà fatiguée. Tu t'insultes. Tu te dis que tu n'es vraiment une moins que rien. Tu dois aller plus loin. Tu veux te prouver que ton corps n'aura pas le dernier mot. Ton esprit est plus fort. Personne ne pourra l'atteindre. Tu veux prouver aussi à l'ensemble de la société que tu peux le faire. Non, tu n'es plus la petite fille gourmande qui aime manger et rires. Non, tu ne veux plus être cette petite avec des bonnes joues. Non, tu n'es pas une fille sans volonté. Non, tu n'es pas comme toutes ces filles qui souhaitent maigrir sans y arriver. Tu es plus forte qu'elles. Tu n'as pas besoin de manger. D'ailleurs, tu ne veux plus ressentir aucun besoin. Aucun désir. Tu ne veux plus rien venant de l'extérieur. Absolument Rien.

Tu te relèves. Tu recommences à courir avec une hargne de + en + présente. Tu commences à voir le sac de sport de ton père. Tu te mets à frapper de toute tes forces dessus. Tu ressens un certain bien être à frapper sur ce sac. D'ailleurs, Tu t'imagines souvent à la place de ce sac. Ca t'aide à taper encore plus fort. Tu as besoin de ressortir toute ta haine au fond de toi. Tu dois lui faire du mal. Tu dois te faire du mal. Tu imagines aussi d'autres membres de ton entourage. Amour/Haine.

A ce moment là, tu vois aussi des images de famine, des images de guerre que tu ne supportes pas. Là. A l'intérieur de toi. Tu es impuissante. Tu n'as aucun moyen pour les aider. Tu es comme le reste de la société. Tu ne fais rien concrètement pour eux. Tu es une moins que rien. Tu ne dois pas être heureuse si tu ne peux pas faire le bien. Tu en as aucun droit. Pas + que les autres qui sont en train de crever de faim. Tu ressens une partie de leur souffrance. Les gens pourront lire la mort sur ton corps. Tu feras passer un message qui le veuille ou non. Tu ne sais pas exprimer ta souffrance par des mots. Tu as trouvée ta seule expression : Ton corps.

Tu ne ressens plus aucune force en toi. Tu remontes. Tu vois ton frère se lever prendre son petit déjeuner. Tu lui souris. Tout va bien. Il ne doit se douter de rien. Tu ne laisses pas paraître que tu ne sens plus tes jambes. Tu ne dois pas laisser paraître ta faiblesse. Tu t'autorises un verre de jus de fruits. Au fond de toi, tu ressens un profond plaisir de pouvoir enfin boire quelque chose. Toutefois, une autre partie de toi s'en veut. Le processus est en route. L'anorexie est en place. Tu te doutes de rien. Tu penses avoir le dessus sur ton corps. Tu penses que ton esprit gagne. Tu ne t'aperçois pas que c'est l'anorexie qui est en train de prendre place en toi.

Tu te diriges vers la salle de bain. Tu te déshabilles. Tu essaies de faire abstraction de ta nudité. A présent, tu considères ton corps comme un objet. Tu te pèses. Tu te dis que ce n'est pas suffisant. Tu dois encore maigrir. Le plus rapidement possible. Tu commences à te regarder dans une glace. Tu as envie de briser ce miroir. En réalité, c'est toi que tu veux briser. C'est toi que tu veux détruire et voir disparaître de ce tableau pathétique. Oui. Tu détestes l'image qu'elle te renvoie. D'ailleurs, tu n'as pas l'impression que c'est toi. Tu as juste l'impression de jouer un rôle d'observatrice. Tu ne veux pas avoir de corps. Tu le refuses. Tu ne veux être qu'un esprit. Tu commences à examiner ce corps. Tu l'insultes. Tu l'auscultes. Tu le frappes.
Tu n'as pas de seins. Tu n'as pas de formes. Sauf ton ventre qui prend toute la place. Tu le frappes. Tu ne fais pas attention à tes jambes. Tu ne supportes pas ton visage. Tu es répugnante. Tout doit disparaître.

Tu t'en veux. Tu es superficielle. Tu apportes bien trop d'importance à ton corps. De quel droit ? Tu n'as pas de temps à perdre. Tu devrais plutôt faire quelque chose pour toutes ces personnes qui souffrent dans ce monde. Pourtant, une autre voix te dit que tu fais tout ça en partie pour eux. Tu n'es sûres de rien. Si. Une seule chose est sûre : tu veux oublier ta vie.

