Il était 22 heures, comme tous les soirs, quand Sacha alla se coucher. Et comme tout les soirs, dès qu'elle fermait les yeux, le même rêve la submergeait.
Elle se voyait dormant et ses mains se poser sur sa bouche comme de peur d'avaler quelque chose durant son sommeil. Elle vis alors, son corps s'empêcher de respirer et au moment fatale, la main de lâcher prise. Elle s'observait se levant, les yeux fermés, somnambule se dirigeant vers la fenêtre. Des filets lumineux, de toute évidence artificiels s'infiltraient au travers des volets dans la pièce jusque là plongée dans l'obscurité de la nuit.
Alors la rêveuse, entrevoyait une main tendue au milieu de l'aveuglante lumière, et , la somnambule en petite chemise de nuit prenais la main et escaladais la fenêtre, pénétrant dans l'inconnu sans force aucune...
L'espionne involontaire suivit son rêve de près. Dans la clarté éblouissante, elle voyait deux yeux entièrement noirs et l'ombre réfléchissante et translucide d'un corps aux formes pourtant humaines...
Malgré le flamboyant feu de pacotille, la jeune Sacha percevait un doigt tendu vers la somnambule, sur son ventre. Le doigt remontait alors jusqu'à sa destination finale: le front de la petite toujours endormie. Et, comme par une magie inconnue et effrayante (tout devient possible dans les rêves), l'appendice pénétra lentement dans le crâne de l'inconsciente...
Sacha qui malgré le fait qu'elle se trouvait au beau milieu d'un rêve, se sentait totalement éveillée et couru pour cesser cette folie. Elle attrapa le bras flasque de la chose transparente et la renversa à l'arrière. La dormeuse dormait, l'humanoïde ne bougeait pas, puis, disparu.
Le sol invisible se mit à trembler. Sacha prit son double dans ses bras pour la protéger. La lumière, toujours aussi aveuglante, semblait se refermer sur elles... Sacha prise de panique s'accroupi, ferma les yeux en tenant fermement sa jumelle d'une nuit... Et le noir se faisait...
Après ce rêve étrange, Sacha se réveillait seule. Il était minuit pile, comme toujours. C'était la treizième fois qu'elle faisait ce rêve.
Elle se leva, marcha jusqu'à la salle de bain et se lava le visage. La sueur s'en alla, la raison revint. Mais, lorsqu'elle releva la tête face au miroir quelque chose fit peur à Sacha. Elle recula d'un bond, glissa sur le tapis, se cogna la tête contre la baignoire et, en pleine nuit, quelques minutes après son dix-huitième anniversaire, elle mourut.
Au matin, le corps de Sacha, allongé, fut trouvé sur le carrelage froid, la tête brisée baignant dans le sang. Om comprit comment elle avait périt d'un bête accident. Mais on ne comprit jamais ce qu'était la marque indélébile, tel un tatouage, qui s'étendait de son ventre à son front, pas plus que l'embryon qui avait eu l'impossible temps de se développer en deux heures dans l'utérus de cette jeune femme pourtant vierge, et qui, bien sûr, ne survécut pas à la mort de Sacha...
Publié par Crucify_roses à 00:39:29 dans . Mes Nouvelles & Textes © | Commentaires (2) | Permaliens
Je suis comme ces rocs, plantés ici et là
Comment sont-ils nés? On ne le sait pas.
La nature les a fait abrupts et lourds
Un essence fière et dure, beau est le contour.
Et puis, le vent, la pluie, la houle, avec lenteur,
Ont causés l'érosion et rendus leur douceur
Aux objets sans raison, aux rochers innocents.
Des malheurs y sont tombés, des vingt et des cents,
Des victimes faibles ont pleurés à leurs pieds,
Des vous et moi en peine que l'écume a déposée.
Je suis comme ces rocs, plantés ici et là
Ici, dans ce monde, mais on ne sait pourquoi.
La nature m'a faite à l'apparence solide
Innocente et pure mais noir est le liquide.
L'océan qui m'emporte c'est mes larmes,
Et l'intérieur, faible, est érodé et sans arme.
J'accepte les pleurs sur mon épaule accueillante
Mais j'entends en moi la vague déferlante.
J'aime épouser les chauds grains de sable,
Mais chacun de mes maux rend la relation instable.
Je suis comme ces rocs, plantés ici et là,
A vivre en osmose avec bien et mal à la fois.
Je fais corps avec la terre et le ciel je regarde.
J'admire la nuit mais l'approcher je m'en garde.
L'air souffle sur mon crâne arrondi
Le soleil y fait résonner la maladie.
Le sel de la mer, de la folie m'enivre,
Et dans mes bras, je vous permet de vivre.
L'esprit de l'instant parfait est en quête,
Mais les pas ancrés dans la peur, je m'inquiète...
Publié par Crucify_roses à 00:30:06 dans . Mes Poemes © | Commentaires (1) | Permaliens