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Mélissa S., née à la mi-décembre, il y a 23 ans. Eternelle petite fille. Calme et agitée à la fois. (N'oubliez pas de toujours vous mefier de l'eau qui dort...)

A travers mes textes vous verrez peut être une personne sombre. Mais sachez que
je suis peut être sensible... Mais absolument pas dépressive.

 



* Enjoy *

 

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Avant l'extase | 26 juin 2004

AVANT L'EXTASE

J'étais à la fenêtre. Je regardais cet arbre sous lequel tu étais assis. Une couverture en patchwork posée sur le sol. Tu la froissais en ramenant tes genoux à ta poitrine. Elle était nue. J'imaginais ta respiration. Inspiration. Expiration. Ton torse s'arrondissait puis s'aplatissait. J'eu envie de poser ma tête sur cette vie qui était la tienne et d'entendre ton cœur battre et me rassurer.

Tu lisais Baudelaire me semble-t-il... "Les fleurs du mal", ton livre préféré, tu le connaissais par cœur.

Tu amenas un doigt à ta bouche et y passa furtivement la langue. Un frisson me parcouru. J'eu envie de goûter à ta saveur? Ta main revint au livre que tu tenais fermement. Comme tétanisé par la beauté des vers lus. Tu tournas une page. Le bruit étais doux. Le bruissement des feuilles au dessus de toi, le soleil qui n'éclairait que tes mains et tes yeux plongés entre les mots... Je l'enviais ce Baudelaire!

Et moi, j'étais là, te regardant, t'espionnant de cette fenêtre. Je regardais une dernière fois ton torse avant de me décider à venir jusqu'à toi.

L'herbe étouffais le bruit de mes pas. Hypnotisé par le génie de cet auteur tu ne m'entendis même pas venir. Je m'arrêtais à mi-chemin, observant à nouveau les aléas de ta respiration. Symphonie de l'air, des oiseaux chantant, du vent dans les arbres et de mon amour.

Je repris ma marche rapide vers toi. Pas à pas, l'envie me gagnait plus encore... "te toucher!..."

Je stoppais l'escalade de mes désirs face à toi. Je cachais malgré moi la lumière de tes vers. Tu levas la tête. Tu me regardas.

"Abandonnes Baudelaire!

Abandonne-toi à moi!"

Tu me fixais, un regard sans expression. Aurais-tu retrouvé la même clarté des strophes dans la prunelle de mes yeux?

Sans bouger, j'ai joué le jeu. Je te regardais fixement, oubliant la symphonie qui m'avait menée jusque là car une nouvelle harmonie allait commencer.

Soudain, comme une inspiration cachée depuis trop longtemps, ta voix explosa et tu me dis, plongeant encore plus ton regard dans le mien:

"- Le ciel versait ses ténèbres sur le triste monde engourdi".

Le vent soulevait ma robe. La dentelle s'agitait. Mais tes yeux ne quittaient pas les miens. Pas même lorsque doucement tu te releva, pas plus lorsque tu me pris la main et pas mieux quand tu serras ton corps au mien. Un regard immense, coloré, musical, amoureux... magique!

S'en était trop! Je fermais les yeux pour mettre un terme à cette torture. Je t'embrassais tendrement. Tes mains caressaient mes bras nus. Tu ne présentais aucune défense. Baudelaire était seul couché dans l'herbe et la couverture s'offrait à nous. Tu m'entraînas sous l'arbre. Tu m'allongeas. Ma robe en peu de temps fut ôtée et tes yeux mirent mon âmes à nu.

Mon désir m'avait porté jusque là. Mais "jusque là" ce n'était rien encore. Tout commençait. C'était ma première aventure, ma première fois...

Publié par Crucify_roses à 15:01:57 dans . Mes Nouvelles & Textes © | Commentaires (0) |

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