Tu touches ce corps. Tu sens la graisse et tu détestes ça. Les larmes coulent sur tes joues. Tu es immonde. Tu n'es qu'un tas de graisse (En réalité, tu es bien trop maigre. Ton IMC montre que tu as des grands risques de santé et que tu devrais déjà être à l'hôpital). Tu ne mérites pas de vivre. Pourtant, malgré la graisse que tu vois apparaître, tu ressens aussi tes os à certains endroits de ton corps. Tu aimes ça. Tu arrives à tes fins. Ce n'est pas encore suffisant mais tu es sur la bonne voie.

Enfin, tu te retrouves sous la douche. Tu ne veux pas te l'avouer mais tu aimes profondément sentir l'eau sur ton corps. En fait, tu ne veux pas t'avouer que tu peux éprouver un quelconque plaisir venant de l'extérieur. Tu passes un maximum de temps sous l'eau. Tu ne sais pas si tu es en train de laver ton corps. Ton corps ou l'impureté de ton esprit ?
Tu veux être pur. Tu es en train de te laver de tes péchés. Tu ne veux plus être humaine.

Tu sors enfin de la salle de bain. Tu rejoins ton jardin. Personne ne t'y vois. Tu feras encore du sport. Tu es toujours seule. Pour tout. Tu retournes prendre une douche. Tu as peur de la saleté, de la transpiration etc...Tu attends qu'il commence à faire sombre. Tu peux enfin t'autoriser à sortir dehors. Ta mère vient de rentrer. Tu n'arrives plus à vivre avec ta famille. Tu t'autorises à sortir : direction le cinéma. Tu écoutes de la musique. Tu te ballades toujours avec ton walkman. Tu veux rester dans ton monde. Tu ne veux pas avoir à faire aux gens dans la rue. Tu baisses les yeux. Tu ne veux pas que quelqu'un vienne crever ta bulle.

Dans la rue, des idées sombres te traversent l'esprit. Tu te lances des défis. Tu dois continuer tout droit sans t'arrêter même si le feu passe au vert. Dans le métro, tes idées sombres te poursuivent « Saute sur la voie et tout sera finie». Toutefois, tu rejoins enfin les salles obscures. Tu rejoins un autre type d'univers que tu aimes tant. Tu vis à travers cet écran. Tu t'inventes une vie qui n'existe pas. Malgré tout, tu ne peux toujours pas faire abstraction de la nourriture. Tu y penses tout le temps comme une obsession. Partout.

Tu rentres chez toi. Ta mère te dit que le dîner va bientôt être prêt. Tu lui expliques que tu as envie de faire du vélo avant d'aller à table. Tu rajoutes qu'ils ne t'attendent pas : « Manger sans moi. Je mangerais plus tard. Je n'ai pas faim pour le moment ». Tu mens. Tu meures de faim. Ce que tu ne dis pas c'est que tu y prends un certain plaisir.

Le vélo se trouve dans la cave. Tu fais un effort pour le sortir. Tu ne sens plus tes bras. Pourtant, la course poursuite contre les graisses continuent. Tu recommences à voir défiler à l'intérieur de toi tout un ensemble d'images insupportables. Toutefois, ces images te permettent d'avoir la force de continuer ton autodestruction. Tu continues de pédaler jusqu'à temps de ne plus sentir tes jambes. Tu vérifies l'heure. Il ne faut pas que tes parents et tes frères soient encore à table.

Une fois rentrée, tu dois remettre ton vélo à la cave. Tu ne le dis pas mais tu as peur. Peur de ne pas y arriver. Tu ne marches plus droit. Tu vois trouble. Tu prends le vélo et machinalement tu descends jusqu'à la cave. Tu as l'impression que ce qui reste de ton corps va s'écrouler d'une minute à l'autre. Tu fais tout pour te convaincre que tu peux le faire. Ca y est. Tu as réussie. Tu ressens une certaine fierté. Tu remontes et t'allonges sur le canapé. Epuisée. Tu n'es plus qu'un déchet. Pourtant, tu es persuadée d'être plus forte que la normale. Tu oublies tes besoins vitaux. Tu veux être au-dessus de tout. Tu arrives à te convaincre que tu fais tout ça pour ton bien.

Publié par angelangst à 22:08:45 dans Requiem for a Dream | Commentaires (7) |

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